L’anomalie qui sauve le monde, personne ne la commente!

L’inversion de la courbe des taux est à son maximum depuis plusieurs decennies.

Les gens se lamentent parce que c’est un signe dit-on de récession à venir.

Ils ont tort de se lamenter car cette inversion , cette anomalie est ce qui sauve le système: elle fait croire que l’inflation à long terme est maitrisée.

Avec les taux longs qui restent bas, le système tient a peu près.

La pyramide financiere mondiale tremble mais ne tombe pas.

Si le sprea entre le 2 ans et le 10 ans n’était pas négatif, ce serait l’effondrement de la carriole de pommes!

Ci dessous le spead US, il est actuellement de -0,97.

https://fred.stlouisfed.org/series/T10Y2Y

En 2011, lorsque la question de l’Exit et des jeunes pousses, -green shoots – s’est posée, la situation était facilement gérable.

On n’avait pas encore créé des dizaines de trilions et des dizaines de trillions de dettes à taux quasi nuls, les entreprises étaient moins chargées de dettes, les gouvernements n’étaient pas lestés d’un fardeau aussi colossal à taux voisins de zero que maintenant.

En consequence, en 2011, la sortie des politiques monétaires conventionelles , tout en étant délicate , était gérable .

On jouait sur des masses moins colossales et des valorisations moins delirantes.

Il suffisait d’espérer comme Brian Sack une accelération de la croissance économique: cette croissance allait compenser l’effet de la hause des taux sur la solvabilité, elle allait booster les profitabilités, et la valorisation des actifs fainciers; le « e » des earnings allait compenser le multiple « r » dans les « per ».

C’est ce qui avait été correctement commenté dans les sphères proches de la Fed de New York: on allait être sauvé par une reprise forte, soutenue . Elle allait certes faire monter les taux mais elle allait améliorer la situation sur le front de la déflation et ainsi faire baisser les prix du risque.

Helas, les green shoots ont seché, pourri, et il n’y a pas eu de reprise en formede « V »; les fondamentales n’ont jamais ratrappé les données financières.

Ce fut l’erreur démiurgique de Bernanke de continuer la politiqie monétaire non conventionnelle pour accelerer la conjoncture, il eut fallu s ‘en abstenir. Bernanke a continué les taux de plus en plus bas, les creations de crédit bradé, puis les gonflements du bilan de la fed, l’externalisation du risque de marché boursier sur la Fed par le Put, puis le gonflement du passif a bas taux du Tresor US.

Il a ainsi crée une situation désastreuse puisque le systeme ne devait plus pouvoir résister a une hausse des taux longs, chargé qu’il était de dettes à taux quasi nuls , et surout de dettes qui ne rapportant quasi rien allaient être devalorisées en cas hausse des taux lonsgs.

Avec la vague d ‘inflation post covid , la question posée en 2011 est devenue d’actualité: il a fallu monter les taux courts et prendre le risque que les taux longs soient contaminés et s’envolent.

C’était le risque et c’est toujours le risque.

L’envolée des taux longs même limitée à 5%, si elle se produit rencherit le crédit , fait monter les primes de risque, détruit la solvabilité, déprecie les actifs des bilans des institutions financieres, détruit les bilans des institutions en levier et la capacité bilantielle des banques, elle fait sortir l’argent du parking des comptes de dépots bancaire, bref la hausse des taux longs est une catasrophe , une catastrophe systémique, sauf … :

Si on réussi à découpler les taux longs des taux courts qu’il faut monter.

Si on réussit à truquer les comptabilités suffisamment pour masquer la forte chute de valeur des actifs de toutes les institutions

Si on réussit le tour de force de maintenir en position de levitation le marché financier afin de limiter le risque de baisse de la valeur des patrimoines et les effets de richesse en boule de neige

Si on réussit maintenir une liquidité et même une sur-liquidités discrète dans le système en jouant sur le clavier des outils monétaires et bancaires sophistiqués.

Je pense que vous comprenez maintenant.

Le seul moyen d ‘éviter la catastrophe systemique c’est d’empêcher que les taux lonsg soient libérés et qu’ils viennent chambouler la pyramide constitués d’actifs plus ou moins fictifs à taux quasi nuls; pour esperer réussir cela il faut tricher c’est à dire truquer les comptabilités, ne pas prendre en compte les effets de devalorisation sur les actifs, il faut maintenir la Bourse assez haut pour ne pas faire chuter la valeur des patrimoines, il faut empêcher la depreciation des collateraux, et surtout tenir a bout de bras le secteur de la technologie qui est un symbole , il faut peser le plus possible techniquement et verbalement sur le niveau des taux longs en manipulant les anticipations .

Bref il faut faire tout et son contraire, tout embrouiller, tout dire, sans souci aucun pour la vérité ou la cohérecne , nous sommes en situation de panique dissimulée.

Que la courbe des taux soit très très inversée, c’est indispensable; l’inversion de la courbe des taux est le moyen de faire tenir l’edifice.

Contrairement aux simplets qui croient que l’inversion de la courbe des taux est négative, que c’est un mal , c’est l’inverse, il faut apprendre à marcher sur la tête; il faut accepter de considerer qu’une courbe des taux très inversée est la planche de salut des autorités.

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