Quand Hollande récite sa leçon, et s’enfonce encore tout seul dans le mensonge et la médiocrité.

Voici un texte d’anthologie qu’il faudra conserver pour s’en moquer dans quelques années.

https://kyivindependent.com/national/hollande-there-will-only-be-a-way-out-of-the-conflict-when-russia-fails-on-the-ground

L’ancien président français attribue en partie la résilience réussie de l’Ukraine en 2022 à ses propres efforts diplomatiques en 2014-2015.

Selon Hollande, les réunions au format Normandie, lancées en juin 2014 et comprenant les dirigeants de la France, de l’Allemagne, de l’Ukraine et de la Russie, ont donné à l’Ukraine du temps pour se préparer, tandis que les accords de Minsk qui ont suivi ont tenté de pousser Poutine vers une voie diplomatique.

Dans une interview exclusive à Paris, Hollande a évoqué le début de la guerre de Russie en 2014, l’annexion de la Crimée et l’échec de l’Occident à empêcher une guerre à grande échelle en Europe.

The Kyiv Independent : En tant qu’ancien président français de 2012 à 2017, comment voyez-vous l’évolution de la Russie durant cette période ?

François Hollande :  Une rupture s’est opérée avec le retour de Vladimir Poutine au Kremlin en 2012. Il rêvait d’une recréation de l’Union soviétique. Poutine a adopté une posture agressive et a attendu de voir quelle serait la réaction de l’Occident. Il était provocateur et agressif. Le principal adversaire s’appelait les États-Unis.

The Kyiv Independent : Avec le déclenchement de la guerre dans le Donbass en 2014, comment la France et l’Allemagne ont-elles tenté d’amener la Russie à la table des négociations pour mettre fin au conflit ?

François Hollande :  A l’époque, Vladimir Poutine était en quête de bénéfices immédiats. 

Il avançait (dans le Donbass) grâce à l’utilisation des séparatistes pro-russes (NDLR : Hollande fait référence aux militants contrôlés par la Russie, en utilisant un terme inventé par la propagande russe, « séparatistes », tout au long de la conversation.) et non directement par son propre armée, même s’il y avait des preuves évidentes que des Russes étaient dans le Donbass et que des armes russes étaient distribuées aux séparatistes. 

Cependant, la peur de l’isolement international signifiait que Poutine ne cherchait pas une solution définitive à la guerre mais plutôt pour sécuriser ce qu’il avait déjà obtenu par la force. 

Nous l’avons donc amené à accepter le Format Normandie puis nous sommes allés à Minsk pour les négociations.

(Note de l’éditeur : le 11 février 2015, Hollande, Merkel, Poutine et le président Petro Porochenko ont tenu des pourparlers de 16 heures à Minsk dans le but d’arrêter les nouvelles avancées russes dans l’oblast de Donetsk)

Ainsi, cette nuit-là, l’objectif de Poutine était de reporter le cessez-le-feu le plus tard possible pour obtenir les plus grands gains territoriaux possibles. Il souhaitait aussi plus « d’autonomie » pour les régions (dites) russophones, dont dans son esprit, il pourrait un jour préparer l’annexion.

The Kyiv Independent : Dans une interview accordée au journal allemand Die Zeit , Angela Merkel a déclaré à propos des protocoles de Minsk qu' »il était évident que le conflit allait être gelé, que le problème n’était pas résolu, mais cela a simplement donné à l’Ukraine un temps précieux ». ‘ 

Pensez-vous également que les négociations de Minsk visaient à retarder les avancées russes en Ukraine ? 

François Hollande :  Oui, Angela Merkel a raison sur ce point. 

Les accords de Minsk stoppèrent momentanément l’offensive russe. Ce qui était très important, c’était de savoir comment l’Occident utiliserait ce répit pour empêcher toute nouvelle tentative russe. 

Mais que s’est-il passé depuis ? 

On a déjà vu le retrait américain de la scène internationale en Syrie avec le « laissez-faire » accordé à Poutine concernant le soutien qu’il a apporté au dictateur syrien Bashar Al-Assad. 

(Le président américain Donald) La présidence de Trump a relâché les liens entre les Européens et les États-Unis au sein d’une alliance atlantique qu’il jugeait obsolète. 

Enfin, la déroute en Afghanistan a été perçue par Poutine comme un nouveau signe de faiblesse du camp occidental. 

