L’explosion du crédit continue aux Etats-Unis, l’inflation va devenir séculaire.

La croissance du crédit a quelque peu ralenti aux Etats-Unis.

Elle reste colossale et bien entendu les autorités le savent et elles comptent sur cette explosion du crédit pour soutenir la structure fragile de la finance et de l’économie américaine.

Rien que ce phénomène prouve que nous sommes dans un opération de resserrement en trompe l’oeil.

À un rythme désaisonnalisé et annualisé (SAAR) de 3,284 trillions de dollars, la croissance de la dette non financière (NFD) a ralenti par rapport à celle de 4,318 trillions de dollars au T2 et à celle de 5,438 trillions de dollars au T1. La dette non financière (NFD ) a terminé septembre à un record de 68,463 trillios de dollars, soit 266% du PIB.

À moins que la croissance du crédit au 4e trimestre ne surprenne à la baisse, la croissance de la dette en 2022 ne sera la deuxième après le boom de 2020.

La croissance annuelle de la dette non financière a été en moyenne de 1,816 trillions de dollars au cours des deux décennies de 2000 à 2019. La croissance de la dette de cette année doublera probablement ce rythme continu , ce qui va créer un important carburant inflationniste.

Bien qu’il y ait eu un ralentissement de la croissance du crédit hypothécaire, de puissants booms de prêts se sont poursuivis partout ailleurs. Et au fur et à mesure que le bilan de la Fed se contracte, les GSE (entreprises parrainées par le gouvernement) poursuivent leur expansion substantielle

Fait important, la croissance exceptionnellement forte des prêts bancaires et non bancaires s’est poursuivie sans relâche .

Malgré le cycle de resserrement de la Fed et une année de faible performance du marché des valeurs mobilières, la Grande inflation de la bulle du crédit se poursuit. Et il est évident que ceci ne peut échapper à la vigilance des autorités. Elles font semblant de serrer d’un coté, mais elles laissent galoper de l’autre.

La Fed a entamé un cycle de resserrement qu’elle prétend agressif.

Le crédit /la finance façon Wall Street a été réduit , mais il a été relayé par le crédit traditionnel. La Bourse est une sorte de grande banque depuis la dérégulation, mais le crédit traditionnel a continué de fonctionner … fort opportunément.

Comme on pouvait s’y attendre, les conditions financières se sont donc resserrées de manière significative sur les marchés.

De manière subreptice, les conditions générales de crédit et de finance hors des marchés des valeurs mobilières se sont assouplies.

En effet, l’instabilité du marché boursier sur lequel tout le monde a les yeux fixés a en fait contribué à renforcer les principales structures de crédit finançant l’économie, notamment les prêts bancaires et le “crédit privé ».”

La soit disant habileté de la Fed est fondée sur une illusion du type David Copperfield, elle nous a fait regarder de l’autre coté, du coté ou il y avait resserrement alors que le desserrement jouait à plein ailleurs.

En 2022, le cycle de « resserrement » de la Fed et l’instabilité du marché qui en a résulté ont contribué à alimenter le boom des prêts non fondés sur le marché.

La forte croissance du crédit qui en a résulté a soutenu la résilience économique et bien entendu, elle explique le marché du travail tendu. L’aisance financière réelle et le faible taux de chômage ont soutenu les fondamentaux de l’économie et surtout la crédibilité de la Fed: elle a pu passer pour habile et déterminée tout en étant laxiste.

La solide progression du crédit chez les ménages et chez les entreprises permet de mieux comprendre les faibles défauts de paiement…, ce qui en retour a encore encouragé les prêteurs bancaires et non bancaires .

Le rôle du soi-disant “crédit privé” est énorme et à notre époque, depuis la dérégulation, méconnu.

Ceci me conduit a penser que la désinflation touche surtout le secteur financier puisque c’est lui qui a été rationné en carburant.

Pendant de nombreuses années la monnaie a alimenté la finance boursière depuis 2021 cela a cessé. Les prix boursiers baissent ou se dégonflent

Mais comme en 2022 la monnaie va dans le secteur du crédit traditionnel elle gonfle le prix du secteur des biens et des services.

L’analyse à notre époque devrait être affinée , elle devrait tenir compte des différentes sphères qui la reçoivent, la financière ou la réelle.

Ma conviction est qu’une partie de la hausse des prix est bien temporaire, circonstancielle comme l’avait dit Powell, mais qu’une autre partie est séculaire; et contre cette partie séculaire la politique monétaire ne peut rien; la question est de savoir a quel niveau se situe cette nouvelle inflation séculaire.

Ma conviction sur l’inflation séculaire qui nous attend est fondée sur les tensions inévitables qui vont se développer sur els revenus et les ressources.

L’inflation séculaire va avoir pour cause ou origine:

-tension sur les ressources

-tensions sur les revenus

-érosion de la productivité

-déglobalisation

-dépenses militaires

-dépenses de transition énergétique

-poids des dettes des gouvernements

-résistance des peuples à la paupérisation

-refus de la destruction du capital périmé , obsolète et fictif

-déficit de légitimité des pouvoirs et des élites

-frottement social, faute de vrai grain à moudre on va injecter l’huile de l’inflation dans les rouages.

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