Alerte. Le drame des fonds de retraite. Une vilenie de plus qui s’origine dans les politiques monétaires.

‘‘Stability leads to instability. The more stable things become and the longer things are stable, the more unstable they will be when the crisis hits.’’

« La stabilité mène à l’instabilité. Plus les choses deviennent stables et plus les choses sont stables, plus elles seront instables lorsque la crise frappera.’’

Hyman Minsky

Je ne suis pas néo keynésien, mais j’apprécie Minsky car il capture une caractéristique du système à savoir que les crises financières sont inéluctables, ce que Steve Keen a d’ailleurs remarquablement développé dans ses ouvrages et surtout dans celui qui est intitulé… »Pouvons nous éviter une autre crise financière ». J’en ai fait un compte rendu en son temps.

Minsky et Keen ont le mérite de démontrer que les théories classiques dites de l’équilibre sont des idioties idéologiques.

Je ne partage pas ces théories car je récuse l’idée que les crises prennent naissance dans la sphère monétaire; elles prennent naissance dans la sphère économique productive et c’est parce qu’on lutte contre la tendance aux crises de l’économie productive que l’on monétise, financiarise et commet des excès financiers.

Le vrai problème ce n’est pas la finance mais l’économie elle même. La tendance à la suraccumulation des promesses et à l’érosion de la profitabilité conduit à des enchainements -faux remèdes- qui essaient de contrecarrer cette tendance tout en fragilisant et déséquilibrant le système.

Les crises sont des crises économiques qui apparaissent sous forme de crise financière et monétaire parce que l’on a financiarisé et monétisé.

Le problème des retraites est un problème qui s ‘origine dans le système capitaliste et pas seulement dans la sphère financière.

Récemment, il y a eu des développements cruciaux dans l’industrie mondiale des fonds de pension. Pour vous donner un peu de contexte, nous parlons ici d’une industrie de plus de 35 Trillions de dollars.

Des années et des années de baisse des taux et de volatilité modérée des prix actifs ont conduit les fonds de pension à utiliser plus agressivement les produits dérivés et l’ingénierie financière, le tout fondé sur les mathématiques et non pas sur une étude du réel.

Le réel est escamoté; c’est l’empêcheur de gérer en rond; dans l’imaginaire financier il n’y a pas de place pour la Réconciliation.

Le pari c’est l’adéquation entre les signes/les abstractions et la réalité concrète sous jacente.

Le domaine de prédilection a été celui des produits dérivés. Principalement mais pas seulement à des fins de couverture car les dérivés servent à la réplication.


Comme les produits dérivés nécessitent très peu d’investissement initial en espèces, -ce sont fondamentalement des leviers-, cela a libéré une capacité supplémentaire pour « investir » dans des actifs à rendement plus élevé et souvent illiquides. Il s’ agit en effet fondamentalement pour les fonds de pension de compenser la faiblesse de la vraie rentabilité réelle, de générer de meilleurs rendements par le biais de performances boursières complexes.

Hélas, brancher une loterie sur la production de richesses ne crée pas de valeur en soi, mais fait circuler les valeurs et donc transfère les richesses.

Il y a confusion dans la démarche puisqu’elle repose sur le principe faux que les signes boursiers, les cours, les zéros qui s’alignent dans les cotations, sont de la valeur. La bourse créerait de la valeur! Les cours de bourse ne sont pas de la valeur, mais des signes.

Non la bourse ne crée pas de valeur, c’est un marché de contre valeurs. C’est le marché des pantalons à une jambe, faits pour passer de mains en mains, vendus et revendus pas pour être portés. Non la bourse ne crée pas de valeur, elle crée de la performance boursière un point c’est tout.

La confusion est totale entre la valeur et la vraie richesse, entre la volatilité des cours et le vrai risque. On mélange tout, la valeur d’usage d’un actif financier qui est de toucher une série de flux et de cash flows à partir de l’économie productive et la valeur d’échange ou de jeu qui n’existent que si on a le bénéfice de la fameuse liquidité. La liquidité c’est: trouver plus con que soi.

Après tout, si la volatilité historiquement constatée est si faible, pourquoi ne pas jouer à ces jeux se sont dit les gérants des fonds de pension? Pourquoi pas?

Ils n’ont pas compris que la liquidité était une sorte de pari sur l’absence de limite, sur l’infini, sur la perfection, sur le dérivable, sur les poches profondes des banques centrales émettrices de monnaie et de dettes. La liquidité bien souvent n’existe qu’à la hausse, elle disparait quand la tendance -magique- s’inverse.

