Editorial: L’évolution de nos sociétés vers le parti centriste unique fascisant qui rejette le reste de la societé aux extrêmes est un crime.

Il ne faut hélas pas compter sur les journaux pour avoir des informations intéressantes et utiles sur les évènements qui se déroulent en France.

Je n’espérais rien des médias Français mais je m’attendais à un peu de travail, de recherche et de curiosité de la part des médias étrangers.

Hélas ce n’est guère mieux ; il faut dire que l’affaissement des médias sous emprise du business et de la publicité est international, du moins dans le monde occidental.

Les descriptions dominent, avec quelques rappels historiques superficiels, mais elles sont succintes , sans perspicacité ou originalité , ne parlons pas du talent! Il a disparu des colonnes.

Quand aux idées j’en cherche vainement!

Nous sommes pourtant face à une situation intellectuellement passionnante force est de le reconnaître; c’est un véritable défi que de la comprendre !

Défi sociologique, politique, éthique , géopolitique , économique, psychologique; il y a de quoi faire nom de nom, au dela des crétineries sur les jeux vidéos, le racisme bébête, et la démission des parents .

C’est tout l’air du temps qui est cristallisé dans ces évènements:

La paupérisation, la mondialisation, la dépossession, la destruction des structures anciennes, la montée des anti-modèles, la fin de la figure du Père et du modèles phallique, la prégnance de la pub , de la Com, de la consommation, et puis la religion bien sur.

Nous sommes dans une marée de négativité.

La négativité est un en-soi.

Elle submerge nos sociétés mais elle peut avoir n’importe quel contenu, du moment que ce contenu est négatif, qu’il s’oppose, qu’il rejette, du moment qu’il permet de manifester une révolte, un NON, que l’on ne peut plus extérioriser autrement.

Dans le vieux temps, la lutte des classes et sa traduction politique partisane permettaient la structuration, la canalisation, la sublimation, et la purification en quelque sorte de la négativité.

Elle la plaçait au coeur de la civilisation et la faisait sortir de la barbarie et du sauvage.

Elle permettait la prise en compte du négatif. Elle permettait de faire intégrer la négativité dans le champ social et politique; intégration indispensable à l’Aufhebung.

Note: Le verbe allemand correspondant est aufheben. Le mot caractérise le processus de « dépassement » d’une contradiction dialectique où les éléments opposés sont à la fois affirmés et éliminés et ainsi maintenus, non hypostasiés, dans une synthèse conciliatrice.

L’évolution de nos sociétés vers le parti centriste unique fascisant qui rejette le reste de la societe aux extrêmes est un crime. Les sans dents devenus les sans voix n’ont pas de possibilité de faire valoir leur citoyenneté et d’affirmer leur refus du monde qu’on leur impose.

La disparition et le sabordage des intermédiaires de la lutte des classes fait que la négativité est devenue polymorphe, envahissante, diffuse, comme un complexe dont on ne peut plus dénouer les fils. Quand on tire sur l’un de fils croyant le dénouer, un autre se resserre ailleurs , toute action a pour conséquence une autre action ou réaction négative, tout cela rend les problèmes insolubles .

Sans compter le vice des super-classes qui tirent les marrons du feu grace à l’emiettement de la société qui empêche la constitution de tout front commun contre elles!

Que dire de l’erreur , de la faute de Melenchon qui refuse de prendre en compte le besoin légitime de sécurité des classes inférieures et moyennes pourtant les plus menacées par ces évènements et perd ainsi toute occasion d ‘élargir son petit front minable de bobos wokenisés.

Une revue de presse du journal Suisse Le Temps

«Pour beaucoup de Français, un profond sentiment de déjà-vu prévaut.»

A l’image du Financial Times, les journaux des pays européens évoquent tous les émeutes de 2005, après six jours et autant de nuits de heurts faisant suite à la mort de Nahel, 17 ans, tué par un policier à Nanterre.