Quant à l’Europe, elle n’a pas vu en quoi sa dépendance au gaz russe la rendait vulnérable. 

Poutine pensait donc que le temps avait joué en sa faveur et qu’il pouvait franchir le seuil en envahissant davantage l’Ukraine. D’où l’agression qu’il a commise.

C’est là qu’il s’est trompé.

Depuis 2014, l’Ukraine a renforcé sa posture militaire. En effet, l’armée ukrainienne était complètement différente de celle de 2014. Elle était mieux entraînée et équipée. C’est le mérite des accords de Minsk d’avoir donné cette chance à l’armée ukrainienne. 

De plus, l’Europe ne s’est pas divisée et a immédiatement soutenu l’Ukraine, et les États-Unis ont apporté une aide considérable. 

Ainsi, le temps que Poutine considérait comme un atout pour lui s’est avéré être, en fait, une opportunité pour les Ukrainiens. 

Le meilleur exemple de ceci est clairement visible sur le champ de bataille. Son armée est bien moins impressionnante qu’il ne l’avait imaginée, et la résistance ukrainienne bien plus retentissante qu’il ne l’avait estimée. 

The Kyiv Independent : Avez-vous eu l’impression que Vladimir Poutine respecterait les accords de Minsk ?

François Hollande :  On ne pouvait pas le savoir.

Pourtant, Poutine avait accepté le Format Normandie, qui l’obligeait à rendre compte régulièrement des progrès qui pourraient être réalisés dans la mise en œuvre des accords de Minsk.

Chaque mois, Petro Porochenko, Angela Merkel, Vladimir Poutine et moi avions de longues conversations téléphoniques au cours desquelles nous avons échangé des informations sur l’avancement des protocoles de Minsk. 

Même si on a vu qu’il y avait une réticence évidente, il y avait quand même un dialogue. 

A partir de 2017-2018, ce format normand était sur sa dernière étape.

Car d’un côté, la partie ukrainienne a vu les menaces russes se préciser (et Moscou ne voulait pas la paix) ; d’autre part, Vladimir Poutine a commencé à être fatigué de cet arrangement car il l’empêchait d’avancer dans sa conquête totale souhaitée du Donbass.

L’objectif de Poutine en 2015 était de repousser le plus loin possible la ligne de front. 

Marioupol était déjà dans son viseur. Les accords de Minsk et le cessez-le-feu qui en a résulté n’ont pas permis à la zone contrôlée par les séparatistes de s’étendre. C’est un de ses mérites.

The Kyiv Independent : Pour beaucoup, le bloc occidental a eu une réponse trop faible à l’annexion de la Crimée en 2014.  Des sanctions plus fortes à l’époque auraient-elles pu empêcher le régime russe de déclencher la guerre que nous vivons actuellement ?

François Hollande :  On ne le saura jamais. 

Néanmoins, une chose est certaine, les sanctions n’étaient pas à la hauteur de la gravité de la violation du droit international. 

Et je peux expliquer cela pour plusieurs raisons. 

La première est que les États-Unis (sous le président Barack Obama) n’avaient pas donné la priorité à la question ukrainienne. 

Deuxièmement, il y avait de sérieuses divisions au sein de l’Union européenne elle-même sur l’étendue des sanctions. Certains pays n’en voulaient pas, craignant qu’ils n’aient des conséquences néfastes pour leur propre économie.

D’autres dirigeants, dont moi-même, voulaient que les sanctions soient maximales. 

Sans parler de l’ambiguïté de l’Allemagne, qui n’a pas voulu remettre en cause le gazoduc Nord Stream 2 (mis en service en 2015), alors même que j’avais annulé la vente des Mistral (navires d’assaut amphibies) à la Russie. 

Il est vrai que les Mistral étaient des armes et que le gaz était une marchandise. Mais on voit qu’aujourd’hui, le gaz a été utilisé comme arme par Poutine.

The Kyiv Independent : En répétant qu’il ne faut pas « humilier » la Russie, le président français Emmanuel Macron a provoqué de vives réactions de la part des dirigeants ukrainiens. 

Que pensez-vous de la position d’Emmanuel Macron et de sa poursuite du dialogue avec la Russie ?

François Hollande :  Pour qu’un dialogue soit fructueux, il doit reposer sur un rapport de force. 

