Editorial. Fed, à force de dribbler, les joueurs du match monétaire s’emmêlent les pinceaux.

Les banquiers centraux américains ont souligné la nécessité de continuer à augmenter les taux d’intérêt tout au long de ces derniers jours.

Ils y ont été incités en raison de la vigueur du marché financier lequel contrecarre l’action de resserrement. La hausse des prix des actions, la contraction des spreads et l’arrêt du désendettement produisent une amélioration des conditions financières alors que la Fed a besoin de les contracter.

C’est le problème de la divergence de vitesse entre d’un coté la communication, les anticipations, les discours et le Réel.

La sphère financière , c’est à dire les animal spirits évolue à une vitesse ultra rapide alors que le monde réel ne vire que comme un paquebot, son inertie est considérable.

La vitesse de propagation des anticipations spéculatives est trop grande, elle neutralise la transmission réelle.

Voila ce qui se passe quand on laisse la gestion des affaires monétaires et financières aux mains des joueurs du Casino. Ils gênent puis paralysent l’action des autorités. Au bout du compte, les responsables de la conduite des affaires en sont réduits à gérer pour s’adapter aux marchés, à l’imaginaire des marchés plutôt qu’au Réel!

C’est la raison pour laquelle la Fed doit « dribbler » , elle doit zigzaguer , godiller et souffler le chaud et le froid. Elle doit appuyer sur l’accélérateur et sur le frein sans cesse au risque de s’emmêler les pinceaux. Tout cela finit par être contreproductif, contradictoire et incohérent.

C’est le problème que cherche à résoudre Bullard le chef de la Fed de Saint-Louis.

Il a déclaré que les responsables devraient agir rapidement et porter leur politique de référence à une fourchette de 3,75% à 4% d’ici la fin de l’année. Agir rapidement pourquoi? Pour s’ajuster sur la vitesse de réaction des marchés. Ils anticipent donc il faut faire très vite pour s’ajuster sur les conséquences de leurs anticipations. Il faut faire très vite pour escamoter le court terme et inciter les opérateurs à regarder au delà de ce qui se passe et les inciter à entrevoir le plus long terme, le futur pivot.

C’est toujours la même chose il faut faire en sorte que cela ne fasse pas vraiment mal… et que l’on reste dans le Cargo Cult, c’est à dire la gestion des perceptions.

Je vous ai expliqué que la situation se caractérisait par une course de vitesse terrible entre d’un coté la vitesse de réduction du taux d’inflation, et la vitesse de propagation des effets restrictifs porteurs de récession. Course de vitesse entre les impacts négatifs sur les marchés et la tenue de l’activité économique.

Tout ce cafouillage soi disant subtil conduit à lâcher la proie pour l’ombre et à ne plus savoir ou se trouve le monde réel ni comment il fonctionne. A quoi sert d’avoir introduit le célèbre taux neutre de 2 ou 2,5% si c’est pour ensuite dire qu’il n’est plus partie dans le raisonnement et que l’on peut le dépasser très largement? Cela ne sert qu’à tout embrouiller. On suggère d’abord que l’on se fixe pour objectif le taux neutre, puis on s’en rapproche et on suggère le pivot, puis comme on s’est trompé on dit il faut dépasser le taux neutre et surcharger maintenant pour libérer le futur, pour dégager l’avenir. Pire même on dit qu’il faut réviser le taux neutre et le hausser! Il faut changer la balise, rendre le fixe variable!

L’Ideal serait de surcharger les hausse de taux maintenant afin que les participants aux marchés comprennent bien que ce n’est que temporaire et qu’ils ne fassent pas chuter les cours de bourse en proportion.

L’idéal serait que les hausses de taux soient pas prises en compte par la bourse, qu’elle les encaisse bien sans dégâts à la faveur d’une conjoncture économique encore porteuse et de bénéfices encore juteux .

L’idéal serait de ne pas gêner Biden dans les élections de mi mandat .

etc etc

L’idéal c’est d’être génial et d ‘arriver comme un apprenti sorcier à jouer habilement sur les délais de transmission de tout: le réel, l’imaginaire, le financier, l’économique, le politique en même temps sans se tromper.

L’idéal c’est de préserver le marché Boursier et ne pas faire mal aux TBTF

Il y a en théorie deux déterminants aux valorisations des actifs financiers: les profits/les earnings et les taux c’est à dire les multiples cours-bénéfices. SI il est possible de dissocier les évolutions et de faire en sorte que les bénéfices montent encore alors que l’on hausse les taux et réduit les multiples théoriques, alors c’est génial. Si on réussit la pari que l’on a tenté en 2010 et 2011 alors c’est super!

