EDITORIAL: de la finance à la guerre, l’extension du domaine de la Crise.

NE MANQUEZ PAS NOTRE EDITORIAL:

« Je vous prends une comparaison frappante: essayer de prévoir ce qui va se passer dans la tête de Powell et en tirer des conclusions c’est comme étudier une girouette à partir de ses caracteristiques techniques pour essayer de prédire le sens du vent! Ce n’est pas la girouette qu’il faut étudier, c’est la météo, le climat . Powell , sa volonté, ses propos sont des produits ce ne sont pas des causes premières ».

Le problème des narratives sur la situation économique et financière est le même que celui qui se pose sur le conflit militaire en cours: la personnalisation. La prééminence du subjectif et des perceptions.

La pensée occidentale, sous la conduite de la pensée américaine, est incapable de considérer les situations comme déterminées par des causes objectives.

Cette forme de pensée a besoin de personnaliser et de subjectiviser.

Elle a évacué la pensée scientifique, le matérialisme et s’enfonce dans le spiritualisme rétrograde, à savoir: c’est la pensée qui conduit le monde, c’est la volonté qui mène le monde, ce sont les élites qui produisent le monde.

Cette pensée est à la racine du Grand Reset etdu Transhumanisme.

Mon constat est que nous avons franchi une étape dans la post-modernité: à force de confondre les mots, les signes, les représentations avec le Réel qu’ils sont censer signifier, nous nous sommes installés dans l’irréalité!

L’Amérique, l’Occident ont perdu le contact avec la réalité et ils ont oublié les grands principes de la logique et encore plus ceux de la dialectique; ils ne connaissent que la rigueur et le déterminisme rhétorique, un mot en appelle un autre, une proposition en tire une autre, c’est dire qu’ils ne sont plus que dans la logique du discours.

L’Occident a abandonné la logique des situatiosn et des faits, le va et vient de la vérification, et il est submergé par les effets de la parole. C’est une conséquence du développement prodigieux de la Communication et de ses techniques.

Cette pensée est méphistophélique, faustienne au sens ou, pour satisfaire au désir de toute puissance, elle a fait un pacte avec le diable: pour être maitresse des signes, des ombres; elle a renoncé à tout le reste qui était proprement humain. A toutes ces merveilleuses faiblesses qui nous enracinent.

Elle a abandonné les proies pour le monde des ombres; elle est prométhéenne, elle a volé le feu aux dieux, en ce sens qu’elle prétend rivaliser, néantiser la puissance du déterminisme ou si on veut celle du destin. Autrement dit elle nie la pesanteur, la finitude, l’altérité, la mort.

L’ennui est que les imbéciles qui nous « gouvernent » n’ont aucun recul, ils n’ont que leurs formations accélérées de Young Leaders, ils n’ont pas la longue cuiller qu’il faudrait qu’ils aient pour manger avec le diable.

Cette pensée a produit une perversion car elle a été poussée à son extrême par l’illusion de la Communication toute puissante , vous savez cette communication de type publicitaire et hollywoodienne qui est le sous jacent de la politique américaine:

 « Nous sommes un empire maintenant et quand nous agissons nous créons notre propre réalité. Et alors que vous étudierez cette réalité, – judicieusement, si vous voulez, – nous agirons de nouveau, créant d’autres nouvelles réalités, que vous pourrez à nouveau étudier, et c’est ainsi que continuerons les choses. Nous sommes [les créateurs] de l’histoire… Et vous, vous tous, il ne vous restera qu’à étudier ce que nous avons [créé]. »

L’affirmation importante est celle ci:

« Nous sommes les créateurs de l’histoire« 

Le monde n’existe pas en dehors des représentations que nous nous en faisons et en dehors de celles que nous vous imposons.

Voila le principe sur lequel repose le fameux exceptionnalisme américain qui a contaminé les élites occidentales. C’est une authentique névrose sociale qui en ce moment flirte avec la psychose.

Vous vous étonnez du Woke, du choix d’un minable comédien pour jouer avec sa queue la partition du combat contre la partie saine de l’univers, vous vous étonnez de l’état mental et de la santé psychique de Bide(n), vous vous étonnez de la folie oedipienne de notre Narcisse Jupiterien? Moi non!

« Nous créons notre propre réalité » et attention ils ne sont pas cyniques, ce ne sont pas des chiens cette réalité c’est la leur, ils y croient, ils l’habitent. C’est bien une forme de psychose. Ils sont aliénés.

« vous vous adaptez car nous sommes un Empire« ! Un empire à l’intérieur de cette réalité qui est imaginaire et qui comme le capitalisme a besoin de, sans cesse, s’étendre, sans cesse exploiter plus pour soutenir sa raison d’être. Il faut, pour maintenir cet imaginaire sans cesse importer de l’énergie extérieure, car l’énergie interne à notre système se dégrade, voila ce qui n’est pas dit. Voila la démonstration de la justesse des analyses sur l’inéluctabilité de l’impérialisme et de la guerre.

L’ennui c’est que les hommes fussent-ils américains et exceptionnels ne sont pas des dieux et que ces hommes font plus que croire à leurs fantasmes, ils les habitent, Ils leur sont constitutifs, le fantasme est devenu leur Être!

Ce qui passe pour un progressisme est en dernière analyse une formidable régression. Une régression moyen ageuse d’avant que l’homme ne se libère de ses superstitions, du sacré, de la magie, de l’alchimie et n’ait accès à la science, au monde obejctif.

