Essai. L’ultime configuration apocalyptique. La mise en ordre du monde. L’Exploitation est l’Ordre du monde moderne.

Le pouvoir c’est le pouvoir de créer et d’imposer des équivalences.

Exemple 2+2 =4 mais la maitrise du système monétaire et de la planche à billets permet de proclamer que 2+2= 5.

Le langage debarrassé du principe de non-contradiction et des règles de la logique repousse les limites et crée de l’infini., de la toute puissance. Cette toute puissance fut-elle celle des déficits c’est à dire des manques!

Le pouvoir décrète que la rareté n’existe pas, que l’on peut créer autant de crédit que l’on veut et donc autant de pouvoir d’achat que l’on en a le besoin. On voit ici l’idéologie de l’inflationnisme mise à nu, à sa racine: nier la rareté.

Quand on a affirmé qu’un morceau de papier de Banque ou du Trésor vaut un kilo d’or on a vaincu la rareté.

Cette possibilité de créer des équivalences devient envahissante et générale dans le monde de la modernité, et elle touche tous les domaines jsqu’à ce quelle bute, jusqu’à ce qu’elle rencontre des limites concrètes, réelles, des pesanteurs et alors elle produit un conflit ou une crise. Une bulle qui éclate et c’est le monde des équivalences financières qui s’effondre.

Le plus évident des systèmes modernes d’quivalences c’est le WOKE; Il décrète qu’un homme est une femme, qu’il peut être enceint, être une mère, qu’un anus est une chatte et il punit ceux qui osent énoncer le contraire.

Le Woke est un système totalitaire et totalisant de déconnection des mots et du réel imposé par les puissants et ils punissent si on ose y déroger. Le patron des services de renseignements britannique a déclaré le mois dernier que la guerre contre la Russie était une guerre pour protéger les LGBTQ! Un élu américain a réitéré la même anerie j’en ai fait un article.

Une crise ou un conflit c’est en quelle sorte une équivalence , une croyance qui devient niée, contredite. Une équivalence qui se fracasse. Comme en finance quand on doute de la valeur des actifs financiers et de la possibilité des promesses qu’ils contiennent d’être honorées. La rupture des équivalences c’est un peu comme la rupture d’une certitude, rupture d’un invariant sur lequel on a construit un assemblage.

Autre exemple, l’Occident c’est le camp du bien, l’Ukraine fasciste c’est le camp du bien , la Russie conservatrice orthodoxe c’est le camp du mal. C’est Biden qui n’a pas toutes ses facultés mentales, mais c’est Poutine qui est fou!

Nommer c’est exercer son pouvoir de créer des équivalences.

Ce pouvoir impose de proche en proche , par un jeu d’engrenages, tout un imaginaire et il est tellement prenant qu’il n’est plus possible d ‘en sortir , tout s’enchaine dans des cordons de fausses causalités et de fausses conséquences.

Le pouvoir sépare le réel de ses représentaions dans une première étape et il remplace l’énoncé symbolique de vérité juste par un énoncé de pure rhétorique vraisemblable, animé non par le souci d’adéquation et de vérité mais par la volonté d’imposer ses désirs. Le pragmatique remplace le vrai. L’important c’est que cela marche. Au profit de qui ? De celui qui a le pouvoir. La référence ce n’est plus le monde et sa vérité mais la jouissance, la satisfaction du désir du Maitre. La subjectivité délirante du maitre réduit à néant l’objectivité du monde, elle devient nulle et même pas avenue. .

Le pouvoir disjoint les causes et leurs effets, il morcelle, il coupe, il fragmente, il détourne l’attention, il fait en sorte que tout savoir devient parcellaire. Il crée des trous, des zones d’ombre et d’opacité; cela lui permet d ‘échapper à ses responsabilités et surtout de construire des ensembles de fausses causes qui produisent de faux effets. Un monde faux, un monde imaginaire dont il tire les ficelles et gère les horloges.

C’est ainsi que le pouvoir se prétend toujours plus ou moins divin et sacré. C’est la fonction de l’instauration de la Raison d’Etat ou de l’état de guerre. Le pouvoir marche sur l’eau, le pouvoir multiplie les pains. Les Etats-Unis multiplient les dollars et Macron distribue l’argent des déficits. Le pouvoir est intimement lié au spectacle du pouvoir, à sa mise en scène comme celle de la Fed à chaque réunion comme hier.

Ainsi il devient maitre, démiurge.

Il ordonne le monde, au sens de mettre en ordre le monde et d’y donner ses ordres, en niant les lois du réel et surtout en niant l’Autre en lui retirant sa possibilité de connaissance, de conscience et de résistance.

Nous sommes dirigés par une cabale détachée, exonérée des conséquences de ses actes.

