Editorial : à propos de la « performance stellaire » des prochaines années .

Bullard le Président de la Fed de Saint Louis est une fausse valeur, un usurpateur qui se fait passer pour un penseur rigoureux. C’est un pur penseur de surface, il glisse à la surface des choses en se donnant des apparences d’analyste des profondeurs.

C’est un pur Anglo saxon, qui pratique non pas la pensée logique mais la pseudo pensée empirique avec assimilations, comparaisons inadéquates, fausses similitudes. Bien sur il trompe ses collègues, les médias et les sots qui pratiquent la même forme de pensée.

Les analyses de Bullard n’ont aucun point de départ dans le réel ; dès ses premières phrases on voit qu’il marche sur la tête.

Je ne l’ai jamais entendu s’interroger sur la question centrale de la dérive monétaire américaine: comment en est-on arrivé là? Pouvait-on y échapper? Ou se trouve le noeud des situations crisiques qui se succèdent? Dans le monde de l’économie productive, dans le monde de la finance, dans le monde de la gestion monétaire. Les évènements qui se succèdent avec gravité et intensité sans cesse croissante sont ils aléatoires, la faute à pas de chance ou bien sont ils produit par la Necessité. Je veux dire par la Necessité: cette évidence que quand le vin a été tiré il faut le boire; quand on a fait sortir le génie de la bouteille on ne peut plus le faire rentrer; quand on a dépensé il faut payer l’addition.

Les choses pouvaient elles être autrement? Quel est le poids respectif de la mutation historique du régime capitaliste vers la financiarisation et celui de la volonté et de l’avidité des riches et de leurs complices.

Non avec Bullard, tout est suspendu dans les airs , les airs de la parole , de la fausse référence et des faux arguments.

Ecoutons le , il vient de nous débiter un monument de stupidité.

C’est vrai que nous avons beaucoup bougé – mais nous avons beaucoup bougé à partir d’un niveau très bas. J’aime faire allusion au resserrement de 1994 aux États-Unis… Le resserrement de 1994 était de 300 points de base en un an – y compris un mouvement de 75 points de base en novembre 1994. Cet épisode de resserrement a provoqué des perturbations cette année-là, en 1994. Cependant, j’ai toujours pensé que l’on préparait l’économie américaine à une performance exceptionnelle dans la seconde moitié des années 1990. Le PIB réel des États-Unis a augmenté rapidement au cours de cette période ; c’est à ce moment-là que vous avez eu les meilleurs marchés du travail que vous ayez vus dans l’après-guerre aux États-Unis. Et, donc, beaucoup de bonnes choses se sont produites dans la seconde moitié des années 90, et j’espère que nous pourrons encore obtenir quelque chose comme ça cette fois. 

James Bullard, président de la Fed de Saint-Louis, 20 juin 2022

Les commentaires de Bullard concernant 1994 et la fin des années 90 méritent une réfutation.

En clair il nous dit que la dernière vraie hausse des taux est intervenue aux Etats Unis en 1994. Certes elle a provoqué des perturbations mais ce sont ces perturbations qui ont préparé une performance exceptionnelle de l’économie américaine dans la seconde moitie des années 1990.

Sans scrupule, Bullard essaie de nous faire avaler que les perturbations actuelles vont préparera une période d’expansion et de prospérité exceptionnelle, rien que cela.

L’année 1994 est une année charnière dans l’histoire financière. 

C’était le dernier véritable resserrement de la Fed – et cela a causé « quelques perturbations » c’est le moins que l’on puisse dire:  Il y a eu la grande explosion du marché obligataire et des produits dérivés.

Ces perturbations auraient du produire des effets devastateurs. Elles auraient dû faire éclater la bulle des fonds spéculatifs et la bulle de la spéculation à effet de levier. 

Mais cela ne s’est pas produit.