Même si la nuit de dimanche à lundi a été relativement calme, les affrontements impressionnants des derniers jours «soulignent les profondes divisions de la société, les tensions entre les jeunes et la police, et l’incapacité des gouvernements successifs à améliorer les conditions de vie dans les banlieues, malgré quarante ans de plans en ce sens», poursuit le journal économique britannique.

Le constat est le même pour le Sunday Times qui décrit une «nation fracturée», où «les relations interraciales sont devenues plus tendues au cours des deux dernières décennies avec l’augmentation de la population immigrée». Rappelant les trois semaines d’émeutes qui avaient suivi la mort de Zyed et Bouna il y a 18 ans à Clichy-sous-Bois, le journal dit craindre «cette fois que la situation ne devienne incontrôlable plus rapidement qu’en 2005».

Les «précédentes révoltes populaires contre Macron» font que «l’humeur du pays est aujourd’hui plus colérique et la société plus divisée», ajoute le Sunday Times.Lire aussi: L’évolution des émeutes françaises de ces dernières nuits à la lumière de celles de 2005

«La crise du modèle français»

Le correspondant à Paris du journal italien La Stampa fait lui une comparaison directe entre les deux époques, s’étant replongé dans son bloc-notes de 2005. «Je le superpose, ce vieux cahier, aux chroniques de ces jours et il me semble que, d’un simple geste, j’ai annulé le temps», raconte-t-il, pessimiste.

Il dénonce, comme il y a près de 20 ans, «l’aveuglement et l’hypocrisie d’une classe politique en faillite». Le journaliste italien voit à nouveau une «intifada de jeunes cagoulés, nihilistes et stériles». Ces jeunes révoltés, petits enfants d’immigrés, qui «rêvaient d’obtenir un passeport français», ont été à l’école en France, «à qui on a appris la Marseillaise et les délices de la fraternité». Ils ont «déjà ce passeport en poche; l’ennui, c’est qu’ils n’en veulent plus». Et de conclure: «c’est la crise du modèle français qui promet toujours et ne tient jamais».

En Espagne, El País estime, pour sa part, que «l’année de la grande révolte des banlieues est dans tous les esprits, du pouvoir de l’Elysée aux habitants des banlieues». Et cette troisième vague «de mécontentement social à laquelle Macron doit faire face, après les Gilets jaunes et la réforme des retraites» peut «à tout moment redevenir incontrôlable ou dégénérer»: «c’est la France de 2023, un pays qui vit une anomalie.»

De son côté, la Frankfurter Allgemeine Zeitung juge la comparaison avec l’automne 2005 «guère rassurante». Car depuis, les smartphones et les réseaux sociaux ont fait leur apparition. Et «internet attise le feu plus rapidement que ne le pouvaient les images télévisées».

«Quand on brûle 100 voitures en France, on en brûle une à Bruxelles»

En Suisse, on s’interroge sur la possibilité d’un élargissement du mouvement de contestation. La Neue Zürcher Zeitung indique ainsi que «les événements en France ont motivé une centaine de jeunes à se déchaîner dans le centre-ville de Lausanne dans la nuit de samedi à dimanche», à la suite d’«un appel sur les réseaux sociaux».

«C’était un peu le chaos» témoigne dans 24 heures la gérante d’un magasin dont la vitrine a été fracturée, s’étonnant de l’âge des participants qui étaient «très jeunes, autour de 13-15 ans».

L’événement lausannois reste toutefois isolé et d’une ampleur bien moins importante qu’en France.Lire encore: Face aux violences en banlieue, Emmanuel Macron pointe les réseaux sociaux

La Belgique – où Le Soir rapporte que «deux voitures ont été incendiées» à Bruxelles et «plus d’une centaine de personnes» ont été arrêtées «au cours du week-end, dont une majorité de mineurs» – partage le questionnement helvétique. Mais interrogé par le quotidien francophone, Xavier Rousseaux, professeur à l’Université catholique de Louvain relativise: «Quand on brûle 100 voitures en France, on en brûle une à Bruxelles ou à Liège. Mais ça s’arrête là.»

