Editorial. « Et les cons dits modernes » Léo Ferré.

Je lis en bandeau, en haut de « Une » du Figaro :

France : La chute ou la modernisation.

de Baverez.

Je ne vais pas plus loin que le bandeau , car je ne lis aucun journal et ne regarde aucun journal télévisé, aucune conférence de presse ou interview.

C’est une discipline. Il faut une grande rigueur pour s’y conformer.

Mais c’est vrai je consulte les titres pour saisir l’humeur -the mood- des débats du moment. Cela suffit largement.

Je ne lis ou ne visionne aucune émission de ce type de la même façon que je préfère acheter mes aliments en produits bruts plutot que sous forme de plats cuisinés industrialisés.

Par exemple en matière d’allocution Macronesque je préfére les lire plutot que de les écouter.

Ce n’est pas que je fasse confiance aux produits bruts, aux agences de presse ou aux émetteurs primaires, -oh non! Ayant été propriétaires et dirigeant d’agences je sais comment elles fonctionnent !- mais au moins le travail de décodage et de décryptage est plus facile; pas besoin de décaper et redécaper des couches de conneries, d’incompétence ou d ‘intétêts particuliers.

Avec les émetteurs primaires, on connait déja le prisme au travers duquel ils vous balancent « l’information » . On sait d’avance les torsions et torchons qu’ils impriment.

On n’ouvre jamais sa gueule pour énoncer une vérité, quand on ouvre sa gueule c’est parce que l’on veut quelque chose, on a un désir. Toujours le message passe à travers le filtre, la lamelle, l’épaisseur du désir du locuteur.

La transparence est impossible: comme en thermodynamique il y a toujours un petit bonhomme, un observateur et il n’est jamais « nul’.

C’est un petit garcon qui n’a jamais parlé, ses parents sont persuadés qu’il est muet et puis un jour, il s’exclame : « ben merde alors »! Les parents tombent des nues: « mais tu parles ? » « Bien sur que je parle, mais jusqu’à aujourd’hui la soupe avait toujours été bonne et là, elle est dégueulasse »!

Ce luxe n’est pas possible pour tout le monde, moi j’ai la chance d’avoir dirigé des journaux, de pouvoir accéder à de nombreuses sources et d’avoir les moyens de le faire. Et de n’être salarié de personne! Et de ne rien vendre!

Je ne vends rien, je paie ma dette à la société qui m’a fait être ce que je suis: un individu! La société m’a permis mon individuation, farouche, rebelle, critique, éprise d’authentique.

La vie est un processus pour advenir et le paradoxe dialectique est que pour advenir, pour se désaliéner il faut avoir la chance d ‘avoir accès aux outils que fournit la société. Pour se désaliener il faut pouvoir utiliser l’héritage de tous ceux qui vous ont précédé et qui ont eu la même démarche.

Le passé enchaine mais en même temps grâce à lui, grace à la mémoire collective, grace au travail des anciens, on peut se libérer.

La vie est un processus, un voyage asymptotique de libération. Un mouvement vers la libération . Vous êtes prisonnier du langage, il vous est constitutif, mais en même temps, paradoxe suprême vous ne pouvez vous approcher de la libération, de la dignité, bref de vous même que par le langage!

Cette digression est utile car certes il n’existe pas de journalisme objectif, mais lorsqu’on connait la personne qui exerce cette fonction, on sait qui parle et quels sont ses désirs quand il parle. On connait son biais, ce faisant on cesse d’y être passivement soumis.

L’idéal serait que le journaliste soit un saint tant cette fonction est socialement importante.

Hélas il y a peu de saints et en plus dans nos sociétés occidentales, l’âge, l’expérience et le savoir pratique ne sont plus reconnus comme des acquis positifs, comme des capitaux sociaux, comme des investissements du système dans ses propres structures!

Ils sont considérés comme des handicaps dont il faut se débarrasser!

C’est tout le sens de l’idéologie moderniste énoncée par le crétin plumitif du Figaro.

Je ne suis ni pour ni contre le progrès ou le moderne, bien sur que non!

