Josep Borrell est moins stupide qu’il n’en a l’air, il énonce des vérités partielles intéressantes et utiles.

Josep Borrell est moins stupide qu’il n’en a l’air, il énonce des vérités partielles intéressantes et utiles. Bien sur ce ne sont pas des propos grand public.

Il nous explique ce qui s’est passé au cours des dernières décennies.

Mais Borell se garde bien de mettre toutes les parties du kaleidoscope en perspective et de les relier entre elles de façon organique; si il le faisait, le paysage d’ensemble apparaitrait et le peuple ou ses guides verraient ou sont les problèmes et ou sont les solutions.

Mais cela il ne le faut pas, il faut continuer d’assener de fausses évidences.

Borrel ne parle ni de la crise du système capitaliste, ni de la financiarisation, ni de la régression des salariés, ni de l’Hegemon du dollar, ni de volonté de la grande bourgeoisie américaine et Anglo saxonne de se sauver sur le dos de ses alliés européens, non il reste politiquement correct. Comme le Macron.

Notre système économique a pour moteur le profit. La recherche de la profitabilité pour le Capital , lequel Capital s’accumule. Il s’accumule trop en regard de la masse de profit disponible. La très grande bourgeoisie veut maintenir ses privilèges, les dynasties du pognon aussi.

Je soutiens que nous subissons une grave crise de reproduction du système et que cette crise n’a été que masquée au cours des dernières décennies.

Les mutations systémiques que nous avons connues ont permis de gagner du temps, elles ont permis de repousser les échéances.

C’est pour ainsi dire ce qu’explique Josep Borrell ci dessous.

Il parle le langage conventionnel, vulgaire bien sur mais derrière ce langage conventionnel pointe la vérité objective:

Nous sommes en train de perdre tout ce qui nous permettait de repousser les échéances et nous sommes en train de perdre toutes nos sources de surproduit, d’excédents alors que jamais notre masse de dettes n’a été aussi élevée!

Tirez en les conclusions vous même.

Le chef de la politique étrangère de l’UE, Josep Borrell, a avoué que le modèle économique néolibéral de l’Occident était « basé sur une énergie bon marché en provenance de Russie« , « l‘accès au grand marché chinois » et « des travailleurs chinois mal payés. »

La prospérité économique de l’Occident après la fin de la première guerre froide en 1991 s’est construite sur un modèle économique capitaliste néolibéral qui n’a été rendu possible que grâce à l’extraction des richesses de la Chine et de la Russie, a déclaré le haut responsable de la politique étrangère de l’Union européenne, Josep Borrell. .

« Notre prospérité était basée sur la Chine et la Russie – l’énergie et le marché », a déclaré Borrell.

La Chine a fourni aux États-Unis et à l’UE un marché massif, une main-d’œuvre mal rémunérée et des biens de consommation bon marché. 

Après l’implosion de l’Union soviétique, les privatisations massives en Russie et les mesures d’intégration à l’Occident ont aidé l’Europe à obtenir d’énormes quantités d’énergie bon marché.

Mais l’augmentation significative du niveau de vie des travailleurs en Chine, ainsi que la guerre par procuration en Ukraine et l’engagement correspondant de l’UE de boycotter le gaz et le pétrole russes, ont considérablement augmenté le coût de la vie et du business en Europe.

Cela a plongé le système capitaliste transatlantique dans une crise profonde, motivant l’Occident néolibéral à mener une nouvelle guerre froide contre Pékin et Moscou dans l’espoir de reprendre le contrôle du marché et du travail chinois et des ressources naturelles de la Russie.

Le chef de la politique étrangère de l’UE a reconnu ces faits dans un discours prononcé lors de la conférence des ambassadeurs 2022  à Bruxelles le 10 octobre.

Les remarques de Borrell rappelaient les propos tenus en août par le président français Emmanuel Macron, mettant en garde contre la fin d’une « ère d’abondance » néolibérale.

« Je pense que nous, Européens, sommes confrontés à une situation dans laquelle nous subissons les conséquences d’un processus qui dure depuis des années dans lequel nous avons découplé les sources de notre prospérité des sources de notre sécurité », a déclaré Borrell.

Il a expliqué : « Notre prospérité repose sur une énergie bon marché provenant de Russie. Du gaz russe – bon marché et soi-disant abordable, sûr et stable.

« Et l’accès au grand marché chinois, pour les exportations et les importations, pour les transferts technologiques, pour les investissements, pour avoir des biens bon marché », a-t-il ajouté.

Le chef de la politique étrangère de l’UE a observé : « Je pense que les travailleurs chinois avec leurs bas salaires ont fait beaucoup mieux et beaucoup plus pour contenir l’inflation que toutes les banques centrales réunies.

Borrell a ensuite résumé: « Ainsi, notre prospérité était basée sur la Chine et la Russie – l’énergie et le marché. »

Cette prospérité est maintenant en train de disparaître.

