« Le temps n’est pas du côté de l’Ukraine ». La pression des néocons, pourquoi?

Vous trouverz ci dessous une opinion publiée par le Washington Post . Cette opinion est de deux néocons.

Quand vous la lirez vous verrez qu’elle reprend sous une forme courte, simplifiée et plus grand public celle de Kagan dont je vous ai publié le texte in extenso et traduit il y a quelques jours.

L’idée centrale est simple: il faut persuader l’opinion publique américaine et accessoirement européenne de l’absolue nécessite d’augmenter rapidement l’aide militaire à l’Ukraine.

Ceci est formulé clairement :

La seule façon d’éviter un tel scénario est que les États-Unis et leurs alliés fournissent d’urgence à l’Ukraine une augmentation spectaculaire des fournitures et des capacités militaires – suffisante pour dissuader une nouvelle offensive russe et permettre à l’Ukraine de repousser les forces russes à l’est et sud. 

Ne cherchez pas des raisonnements ou des vraies raisons pour justifier cette pression. Il n’y en a pas. Tout ce qui est avancé est non pas de la logique mais de la réthorique. D’ailleurs ceux qui sont dans le camp opposé , c’est à dire dans le camp de ceux qui disent qu’il faut arrêter de s’entêter comme le colonnel Douglas Mcgregor sont bien plus articulés et convaincants.

Les arguments des auteurs de cette opinion sont des arguments d’autorité, pas des arguments produits par l’analyse ou le savoir.

Le texte est incohérent car il se contredit.

D’un côté les auteurs affirment que « pour Poutine la défaite n’est pas une option » , cela implique que Poutine sera jusqu’auboutiste et qu’il ira à l’escalade si il le faut. Il est exclu qu’il accepte de perdre.

Mais en même temps les auteurs affirment qu’il faut aller vite pour battre Poutine … sans examiner la riposte terrible de Poutine, riposte qui ne peut être selon leurs affirmations précédentes qu’une escalade désespérée.

D’un coté on affirme que Poutine ne peut pas perdre mais de l’autre on se place dans l’hypothèse ou il perd rapidement ! … Sans examiner ce qu’il fera puisqu’il ne peut pas perdre.

Il faut être simplet ou ne pas relire son texte pour ne pas voir l’incohérence.

La cohérence consisterait à tracer un scénario, à dire il faut aider plus l’Ukraine, accélérer les livraisons et l’assistance et s’apprêter à faire face à l’escalade. Cela conduirait à s’interroger sur la forme et le contenu de la future escalade de Poutine. Ce qui n’est pas fait bien sur. Cela conduirait à s’interroger sur la forme et le contenu de la réponse de l’Occident face à l’escalade de Poutine.

Question embarassante car il est acquis que les Etats-Unis ne rentreront pas en guerre rappellent nos deux zozos. Et il est acquis aussi que les Européens ne veulent pas l’extension de la guerre!

Selon mon analyse ce texte, comme celui de Kagan sont des textes défensifs inspirés par la lassitude de cette guerre, par le fait qu’elle traine sans espoir de victoire, et qu’il y a un risque dans un avenir proche que les Russes declenchent une offensive alors que les Ukrainiens sont sous équipés.

Offensive qui révèlerait la vérité: le roi occidental est nu.

Ce texte n’est à mon sens inspiré par aucune réflexion stratégique.

L’Occident optimise au jour le jour, tant bien que mal, dans le cadre d’un attelage boiteux entre l’Ukraine défaillante, l’Europe réticente et les Etats Unis dans l’impasse, il optimise peut-être avec l’espoir secret de provoquer la Russie… mais provoquer pour faire quoi?

Ce que retiens c’est que pour les neocons le temps presse mais pouquoi donc?

Condoleezza Rice a été secrétaire d’État de 2005 à 2009.

Robert M. Gates a été secrétaire à la Défense de 2006 à 2011.

Quand il s’agit de la guerre en Ukraine , la seule chose qui soit certaine en ce moment, c’est que les combats et la destruction vont continuer .

Vladimir Poutine reste pleinement déterminé à ramener toute l’Ukraine sous contrôle russe ou, à défaut, à la détruire en tant que pays viable. Il croit que c’est son destin historique – sa mission messianique – de rétablir l’Empire russe et, comme Zbigniew Brzezinski l’a observé il y a des années, il ne peut y avoir d’Empire russe sans l’Ukraine.

Nous avons tous les deux eu affaire à Poutine à plusieurs reprises, et nous sommes convaincus qu’il croit que le temps est de son côté : qu’il peut épuiser les Ukrainiens et que l’unité américaine et européenne et le soutien à l’Ukraine finiront par s’éroder et se fracturer. Certes, l’économie et le peuple russes souffriront de la poursuite de la guerre , mais les Russes ont enduré bien pire.

Pour Poutine, la défaite n’est pas une option. Il ne peut pas céder à l’Ukraine les quatre provinces orientales qu’il a déclarées faire partie de la Russie . S’il ne peut pas réussir militairement cette année, il doit conserver le contrôle des positions dans l’est et le sud de l’Ukraine qui fourniront de futurs points de départ pour de nouvelles offensives pour prendre le reste de la côte ukrainienne de la mer Noire, contrôler toute la région du Donbass , puis se déplacer vers l’ouest. Huit ans ont séparé la prise de la Crimée par la Russie et son invasion il y a près d’un an. 

