EDITORIAL. Le paradoxe qui prouve que les banques centrales ne luttent pas vraiment contre l’inflation: les taux longs restent bas. Le paradoxe de Volcker.

Le véritable indicateur à suivre, ce n’est pas le marché des actions car c’est le marché le plus stupide, le plus inefficace, biaisé par le phénomène de jeu; non c’est le marche obligataire.

Et en particulier le marché du 10 ans et l’allure des courbes de taux. L’autre indicateur significatic, c’est la liquidité et le crédit ; il galope!

Pour le moment le marché obligataire fait crédit à Powell; il croit au succès des régulateurs.

Si il n’y croyait pas, alors il serait bien plus mauvais avec un rendement 10 ans qui serait au moins à 5% sinon 6%.

Le marché obligataire joue en ce moment l’efficacité et la crédibilité de l’action de la Fed*. Il reste très en deçà des niveaux ou il serait restrictif compte tenu de la gravité de la situation. Le niveau actuel des taux longs est très bas et très négatif en terme réel , ce niveau n’est pas dissuasif. Il continue d’inciter à l’endettement et au maintien du leverage comme en témoigne l’évolution des chiffres de dettes que j’ai analysé il y a quelques jours.

  • note BB* je ne me pose pas la question de savoir si ce marché obligataire est naturel spontané ou manipulé parce que ce serait une autre histoire qui gênerait le raisonnement.

Contrairement aux analyses superficielles, ce n’est pas un bon point, mais un mauvais point. sous l’angle de la lutte contre la hausse des prix bien sur; pas sous l’angle du maintien de la surévaluation des actifs financiers.

En effet si le marché obligataire joue la crédibilité de la Fed, il ne fait pas monter les taux longs au niveau ou ils seraient dissuasifs et restrictifs, il anticipe le succès, il maintient l’accès facile et quasi gratuit au crédit!

Le fait que les taux longs ne soient qu’à 3,5% avec une inflation prévisible aussi élevée signifie que le marché ne joue pas son rôle; il entretient des conditions d’accès au crédit inflationnistes et laxistes.

Le marché obligataire contre carre -par le maintien de taux réels très négatifs- toute la soi disant politique de lutte contre l’inflation. Le fait de maintenir la répression financière, de spolier les épargnants est bien un signe qu’au fond on n’est pas sérieux dans la lutte contre la hausse des prix!

Les études les plus sophistiquées sur les raisons et les causes du succès de Volcker dans sa lutte contre l’inflation font ressortir un paradoxe: Volcker a réussi parce qu’il n’était pas crédible. Comme il n’était pas crédible -et que d’ailleurs il s’est trompé dans ses premières décisions- le marché a fait monter considérablement les taux longs! Et la hausse des taux longs a brisé le dos de l’inflation!

Eh oui, c’est le paradoxe: l’absence de crédibilité de Volcker qui a fait son efficacité et son succès!

Le fait que les marchés n’aient pas cru que l’inflation allait baisser les a conduit à faire monter les taux longs jusqu’à des niveaux dissuasifs qui ont … cassé l’inflation!

Inutile de dire que les banques centrales sont parfaitement au courant de ce que j’écris et que c’est en toute connaissance de cause qu’elles agissent pour faire semblant de lutter contre l’inflation tout en ne luttant pas.

Etude du département de recherche de la Fed de Richmond publiée dans le Journal of Monetary Economics.

The reduction in inflation that occurred in the early 1980s, when the Federal Reserve was
headed by Paul Volcker, is arguably the most widely discussed and visible macroeconomic
event of the last 50 years of U.S. history.

Inflation had been dramatically rising, but under Volcker, the Fed first contained and then reversed this process.

Using a simple modern macroeconomic model, we argue that the real effects of the Volcker disinflation were mainly due to its imperfect credibility.

In our view, the observed upward volatility and subsequent stubborn elevation of long-term interest rates during the disinflation are key indicators of that imperfect credibility.