En imposant des sanctions dévastatrices à Moscou pour la guerre par procuration en Ukraine et en s’engageant à boycotter l’énergie russe, l’Europe a perdu son plus grand fournisseur de gaz et de pétrole.

L’UE est maintenant à la recherche de nouvelles sources d’énergie et importe du gaz naturel liquéfié (GNL) beaucoup plus cher des États-Unis , ce qui a fait monter en flèche les factures d’électricité des citoyens et des entreprises européennes.

Maintenant que la Chine et la Russie sont devenues les adversaires géopolitiques de l’UE, Borrell a affirmé que l’Europe « aura besoin d’une forte restructuration de notre économie ».

« L’ajustement sera difficile et cela créera des problèmes politiques », a-t-il déclaré.

« Je pense que nous, Européens, sommes confrontés à une situation dans laquelle nous subissons les conséquences d’un processus qui dure depuis des années dans lequel nous avons découplé les sources de notre prospérité des sources de notre sécurité », a-t-il concédé.

Le modèle économique néolibéral de l’UE adopté dans les années 1990 reposait sur l’énergie bon marché provenant des biens de consommation, de la main-d’œuvre et du marché de la Russie et de la Chine.

D’autre part, la politique de sécurité de l’Europe était basée sur les États-Unis et l’OTAN.

Mais les États-Unis ne sont pas un partenaire fiable en matière de sécurité, a reconnu Borrell.

À l’heure actuelle, les États-Unis et l’UE sont plus proches que jamais, a-t-il déclaré. Cependant, cette alliance n’est pas à toute épreuve et elle pourrait changer dans un proche avenir.

Borrell a expliqué :

nous avons délégué notre sécurité aux États-Unis. Bien que la coopération avec l’administration Biden soit excellente et que les relations transatlantiques n’aient jamais été aussi bonnes qu’aujourd’hui – [y compris] notre coopération avec les États-Unis et mon ami Tony [Anthony] Blinken [Secrétaire d’État américain] : nous sommes dans une relation fantastique et coopérant beaucoup ; qui sait ce qui se passera dans deux ans, ou même en novembre ?

Que se serait-il passé si, au lieu de [Joe] Biden, cela avait été [Donald] Trump ou quelqu’un comme lui à la Maison Blanche ? Quelle aurait été la réponse des États-Unis à la guerre en Ukraine ? Quelle aurait été notre réponse dans une situation différente ? Ce sont des questions que nous devons nous poser.

Et la réponse pour moi est claire : « nous devons assumer nous-mêmes davantage de responsabilités. Nous devons assumer une plus grande part de notre responsabilité dans la sécurisation de notre sécurité.« 

Vous – les États-Unis – vous veillez à notre sécurité. Vous – la Chine et la Russie – vous avez fourni la base de notre prospérité. C’est un monde qui n’existe plus.

Borrell a également concédé que les problèmes de sécurité de l’UE ne sont pas seulement externes. En interne, l’Europe fait face à la menace de la « droite radicale ».

« Il y a un changement radical, et la droite radicale augmente dans nos démocraties, démocratiquement », a-t-il déclaré. Au lieu d’essayer de rejeter la faute sur un croque-mitaine étranger, Borrell a admis que ce changement d’extrême droite « n’est une imposition d’aucune puissance ».

« La droite radicale augmente son emprise sur la politique européenne », a-t-il ajouté. La « cohésion interne de l’UE est menacée ».

Le chef de la politique étrangère de l’UE a reconnu que, si l’Europe n’est plus dépendante de l’énergie russe, elle devient dépendante des exportations américaines de gaz naturel liquéfié. Cela pose son propre nouveau problème de sécurité, a averti Borrell :

L’autre jour, au Conseil [européen] de Prague, le président [de la France, Emmanuel] Macron l’a dit très clairement : on ne peut pas substituer une dépendance à une autre.

Nous sommes heureux d’importer beaucoup de gaz naturel liquéfié (GNL) des États-Unis – à un prix élevé, soit dit en passant – et de remplacer le gaz russe par du gaz américain et norvégien, ou du gaz azerbaïdjanais – enfin, d’Azerbaïdjan, c’est un petite quantité.

Mais que se passerait-il demain si les États-Unis, avec un nouveau président, décidaient de ne pas être aussi amicaux avec les Européens ? Pourquoi pas? Vous pouvez imaginer la situation dans laquelle notre dépendance critique vis-à-vis du GNL en provenance des États-Unis pourrait également être en crise.

Ou que, demain, nous n’avons pas le cobalt, nous n’avons pas les matières rares qui [viennent] de la RDC, de l’Amérique du Sud, de l’Afghanistan – elles sont [aussi] critiques pour nous que le pétrole et le gaz.

Borrell a averti que le monde est dans le chaos, et il a nommé plusieurs causes principales : la guerre par procuration de l’OTAN avec la Russie en Ukraine, la « profonde concurrence américano-chinoise », les crises alimentaires et énergétiques et une récession économique imminente.