Alors qu’une tempête parfaite frappe les marchés, ils découvrent maintenant la partie « pourquoi pas? ».

Tout cela je l’ai expliqué depuis des décennies. Et en particulier depuis la fameuses crise de 2009.

Nous ne sommes jamais sortis de cette crise, nous avons simplement « kick the can », tapé dans la légendaire boite de conserve de la finance et reporté les problèmes dans le long terme . Dans le long terme disait cyniquement Keynes, nous serons tous morts; hélas c’est faux dans le long terme nous sommes dans le domaine des retraites et on a délibérément détruit, pourri, spolié les systèmes de retraites pour sauver les apparences.

Vous avez récemment vu les gros titres effrayants de la presse . Aux Royaume-Uni: les fonds de pension sont sur le point d’imploser et la Banque d’Angleterre doit essayer de les sauver en soutenant les cours, en assurant la fameuse liquidité, en limitant la hausse des rendements à 30 ans.

Vous vous demandez si ces krachs peuvent survenir en Europe continentale, oui ils peuvent et même ils doivent ! Mais tous les pays ne sont pas exposés de la même façon.

Lisez le texte ci dessous, je ne vous le traduis pas car c’est vraiment une étude pour professionnels et les professionnels sont obligés de lire dans le texte, ma traduction serait imparfaite et inutile.

Hi all, and welcome back to The Macro Compass!

Alfonso Peccatiello (Alf) 13 Octobre.

Recently, there have been crucial developments in the (global) pension fund industry.
And to give you some context, we are talking about a $40+ trillion industry here.

Years and years of lower rates and subdued cross-asset volatility led pension funds to make a more aggressive use of derivatives (mostly but not only for hedging purposes).
As derivatives require very little cash investment upfront, this freed up additional capacity to invest in higher-yielding and often illiquid assets to generate better returns – after all if volatility is so low, why not?

As the perfect storm hits markets, we are now finding out about the ‘‘why not’’ part.

In this article, we will:

  • Break down the dynamics behind the UK pension fund drama;
  • Discuss whether a similar episode could hit the European or US pension fund industry, and what the implications for markets and portfolios could be.

Welcome to the Dark Side of Derivatives

Actually, before we jump right in.
On October 17-18 I will be a speaker at the Digital Asset Summit in London – it’s an excellent conference that combines the worlds of macro and digital assets and it features high-quality speakers and attendees (macro/crypto funds, family offices, banks and many more).
If you want to grab a ticket, you can get a 20% discount using the code ‘‘TMC’’ – here is the link.

Now, back to it.

Let’s start with some context first.
The size of the global pension fund industry is estimated to be in the $35-40 trn area. It’s a very large and systematically important industry not only because of its size, but also because of its social impact – most of us look forward to retirement after decades of hard work.

Source: OECD

We recently got some scary headlines coming from the UK: pension funds were about to blow up, and the Bank of England had to backstop them by limiting the relentless rise in 30-year yields.

Let’s look into the very dynamics behind such episodes of acute stress.

1. How Does It Exactly Work?

Pension funds are in the business of accumulating premiums today and investing them (assets) such that they will be able to pay out pensions (liabilities) in the future.
Pension funds’ liabilities are hence a promise to pay a stream of retirement cash flows in the far future (~20-30y), which organically exposes them to interest rate risks: the discounted value of these liabilities increases if rates go down, and vice versa.

To guarantee solvency, these risks need to be hedged at least to a certain extent.
But funds must generate returns, too.

Here is how a stylized pension fund balance sheet looks like:

Let’s talk about the hedging part first.

20-30 year government bonds would be an obvious candidate as an asset to buy in order to hedge the interest rate risk of a 20-30 year pension liability, right?
Indeed, that’s correct.
But as yields kept moving lower for a decade, that also meant pension funds were locking in all their cash in low-yielding products.

Hence, a more ‘‘convenient’’ instrument became increasingly popular: swaps.

A receiver interest rate swap is nothing else than an agreement to receive cash flows at a fixed rate against the obligation to pay cash flows at the prevailing floating rate over time – ok, but where is the trick?

The beauty of a swap is that there is basically no principal investment up front.
These derivatives are mostly cleared through a Clearing House, which requires an initial margin (often paid by posting bonds as collateral) and variation margins (mostly settled in cash every day).

