Editorial. En 2023, vous allez payer le prix de toutes leurs crises ! Baisse du pouvoir d ‘achat, hausse du chômage, taxes accrues!

 Les salaires dans la zone euro augmentent plus vite qu’on ne le pensait et la Banque centrale européenne doit empêcher que cela ne s’ajoute à une inflation déjà élevée, a déclaré la présidente de la BCE, Christine Lagarde, à un journal croate.

La BCE a relevé les taux d’intérêt d’un total de 2,5 points de pourcentage depuis juillet dans le but d’arrêter une poussée historique de l’inflation et a promis encore plus de resserrement politique au cours de ses prochaines réunions alors que les attentes de croissance des prix à plus long terme ont commencé à dépasser ses 2% ciblés..

« Nous savons que les salaires augmentent, probablement à un niveau plus élevé que prévu », a déclaré samedi le journal croate Jutarnji list citant Lagarde. « Nous ne devons pas permettre que les anticipations inflationnistes s’emballent ou que les salaires aient un effet inflationniste. »

Lagarde n’a fourni aucune nouvelle indication de politique dans l’interview, mais a déclaré que la banque devait « prendre les mesures nécessaires » pour abaisser l’inflation à 2% par rapport à son taux actuel de près de 10%.

La BCE tente de reprendre le contrôle de l’inflation après avoir passé la dernière décennie à accumuler des mesures de relance sans précédent et non conventionnelles pour accelérer la croissance des prix qu’elle considérait alors comme trop basse.

« Nous devons faire attention à ce que les causes intérieures que nous observons, qui sont principalement liées aux mesures budgétaires et à la dynamique des salaires, ne conduisent à ce que l’inflation s’enracine », a déclaré Lagarde.

Lagarde a ajouté que la récession hivernale la plus attendue, induite par la flambée des coûts de l’énergie, sera probablement courte et peu profonde, à condition qu’il n’y ait pas de chocs supplémentaires.

Les taux d’inflation globaux commencent maintenant à baisser, à mesure que les hausses des prix de l’énergie et des denrées alimentaires s’atténuent -tout en restant à des niveaux record. 

Après avoir atteint plus de 7% en moyenne en 2022, l’inflation mondiale pourrait ralentir à moins de 5% en 2023 . Elle sera néanmoins encore bien supérieure à la moyenne de plus de 3% qui prévalait dans les années 2010. 

En ce sens, une inflation élevée s’avérera bien partiellement « transitoire » en 2023, mais elle sera toujours plus élevée qu’avant la pandémie.

Le recul prévisible de la hausse des prix serait la conséquence de la modération économique enclenchée par les banques centrales. modération articulée de la façon suivante: réduction de la demande qui ote aux entreprises leur faculté de fixer les prix qu’elles souhaitent, détente du marché du travail qui augmente le chômage et calme les revendications, création d’un excédent sur les approvisionnements qui oblige les producteurs à baisser leurs prix. Le tout imposé par le biais du « crédit impulse », c’est à dire la contraction de la croissance du crédit.

Il me semble opportun de revenir sur la déclaration de Lagarde rapportée ci dessus car elle passe comme un lettre à la poste du temps ou il y avait encore une poste et un service public efficace.

« Nous devons faire attention à ce que les causes intérieures que nous observons, qui sont principalement liées aux mesures budgétaires et à la dynamique des salaires, ne conduisent à ce que l’inflation s’enracine », a déclaré Lagarde.

Selon la bonne vieille méthode du recours aux fausses évidences des publicitaires, la Lagarde nous refile la vieille théorie idéologique des salaires qui seraient responsables de la hausse des prix!

Personne ne proteste! Même plus les gôches , tant elles sont lobotomisées. Le pouvoir, c’est cela : la possibilité de proférer des âneries sans être contredit!

La théorie des salaires qui seraient responsables de la hausse des prix est une idiotie, les hausses de salaires sont toujours secondes, en retard, par rapport aux hausses de prix. Ceux qui ont la maitrise des prix ce sont les entreprises, le capital et l’état , pas les salariés!

Les entreprises décident de hausser leurs prix soit pour maintenir leurs profits soit pour gagner plus. Elle montent leurs prix pour rentabiliser mieux le capital, pour payer les dettes, pour faire monter les cours de Bourse. Les hausse de prix sont toujours des mesures prises afin de s’opposer à l’érosion ou à l’insuffisance perçue de la profitabilité. Les hausse de salaires sont défensives, defensives du pouvoir d’achat réel!

Et ici encore cela est vrai !

 Le Financial Times phare du capitalisme Anglo-saxon keynesien l’a résumé:  

« Alors que nous approchons de la fin de l’année, il est difficile d’affirmer que 2022 a été une bonne année pour les travailleurs. Les pénuries de main-d’œuvre ont persisté et la croissance des salaires s’est accélérée assez fortement dans certains pays comme les États-Unis et le Royaume-Uni. 

Mais la rémunération n’a pas suivi la flambée des prix. En conséquence, les salaires mondiaux ont chuté en termes réels cette année pour la première fois depuis le début de records comparables, selon l’Organisation internationale du travail. 

La part du travail dans le revenu mondial a également diminué, selon les calculs de l’OIT, car la croissance de la productivité a dépassé la croissance des salaires de la plus grande marge depuis 1999.

Au Royaume-Uni, une décennie de croissance stagnante des salaires avant la pandémie devrait maintenant être suivie de la chute la plus forte du niveau de vie des ménages en six décennies, selon les prévisions officielles.