Mais il y a pire, cette cabale reproduit la structure intime du capitalisme, elle sépare les ombres des corps, les valeurs d’usage des valeurs d’echange et des valeurs désirs, elle divise, elle parcellise, en bref elle exploite. L’exploitation conçue comme je l’expose est l’Ordre du monde moderne.

C’e sont des systèmes holistes de tiers payants. Les uns jouissent, les autres paient. Les uns commandent les autres obéissent, les uns produisent des richesses, les autres produisent des morceaux de papier, des promesses etc

Et surtout cette cabale fait supporter aux peuples, aux salariés, aux citoyens le prix croissant de ses erreurs, de ses fautes, de ses perversions et autres déviances.

C’est l’ultime configuration apocalyptique.

EN PRIME

Regardez John Carpenter « They Live « 

Il y a 30 ans le film They Live, de John Carpenter tenait l’affiche . On y suit les pérégrinations d’un chemineau médusé de découvrir un Los Angeles envahi par des extraterrestres, ces derniers ayant réduit la population à l’esclavage… par le consumérisme.

Comme c’était alors l’usage, le film de Carpenter fut dûment pris de haut par la critique. Seulement voilà, depuis, le culte entourant cette science-fiction aux accents de western urbain n’a fait que croître. Des gens très sérieux y ont consacré des analyses savantes. Rien d’étonnant puisque, sous ses dehors de série B, They Live ne manque pas de substance. En plus de n’avoir rien perdu de sa pertinence, comme on pourra en juger du 27 au 29 avril lors de sa présentation au Cinéma du Parc.

They Live (Invasion Los Angeles en V. F.) est raconté du point de vue de John Nada, un ouvrier itinérant. À peine débarqué à Los Angeles, John réalise que la « Ville des anges » est infestée de créatures au faciès hideux. Or, ce n’est qu’en chaussant des lunettes spéciales qu’on peut non seulement voir ces êtres venus d’ailleurs tels qu’ils sont, mais aussi constater que chaque panneau d’affichage, chaque couverture de magazine, chaque emballage de produit contribue à un lavage de cerveau collectif avec des messages subliminaux tels que « Obéis », « Achète », « Marie-toi et reproduis-toi », « Pas de pensée individuelle », « Ne remets pas l’autorité en question », etc.

« Nous sommes leur bétail. Nous sommes élevés pour l’esclavage. Ils nous maintiennent endormis, égoïstes, anesthésiés », résume un membre du groupe de résistants à l’origine des fameuses lunettes « qui font voir clair ».

L’outil de prédilection des envahisseurs : des transmissions télévisuelles codées qui permettent d’influer sur ce que les humains voient, et sur comment ils le voient.

Leur but : exploiter les ressources terrestres jusqu’à épuisement avant de passer à une autre planète.

Ode aux années 1950

Dans le film, tout fonctionne selon le principe de la dissimulation. Les extraterrestres sont perçus comme des humains, bien sûr, mais le film lui-même n’est pas ce qu’il prétend être, ou enfin, il est davantage que ce qu’il annonce.

Conçu comme un hommage aux films de science-fiction des années 1950 avec lesquels Carpenter a grandi, They Live reprend le caractère souvent métaphorique de ceux-ci, montrant une chose pour mieux en désigner une autre.

Photo: Alive Films L’environnement urbain du film est truffé de messages subliminaux invisibles à l’œil nu, qui ordonnent aux masses humaines d’obéir.

À l’époque en effet, on pouvait souvent déceler, en filigrane, les peurs associées à la guerre froide : bombe atomique, menace communiste, invasion soviétique. Les films It Came from Outer Space (Le météore de la nuit), où des envahisseurs horribles peuvent prendre forme humaine, et Invaders from Mars (L’invasion vient de Mars), où des Martiens tout aussi affreux tentent d’exercer leur domination par contrôle mental, en constituent deux exemples patents.

Qui plus est, Carpenter s’est inspiré d’une nouvelle de 1963 de Ray Nelson, Eight O’Clock in the Morning, typique des préoccupations du temps. Pour l’anecdote, le cinéaste écrivit son scénario en recourant au pseudonyme Frank Armitage, un hommage à H.P. Lovecraft, et un autre rappel du motif de la dissimulation.

Simulacre coloré

L’influence de ce type de cinéma ne se retrouve pas uniquement dans le fond, mais aussi dans la forme, de They Live. Ainsi, lorsque John porte les lunettes, il (et le spectateur) voit l’environnement en noir et blanc. Lors de ces passages, tant les trucages optiques que les maquillages spéciaux affichent une esthétique volontairement rétro.

Dans le documentaire Independent Thoughts, John Carpenter confirme : « C’était de la réalisation à l’ancienne, où j’ai utilisé certains des plus vieux trucs du métier. »

Le choix d’alterner couleur et noir et blanc renvoie en outre à l’un des films préférés du cinéaste : The Wizard of Oz (Le magicien d’Oz). La réalité du Kansas y est filmée en noir et blanc, et la fantaisie du royaume d’Oz, en couleur.