Most importantly, that means the cash that would have been invested in long dated safe bonds can now been deployed in higher yielding investments – which in a low-return environment were vital for pension funds to be able to deliver the return necessary to service pension payouts in the future.
Together with other factors, this led swaps to become so popular as a hedging tool that they now trade at a premium to government bonds (!).

Ok, so pension funds are sitting on a very large amount of 30-year receiver swaps to hedge long-dated liabilities.
And as this requires very little upfront investments, cash can instead be directed towards higher expected return assets like stocks, EMs, credits etc.

Then, this happens.

Now, institutional investors’ risk models (trust me: first-hand experience) are mostly based on 5-10 years historical volatility and hence unprepared to deal with such moves.
The amount of cash required to meet margin calls when the move in interest rates is 6-8x standard deviations is very large.

And remember where this cash has been invested?
Mostly in riskier assets that Clearing Houses won’t accept as collateral.
Pension funds also don’t have direct access to the Central Bank, which makes it impossible for them to post collateral and receive funds to meet margin calls this way.

All of a sudden, the most typical liquidity problem arises.
The only way out is to liquidate assets (bonds, stocks, all!) and meet margin calls to avoid a liquidity problem morphing into a solvency issue.

Government bonds – the most liquid assets – are first in line, and large sales only compound the problem: rates keep rising, and market makers whose risk warehousing capacity has been crippled by regulation are unable and unwilling to help.
A domino-like, vicious circle unfolds.
The Central Bank
 is forced to step in and stop the bleeding by effectively purchasing as many long-end bonds as necessary to limit the cascading risks.

A huge, systemically important sector like the pension fund industry was effectively experiencing an acute liquidity crisis on the verge of morphing into a solvency crisis.

Serious stuff.

Now, how likely is this to happen in Europe or the US?

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2. Yes, It Can Happen Elsewhere Too, But…

Is this only a UK pension fund industry problem?

Well, the UK certainly has a lot of idiosyncratic features that compounded the issue, and in particular:

  • ~1.8 trillion worth (!) of Defined Benefit pension schemes, which require pension funds to make more extensive use of a liability-driven investment (LDI) approach and hence more derivatives and return-seeking strategies;
  • Most importantly, a gigantic pension fund industry both compared to the size of its economy (119% of GDP as per 2020) and to the size of its high-quality bond market.

Here is how pension fund asset as % of GDP rank amongst OECD countries.

As you can see, there are many more jurisdiction with a humongous pension fund industry – but the devil is sometimes in the details.
Take The Netherlands, for instance – at >200% of GDP, should Dutch (and Europeansbe worried?

Yes, and no.

Yes: because a sharp move in 30-year European rates could spark very similar dynamics amongst Dutch pension funds too.
And yes, also because there are many more non-rates derivatives involved here: FX forwards used to hedge foreign bonds and equity investments, commodity derivatives, futures and so on. Volatility is picking up everywhere, and margin calls could pop up where you least expect them.

No: mainly because the size of the European pension fund industry as a % of the (decently rated) European bond and repo markets is much smaller than in the UK, and hence the magnitude of such an episode could be more contained.

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Conclusions & Portfolio Update

Finally, a quick word about how this pension fund drama and today’s US inflation print will impact markets and portfolios over the next few weeks/months.

Stability breeds instability.
Instability brings volatility.
Volatility breeds more volatility.

When the most liquid and deep market (= fixed income) in the world experiences daily swings which are at least 3-5x bigger than the last decade average, it is mechanically impossible for large institutional investors to allocate capital in riskier assets.
A hyper-financialized and leveraged system can only become more unstable when the very base of the pyramid is this volatile – the pension fund drama being a case in point.

Now, add to the equation the fact that today’s US inflation report showed how core services prices (the stickiest components of the CPI basket) keep marching higher.
And while this is mostly due to the lagged impact of an overheating housing market in 2021, the Federal Reserve will be setting monetary policy looking in the rearview mirror and keep tightening – (almost) no matter what.

There is a time to go long, a time go short and a time to go fishing.
As a long-only investor, it’s time to go fishing.

Accordingly, my Long-Only ETF portfolio (constructed to deliver better risk-adjusted return vs a 60-40 benchmark portfolio) remains positioned as follows:

  • Long (USD) Cash;
  • Large Underweight in Equities and all other (risk) assets;
  • Patiently waiting to further accumulate 10y+ Bonds

My Tactical Macro portfolio (designed to generate a double-digit yearly total return via long/short trades across asset classes with a horizon of roughly 1-3 months) remains short Russell 2000 future and in downside GBPCHF options (see here).