Mais surtout il ne faut pas que comme par le passé que la baisse des profits et la baisse des multiples se conjuguent pour provoquer la débandade incontrôlable.

« J’aime le chargement frontal. J’aime l’idée que vous obteniez les augmentations de taux plus tôt que tard », a déclaré Bullard sur CNBC jeudi à Jackson Hole, Wyoming. « Vous montrez que vous êtes sérieux dans la lutte contre l’inflation et que vous voulez atteindre le niveau qui exercera une pression à la baisse sur l’inflation. Nous sommes à 2,33 % en ce moment. Ce n’est pas assez élevé », a-t-il déclaré, faisant référence au niveau effectif actuel du taux de référence des fonds fédéraux.

Le mot important dans la déclaration de Bullard c’est « montrez » , il ne s’agit pas d’être efficace, ils ‘agit de montrer, d’influencer. On est dans le démonstratif, dans le spectacle pour gérer les anticipations, pas la réalité.

D’autres responsables s’exprimant lors de leur retraite politique dans le Wyoming ont réservé leur jugement sur l’ampleur qu’ils devraient atteindre lors de la réunion du mois prochain, mais les taux convenus doivent augmenter.

La présidente de la Fed de Kansas City, Esther George, qui organise le forum annuel, a déclaré que la Fed ne les avait pas encore relevés à des niveaux qui pèsent sur l’économie et pourraient devoir les porter au-dessus de 4% pendant un certain temps.

« Il est très important que nous soyons clairs dans notre communication sur la destination vers laquelle nous nous dirigeons », a-t-elle déclaré à Michael McKee et Kathleen Hays dans une interview avec Bloomberg Television. « Nous devons augmenter les taux d’intérêt pour ralentir la demande et ramener l’inflation à notre objectif », a-t-elle déclaré.

Ah la Com, la fameuse Com, elle les perdra tous!

Les deux responsables votent sur la politique monétaire cette année et leurs commentaires ont contribué à préparer le terrain pour deux journées chargées d’orateurs de la Fed, qui seront clôturées vendredi par le président Jerome Powell avec un discours susceptible de réaffirmer sa détermination à continuer de resserrer la politique monétaire pour lutter contre l’inflation.

50 contre 75!

Les responsables de la Fed ont augmenté de 75 points de base lors de chacune de leurs deux dernières réunions et ont déclaré que la même chose pourrait être à nouveau sur la table lors de leur réunion le mois prochain, en fonction des données sur les prix à la consommation et l’emploi .

Le président de la Fed de Philadelphie, Patrick Harker, s’exprimant dans une interview avec CNBC, a également déclaré que les taux devaient être relevés en territoire restrictif.

« Il y a des lueurs d’espoir sur l’inflation. J’insiste juste sur la lueur – notre travail n’est pas terminé. Nous pouvons donc considérer cela comme un élément positif, mais nous devons continuer à agir pour augmenter les taux afin de maîtriser l’inflation », a-t-il déclaré.

Lui aussi a adopté un ton mesuré, minimisant les suggestions selon lesquelles si la Fed ne bougeait que d’un demi-point le mois prochain, ce serait en quelque sorte accommodant.

« Depuis 1983, la Fed a augmenté ses taux 86 fois – 75 d’entre eux étaient inférieurs à 50 points de base », a-t-il déclaré. « Donc, que ce soit 50 ou 75, je ne peux pas le dire pour le moment, mais ne pensons pas que 50 n’est pas un mouvement substantiel. »

Le président de la Fed d’Atlanta, Raphael Bostic, s’exprimant dans une interview séparée avec le Wall Street Journal, a déclaré qu’il n’avait pas encore décidé de soutenir une augmentation de 50 ou 75 points de base lors de la réunion des 20 et 21 septembre du Federal Open Market Committee.

« À ce stade, je lancerais une pièce entre les deux », a-t-il déclaré au Wall Street Journal. « Nous tous, en tant que décideurs politiques, comprenons que l’inflation est un gros problème et un défi que nous allons faire tout ce que nous pouvons pour relever. »

Le fameux taux neutre est élastique, tient tiens , il monte!

Bostic a fait écho au point de George selon lequel la fourchette cible actuelle de 2,25 % à 2,5 % pour le taux directeur de référence de la Fed n’était pas encore en territoire où elle ralentissait l’activité économique. Il voit un taux neutre – un niveau théorique qui n’accélère ni ne freine l’économie – proche de 3%.

En juin, les responsables de la Fed ont estimé que le taux neutre à long terme se situait à 2,5 %. Mais le procès-verbal de leur réunion le mois dernier a mis en évidence un débat sur la question de savoir s’il pourrait être plus élevé à court terme.

Ah les braves gens!

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