Hausse des taux en Europe, la France n’est pas contente.

La hausse des taux se précise en europe, faisant remonter le cours de l’euro face au dollar nettement au dessus des 1,09 à 1,0935.

Les rendements des Bunds allemands ont bondi de 10 points de base à 2,47 % (+3 points de base). Les taux français ont gagné 6 points de base à 2,98 % (inchangé). L’écart entre les obligations françaises et allemandes à 10 ans s’est rétréci d’environ quatre à 51 points de base.

Les rendements des gilts britanniques à 10 ans ont bondi de 17 points de base à 4,41 % (+74 points de base). 

La Banque Centrale Européenne (BCE) vient d’augmenter ses taux directeurs, remontant notamment son taux refi à 4%. Les propos de Christine Lagarde et des banquiers des pays du bloc allemand sont hawkish et préemptent deja la prochaine hausse de septembre.

Selon le Financial times, la banque de France n’est pas contente, elle considère que la préemption de hausse de septembre est déplacée et non conforme , puisqu’elle est fondée non sur des résultats enregistrés mais sur des prévisions.

La France reste fascinée par les délices inflationnistes et elle le manifeste chaque fois que la question se pose dans les débats sur la future politique monétaire; c’est dans son ADN.

La hausse des taux en Europe est une mauvaise nouvelle pour la France souligne Touati qui craint que taux du 10 ans ne s’envole vers les 4% .

Touati explique que la différence de politique monétaire entre la Fed qui fait la pause et la BCE est justifiée par le retard Européen dans la désinflation.

Ecoutons le :

« Cette différence de politique monétaire reflète notamment les écarts d’inflation entre les deux côtés de l’Atlantique. En mai, aux Etats-Unis, le glissement annuel des prix à la consommation est ainsi tombé à 4%, un plus bas depuis mars 2021.

Cette désinflation confirme que les resserrements monétaires de la Fed ont bien agi, ce qui a d’ailleurs permis à cette dernière de maintenir ses taux directeurs inchangés lors du FOMC du 14 juin. Dans le même temps, les prix à la production ont continué de se replier. En mai, ils ont reculé de 0,3%, permettant à leur glissement annuel de tomber à 1,1%, un plancher depuis décembre 2020. Seul léger bémol, hors énergie et produits alimentaires, l’inflation américaine est restée relativement élevée : 5,3% pour les prix à la consommation et 2,8% pour les prix à la production. De quoi anticiper que la Réserve fédérale pourrait mener un dernier resserrement monétaire de 25 points de base (0,25 point de pourcentage) au cours de l’été prochain. »

« En attendant, comme le montre le graphique ci-dessus, force est de constater que l’inflation recule bien plus vite aux Etats-Unis que dans la zone euro (4% contre 6,1%). En mai, l’écart d’inflation est même reparti à la hausse, atteignant 2,1 points, ce qui constitue toujours un niveau historiquement élevé, comme cela s’observe depuis l’automne dernier (avec un pic de 3 points en novembre 2022).

Dans la mesure où l’inflation de la zone euro va certes encore reculer, mais tout en restant sur des niveaux élevés, la BCE devrait encore remonter son taux refi de 25 points de base lors de sa réunion du 27 juillet, en dépit du prolongement de la récession. Ce qui rappelle d’ailleurs qu’en plus de réaliser de meilleurs résultats inflationnistes que la Zone Euro, les Etats-Unis font également de même sur le front de l’activité économique. En effet, alors que l’UEM est retombée en récession dès le quatrième trimestre 2022, l’Oncle Sam a réussi à redresser sa croissance. Au premier trimestre 2023, le glissement annuel du PIB américain a ainsi atteint 1,6 %, contre 1 % pour son homologue de la zone euro.

Villery de Galhau proteste contre la préemption hawkish d’une future hausse des taux en septembre. « personne ne devrait se precipiter et conclure prématurement sur le calendrier ou sur le niveau terminal du cycle de hausse des taux » dit il .

4 réflexions sur “Hausse des taux en Europe, la France n’est pas contente.

  1. Hausse des taux en période de stagflation!C’est inédit,non?

    Je pense de plus en plus que ces hausses de taux ne visent pas a faire chuter l’inflation, mais a attirer les capitaux pour les états dont la dette explose.

    Pareil aux US.

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    1. Le déclenchement d’une crise , c’est à dire l’ évolution
      brutale , non linéaire, d’une situation est aléatoire.
      Les facteurs de crise s’accumulent jusqu’à créer une situation dite de criticalité, une fenêtre de rupture s’ouvre mais ensuite seul le hasard, un évènement non previsible déclenchent le chaos.

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      1. Merci de votre réponse .Cela me rappelle ce qu explique James Rickards  Dans sa théorie du flocon de neige …. Envoyé depuis Yahoo Mail pour Android

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