Je suis simplement persuadé qu’une société cela se construit sur des fondations, sur un soubassement et des couches d’expériences adaptées et testées et que vouloir faire tabula rasa, table rase est une entrerpsie de pure idéologie devastatrice.

Quand Macron a déclaré son désir de « casser les codes », j’ai tout compris

J’ai compris à la fois son problème psychologique d’Oedipe non résolu, sa névrose sociale de parvenu, et surtout de qui derrière , il était le porte-parole.

Le capital dans sa perversité prédatrice.

Le faux capital celui qui n’est ni social ni productif, ni éthique, ni humaniste, le capital devenu financier, l’Ourobouros!

Une sociéte pour savoir ou elle va, pour élaborer un projet qui lui permet de reculer ses limites, a besoin de savoir d’ou elle vient, d’avoir assimulé son passé, d’avoir reconnu sa dette vis à vis des anciesns .

Macron et sa clique se sont donné comme projet de nier la Dette, de détruire les formations qui incarnent cette Dette, de piller la Filiation.

C’est le grand mot: la Dette .

Toute société a une dette symbolique vis à vis de tout et de tous ceux qui l’ont précédé.

Que cette dette comporte du positif mélangé à du négatif n’a aucune importance car le réel est toujours ambigu, toujours dialectique avec du plus et du moins. C’est la nécessaire coexistence du positif et du négatif qui crée le mouvement de l’Histoire. Le fascisme c’est la négation du négatif par ceux qui prétendent détenir la clé du positif. Le fascisme par nature c’est le Camp du Bien.

La Dette symbolique c’est ce sur quoi se construit une société et les salopards qui veulent le nier sont des voyous . A la Macron.

Le symetrique de la Dette , c’est la Gratitude.

Dette et Gratitude sont les ciments de la société, le ciment interne, endogène, pas l’enveloppe superficielle qui lie tout ensemble artificiellement comme le Pognon et la Marchandise. Le ciment de la Dette et de la Gratitude produit la Confiance. et l’Estime de soi .

Ils veulent détruire nos fondations, nos acquis , tout rendre souple comme les échines.

Ils veulent faire ressortir de nos structures sociales toute la valeur ajoutée que nos ancêtres y ont mis afin de se l’accaparer , afin de la confisquer pour le capital dont ils sont les larbins.

D’ou leur lutte contre les progrès sociaux, contre les droits acquis et contre nos minima de toutes sortes. Tout doit changer, devenir souple pour que leur ordre rigidifié, reste éternel, pour qu’il constitue l’invariant du système! Tout doit devenir variable d’ajustement au profit de leur invariance.

Il y a un capital considérable qui est incorporé dans nos structures sociales, dans nos acquis, dans nos habitudes, dans nos croyances, dans nos cultures et ces voyous veulent le libérer à leur profit.

Ils veulent libérer cette énergie -au sens thermodynamique- pour rentabiliser la masse de capital fictif , a-social, qu’ils ont accumulé.

Il y a , on le sait, une énergie colossale, une richesse , des bijoux de famille qui valent cher et pour rendre cette énergie libre et la capter ils sont prêts à tout.

Ils sont prêts à vendre le Musée du Louvre!

La destruction du passé, le modernisme consistent en grande partie à transformer tout ce passé, tout ce bien commun, tout ce que nos anciens ont accumulé en marchandise.

Le grand mot est laché, tout doit devenir marchandise, vos bras, vos cerveaux et votre cul. Tout, doit être mis sur le marché et donc mis à portée de prédation de ceux qui ont la machine à imprimer le Pognon.

Le capital social est une réalité, c’est du travail mort, accumulé, préservé, mis de coté, et l’idéologie moderniste en dévalorisant le passé et en proclamant que tout ce qui est présentement est mieux , cette idéologie vicieuse c’est l’idéologie du vol et du hold-up.

On ne respecte dans nos socités occidentales ni l’age ni la sagese ni les anciens ni le passé; le héros de nos societés c’est le jeune con; le barbare. Les marginaux , les ratés, les pillards, les voyous sont les modèles mis en avant, promus par les dominants parce qu’ils font le sale boulot, celui de la destruction et de la perte de confiance, celui de la terreur .

