« Funeste connerie »: l’idée de supprimer l’interdiction d’un troisième mandat présidentiel est dangereuse. 

Publié le 

2 septembre 2023 

par maximetandonnet

 Selon une information largement diffusée le 31 août, le président Macron aurait déclaré, lors de sa rencontre avec les chefs de partis, que la limitation à deux mandats présidentiels constituait une « funeste connerie ». Faut-il interpréter ces propos, s’interrogent certains commentateurs, comme une intention d’abroger cette limitation pour ouvrir la voie à une éventuelle réélection en 2027 ?

Elle fut introduite par la réforme constitutionnelle du 23 juillet 2008, à la demande personnelle du président Nicolas Sarkozy. Aujourd’hui, ce dernier persiste et signe. S’opposant frontalement à son second successeur sur ce point, il justifie ainsi le bien-fondé de cette limitation : « Le pouvoir, c’est dangereux, on s’y habitue, c’est une drogue dure. On s’enferme, on n’écoute plus, on décolle du sol. Il faut qu’il y ait un terme à l’exercice du pouvoir. »

Leur divergence est révélatrice d’une différence de philosophie politique.

Emmanuel Macron annonçait la couleur à la suite de son élection en 2017. Se présentant en « président Jupiter », il prônait une vision verticale et autoritaire du pouvoir politique qui trouve ses sources dans une tradition de gauche comme de droite. Elle s’est particulièrement manifestée pendant la crise sanitaire, en 2020 et 2021, quand, au nom de la lutte contre le covid 19, les libertés individuelles ont été suspendues (confinements, couvre-feu, passe vaccinal) au titre de l’état d’urgence, tandis que le Parlement était dépossédé de ses prérogatives.

Nicolas Sarkozy affiche au contraire – sur ce dossier – une approche tournée vers le libéralisme politique, inspirée notamment de Montesquieu dans l’Esprit des lois : « Tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser ; il va jusqu’à ce qu’il trouve des limites. » Pour l’ex-chef de l’Etat, l’interdiction d’un troisième mandat consécutif correspond à la « limite » que préconise le philosophe des Lumières.

« Les cimetières sont plein de gens indispensables qui ont tous été remplacés » selon un dicton parfois prêté à Georges Clemenceau…

Le bilan des six dernières années ne plaide pas en faveur d’un prolongement indéfini de l’expérience en cours.

Bien entendu, l’équipe actuelle n’est pas responsable de tous les maux qui accablent la France. Mais les faits parlent d’eux-mêmes :

-niveau de la dette publique (3000 milliards €),

-du chômage (5 millions de personnes privées d’emploi selon pôle emploi),

-de la violence quotidienne,

-de la maîtrise de l’immigration (350 000 premiers titres de séjour et 150 000 demandeurs d’asile en 2022 – un record absolu),

-de la misère (9 millions de pauvres selon l’INSEE),

-des prélèvements obligatoires records (45% du PIB),

-de l’inflation galopante,

-du déficit extérieur abyssal,

-de l’état de l’école et de l’hôpital.

Qui peut sérieusement prétendre, en tout bonne foi, qu’un redressement spectaculaire est à l’œuvre depuis six ans ?

D’ailleurs, la perspective d’un troisième mandat serait contraire aux valeurs de la démocratie.

Le président de la République est dans une position ultra-favorable pour faire campagne. Il dispose d’un véritable privilège médiatique, apparaissant quasiment tous les jours, et s’exprimant de manière insatiable sur tous les sujets et sous tous les prétextes. Sa présence envahissante favorise un conditionnement des esprits, amplifié par l’esprit courtisan qui prévaut dans les principaux médias radio-télévision.

En outre, le déclin de l’esprit critique résultat de l’effondrement du niveau scolaire en histoire, français et philosophie favorise la manipulation des esprits et le culte du sauveur providentiel qui s’exprime aujourd’hui dans l’image d’Emmanuel Macron comme unique rempart contre les dits « extrêmes » –  alors que ceux-ci n’ont jamais été aussi puissants, électoralement, que depuis 2017.

L’équité d’une élection au suffrage universel est inconcevable avec un président qui se présenterait pour la troisième fois.

A l’inverse, l’usure du pouvoir (« Dix ans ça suffit ! » clamaient les manifestants de 1968) accélérée dans le contexte d’une présidence surmédiatisée, entraîne l’impopularité, la haine sinon la fureur d’une partie de l’opinion se focalisant sur l’image d’une personne. Ce point n’est pas contradictoire avec le précédent car les deux vont de pair : soumission passive des uns et révolte des autres. Une présidence d’une durée indéfinie aggraverait encore les déchirements du pays.