Je peux parler d’expérience. 

Le dialogue pour le dialogue n’a aucun sens et peut même avoir des conséquences négatives en suggérant que les responsabilités sont partagées et en offrant un cadre de communication commode pour Poutine.

Par conséquent, le dialogue (maintenant) ne peut servir qu’à traduire une situation militaire dans un cadre politique. 

Il n’y aura d’issue au conflit que lorsque, sur le terrain, la Russie aura constaté l’échec de son entreprise meurtrière.

The Kyiv Independent : Comment pensez-vous que cette guerre pourrait se terminer ? 

François Hollande :  Les négociations sont toujours la dernière étape pour conclure un conflit. 

Elles ne doivent pas déboucher sur un simple cessez-le-feu mais offrir une solution durable et garantie pour l’Ukraine. 

C’est pourquoi les accords de Minsk peuvent être ressuscités pour établir un cadre juridique déjà accepté par toutes les parties.

Le rôle fédérateur de Volodymyr Zelensky joue également un rôle important. 

Sa capacité à séduire le monde entier et à mobiliser la nation ukrainienne sera au cœur de l’issue de la guerre et du respect de l’intégrité territoriale de l’Ukraine, sans oublier la question de la Crimée qui, à un moment ou à un autre, reviendra faire partie des négociations.

Théo ProuvostDonateur

Basé à Paris, Theo Prouvost étudie les sciences politiques à l’université de Lille. Il a créé JTO.NEWS en 2019, un média web axé sur les questions sociales, écologiques et politiques. Il a auparavant travaillé pour différents médias axés sur les relations internationales et l’immigration.

Publicité

10 réflexions sur “Quand Hollande récite sa leçon, et s’enfonce encore tout seul dans le mensonge et la médiocrité.

  1. Au delà du grotesque, c’est le principe même de démocratie, qui permet de mettre une pseudo-élite à une place dont elle n’en a pas la qualité, qui se révèle au grand jour. Le gouvernement du peuple par le peuple est une plaisanterie. Depuis Louis IX, plus personnes n’est à sa place, après une dégénérescence et une lente dégradation de nos différents systèmes de société, nous arrivons au paroxysme de la farce.

    J’aime

  2. On peut se souvenir de son air désemparé la nuit de l’attentat du Bataclan.
    Un attentat ou l’on a interdit aux militaires sur place d’intervenir ou de preter leurs armes aux policiers.
    Que controlait-il vraiment ce soir la:rien.
    Pas de révolte de sa part ,aucun vestige d’humanité,la mauvaise raison d’état au dessus de tout.
    Il n’a jamais eu de remords,il n’a jamais compris,lui dont les journalistes louent l’intelligence a longueur de journaux.

    J’aime

  3. Lui et le pauvre le Drian s’étaient ridiculisés à plusieurs reprises devant les russes et leur en veulent à mort depuis. Lamentable clown qui montre le niveau des militantes du ps et des petites actrices…Pas étonnant qu’il ait parrainé arrogant 1er.

    J’aime

  4. Je n’ai pas malheureusement pas autant d’esprit que Steve ! Pour moi, tout ce que dit cette personne n’est jamais que logorrhée. Bouffie par l’orgueil et sans fierté aucune, elle n’aura fait en politique que de la figuration sans rien comprendre au film . Normal ! Au regard de son envergure, on s’était bien gardé de lui confier le scénario.

    J’aime

  5. Bonjour M. Bertez

    Flamby c’est vraiment du flan!

    La métaphore routière est de rigueur en France dans la description des parcours politiques, on file le « boulevard » la « route semée d’embûches » ou la « route dégagée », voire même la « route droite mais à pente rude » pour les plus imaginatifs; F. Hollande restera le seul à être arrivé inopinément à l’Elysée grâce à un « pont de singe » jeté à New York par DSK….
    C’est pourquoi il n’a jamais vraiment habité sa fonction.

    Ce sont souvenirs que le Mistral emporte
    Et il ventait devant sa porte
    Les emportât….

    Cordialement

    J’aime

  6. Bonjour
    Merkel = Hollande … des fourbes , des traîtres , des marionnettes baveuses des USA … l’équivalent de Petain pour Hitler … et notre poudré de l’Elysée ne vaut pas mieux … la France n’a pas besoin d’ennemis … ils sont déjà en place …

    J’aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s