Aux États-Unis, la baisse moyenne des salaires réels était d’un peu plus de 2 % en glissement annuel au troisième trimestre 2022.

En Europe, l’Allemagne et l’Espagne ont enregistré des baisses encore plus prononcées du pouvoir d’achat, les revenus réels baissant d’un peu plus de 4 %. pour cent et 5 pour cent, respectivement, à l’échelle nationale. 

Les salaires réels dans la zone euro ont chuté de 8 % depuis la fin de la crise pandémique en 2020.

En Allemagne, les revenus réels ont plongé de 5,7 % au cours de la dernière année, la plus forte perte de salaire réel depuis le début des statistiques.

La spirale prix-salaires, en terme organique, est un mythe entretenu par les kleptocrates et les banques centrales. Cette spirale est visuelle, apparente mais elle n’est pas causale. moi même je l’utilise comme facilité de langage mais ce n’est qu’une facilité, la réalité est que cette spirale n’existe pas.

Le vrai problème est celui de la profitabilité du capital, et face à une profitabilité qui s’érode ou chute, les hausse des prix des biens et services sont considérées comme une parade, comme un remède par les firmes… dès lors que les banques centrales les tolèrent et solvabilisent les dérives inflationnistes par la créationde monnaie et de crédit.

Il n’y a pas de spirale « salaires-prix ». Les salaires ne font pas monter les prix. Et en effet, ce sont les bénéfices qui ont fortement augmenté en part de la valeur ajoutée depuis la pandémie. 

Mais ceci touche à sa fin et le phénomène va accélérer avec les politiques monétaires moins favorables à l’inflation.

La faible croissance de la productivité, la hausse des prix des matières premières et des composants et l’augmentation des coûts unitaires de main-d’œuvre rongent déjà les marges bénéficiaires. 

La croissance de la productivité continue de ralentir aux États-Unis. Le troisième trimestre 2022 a vu une baisse de -1,4 % en glissement annuel, cela fait trois trimestres consécutifs de baisse en glissement annuel.

Avec des salaires qui n’augmentent que d’un peu plus de 3 % par rapport à une inflation américaine de plus de 8 %, la baisse de la productivité commence à peser sur les bénéfices des entreprises, les coûts de main-d’œuvre par unité de production ayant augmenté de plus de 6 % en glissement annuel.

Aux États-Unis, les bénéfices des entreprises ont chuté au troisième trimestre 2022, selon les dernières données publiées. Les bénéfices totaux ont diminué de 1,1 % par rapport au trimestre précédent. En effet, les bénéfices des entreprises non financières ont chuté de près de 7 % sur le trimestre. Les bénéfices des entreprises non financières ont ralenti à 6,4 % en glissement annuel. 

Cette évolution des profits jointe à la réduction des dopages monétaires est le garant d’un ralentissement économique . Les profits sont l’indicateur avancé le plus fiable de l’activité économique future.

Quasi unanimité sur la récession.

Le FMI estime que la croissance du PIB réel mondial ne sera que de 2,7 % en 2023. Ce n’est officiellement pas une récession en 2023.

La croissance américaine ralentira à 1 % ; le Royaume-Uni à 0,5 % tout la zone euro, tandis que l’Allemagne entrera en récession à -0,3 %. « Les risques pesant sur les perspectives restent exceptionnellement importants et à la baisse ». 

L’OCDE estime que la croissance mondiale ralentira à 2,2 % l’année prochaine.

 « L’économie mondiale est confrontée à des défis importants. La croissance s’est essoufflée, la forte inflation s’est généralisée à tous les pays et à tous les produits et s’avère persistante. Les risques sont orientés à la baisse. 

La CNUCED, dans son dernier rapport sur le commerce et le développement, prévoit également que la croissance économique mondiale chutera à 2,2 % en 2023. « Le ralentissement mondial laisserait le PIB réel toujours en deçà de sa tendance d’avant la pandémie, coûtant au monde plus de 17 000 milliards de dollars, soit près de 20 % du revenu mondial.

L’Organisation mondiale du commerce (OMC) prévoir un marasme mondial.  « Le commerce mondial des biens devrait fortement ralentir l’année prochaine sous le poids des prix élevés de l’énergie, de la hausse des taux d’intérêt et des perturbations liées à la guerre, augmentant le risque d’une récession mondiale ». Sa prévision de croissance économique mondiale en 2023 est de 2,3%.

La BCE estime désormais que l’économie de la zone euro est déjà en récession, avec une contraction de la production au cours de ce trimestre et au premier trimestre 2023. Mais elle espère que la récession sera « relativement de courte durée et peu profonde ».   La croissance du PIB réel de la zone euro est prévue à seulement 0,5 % l’année prochaine et la croissance annuelle restera inférieure à 2 % par an dans un avenir prévisible.


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2 réflexions sur “Editorial. En 2023, vous allez payer le prix de toutes leurs crises ! Baisse du pouvoir d ‘achat, hausse du chômage, taxes accrues!

  1. Tout le monde c’est très bien que ce ne sont pas les salaires qui crée cette inflation, et qu’il est encore plus faux que ceux ci augmentent plus vite et fort que prévu. Lagarde est incapable de justifier, comme l’a fait le patron de banque US le pourquoi du relévement des taux directeurs (création de chomage avec l’espoir que la baisse de consomation engendrée ralentisse l’inflation), lui, a au moins l’avantage de la franchise

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