Il y a beaucoup de gens qui font métier de cette entreprise de destruction. Et ce, dans le cadre de la division du travail, dans le cadre du salariat et dans le cadre du capitalisme du pognon. En particulier les intellectuels, les artistes, les clowns de la télé, les journalistes au sens large et extensif .

Les Publicitaires, l’Etat, la Com, le Business entretiennent les médias qui pénètrent chez vous comme autant de chevaux de Troie, pour vous vaincre et vous coloniser.

La classe dominante se paie, comme on le faisait avant, des danseuses et à ce titre elle en attend les mêmes services …

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8 réflexions sur “Editorial. « Et les cons dits modernes » Léo Ferré.

  1. Bonsoir.
    « La dette et la gratitude donne la confiance.  » Que celle ci est lumineuse, elle devrait être au frontons des mairies en lieu et place de la foutaise ripoublicaine.

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  2. Cher monsieur Bertez,
    Je vous remercie pour ce texte très éclairant et inspiré.
    Continuez longtemps à éveiller la critique et les esprits! C’est un travail salutaire, et c’est un vrai travail, lui…

    Aimé par 1 personne

  3. M Bertez vous ne lisez que les titres de la presse main stream car ils en disent suffisamment ?

    Je suis d’accord et c’est amusant car je pensais justement à vous hier en lisant celui-ci qui me semble constituer un sommet d’inversion accusatoire. Effectivement ils osent tout :

    Guerre en Ukraine : « Moscou a vu une opportunité d’affaiblir l’Occident »

    https://www.estrepublicain.fr/defense-guerre-conflit/2022/12/28/guerre-en-ukraine-moscou-a-vu-une-opportunite-d-affaiblir-l-occident

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  4. Philippe Val (qui était journaliste) a fait un piteux éditorial ce matin sur Europe 1.
    Il est scandalisé par la liberté relative que Musk a réintroduit sur Twitter:c’est pour lui l’accès a toutes les idées nauséabondes des complotistes ,intégristes et antivaxx qui refusent la vaccination des enfants.
    Pour lui ,on ne peut s’éduquer qu’en lisant la presse en regardant les chaines TV et en écoutant les radios,officielles .

    Quelle chute.

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  5. Bonjour
    – Nous ne sommes que des ‘ Playmobils ‘ aux yeux du pouvoir … une marchandise qui doit produire et consommer pour que eux engendrent un double bénéfice … sur notre production et sur nos achats …
    – Puis l’impôt pour faire tourner nos sociétés qui devient plus un racket car les dépenses ne sont pas employés qu’à la bonne fonction de l’état
    – Même nos économies sont ponctionné au risque d’être saisi par différents subterfuges

    Tout ceux que l’histoire de France à laisser en héritage n’a qu’une valeur marchande pour la nouvelle ‘ jeunesse ‘ qui détient le destin du pays … la ‘ masse ‘ qui compose le ‘ peuple ‘ est tellement lobotomisé qui n’y voit rien et surtout ne veut surtout pas faire l’effort de réfléchir ou de s’y intéresser … des lobotomisés du bulbe …
    Du passé faisons table rase , l’homme nouveau sera une coquille vide … car … ‘mais ont n’est plus au moyen âge ‘ … ‘ il faut être moderne ‘ … ‘ ha mais tu es ringard ‘ … ‘ quel vieu con ‘ … ‘ de toute façon tu comprend rien ‘ … voilà … voilà …

    Bonne année et meilleurs vœux pour 2023 à toutes et tous ….

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  6. Je ne lis pas non plus les journaux, je ne regarde aucun journal télévisé, ni aucune émission politique. Je n’ai jamais écouter plus de 30secondes, Macron, pas plus que Hollande ou Sarkho avant: les 3 insuportables.
    Avant de s’informer autrement, il est nécessaire d’abord de passer par là (une cure de désintoxication en quelque sorte)
    Ensuite, on trouve très vite d’autres sources d’information et surtout la capacité à prendre ce que l’on trouve avec plus de réserve et de discernement.
    Les conversations, ensuite, avec les proches qui sont restées dans le pot de soupe informationnel que l’on veut nous faire ingurgiter devient un peu difficile, du fait du décalage de vue

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