Comptez sur Poutine pour être patient afin d’accomplir son destin.

Pendant ce temps, bien que la réponse de l’Ukraine à l’invasion ait été héroïque et que son armée se soit brillamment comportée , l’ économie du pays est en ruine , des millions de ses habitants ont fui, ses infrastructures sont en train d’être détruites ., et une grande partie de ses richesses minérales, de sa capacité industrielle et de ses terres agricoles considérables sont sous contrôle russe. 

La capacité militaire et l’économie de l’Ukraine dépendent désormais presque entièrement des bouées de sauvetage de l’Occident, principalement des États-Unis. 

En l’absence d’une autre percée ukrainienne majeure et d’un succès contre les forces russes, les pressions occidentales sur l’Ukraine pour négocier un cessez-le-feu augmenteront au fil des mois d’impasse militaire. Dans les circonstances actuelles, tout cessez-le-feu négocié laisserait les forces russes en position de force pour reprendre leur invasion dès qu’elles seront prêtes. C’est inacceptable.

La seule façon d’éviter un tel scénario est que les États-Unis et leurs alliés fournissent d’urgence à l’Ukraine une augmentation spectaculaire des fournitures et des capacités militaires – suffisante pour dissuader une nouvelle offensive russe et permettre à l’Ukraine de repousser les forces russes à l’est et sud. 

Le congrès a fourni assez d’argent pour payer un tel renforcement ; ce qu’il faut maintenant, ce sont les décisions des États-Unis et de leurs alliés de fournir aux Ukrainiens l’équipement militaire supplémentaire dont ils ont besoin – avant tout, des blindés mobiles. 

L’ accord américain jeudi pour fournir des véhicules de combat Bradley est louable, même si il est tardif . 

Parce qu’il y a de sérieux défis logistiques associés à l’envoi de chars lourds américains Abrams, l’Allemagne et d’autres alliés devraient répondre à ce besoin. Les membres de l’OTAN devraient également fournir aux Ukrainiens des missiles à plus longue portée, des drones avancés, des stocks de munitions importants (y compris des obus d’artillerie), davantage de capacités de reconnaissance et de surveillance et d’autres équipements. Ces capacités sont nécessaires en semaines, pas en mois.

De plus en plus, les membres du Congrès et d’autres personnes dans notre discours public demandent : « Pourquoi devrions-nous nous en soucier ? Ce n’est pas notre combat. » Mais les États-Unis ont appris à leurs dépens – en 1914, 1941 et 2001 – qu’une agression et des attaques non provoquées contre l’État de droit et l’ordre international ne peuvent être ignorées. 

Finalement, notre sécurité a été menacée et nous avons été entraînés dans un conflit. 

Cette fois, les économies du monde – y compris la nôtre – voient déjà l’impact inflationniste et le ralentissement de la croissance causés par l’agressivité obstinée de Poutine. Il vaut mieux l’arrêter maintenant, avant que l’on en demande davantage aux États-Unis et à l’OTAN dans son ensemble. Nous avons un partenaire déterminé en Ukraine qui est prêt à supporter les conséquences de la guerre afin que nous n’ayons pas à le faire nous-mêmes à l’avenir.

Le discours du président Volodymyr Zelensky devant le Congrès le mois dernier nous a rappelé le plaidoyer de Winston Churchill en février 1941 : « Donnez-nous les outils, et nous terminerons le travail ». Nous sommes d’accord avec la détermination de l’administration Biden d’éviter une confrontation directe avec la Russie. Cependant, un Poutine enhardi pourrait ne pas nous donner ce choix. Le moyen d’éviter la confrontation avec la Russie à l’avenir est d’aider l’Ukraine à repousser l’envahisseur maintenant. C’est la leçon de l’histoire qui doit nous guider et qui rend urgentes les actions à entreprendre avant qu’il ne soit trop tard.

Le dernier en date : le cessez-le-feu déclaré unilatéralement par Moscou – qui n’a apporté aucun signe de pause dans les combats au cours des 36 heures où il était censé être en place – a pris fin tôt dimanche. Les deux parties ont échangé le blâme pour les bombardements en cours, qui menaçaient de gâcher les célébrations de Noël orthodoxes des deux côtés.

Le pari de la Russie : The Post a examiné la voie de la guerre en Ukraine et les efforts occidentaux pour s’unir pour contrecarrer les plans du Kremlin, à travers des entretiens approfondis avec plus de trois douzaines de hauts responsables américains, ukrainiens, européens et de l’OTAN.

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2 réflexions sur “« Le temps n’est pas du côté de l’Ukraine ». La pression des néocons, pourquoi?

  1. Ces deux là deviendraient fous de rage et de frustration si on comparait face à eux la situation présente à la guerre civile américaine… avec l’Ukraine tenant le rôle du Sud en toute évidence.

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