C’est la première chose que notre Bullard oublie, il n’y a pas eu de dégâts dévastateurs et d’éclatement de bulle car les entreprises parrainées par le gouvernement, ou GSE ( Fannie et Freddie), ont explosé leurs bilans de 150 milliards de dollars (un montant sans précédent à l’époque). Elles ont assuré la liquidité et le derniers recours, en en payant le prix, elles se sont rendues insolvables! Elles se sont auto détruites en réalisant les QE de l’époque avant la lettre des QE ultérieurs.

Leurs achats massifs d’un assortiment d’instruments de crédit, essentiellement des opérations de QE avant la lettre , ont été essentiels pour contenir la crise et renflouer la communauté des spéculateurs à effet de levier. Un puissant backstop de liquidité a été mis en place en 1994. Il n’y a pas eu de transmission des effets négatifs de la hausse des taux de 1994 car ce sont les GSE qui ont été envoyées au casse pipe et qui y ont abandonné leur santé.

Ce tour de passe passe a permis toutes les dérives qui ont suivies et qui sont loin de pouvoir s’analyser comme de la prospérité puisque ce sont des étapes vers la descente aux enfers de la fin des années 1990.

Sans le filet de sécurité du GSE de 1994 et sans le plan de sauvetage mexicain, les bulles des « Tigres asiatiques » n’auraient pas été portées à des extrêmes catastrophiques. 

Il n’y aurait pas eu d’effondrements spectaculaires de la Russie et de LTCM en 1998, et donc pas de renflouements et de folles relances monétaires qui ont alimenté la périlleuse dynamique spéculative d’éclatement de la bulle de 1999 «dot.com». 

L’effondrement de la «technologie» a ensuite déclenché des mesures de relance de la Fed par le biais de l’immobilier, et une bulle du financement hypothécaire en a résulté. 

Sans l’imbécilité qui a fait jouer aux GSE en 1994 le rôle de pourvoyeur ultime de liquidité, le rôle de backstop, la situation se serait assainie et on aurait évité toute la cohorte sinistre et la dégringolade systémique de 2008.

Contrairement à ce qui prétend Bullard, 1994 n’a pas déclenché un vague de prospérité mais une descente aux enfers, une vague de spéculation, de bulles, de faux remèdes qui ont débouché sur les crises de 1998, 1999, les dotcom et la ruine d u Nasdaq-83%!

La « grande crise financière » qui a suivi a vu la première salve de QE. Le bilan de la Fed était de 400 milliards de dollars en 1994, il a terminé 2007 à environ 900 milliards de dollars, a dépassé 2,0 trillions en 2008, a atteint 4,5 trillions en 2014 et a grimpé à près de 9,0 trillions plus tôt cette semaine. 

Contrairement aux affirmations soit idiotes soit mensongères de Bullard, beaucoup de choses troublantes ont commencé dans la seconde moitié des années 90 et qui sont depuis devenues fatales. C’est là que nous sommes entrés dans l’impasse pour ne plus en sortir.

Bullard qui espère remplacer Powell en 2024 est une fausse valeur comme tous les clowns qui se succèdent à ce poste.

De plus, 1994 a été le début d’un marché obligataire haussier historique et prolongé, qui a été à la base d’une inflation épique du prix des actions et du marché des actifs en général. Le tout accompagné d’un accommodement monétaire sans précédent axé sur le marché et non sur les banques . 

Plutôt que les « bonnes choses stellaires » de la seconde moitié des années 90, dont parle Bullard je parie des effondrements en cascade et une instabilité aiguë . 

Bullard a besoin de se recycler, que dis je de se reprogrammer et d ‘apprendre à penser juste. Il y a l’histoire imaginée, la sienne, l’histoire réelle, celle qui apparait au niveau des apparences et enfin la vraie histoire celle de la nécessité des faits qui s’enchainent inéluctablement quels que soient les discours et les mensonges.

On retouve au niveau de la finance , l’économie, la monnaie la même incapacité Anglo saxonne que celle qui se manifeste en ce moment à l’occasion de la guerre d ‘Ukraine.

« Nous sommes un Empire nous créons notre propre réalité et c’est aux autres de s’adapter! »

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