Ce n’est pas seulement la guerre par procuration en Ukraine qui a déstabilisé l’Europe, a déclaré Borrell, mais aussi la « profonde concurrence américano-chinoise ».

Il a reconnu que le gouvernement américain porte la responsabilité de pousser jusqu’au bord de la guerre.

« L’escalade de la tension à Taiwan », a déclaré Borrell, « a été déclenchée par un voyage individuel d’une personnalité qui a amené le détroit de Taiwan au bord de – je ne dirais pas une guerre, mais – de nombreux jeux de guerre. »

Il faisait référence au voyage effectué par Nancy Pelosi , la présidente démocrate de la Chambre des représentants, le troisième plus haut fonctionnaire du gouvernement américain.

Ces conflits, aggravés par la hausse de l’inflation et les « crises alimentaires et énergétiques », ont créé une « tempête parfaite », a déclaré Borrell. Cela conduira inévitablement à une récession économique :

C’est une tempête parfaite. Tout d’abord, les prix augmentent. Deuxièmement, la réaction des banques centrales à la hausse des taux d’intérêt aux États-Unis. Tout le monde doit suivre, sinon leur monnaie sera dévaluée. Tout le monde court pour augmenter les taux d’intérêt. Cela nous amènera à une récession mondiale.

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7 réflexions sur “Josep Borrell est moins stupide qu’il n’en a l’air, il énonce des vérités partielles intéressantes et utiles.

  1. Un thread qui abonde dans le même sens, en le complétant aussi avec un troisième aspect, financier :

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  2. Voilà un bel idiot qui reconnait la fin de la prospérité européenne, s’en plaint mais qui de l’autre nous dit avec une pointe d’inquiétude: « Que se serait-il passé si, au lieu de [Joe] Biden, cela avait été [Donald] Trump ou quelqu’un comme lui à la Maison Blanche ? Quelle aurait été la réponse des États-Unis à la guerre en Ukraine ? Quelle aurait été notre réponse dans une situation différente ? Ce sont des questions que nous devons nous poser. » Et bien, Trump ne se serait pas lancé dans une guerre otanisée contre la Russie puisque son ennemi numéro 1 c’est la Chine. La question énergétique n’aurait pas été aussi problématique qu’elle l’est aujourd’hui même si l’inflation avait décollé 1 an avant environ. De plus, l’économie allemande ne serait pas entrain de s’effondrer (faute d’alternative compensatrice des énergies russes pas chères et proximales) et avec elle l’UE. Quand on est con et idéologiquement fanatisé… faut pas pleurer sur les effets dont on se refuse de comprendre les causes.

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  3. Bonjour M. Bertez

    Depuis des années…M. Borrell a la mémoire courte! Cela fait tout de même quelques siècles que les occidentaux ont pris l’habitude de payer les fourrures, les terres, les matières premières , végétales, minérales ou même humaines en verroteries ou en coutellerie bon marché….L’erreur a été de penser que cela pouvait, et devait même durer toujours: qu’il y avait il d’autre à attendre de quasi sauvages et qui n’avaient certainement pas d’âmes en plus …( c.à.d. les gens qui ne sont pas dans le jardin du père Josep)

    L’Occident ne cesse de vanter la libre concurrence, la considère même comme une condition nécessaire à la prospérité générale , mais l’on s’aperçoit que dans les faits, il ne s’agit que d’une concurrence unilatérale; si d’autres se mettent dans l’idée de nous concurrencer, alors il faut les bombarder, les détruire pour avoir seulement oser y penser.

    On peut comprendre que les « non- jardins » , les aliens de la jungle , en aient un peu assez de ce système!

    Cordialement

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  4. Bonjour.
    Cet ectoplasme monzi de Catalogne est un fiéffé lève patte pour Médor.
    Obligé devant les ambassadeurs, dont le même quota qu’à l’ONU est soit prorusse, soit non impliqué, d’avaler sa langue de P et son jabot de vieille corneille , il fait mine de ne pas être un des boutfeu de cette guerre ignominieuse en Europe.
    Beaucoup ont dû rigoler ! Mais c’est à pleurer.
    Au pilon.

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  5. Quel pince-sans-rire ce Borrell : « que se passerait-il demain si les États-Unis, avec un nouveau président, décidaient de ne pas être aussi AMICAUX avec les Européens ? » Les Allemands apprécieront…

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  6. Bonjour
    Donc dans leurs esprits … l’ennemi intérieur c’est la droite radicale , pour dire l’extrême droite … celle qui veut discuter et s’entendre avec l’ennemi extérieur … la Russie et la Chine …
    Forcément ils ne supportent pas le fait qu’il est possible de s’entendre et être gagnant gagnant … non … il faut dominer écraser … et l’ont voit le résultat aujourd’hui … leurs vanités vont nous mener à la misère , à la guerre …

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    1. Bonjou.
      Il soutient que la droite, qu’il considère comme extrème, est contre l’Europe alors qu’elle est contre ce socialisme américain dont il est un éminent représentant. L’Europe existera le jour ou ces compradores socialistes seront enfermé.

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