Il note que la même réaction avait déjà eu lieu en Belgique en 2005 «où l’on est venu filmer une voiture qui avait brûlé sur un terrain vague de Louvain-la-Neuve pour montrer qu’en Belgique aussi les cités brûlaient […] Il faut dédramatiser.»

La Frankfurter Allgemeine Zeitung relève toutefois que la situation en France est grave. Et le président français se retrouve dans une situation difficile: «plus les troubles se prolongent, plus la confiance des citoyens dans le leadership de Macron diminue».

Et la Süddeutsche Zeitungde souligner que la situation a conduit à l’annulation d’un voyage d’Emmanuel Macron en Allemagne, prévu cette semaine, qui «aurait été la première visite d’Etat d’un président français depuis vingt-trois ans».

En Suisse alémanique, le Tages Anzeiger estime que même si le président français, «qui connaît le pouvoir des symboles, a eu du mal à accepter cette annulation, […] il ne pouvait pas en être autrement». Maintenir une telle visite alors «que sa propre maison brûle aurait été difficile à faire accepter à une opinion publique française échauffée».

Le pays a «besoin d’un capitaine sur le pont», ajoute le quotidien zurichois, qui appelle le président français à s’attaquer de front à deux problèmes.

La violence policière d’une part: le slogan «la police tue» doit «rester polémique, il ne doit pas décrire la réalité», selon le Tages-Anzeiger. D’autre part, sur la situation des banlieues, il estime que «beaucoup de choses ont été tentées, mais personne ne s’est encore attelé à cette tâche avec le plus grand sérieux».

Soudain, pourtant, «tout le monde s’y met, les politiques, les journalistes, ils veulent prendre le pouls là où l’on n’aime pas trop regarder», écrit la Süddeutsche Zeitung. Alors que la question n’est pas nouvelle: «La France et ses banlieues. Depuis des décennies, cette relation est problématique.» Or «la colère fermente souvent dans l’ombre», ajoute le journal allemand.Lire aussi: Le domicile d’un maire pris pour cible lors d’une cinquième nuit de violences en France

Une violence qui «n’augure rien de bon»

Remontant dix ans avant les émeutes de 2005, la Frankfurter Allgemeine Zeitung, comme d’autres journaux, évoque un mal-être de banlieue, notamment face à la police, déjà décrit dans La Haine, le film de Mathieu Kassovitz sorti en 1995. Une haine qui «se nourrit avant tout d’espoirs déçus».

Dans un commentaire distinct, la Süddeutsche Zeitung souligne qu’«il existe en France de nombreux acteurs engagés dans la société civile et même en politique, qui s’efforcent de mener des réformes». Tout en regrettant: «On ne les entend pas et on ne les voit pas». Au lieu de cela, le journal bavarois observe que «depuis des années maintenant, les haut-parleurs de la haine et du racisme» monopolisent «le discours national».

«Cette éruption de violence n’augure rien de bon pour le pays», renchérit la FAZ, car elle «devrait donner un coup de pouce supplémentaire aux partis d’extrême droite. Marine Le Pen n’a même pas besoin de commenter les événements.»

Lire également: Sebastian Roché: «Le problème des tirs mortels lors de refus d’obtempérer est systémique en France»

https://www.letemps.ch/opinions/revues-de-presse/face-aux-emeutes-en-france-la-presse-europeenne-fait-une-comparaison-guere-rassurante-avec-2005?twclid=22erk3pzao4rrenijf402vryx6

12 réflexions sur “Editorial: L’évolution de nos sociétés vers le parti centriste unique fascisant qui rejette le reste de la societé aux extrêmes est un crime.

  1. Bonjour,
    L’info va vite, très vite et j’ai encore un temps de retard.
    Alors je poste ce lien pour ceux qui auraient pu passer à côté.
    À vous d’en juger.
    Le diable se cache dans les détails…

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    1. Ce commentaire a illuminé ma matinée!
      D’habitude je ne publie pas les commentaires qui me mettent en cause mais ici je fais une exception , pour le plaisir et le votre.