Enfin l’exercice prolongé du pouvoir favorise la déconnection comme le souligne l’ancien président Sarkozy.  La vie dans les palais et les avions, entouré de serviteurs et de courtisans, dans l’obsession de la courbe des sondages de popularité, se traduit par une coupure radicale avec la vie quotidienne des Français.

L’incompréhension totale entre le président et le peuple s’est exprimée lors de la réforme des « 64 ans » réalisée contre 90% des travailleurs et dont les avantages attendus (dérisoires) sont loin de couvrir les ravages commis sur le plan de la cohésion nationale.

Pis : la déconnection débouche sur le mépris quand un chef de l’Etat traite certains de ses compatriotes de « sans dents » ou d’autres formules tout aussi élégantes. Une formule permettant trois mandats, soit quinze ans – et pourquoi pas vingt ans ? – risquerait d’amplifier les fléaux de l’entre-soi, du copinage, du clanisme et de la corruption. 

On peut toujours extrapoler sur la durée optimale d’un mandat présidentiel : 5, 6 ou 7 ans. Faute de consensus, une réforme constitutionnelle est improbable.

En l’état, le quinquennat renouvelable une seule fois semble être la moins mauvaise des solutions.

Mettre fin à l’interdiction du troisième mandat ouvrirait la voie vers des aventures de sinistre augure.

MT

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4 réflexions sur “« Funeste connerie »: l’idée de supprimer l’interdiction d’un troisième mandat présidentiel est dangereuse. 

  1. Non seulement 2 mandats max ne sont pas une funeste connerie mais on devrait y adjoindre un âge minimum (50 ans disont) pour avoir le droit se présenter à la présidence de la république et un mandat de 4 ans. (5 c’est trop)

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  2. Le regretté Coluche disait : Si voter pouvait changer quelque chose il y a longtemps que cela serait interdit, malheureusement cela s’est confirmé depuis des décennies. Alors 1 mandat, 2 mandats ou plus, il manque simplement le SAV

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  3. Pour mesurer l’ambiance de la bêtise humaine, car elle affecte ceux qui s’y laissent piéger sans que la sirène du bon sens ne les réveille de leur torpeur, il suffit de Voir des jeunes trentenaires ou un peu plus âgés porter un masque, et cela me laisse perplexe. C’est à mon sens le signe clinique d’une maladie mentale qui ne lasse pas de m’interroger. Ce n’est pas qu’ils fussent des proies idéales pour le covid puisqu’ils sont multi vaccinés et ont été pour certains plusieurs fois malades à la suite du vaccin, sans pour autant finir hospitalisé. Alors QUID de la démarche ? Si vous êtes capables de vous infliger un masque à longueur de journée vous êtes aussi parés à vous reprendre plusieurs doses d’un vaccin qui sera toujours en retard sur l’évolution du virus. La réalité des faits n’a pas d’importance car ce qui a une légitimité à leurs yeux c’est la croyance que ce viatique est une hostie bénie par la science de big pharma, 1er philanthrope globaliste qui vous veut du bien façon Malthus.

    Vous pouvez leur demander si ils confieraient leurs gosses à Dutroux si ce dernier s’amendait, la main sur le cœur et l’autre placée discrètement sur la braguette, qu’il n’est plus le criminel qu’il fut. Évidemment, vous les feriez bondir de dégoût et pourtant Pfizer à CV judiciaire pour charlatanisme et des pénalités financières croissantes qui devraient les alerter sur les risques qu’ils encourent pour leur santé… Et bien non, ce n’est pas pareil mais ils ne sauraient dire pourquoi. Ce n’est pas la réalité des faits qui comptent mais la valeur qui a initier leur engagement dans une voie dont ils se refusent de sortir… L’orgueil rend aveugle à l’entendement des faits et sourd aux menaces qui claironnent.

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  4. Entre les moutons atteind du syndrome de Stockholm, les fanatiques et la majorité bellante mais qui a voté avec ses pieds cornus pour faire barrage à un fascisme fantoche… Il n’y a plus loin pour que le français sans souveraineté plonge définitivement la tête dans le sceau de merde… Grand bien lui fasse serait-on tenté de dire mais le problème c’est qu’ensuite ce pourrait être le chaos général. Le remède à la connerie n’appartient pas à la médecine allopathique mais bien au registre des miracles imprévisibles de Lourdes ou de Fatima.

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