Face à la déroute Ukro, les USA voudraient gagner du temps.

Je vous offre les textes de M K Bhadrakumar parce que je les apprécie.

Il sent ce qui est important dans l’actualité et il a assez d’expérience diplomatique pour décoder les évements et les propos des parties en présence. Ses éclairages sont précieux. Plus que ses prévisions.

Je ne partage pas son cadre analytique. Il est spiritualiste , je suis matérialiste. Il n’est pas radical, il ne va pas au fond des choses et bien souvent il navigue sur la surface des apparences, mais comme il est compétent, il nous apporte quelque chsoe.

C’est un excellent observateur et je le respecte.

Qund je dis qu’il n’a pas le même cadre analytique que moi je veux dire qu’il croit à la subjectivité, aux intentions, aux volontés. il croit que les hommes mènent le monde.

Mon cadre analytique est radicalement différent je dis que tout se passe comme si les hommes menaient le monde mais que c’est une erreur de le croire. Le monde est mu par la Nécessité avec un peu de hasard, le hasard n’étant que le refuge de notre ignorance.

Car je considère que les hommes sont de tenants lieux, des marionnettes, des pantins qui font semblant de conduire les évènements alors qu’ils sont conduits par eux; les soi disant dominants feignent de conduire des évènements qui les dépassent car cela satisfait leur ego, leur narcissisme, leur minable volonté de puissance;

Demuis 2008 le monde est mu par une terrible logique, c’est la logique de l’affrontement, du conflit, de la guerre et du besoin de destruction systémique. L’Ordre qui a touché ses limites en 2008 et 2009 ne veut pas mourir donc il va se reaménager par le conflit aveugle, sanglant, barbare.

Quand le butin se raréfie, les bandits s’entretuent.

Je l’ai analysé à cette épaoque et j’en ai decrit les étapes internes et externes. Le Système pour survivre et se reproduire est sur une pente et tout ce qui se passe, au de la de la gangue du hasard et de l’évènementiel anecdotique, tout ce qui se passe va dans ce sens. Finie la ccopération, finie la globalisation, c’est le temps de la lutte pour le surproduit et les ressources mondiales .

Et les circonstances produisent les hommes qui vont incarner les forces systemique et réaliser tout cela.

Ce qui produit le monde ce sont les conditions objectives, ce sont les réalités, ce sont les forces endogènes et exogènes du Système. Forces complexes, antagoniques, d’action, de réactions, de résultantes.

Le système est inconscient, il n’ a pas de morale, il n’a qu’une logique; durer se reproduire.

Il n’a pas de projet. Il n’ a pas de stratégie. il va d’optimum partiels en optimums partiels.

L’une des notions que j’ai tenté de faire passer au cours de ces années est celle de l’engrenage.

Je l’ai tutilisée pour rendre intelligible la politique de la Fed par exemple et je l’ai utlisée pour comprendre la géopolique.

Ici la notion d’engrenage me parait s’imposer, sous le nom d’escalade, l’engrenage dépasse toute le monde, il balaie toutes les rationnalités , voici un exemple terrible: les chars.

Extrait de dedefensa de Philippe Grasset.

« Alors, on en revient à la question initiale : pourquoi livrer ces chars à l’Ukraine ? […]

» Mais j’en viens à me dire qu’au-delà de cette possibilité [des chars rassemblés pour les Polonais] et d’autres qui se trouveraient dans certains inconscients, je doute que ce soit véritablement “le plan” ; parce qu’en fait je pense… Je pense qu’il n’y a pas de plan ! Pour dire la chose d’une façon claire et sans barguigner, je pense que les dirigeants politiques [du bloc-BAO] ont devant eux d’immenses problèmes… Et ce qui il est en train d’advenir c’est que des politiciens comme Scholz, Biden, Macron veulent à tout prix protéger leurs arrières et faire en sorte qu’on ne puisse pas les blâmer pour la débâcle (en Ukraine) parce qu’ils n’ont pas envoyé leurs chars, – alors chacun s’y met… Ce que je voudrais dire finalement, c’est que ce déploiement de chars dans la bataille, sans préparation, sans plan d’intégration, sans véritable entraînement opérationnel, je le dirais droitement, je pense que c’est criminel… Je pense que c’est le pire décision que j’ai jamais vue, une décision basée sur la couardise politique …et dans une atmosphère d’hystérie et d’aveuglement furieux, et en plus cela ne marchera pas… D’ores et déjà, nous pouvons voir que les durs, les faucons sont en train de manœuvrer pour faire introduire des matériels de plus en plus puissants… »