This year I have been blessed with an excellent risk-adjusted performance mostly thanks to a rigorous application of my macro framework and risk management process: >30% positive P&L with a Sharpe ratio north of 2x.

One final word: some major news are coming, stay tuned over the next weeks.


P.S. I’ll be in London early next week, drop me an email if you want to meet!

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5 réflexions sur “Alerte. Le drame des fonds de retraite. Une vilenie de plus qui s’origine dans les politiques monétaires.

  1. Ah, j’allais oublier un autre point clé: les crises « prennent naissance dans la sphère économique productive et c’est parce qu’on lutte contre la tendance aux crises de l’économie productive que l’on monétise, financiarise et commet des excès financiers.

    Le vrai problème ce n’est pas la finance mais l’économie elle même. La tendance à la sur accumulation des promesses et à l’érosion de la profitabilité conduit à des enchainements -faux remèdes- qui essaient de contrecarrer cette tendance tout en fragilisant et déséquilibrant le système ».

    La notion des cycles existentiels d’une économie productive est le relais concomitant de 2 choses: la circulation et l’allocation de flux à vocation énergétique (le travail intellectuel et physique humain et des machines justifient une compensation) pour dégager une trajectoire projective de production quantifiée et mesurable ainsi que la profitabilité qui sera le rendement marginal que l’on retire de cette combinaison aux multiples destinataires. Pourtant, j’y vois aussi la marque caractéristique du désir noué à nos atavismes comme comburant explicite à toute dynamique émergente d’action.

    Je situerai à l’amont justifié de tout processus et engrenage explicite des faits le pole central que tient la nature humaine qui recherche satisfaction dans la récompense et de cela nous pouvons affirmer qu’il y a à la fois une cinétique du désir et une relation synergétique entre désir/intention/action car les 3 triangulent un mouvement, une trajectoire et la nécessité impérieuse de perdurer dans le temps puisque la clé de la survie d’un désir et de celui, le sujet, qui est transporté par lui (le désir) est de « tendre vers » au delà des limites de lui-meme pour y revenir… apaisé. Le sujet et le désir sont enchaînés l’un à l’autre par une variable d’ajustement que sont ces 2 forces contraires et destinataires: la récompense et la frustration. Elles sont liés à un besoins ineffable d’etre et de devenir face à un passif: « avoir été ». face à l’échec et mieux encore… la perspective de la récompense ou de l’échec, il y a une tension dans nos intimes.

    Nous comprenons qu’il y a interpolation d’une dialectique des faits et d’un état d’être psycho-émotionnel qui se traduit dans les cycles économiques mais que cette dialectique est une transduction de l’étant psycho-émotionnel des sujets collectivement « connectés » par des motivations variées certes mais soutenu par une constante anthropologique (on recherche les fondations d’une paix intérieure qui passe par la réalisation des désirs): il s’agit d’un écosystème qui répond (écho-système) à un langage commun et univoque mais qui nécessite de se constituer dans la réalité dynamique par des formes et des signes préhensiles qui épousent une grande variabilité contextuelle (la caverne). On pourrait ajouté à ceci que tout écosystème, de par la nature du désir, constitue une réponse formelle à l’obligation (informelle) d’agir dans un milieu d’échange dont l’équilibre non linéaire est dynamique et fondamentalement instable du fait même qu’il est dynamique et soumis à des forces contrariantes. C’est la rencontre formelle et limitante aux effets des enjeux de pouvoir (qui est la substantifique moelle du désir mu par les sujets) qui rencontre naturellement sa propre limite puisque la compétition pour la récompense rencontre son double inversé: l’échec.