Dans They Live, Carpenter se réapproprie ce procédé de telle sorte que la couleur relève du simulacre séduisant, et le noir et blanc, de la réalité dépouillée.

Caractère subversif

Ce qui est intéressant avec They Live, pour demeurer dans son caractère rétro, c’est que Carpenter y subvertit la paranoïa d’antan envers une autre nation, nommément l’Union soviétique, en critiquant plutôt le gouvernement américain. En 2013, le cinéaste expliqua, en marge d’une projection anniversaire de son film Halloween :

« They Live revenait à faire un doigt d’honneur à Reagan à un moment où personne n’osait le faire. À la fin des années 1970, il y a eu un effet de ressac contre tout ce qui concernait les années 1960, et c’est ce qu’ont été les années 1980, et Ronald Reagan est devenu président, et la Reaganomique est apparue… Et donc plusieurs idéaux avec lesquels j’avais grandi ont été pris d’assaut, et quelque chose appelé « les yuppies » est venu au monde, et ils ne voulaient que de l’argent. À la fin des années 1980, j’en ai eu assez, et j’ai décidé de prendre position, et aussi stupide et banal que ce soit, c’est ce que j’ai fait, et c’était They Live. »

Dans le documentaire Independent Thoughts encore, le cinéaste précise : « Pendant son mandat, Reagan s’en est pris aux syndicats ; le taux de pauvreté a augmenté. Le discours sous-jacent était de laisser faire les riches, car s’ils s’enrichissaient davantage, les autres pourraient espérer en profiter. [Dans le film] j’ai fait des républicains les extraterrestres. »

Culture publicitaire

De nos jours, on peut facilement associer les monstres à ce 1 % qui vit aux dépens des 99 % restants. Une lecture renforcée par la nature du héros du film, un homme non seulement ordinaire, mais chômeur et sans domicile fixe.

À cet égard, et on revient au concept de dissimulation, le nom même du protagoniste recèle un sens caché : John, prénom anglo-saxon le plus courant et par conséquent le plus anonyme, et Nada, qui signifie « rien ». L’homme sans nom cher au western, ou le proverbial monsieur Tout-le-Monde, c’est selon.

Le propos du film va toutefois au-delà de la sphère politique. Comme le relève Bryan Hempel dans un essai publié par Little White Lies, They Live fonctionne également comme une critique féroce de la culture publicitaire.

« Les extraterrestres se sont positionnés comme l’élite sociale, et les humains essaient d’imiter ces suzerains extraterrestres cachés. C’est très conforme au fonctionnement de la publicité dans la vraie vie […] Le génie du film de Carpenter réside dans ce qu’il montre le modèle publicitaire qui descend des extraterrestres vers les humains, en un commentaire marqué et incisif de la culture yuppie des années 1980. »

L’arme de choix était en ce temps-là la télévision, mais on n’a qu’à transposer ledit modèle aux contenus numériques actuels, avec leurs publicités ciblées, et le constat est identique.

Trente ans plus tard

Hollywood raffolant des remakes, des rumeurs d’une nouvelle version de They Live circulent depuis quelques années déjà. Bonne ou mauvaise idée ?

En 1988, les États-Unis étaient dirigés par un ancien acteur. Trente ans plus tard, le pays est désormais gouverné par un président qui, d’une part, a consolidé sa fortune aux belles heures du capitalisme sauvage des années 1980, et qui, d’autre part, a assuré sa célébrité en se créant une émission de téléréalité. N’a-t-on pas atteint la quintessence du propos de They Live ?

En entrevue au site Yahoo !, en 2015, John Carpenter ne croyait sans doute pas si bien dire en déclarant au sujet de son film : « Ce n’est pas de la science-fiction. C’est du documentaire. »

They Live

Drame fantastique de John Carpenter, États-Unis, 1988. Vendredi, samedi et dimanche au Cinéma du Parc

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Une réflexion sur “Essai. L’ultime configuration apocalyptique. La mise en ordre du monde. L’Exploitation est l’Ordre du monde moderne.

  1. Bonjour M. Bertez

    Ainsi, « l’oeil de la Providence » qui figure sur le dollar s’avère être en fait celui de Polyphème , dont le nom signifie parle beaucoup, qui se nourrit de chair humaine; monstre qui sera vaincu par Ulysse se prétendant « Personne », soit « un je ne sais quoi, un presque rien », presque un nada.
    Un seul oeil, celui du cyclope, celui de Sauron pour les plus jeunes- une seule langue qui dévore les esprits humains pour n’ériger qu’une seule forteresse, et y emprisonner l’humanité dans les ténèbres.

    Cordialement

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