C’est l’escalade-escalator à plein régime. Mercouris note qu’à Ramstein (réunion des ministres de la défense de l’OTAN), on a inscrit la proposition de livrer des avions de combat type-ceci/cela (F-16, bien sûr) à l’Ukraine. La proposition a été refusée, dit Mercouris, mais finalement elle sera adoptée, on peut en être sûr, avec la proposition d’établit une ‘no-fly zone’ comme le réclamera l’escalade-escalator. Qui aurait le mauvais esprit de refuser ? Ainsi sera créé un espace complet d’interdiction pour permettre des combats inédits et catastrophiques. Les affrontements ne manqueront pas d’éclater, avec des pertes qui appelleront de nouveaux renforcements et ainsi de suite, – “escalade-escalator à plein régime” :

« Comme je l’ai déjà dit et comme Jeff Roberts l’a lui-même dit, nous sommes maintenant dans une escalade-escalator et les dirigeants occidentaux ne savent ni ne peuvent se sortir, avec cette folle décision d’envoyer des chars, d’un mouvement qui accélère encore l’escalade-escalator, créant ainsi encore plus de problèmes pour l’avenir… Des décisions de couards mènent à des situations catastrophiques et c’est l’une des pires décisions de couards qu’un gouvernement ait jamais prise, selon mon expérience… »

Tout est dit, certes chacun a son vocabulaire mais l’idée centrale est la même, l’engrenage, l’escalator, sont en marche.

BHADRAKUMAR

Au milieu du brouhaha au sujet de la décision des États-Unis et de leurs alliés européens de fournir des chars de combat Abram et Leopard à l’Ukraine, le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Ryabkov, a déclaré jeudi à Washington que le contrôle des armements « ne peut exister isolément de la politique militaire » et les réalités géostratégiques » . Par conséquent, une compréhension des « paramètres et des principes de coexistence qui minimiseraient le potentiel de conflit » entre la Russie et l’Occident est une condition préalable absolue de la situation. 

Ryabkov a déclaré que Moscou ne refusait pas de discuter du contrôle des armements avec Washington, mais que les États-Unis compliquaient un dialogue constructif. Dans une ouverture significative, parsemée de mises en garde, il a proposé que « l’agression hybride des États-Unis, qui ont tenté d’infliger une » défaite stratégique « à la Russie dans la guerre totale a rendu des discussions constructives et fructueuses » sur le contrôle des armements avec Washington presque impossible . Bien entendu, cela ne signifie pas que nous refusons la maîtrise des armements elle-même. Mais cette zone ne peut exister indépendamment de la réalité militaro-politique et géostratégique.

Ryabkov a déclaré qu’il était nécessaire de parvenir à un accord avec l’Occident [lire Washington] pour prendre des décisions « viables » dans ces domaines. Ryabkov est l’interlocuteur de FO russe pour les relations avec les Etats-Unis. Son interview avec le journal Kommersant  [en russe] a coïncidé avec l’arrivée de la nouvelle ambassadrice américaine Lynne Tracy à Moscou jeudi.

Habituellement en diplomatie, un nouvel envoyé augure d’un nouveau départ dans les relations . Et la partie russe espère qu’une conversation productive sera possible avec le nouvel envoyé, la première dame ambassadrice au Kremlin d’Amérique, sur les aspects problématiques des relations russo-américaines. 

L’ambassadrice Tracy commence sa tournée peu après les annonces selon lesquelles les puissances occidentales dirigées par les États-Unis vont envoyer des chars pour équiper l’armée ukrainienne, signifiant ainsi une grave escalade des tensions américano-russes. 