    L’échec est la « petite mort du désir », elle induit une tension supplémentaire qui doit être évacuée hors du sujet vers un autre que soi (« la liquidité, c’est trouvé plus con que soit » dites-vous). La perspective de cette « petite mort » pour tout sujet accentue cette tension émotionnelle à agir pour se sauver… Cette préhension du risque ou du gain sont des moteurs à la vectorisation de l’agir. Les sujets, dans une communauté de désirs et de destin) sont alignés dans une direction unique comme le champ magnétique aligne la limaille de fer dans une direction unique. Cela nous fait dire que la nature du désir est fondée sur une force active et motrice dont chacun d’entre nous est le véhicule intentionnel. Ce qui varie c’est la traduction de cette force du fait qu’elle est variable par son intensité mais surtout par son orientation sémiologique.
    Cela induit que l’Ego est le pole attracteur du désir et que l’agir est le type d’émulation dirigée de cette force qui est projetée vers l’objet ( le désir est le trait d’union, la force de liaison)… Il y a « résonnance » par identicité de nature entre sujet et objet ce qui justifie la vectorisation de l’un à l’autre par la cause communale, intentionnelle de devoir lier l’un à l’autre et ainsi de se réaliser dans l’objet (récompense): on dira alors que la réalisation -comme réussite/récompense- rétablit un équilibre émotionnel par le sujet qui intègre le pole opposé énergétique/magnétique de l’objet et que la rencontre fusionnelle de l’un à l’autre annule la tension négative qui habitait le sujet jusqu’ici puisque la tension qui l’habite doit s’extraire et retrouvé son double oppositionnel attracteur.
    L’échec, à contrario, est constitutif de cette « déliaison » brutale puisque le sujet ne peut atteindre à se réaliser dans l’objet; on pourra dire de cette façon d’agir et d’échouer qu’il a « dépensé » son énergie pour rien et que l’espoir l’a fait basculer dans la frustration qui provoque chez lui une sur tension négative qu’il doit plus encore et à nouveau impérativement « dissipée » dans un autre objet de semblable nature.
    Le fanatisme à agir et réagir pour un profit se justifie donc par cette idée centrale que l’Etre subit une tension mentale constante, libérable mais d’amplitude variable à chacun. Elle traduit une quête prospectiviste à devoir se réaliser soi-même puisque c’est par l’ « accaparement » de l’objet du désir qu’on annule cette tension négative… temporairement en une tension positive. On tend vers l’objet, on vectorise par le désir qui relève de l’intention ce qui se traduirait mathématiquement comme une « fonction d’état »… une fonction de l’état d’être psycho-émotionnel ordonne des coordonnées d’action, réaction et boucle de retro-action positive ou négative. L’espace est sémantique et le temps traduit la locution pro-active entre sujet et objet. Cet ensemble évolutif « à la Mandelbrot » s’appuie donc sur des mèmes (archétypiques) et définit des schèmes comportementaux « communaux » mais je pense qu’une raison, un « comment » à la fonction mimétique du désir est sous-jacente à l’Agir et qu’elle se justifie par les lois fondamentales de la physique quantique, en particulier sous le terme porteur de « l’identicité » entre sujet objet qui reflète une complétude de nature telle qu’elle s’observe entre 2 particules jumelles qui agissent mutuellement sans que le facteur matériellement contraignant de l’espace et du temps rendent compte de cette liaison pro-active du « en même temps ». Il existe donc une liaison « subliminale » et objective entre sujet et objet mais celle-ci s’établit dans un espace; il y adonc bien « distance » de l’un à l’autre comme il y a dans le désir et l’Ego le moyen informel de l’action que mène ce pole attracteur pour unir et faire se communier dans un centre symbolique et primordial l’objet au sujet. On retrouve une allusion biblique à cet état de chose entre la « tentation » qui est le désir naissant et agissant, l’addiction qui est la liaison forte entre le sujet et l’objet et la « possession » que tient l’objet vis à vis du sujet… Non pas que le sujet posséda l’objet mais qu’à l’inverse l’objet rend dépendant le sujet (il n’y a pas « réalisation » de l’objet du désir mais maintien de la tension effective par asservissement de l’objet sur le sujet. C’est ce que l’on trouvera chez tout sujet mu par un phénomène d’obnibulation fanatique à poursuivre les chimères d’un profit par une variabilité ou non de moyens disponibles et par lesquels il n’obtient au mieux qu’un réconfort temporaire).

    Dans un sens parallèle vous soulevez ce problème: « c’est parce qu’on lutte contre la tendance aux crises de l’économie productive que l’on monétise, financiarise et commet des excès financiers ». On retrouve dans l’addiction au jeu, la peur de l’échec donc on continue cout que cout, « kick the can! ».
    La cause de l’échec perçu comme risque grandissant incite à agir par d’autres moyens pour que jouir que confère à la réalisation du désir le moyen de perdurer dans la jouissance égotique. L’idéal de puissance est l’effet induit par le pole attracteur/émetteur toujours en tension de l’Ego qui manifeste son désir de perdurer dans la jouissance, ce qu’a provoqué la jouissance du profit à un moment donné se doit etre renouvelé sans fin… Eternité face à la finitude. L’émulation par le jeu trouve sa gratification ultime dans le profit; le résultat et l’échec apportent une tension supplémentaire, par contraste de la distance accrue entre le sujet et l’objet qui fait augmenter l’appréhension et traduira une énergie supplétive dans son investissement personnel pour faire durer ce qui doit un jour s’effondrer… Dure loi des cycles existentiels.

