Sous la surface tout est miné, la taupe de la hausse des taux creuse…

Après 40 ans de baisse des taux jusqu’à zéro – ou jusqu’aux taux négatifs-, le retournement est sanglant: toute la pyramide construite depuis 40 ans tient sur la pointe …de l’ignorance. Les pertes totales se chiffrent en dizaines de trillions. Deja plus de 10 trillions pour le seul portefeuille obligataire mondial.

Les pertes son inimaginables pour le citoyen moyen tant les chiffres sont gros avec des zéros, mais les pertes dans son petit portefeuille de retraité, il les voit, il en souffre. On ne lui fait pas de cadeau!

Les pertes des banques commencent à devenir « common knowledge« , c’est à dire à faire partie des connaissances communes.

Cette connaissance ne va pas jusqu’ établir les liaisons avec la publication en cours des résultats comptables du secteur bancaire, ou avec la situation du secteur financier shadow; la connaissance reste donc encore cantonnée.

Elle ne se manifeste que par de petits symptômes comme ce fut le cas en mars dernier quand les banques régionales ont sauté aux USA. Ou encore elles se manifestent par le gonflement des money market funds (MMF) et le dégonflement des dépôts bancaires.

Elle restera cantonnée à mon avis tant qu’une grosse baleine financière ne s’échouera pas , mourante comme ce fut le cas du Crédit Suisse; la connivence entre les institutions régulatrices et le secteur bancaire est telle que je ne crois pas que l’accident, si accident il y a, viendra des banques, il viendra plutôt du Shadow ou des Assurances ou d’un acteur opaque non bancaire.

Les pertes colossales du marché obligataire et des portefeuilles de crédit sont bien logées quelque part, mais l’expérience acquise en mars 2009 de changement dans les règles comptables permet de les tenir secrètes… sauf lorsqu’un établissement subit un « run » , une « ruée » qui font ressortir son insolvabilité réelle.

Mais encore là on camoufle en injectant des liquidités et en faisant assurer la non-solvabilité soit par la banque centrale, soit par les Agences du gouvernement soit par le Trésor. C’est ce que j’appelle Le Centre du système; il est composé de la banque centrale, des TBTF, des Agences et du Trésor et c’est ce Centre qui à peu à peu devient le réceptacle de tous les risques, de toute la pourriture potentielle et de tous les mismatchs/désajustements .

Certes le Centre ne peut pas faire faillite au sens juridique du terme puisqu’il a le pouvoir de produire de la monnaie, mais c’est un mythe, une illusion car cette monnaie pour être efficace doit être acceptée, mieux, demandée ! Le Centre ne peut faire faillite tant que sa monnaie est acceptée, c’est vrai; mais il arrive un moment ou cette monnaie devient douteuse, elle n’est plus bienvenue , alors elle commence à bruler les doigts, on cherche à la garder le moins longtemps possible, la fuite devant monnaie s’enclenche.

C’est le moment ou la nature des taux d’intérêt bascule, ils deviennent le prix que la banque centrale doit attacher à la monnaie pour obtenir que les gens la gardent, pour la rendre attrayante . Le taux d’intérêt devient un moyen défendre en quelque sorte la monnaie… mais en même temps simultanément il devient l’arme de destruction massive des bilans des institutions bancaires et de toute la finance! .

Je pense que vous commencez à comprendre pourquoi il ne faut pas que le taux de l’actif financier central du système, le 10 ans du Trésor US dépasse les 5%.

Le carnage du marché obligataire – où la déroute est pire que tout ce que vous trouverez dans les livres d’histoire – se propage et les implications sont désastreuses. Des déficits massifs à perte de vue – résultat des allégements fiscaux républicains et des investissements menés par les démocrates dans l’énergie verte – semblaient acceptables lorsque la Fed avait maintenu les taux d’intérêt à zéro et achetait pour des dizaines de milliards de dollars de bons du Trésor. toutes les semaines. L’argent gratuit peut masquer de nombreux problèmes. Mais au taux actuel proche de 5 %, le calcul devient délicat. 

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Ci dessous les pertes colossales des banques .

Le secteur bancaire italien surchargé en BTP -fonds d’état- est en faillite réelle

[Yahoo/Bloomberg] Les marchés mondiaux sont stables alors que les États-Unis s’efforcent de contenir la guerre au Moyen-Orient

[Yahoo/Bloomberg] Les bons du Trésor chutent au milieu des efforts visant à calmer le Moyen-Orient : les marchés se replient 

[Yahoo/Bloomberg] Du pétrole sur Tenterhooks alors que les États-Unis intensifient leurs efforts pour contenir la crise à Gaza

[Reuters] La banque centrale chinoise intensifie son soutien aux liquidités via des prêts politiques, taux inchangé

[Yahoo/Bloomberg] La Banque populaire de Chine offre le plus grand soutien en espèces depuis 2020 alors que les ventes de dettes augmentent

[Yahoo/Bloomberg] Les gouvernements locaux chinois constatent qu’il n’est plus bon marché d’emprunter

[Reuters] L’avertissement du FMI sur la Chine met en lumière le risque de « japonisation »

[Yahoo/Bloomberg] Le « projet du siècle » de Xi, évalué à 1 000 milliards de dollars, fait face à un avenir incertain

[AP] La visite de Poutine à Pékin souligne le soutien économique et diplomatique de la Chine à la Russie

[WSJ] La violence augmente en Cisjordanie après l’attaque de Gaza contre les Israéliens

[WSJ] Comment le chef d’Evergrande a tenté de renverser la situation et a échoué

[FT] Le logement reste le plus gros problème de chaîne d’approvisionnement aux États-Unis

[FT] La guerre à Gaza souligne la puissance régionale de l’Iran

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Une réflexion sur “Sous la surface tout est miné, la taupe de la hausse des taux creuse…

  1. D où malheureusement la nécessité d un contrôle total – dictature sur les peuples pour gérer l éclatement généralisé de toutes les bulles et le changement radical de nos modes de vie par l envolée prochaine des prix du pétrole.

    Tout tiens artificiellement, c est la fuite de gaz dans un immeuble qui attend patiemment son étincelle.

    Je fais confiance à la distribution d allumettes et de briquets qui a lieu en ce moment au moyen orient pour provoquer l étincelle.

    Les peuples ne sont finalement qu une variable d ajustement.

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