Dans le récit des médias occidentaux, les 31 chars Abram et les chars Leopard (au total une centaine) vont changer la donne dans le conflit ukrainien. Mais Moscou a évalué le mouvement occidental comme une manœuvre politique plus astucieuse,   rendue nécessaire par les récents revers militaires subis par Kiev et les craintes croissantes d’une   défaite écrasante si la Russie lance une offensive majeure dans les mois à venir.

De toute évidence, Moscou a pris note qu’il faudra plusieurs mois pour que les chars atteignent effectivement l’Ukraine et soient déployés et plusieurs mois d’ entraînement intensif seront nécessaires pour que le personnel ukrainien soit prêt à manipuler les chars. 

L’agence de presse Tass a produit une poignée de rapports [ ici , ici et   ici ] citant l’opinion autorisée d’experts militaires russes selon laquelle Moscou a la capacité de « brûler » ces chars occidentaux. Mais le Kremlin s’est abstenu de toute menace directe de représailles. 

Sur le plan militaire, bien sûr, 100 à 130 chars ne font guère de différence dans l’équilibre militaire en Ukraine, qui est en faveur de la Russie. Il est fort probable que les récentes défaites de l’armée ukrainienne fassent boule de neige dans une déroute une fois que Moscou lancera sa grande offensive attendue et donnera un coup de grâce à l’armée ukrainienne.

La récente visite à Kiev de hauts responsables du Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche et du département d’État américain, suivie d’une mission secrète du chef de la CIA William Burns, a mis en évidence la criticité de la situation. Pendant ce temps, la lutte de pouvoir de longue date entre les agences de sécurité ukrainiennes et les services de renseignement a éclaté au grand jour ces dernières semaines, provoquant une purge des hauts responsables étroitement associés à Zelensky. 

Moscou ne fait plus confiance aux promesses des Américains, compte tenu de la longue histoire – à commencer par la promesse de l’ancien secrétaire d’État Jim Baker à Mikhaïl Gorbatchev en 1989 de ne pas étendre l’OTAN « d’un pouce » vers l’est – compte tenu de la longue histoire de trahisons occidentales et de promesses non tenues. 

L’influent chef du Conseil de sécurité russe, Nikolai Patrushev, a répété hier que même si les combats actifs en Ukraine cessent, Moscou ne pense pas qu’il y aura un répit dans la guerre par procuration des États-Unis contre la Russie. 

Pour citer Patrushev, « les progrès de l’opération militaire spéciale en Ukraine indiquent que les États-Unis et l’OTAN ont l’intention de poursuivre leurs efforts pour prolonger ce conflit militaire et qu’ils y sont déjà devenus des participants ». Patrushev a souligné que « même avec la fin de la phase chaude du conflit en Ukraine, le monde anglo-saxon n’arrêtera pas sa guerre par procuration contre la Russie et ses alliés ». 

NOTE BB: quand le vin est tiré, il faut le boire, et le vin de la competition stratégique, celui de la fuiteen vant, celuide la destruction é été tiré en 2008 et 2009. C’est cela l’engrenage. Et les Chinois aussi le savent bien sur.

Patrushev a déclaré : « Les événements d’aujourd’hui en Ukraine sont le résultat d’années de préparation par les États-Unis pour une guerre hybride contre la Russie et une tentative d’empêcher l’émergence d’un monde multipolaire. 

Patrushev est l’un des collaborateurs les plus proches de Poutine avec une association qui remonte à leur carrière dans le KGB soviétique. De toute évidence,  juste au moment où sa stratégie de « broyage » des forces ukrainiennes réussit, pourquoi Moscou devrait-elle tergiverser ?

C’est là que l’interview de DFM Ryabkov hier avec Kommersant devient un indicateur utile. Ryabkov signale en effet que la porte est toujours ouverte pour des négociations avec les États-Unis. Fait intéressant, il a souligné que « la plupart des décisions réussies dans le domaine de la maîtrise des armements coïncidaient ou étaient associées à des périodes de détente ou à des projets politiques spécifiques » et se caractérisaient historiquement par « l’attitude assez équilibrée des parties vis-à-vis des « lignes rouges » évidentes de l’autre dans le domaine de la sécurité ».

En effet, Ryabkov a exclu toute « concession unilatérale » de la Russie en matière de sécurité nationale et a souligné que les contradictions fondamentales devront d’abord être traitées.