Nous sommes revenus au Cargo Cult des primitifs et à la magie des signes et autres grigris . Le progrès nous avait fait revenir sur terre, ces psychotiques nous renvoient dans les cieux, dans les brumes et les mystères qui permettent par un jeu de terrorisme de faire croire que le bien c’est le mal, qu’un homme est une femme, que l’Ukraine est vertueuse, que Poutine est un criminel et que Bide(n) est un génie.

Ce que les imbéciles, comme le Melenchon et sa clique qui s’extasient devant la déconstruction, n’ont pas compris c’est que ceux qui sont pour, ceux qui la promeuvent, en fait ne détruisent ce que nous sommes que pour nous reconstruire comme ils le veulent, c’est à dire obéissants et serfs à leur service, soumis et fiers de l’être!

Exemple de cette psychose délirante , c’est Powell qui a la clef des perspectives économiques, la clef de votre destin; exemple c’est Poutine qui est responsable de la guerre.

C’est faux, archi faux et tout , en particulier dans ces deux situations est déterminé par le passé, par les conditions matérielles, par les impasses qui se sont manifestées ces dernières années, impasses qui sont les limites du régime capitaliste financiarisé que nous avons connu jusqu’en 2008.

Pour se sauver du chaos financier qui détruirait l’ordre social actuel il faut une bonne guerre! Il faut saisir le trésor de 300 milliards accumulé par les Russes, s’approprier leurs richesses naturelles, il faut confisquer le trillion de réserves en dollars des Chinois qui constituent les dettes de l’empire .

Nous avons buté sur les limites de la globalisation, sur les limites de l’endettement, sur les limites du pétrole bon marché, nous avons buté sur les limites de la coopération internationale, nous avons buté sur les limites de rareté des ressources, nous avons buté sur les limites de la rentabilisation de la masse fantastique de capital productif et fictif qui a été accumulé; voila pourquoi il faut s’envoyer en l’air et faire la guerre.

Ce n’est pas un hasard si j’ai écrit regulièrement depuis 2009:

« un jour ou l’autre il faudra qu’il y ait la guerre, on le sait bien... »

Je ne suis pas devin, je ne fais que lire les forces qui sont à l’oeuvre et déchiffrer les developpements qu’elles produisent. Je ne devine pas le futur, je lis le présent .

Nous sommes dans deux situations crisiques en attendant la troisième: situation crisique sur le front de la finance et de la monnaie, et situationc crisique sur le front ukrainien.

Mais c’est une seule et même crise qui se développe et qui rend manifeste ce qu’elle avait en germe.

La situation crisique sur le front chinois est en cours de manifestation. Mais elle est deja en branle.

Une autre, en incidente, est en préparation dans une Union Européenne qui se fissure sous les coups de boutoirs américains et surtout britanniques.

[Yahoo/Bloomberg] US Inflation to Pose Fresh Test for Powell’s Fed: Eco Week Ahead

[Yahoo/Bloomberg] Peak in Bond Yields That Appeared Close Has Vanished From Sight

[Yahoo/Bloomberg] China Markets Set for More Volatility as Covid-Zero Policy Stays

[Reuters] China posts 6-month high COVID count as it sticks with strategy

[Reuters] Analysis: For China’s COVID policy, change comes in small increments

[Reuters] Ukraine’s Russian-held Nova Kakhovka dam damaged in shelling -Russian media

[Reuters] UK government faces tough budget decisions, says minister

[WSJ] Raising Money on Wall Street Hasn’t Been This Hard in a Decade

[WSJ] Last Eight Years Were the Warmest in Modern Times, U.N. Body Says

[WSJ] Epic Housing Booms Meet Their Match in Australia, Canada, New Zealand

[FT] Beijing quashes market rumours of quicker end to zero-Covid policy

[FT] Europe is learning that you can’t separate trade and politics

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Une réflexion sur “EDITORIAL: de la finance à la guerre, l’extension du domaine de la Crise.

  1. Bonsoir Monsieur Bertez
    Le Moyen Age enseignait la logique, la grammaire et la rhétorique – le trivium- en plus de la géométrie, de la musique, de l’arithmétique et de l’astrologie – le quadrivium; mais toute cette logique s’enfermait dans un corpus irrationnel, celui de la Bible prise au sens littéral.
    L’aboutissement sophistiqué de cette vision du monde se trouve bien résumé dans le Rationale Divinorum officiarum de Guillaume Durand de Mende, éminent juriste puis évêque – 14ème siècle.
    Cette vision aboutie, mais irréfutable sous peine du bûcher, se déployait en fait dans une « caverne de Platon ».
    Aujourd’hui il semble que le phénomène de déconnexion – voulue ou inévitable- de la réalité se soit aggravé du fait de l’illusion de réalité imposée par les écrans que les élites consultent obligatoirement pour connaître l’état du monde.
    Nos écrans n’ouvrent pas sur le monde mais sur une autre caverne!
    Cela met en jeu une erreur fondamentale de logique – péché mortel s’il en est- qui consiste à confondre la longueur et la mesure de la longueur.
    Il se peut donc que nous arrivions bien plus vite que jadis au moment nécessaire d’une seconde « Renaissance » en Occident, imposé par la prise de conscience brutale de la réalité, imposée par d’autres.

    Cordialement

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