Studying transcripts of the Federal Open Market Committee recently released to the public, we find—to our surprise—that Volcker and other FOMC members likewise regarded the long-term interest rates as indicative of inflation expectations and of thecredibility of their disinflationary policy. Drawing from the transcripts and othercontemporary sources, we consider the interplay of monetary targets, operating procedures, and credibility during the Volcker disinflation.

The incredible Volcker disinflation
Marvin Goodfrienda, Robert G. Kingb,
a Research Department, Federal Reserve Bank of Richmond, Richmond, VA 23261, USA b
Department of Economics, Boston University, Boston, MA 02215, USA
Available online 29 August 2005


Published by Elsevier B.V.

Extrait:

Imperfect credibility within our interpretative history: Our historical analysis highlights two important indicators of imperfect credibility.

First, the behavior of intermediate and long-term interest rates is evidence that the disinflation was
incredible. For instance, while inflation fell from over 10% in early 1981 to under
6% by mid-1982, the 10-year bond rate actually increased from around 13% to over
14% .
We interpret this evidence as indicating that financial markets expected high inflation to return.

Second, the transcripts of the Federal Open Market Committee indicate that Volcker and other FOMC members thought that acquiring credibility for low inflation was central to the success of their
disinflation. In fact it was a mistake!

Les dépêches

[Reuters] With pomp and sorrow, world bids final farewell to Queen Elizabeth

[Reuters] Wall Street ends choppy session higher with focus firmly on Fed

[CNBC] 10-year Treasury yield jumps to 3.51%, the highest level since 2011

[CNBC] More homebuilders lower prices as sentiment falls for ninth straight month

[Yahoo/Bloomberg] US Stocks Slide at Start of Key Fed Week: Markets Wrap

[Reuters] 10-year Treasury yield rises to highest since 2011

[Reuters] Oil falls more than 2% on demand fears and strong dollar

[Reuters] Bitcoin falls below $19,000 as cryptos creak under rate hike risk

[Yahoo/Bloomberg] China Struggles to Stem Yuan Slide With Fixing, Verbal Warnings

[Reuters] Biden says U.S. forces would defend Taiwan in the event of a Chinese invasion

[Yahoo/Bloomberg] Ukraine Latest: Zelenskiy Vows to Press Ahead and Retake Country

[Yahoo/Bloomberg] Euro-Area Recession Now Looks Almost Inevitable to Economists

[Reuters] Europe races to prepare for energy crunch this winter

[Yahoo/Bloomberg] ECB Is Pushing Banks to Scrutinize Their Energy-Intensive Risks

[Reuters] China to accelerate projects, boost consumption to spur recovery

[Reuters] Analysis: China’s mortgage boycott quietly regroups as construction idles

[Reuters] Frugal is the new cool for young Chinese as economy falters

[Yahoo/Bloomberg] Cost of Covid Zero Is Straining Municipal Finances Across China

[Yahoo/Bloomberg] Korea Banks Told to Report FX Positions Each Hour, Daily Reports

[Bloomberg] More Americans Are Stuck With Long-Term Credit-Card Debt

Publicité

Une réflexion sur “EDITORIAL. Le paradoxe qui prouve que les banques centrales ne luttent pas vraiment contre l’inflation: les taux longs restent bas. Le paradoxe de Volcker.

  1. Bonjour Monsieur Bertez,

    Comme vous l’expliquez bien, partons du postulat que les banques centrales sont au courant de ces agissements.
    Ne pensez vous pas que d’autres acteurs du marché le sont aussi et donc, cette fois, ne font rien.
    Ce qui a terme, fait que tout le monde pensant que quelqu’un d’autre s’en occupe et que le problème se résoudra par lui même ; le problème s’auto-alimente et dégénère.
    Ne pensez vous pas qu’une hyperinflation soit possible ?
    D’ailleurs à ce propos, a quel niveau fixez vous le niveau d’hyperinflation ?

    Quand je lis vos articles, notamment sur le pain, on ne peut exclure cette possibilité.

    Merci encore pour vos articles.

    J’aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s