NOte BB: le mot important est « fondamentales » accolé à « contradictions ». on est bien dans une dialectique matérialiste et non pas dans la rhétorique..

La bonne partie est que certaines sections de l’élite à Washington réalisent de plus en plus que les États-Unis ne peuvent pas gagner la guerre par procuration en Ukraine. À cela s’ajoutent les complexités de la politique intérieure américaine, la dernière étant la question des documents classifiés qui crée une incertitude pour la candidature de Biden à la réélection.

On peut dire que le spectre qui hante l’administration Biden est que la défaite militaire combinée aux tensions politiques au sein du gouvernement ukrainien pourrait très bien conduire à l’effondrement du régime de Zelensky et à un effondrement de l’appareil d’État du pays. Et tout cela alors que les forces russes, estimées à environ 600 000 hommes, se rassemblent aux portes. 

En théorie, la priorité absolue de l’administration Biden à ce stade sera d’empêcher Moscou de lancer la grande offensive militaire afin d’obtenir un répit pour réorganiser l’armée ukrainienne battue, l’équiper d’armes de pointe et rétablir un minimum d’équilibre militaire afin de pouvoir reprendre le combat après une pause. 

Mais, juste au moment où sa stratégie de « broyage » des forces ukrainiennes réussit, pourquoi Moscou devrait-elle tergiverser ? 

En fait, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré plus tôt dans la journée que « les tensions s’aggravent vraiment » suite à la décision de Washington concernant les chars et les discussions en cours dans les capitales occidentales concernant la fourniture d’avions de chasse F-16 à l’Ukraine.

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5 réflexions sur “Face à la déroute Ukro, les USA voudraient gagner du temps.

  1. Comme pour les QE, comme pour les doses de vaccins, les livraisons d’armes se succèdent et ne mènent qu’à des illusions de solution alors qu’elles aggravent les choses en profondeur.

    L’occident n’a pas de stratégie mais vise simplement à jouer les prolongations sur le terrain militaire comme sur le terrain économique.

    Dans les 2 cas cela s’appelle la fuite en avant.

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  2. Bonjour M. Bertez

    Vous écrivez: « Et les circonstances produisent les hommes qui vont incarner les forces systémique et réaliser tout cela. »

    Exemple récent : Adolf Hitler…..

    Que le système qui l’a produit s’est efforcé, d’exfiltrer de l’humanité en « mal absolu » afin de se dédouaner… Opération réussie puisque tout le monde était concerné et partie prenante : Shoah = barbarie + tous les progrès de la logistique, de la bureaucratie et de l’ingénierie capitaliste!

    Cordialement

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  3. « Mais, juste au moment où sa stratégie de « broyage » des forces ukrainiennes réussit, pourquoi Moscou devrait-elle tergiverser ?  »

    En effet, compte tenu :
    * de l’expansion de l’OTAN à l’est de l’Europe, en violation de l’engagement pris par les Américain au moment de la réunification allemande,
    * de la non application des accords de Minsk, pour permettre à l’Ukraine de se renforcer militairement comme révélé par Madame Merkel en décembre dernier,
    * de l’échec, à la dernière minute, des négociations de mars/avril 2022, alors que Zélensky était prêt à négocier,

    il n’est donc pas illogique que Poutine se sente trahi par les Occidentaux et
    n’accepte de négocier que s’il est en mesure d’imposer ses conditions, c’est à dire après l’écrasement de l’armée ukrainienne.

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  4. Bonjour

    Si un ‘ répit ‘ est donné à l’occident par la Russie … cela aura les mêmes ‘ effets ‘ que les accords de Minsk … un réarmement énorme pour prolonger la guerre

    Les Anglo-saxons / USA / occident ne veulent surtout pas d’un monde multipolaire … ils veulent garder leurs domination sur le monde pour spolier et racketter la planète

    Dedollarisation , monnaie adossé à des matières premières or/pétrole …etc… formation et coopération de blocs hors tutelle de l’occident Asie / Moyen Orient / Afrique / Amérique du Sud …etc… les temps deviennent de plus en plus dur pour l’élite mondialiste … les maîtres du millard doré commencent à être en mode ‘ panique ‘

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