      La proposition de ce proche de jlucM est reversible:

      Bertez n’est pas un homme de droite, c’est le moins que l’on puisse dire mais il voudrait bien avoir l’air. Mais il a pas l’air du tout.

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  2. Mettre des mineurs en avant n’est-elle pas la stratégie des dealers qui savent que les mineurs ne risquent pratiquement rien pénalement? Ne serait-ce pas une stratégie de c-déconsidérer la police pour l’éloigner encore plus des cités et de leur business?

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  3. Macron n’est pas à la hauteur, il est incompétent pour le poste qu’il occupe, la seule chose à faire et de le remplacer ou de le faire sauter sinon c’est la France qui sautera.

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  4. Encore une fois, merci ! Mr Bertez ! Vos analyses sont excellentes et elles me rendent d’énormes services dans ma modeste quête de démolition de cette bourgeoisie imbécile et criminelle qui nous maltraite depuis des siècles. Je regardais encore ce matin la première scène du film: « Le fantôme de la liberté » de Luis BUÑUEL; qui mieux que ce cinéaste de génie les a « dessoudés » aussi magistralement? Amicalement A+R.S.

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  5. Depuis les propos de Mélenchon sur le Covid et la vaccination, il n’était plus dans mon estime. Je lui reconnais aujourd’hui, suite à sa position sur la situation cours, une parole juste et ferme à la hauteur de tout homme juste et conscient.

    Par contre, je suis étonné, voire sidéré, par votre mépris à son égard. En ce qui concerne le meurtre de ce jeune, avant de diviser la France en deux et d’en appeler à la guerre civile, il est tout simplement juste et normal de pointer les responsables. Et qui d’autres, avant tout autre, est responsable sinon ceux qui gouvernent, en l’occurence l’actuel Président de la république E. Macron. Il est vain d’appeler au calme quand la justice est absente. En 1981, la France a aboli la peine de mort, en 2007 ce principe a été introduit dans la constitution, alors comment se fait-il qu’en 2017 une loi autorisant les policiers de tuer a t-elle été votée, sans que le Conseil d’Etat ne s’y oppose ? Il a bien en l’occurrence un déni de justice.

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    1. Entendu Mélenchon sur LCI. Effectivement sa parole est juste, mais diablement déformée par d’autres, qui lui font dire ce qu’il n’a pas dit. Il fait un pari : celui que les gens vont comprendre ce qu’il dit. Possible qu’il se trompe, qu’il faille mentir au populo effrayé en « condamnant fermement » en lui laissant croire que çà sert à quelque chose.
      Concernant l’incendie de la maison du maire de l’Hay les Roses, acte ignoble : pourquoi un rassemblement devant toutes les mairies en soutien, quand à peine quelques mois plus tôt on se foutait bien de la maison du maire de St Brévin ? C’est ce genre de 2 poids 2 mesures qui sert de combustible. Et ils ne s’en rendent même pas compte… Les cons.
      Qui est surpris ? Qui ? Gilets Jaunes, confinement totalitaire, réforme des retraites, soulèvements de la terre, tout cela est imbriqué, tout cela est la même chose. Là, c’est la révolte adolescente, sans doute d’origine immigrée (c’est à voir si ce n’est qu’elle), totalement déstructurée et improductive, nuisible à sa cause, même, mais c’est bien la même chose. Et dans 3 ou 6 mois, ce sera encore autre chose. Ceux qui sont surpris sont coupables d’aveuglement volontaire.
      Ce régime est aux abois, plus rien ne tient. Notre plus grande inquiétude doit être la Réaction. Nous vivons très probablement les prémices d’un changement de régime. Avançons sans regret dans le brouillard, vers l’inconnu, car derrière nous l’ancien monde se meurt.

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