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    1. Bonjour
      Vous écrivez: « …Le sujet et le désir sont enchaînés l’un à l’autre par une variable d’ajustement que sont ces 2 forces contraires et destinataires: la récompense et la frustration. Elles sont liés à un besoins ineffable d’etre et de devenir face à un passif: « avoir été ». face à l’échec et mieux encore… la perspective de la récompense ou de l’échec, il y a une tension dans nos intimes.  »
      Il me semble que cette tension , dans le cadre de notre société marchande, s’exprime au mieux, au niveau le plus simple , chez le vendeur de type « one shot », employé des forces de vente « mercenaires »,: peu lui importe le produit et le client, seul compte l’acte de vente, la trajection ( terme forgé par Augustin Berque) que laisse en lui l’acte de vente, réussi ou manqué.
      Quand à la façon biblique de traiter de la question, il est intéressant de constater l’évolution de la gravité de la question dans la modification du texte du « Notre Père »: l’ancienne version énonçait: … ne nous laisse pas succomber à la tentation. La version actuelle implore: ne nous soumet pas à la tentation!
      C’est presque un aveu d’échec; quelques abbatiales romanes et les cathédrales gothiques présentaient aux chrétiens des programmes iconographiques, inspirés le la Psychomachie de Prudence, leur permettant d’apprendre à se libérer de la possession suivant l’addiction, conformément à l’attribut majeur du Dieu révélé au Sinaï qui se présente uniquement comme un dieu libérateur de l’esclavage. Cet aspect libérateur par l’enseignement et l’entraînement semble avoir disparu . ne subsiste qu’un appel relevant de la pensée magique: ne nous soumet pas à la tentation implique en filigrane: car nous ne pourrions pas y résister…..
      La tentation a le terrain libre vers la possession, chez le non adulte, le citoyen entièrement régi par l’Etat nounou, mère castratrice et empêche son enfant d’advenir, le condamnant à la mort psychique.

      Cordialement.

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  2. A mon niveau de compréhension je retiendrai le cœur de la problématique que vous posez:

    « Non la bourse ne crée pas de valeur, c’est un marché de contre valeurs. C’est le marché des pantalons à une jambe, faits pour passer de mains en mains, vendus et revendus pas pour être portés. Non la bourse ne crée pas de valeur, elle crée de la performance boursière un point c’est tout.

    La confusion est totale entre la valeur et la vraie richesse, entre la volatilité des cours et le vrai risque. On mélange tout, la valeur d’usage d’un actif financier qui est de toucher une série de flux et de cash flows à partir de l’économie productive et la valeur d’échange ou de jeu qui n’existent que si on a le bénéfice de la fameuse liquidité. La liquidité c’est: trouver plus con que soi ».

    Pour ce qui est du marché de pantalon à une jambe, écoutez Attali:

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  3. Article intéressant.

    Il utilise la bonne image quand il dit que la BOE a arrêté l’hémorragie.

    Il faut bien l’avoir en tête. Ils ont arrêté l’hémorragie mais beaucoup de sang a été perdu.

    Les dégâts sont considérables et vont encore compliquer la tâche de fonds de pension déjà insolvables au regard des pensions dues.

    Que vont-ils faire. Reprendre plus de risques ou déposer le bilan ?

    En résumé rien n’est réglé. On a remis la poussière sous le tapis mais pas pour longtemps

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  4. Bonjour M. Bertez

    Merci pour cet article éclairant.

    Le tableau confirme que la réforme des retraites déjà opérée en France a ramené le poids du système de 14% du PIB à 11,2%.

    Selon l’analyse faite par O. Berruyer de l’action du conseil des retraites, cette différence suffirait à rendre notre système supportable à long terme , contrairement à une part de 14% du PIB , et rendrait la réforme demandée par l U.E. inutile et même nuisible aux français. De même que les mesures imposée sur la prix de l’électricité nous sont particulièrement nocives.

    La réforme soi disant indispensable de nos retraites imposée par l’U.E n’a en fait pour but que de transférer les fonds aux grands fonds de pension étrangers.

    De ce fait, Macron œuvre dans l’intérêt de puissances étrangères et contre les intérêts des Français.

    Le système par répartition à des désavantages certains, mais l’actualité et votre article montrent bien les désavantages des systèmes par capitalisation et leurs effets délétères sur tout la finance et l’économie.

    Cordialement

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