CASSAD CONTESTE LA STRATEGIE RUSSE

Le seul moyen fiable de réduire l’intensité des bombardements de Donetsk par les troupes de Kiev est de libérer le Donbass occidental.

Le combat de contre-batterie n’a qu’un faible résultat du fait que l’ennemi ne reste pas immobile : après chaque salve, il change de position.

Plus le front est éloigné de Donetsk, plus la gamme d’armes pouvant être utilisées pour le bombardement est réduite. Dans les réalités actuelles, le front doit être reculé d’au moins 30 à 40 km afin de priver l’ennemi de la possibilité d’utiliser l’artillerie conventionnelle et les lanceurs de roquettes multiples normaux.

Bien sûr, même à 40 km, l’ennemi peut continuer à utiliser des canons individuels à longue portée, des LRM lourds, des missiles etc, mais ce sera plus difficile, plus cher, et l’efficacité des bombardements sera amoindrie.

D’autre part, une sorte d’assaut frontal sur Avdeevka ne promet rien de significatif aux forces armées russes, car le résultat n’est pas garanti, des pertes importantes sont certaines et le bombardement de Donetsk pendant l’assaut se poursuivra. C’est le dilemme.

Il est nécessaire d’augmenter la pression sur Marinka, puis de se diriger vers Krasnogorovka et Kurakhovo ; ainsi qu’en direction de Vodyanoye et Tonenkoye depuis Peski / Pervomayskoye. »


https://t.me/boris_rozhin/73169

👉 Il est bien évident que les assauts frontaux sont contre-productifs, c’est la base de la science militaire.

Quand on a libéré la banlieue de Damas de l’occupation terroriste en 2018, on a attaqué par l’arrière. Tous les assauts frontaux entre 2011 et 2018 n’ont eu que des effets limités, de retardement.

Ici, d’accord, c’est plus compliqué car il faut d’abord libérer les arrières, mais tout ce qu’on voit depuis le 24 février est stratégiquement nul, de la perte de temps et de la perte inutile de personnels militaires russes. Même la tête de pont en rive ouest à Kherson a été cédée. Tout ce qu’on voit montre qu’il n’y a jamais rien eu d’autre qu’un plan A : le coup d’Etat à Kiev. Celui-ci devait avoir lieu, et s’il n’avait pas lieu, et il n’a pas eu lieu, alors place serait faite à l’improvisation totale. Après 10 mois, l’improvisation n’a toujours pas accouché d’une stratégie solide. Terrible.

Quant aux bombardements de Donetsk, il ne faut pas se laisser tromper par les émotions.
Il y avait deux options :
– Attaquer de face les puissantes lignes défensives ennemies établies depuis 8 ans, en imaginant régler le problème. On voit que ça n’est pas la solution, c’est même le piège simplissime de l’ennemi.
– Ou encercler l’ennemi et l’anéantir. Au début, cela paraît plus long et coûteux, puis quand l’ennemi est écrasé, on constate l’efficacité de la stratégie.
Moscou a choisi la première option, 10 mois après, nous en sommes toujours au même point. Que de gaspillage de temps et de ressources.

Pourquoi avoir arrêté l’offensive en profondeur dans les arrières de la DNR, depuis le sud ?
Pourquoi attaquer Marinka d’Est en ouest ?
Pourquoi avoir abandonné la pince nord-ouest sur Slaviansk ?
Pourquoi avoir attendu 9 mois avant d’abandonner la tête de pont de Kherson si on ne comptait pas la conserver ? Je n’aurais même pas osé la prendre en février, surtout avec un plan global si léger.
Pourquoi ne pas avoir attaqué Marioupol depuis l’arrière, et en l’encerclant, alors qu’on l’a attaquée depuis l’Est au départ ?
Pourquoi dépenser autant de ressources dans l’attaque des postes électriques plutôt que les centrales électriques et économiser les munitions pour d’autres cibles stratégiques ?

Persévérer dans l’erreur est diabolique et si je ne suis pas favorable aux procès contre les stratèges pour des erreurs ponctuelles même graves, la poursuite dans l’erreur n’est pas admissible. Mais l’ennemi se charge d’expliquer que les choix stratégiques sont mauvais, vous pouvez compter sur lui. Libre à vous de poursuivre dans le chemin d’une guerre qui durera dix années ou plus, ou de vous plonger la tête dans l’eau glacée, de vous remettre en question, et d’en finir en un an.

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Colonelcassad

4 réflexions sur “CASSAD CONTESTE LA STRATEGIE RUSSE

  1. Avec l’hiver je crois que la Russie à raison de s’en tenir à ses positions défensives, la Russie a souvent utilisé l’hiver pour ensuite revenir écrabouiller ses ennemis, il faut tenir compte de ce facteur.

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  2. Sans être stratège militaire, il me semble qu’une opération visant à encercler toutes les troupes présentes dans l’oblast de Donesk nécessite bien plus que les 100.000 hommes initiaux: cette armée se retrouverait en sandwich entre les troupes dans l’oblast et celles protégeant Kiev, cela nécessite plus. Peut-être une fois les mobilisés en ligne?

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  3. Une stratégie ne peut se définir qu’après la définition de l’objectif. Si l’objectif est d’écraser l’Ukraine pour gagner la guerre en Ukraine avec un minimum de pertes de ressources, Cassad à raison. Si la guerre en Ukraine n’est que secondaire dans un objectif plus grand, et que pour satisfaire cet objectif principal, elle doit durer les plus longtemps possible, alors il a tort…

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