Le droit de légitime défense

   

par Craig Murray

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Israël a certes le droit de se défendre, mais exactement de la même manière que d’autres pays. En fait, le seul facteur unique à propos d’Israël ici est qu’il est le seul pays que la Cour internationale de Justice ait spécifiquement jugé avoir abusé et outrepassé le concept de droit de légitime défense, dans son traitement envers les Palestiniens.

En 2004, la Cour internationale de Justice, dans un avis consultatif à l’Assemblée générale des Nations Unies, a déclaré illégale la construction par Israël de sa Grande Muraille, qui est un élément fondamental du système d’apartheid israélien. Le tribunal a examiné l’argument de légitime défense d’Israël et a jugé que cela ne justifiait pas les nombreuses violations du droit international représentées par le mur :

Si Israël a le droit, et même le devoir, de répondre aux nombreux actes de violence meurtriers dirigés contre sa population civile, afin de protéger la vie de ses citoyens, les mesures prises doivent rester conformes au droit international applicable.

Israël ne peut pas invoquer le droit de légitime défense ou l’état de nécessité pour exclure le caractère illicite de la construction du mur. La Cour conclut en conséquence que la construction du mur et le régime qui y est associé sont contraires au droit international.

Il en découle qu’Israël ne peut pas utiliser la « légitime défense » comme un argument pour détruire le droit international dans la situation actuelle en Palestine. Le recours à des punitions collectives contre une population civile – notamment via la famine, la soif et la privation de médicaments, les bombardements en tapis, l’utilisation de phosphore blanc, les attaques contre des installations médicales, les attaques contre le personnel médical, l’exécution de prisonniers, les actes manifestement génocidaires tentative – aucun de ces crimes de guerre n’est excusable en tant que « légitime défense ».

La coopération militaire des gouvernements américain, britannique et australien – dans le cadre d’une attaque dont ils savent qu’elle est engagée dans la perpétration de crimes de guerre flagrants – expose également les responsables à des accusations de crimes de guerre pour leur complicité active, voire leur complot.

En outre, il existe en fait une obligation juridique positive pour les États d’agir contre Israël, compte tenu du refus d’Israël de démanteler le mur et le système d’apartheid dans les territoires occupés – y compris la colonisation criminelle et le vol de terres généralisés que ce système incarne. Il s’agit de l’arrêt de la Cour internationale de Justice sur les obligations des autres États :

Compte tenu de la nature et de l’importance des droits et obligations en cause, la Cour est d’avis que tous les États ont l’obligation de ne pas reconnaître la situation illégale résultant de la construction du mur dans le territoire palestinien occupé, y compris à l’Est et aux alentours. Jérusalem. Ils sont également tenus de ne pas apporter aide ou assistance au maintien de la situation créée par une telle construction. Il appartient également à tous les États, tout en respectant la Charte des Nations Unies et le droit international, de veiller à ce que tout obstacle, résultant de la construction du mur, à l’exercice par le peuple palestinien de son droit à l’autodétermination soit éliminé. une fin. En outre, tous les États parties à la Convention de Genève relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre du 12 août 1949 ont l’obligation, tout en respectant la Charte des Nations Unies et le droit international, de veiller au respect par Israël du droit international humanitaire. telle qu’elle est énoncée dans cette Convention.

Lisez ce paragraphe très attentivement. Israël n’a entrepris aucune des actions spécifiées par la CIJ et a en effet construit davantage de colonies et imposé davantage de restrictions. Il est absolument évident que le Royaume-Uni, les États-Unis et l’Union européenne non seulement ne remplissent pas leurs obligations en matière de droit international, telles que définies par la Cour internationale de Justice,—

Les États-Unis, le Royaume-Uni et l’UE agissent directement à l’opposé de leurs obligations en droit international en vertu de la décision de la CIJ.

Le mouvement BDS agit précisément conformément aux obligations établies par la Cour internationale de Justice, tandis que les États qui tentent d’interdire le mouvement BDS agissent précisément à l’encontre des obligations qui leur sont imposées par la Cour internationale de Justice.

Enfin, la décision doit impliquer que les Palestiniens ont effectivement le droit de se défendre. Car on ne peut pas avoir le « droit à l’autodétermination », reconnu par le tribunal, sans le droit de légitime défense. Parce qu’il est impossible d’exercer l’autodétermination si quelqu’un d’autre peut supprimer votre intégrité physique à sa guise. Ce droit de légitime défense doit nécessairement être exercé par quiconque contrôle de facto le territoire palestinien à ce moment-là.

Je suis redevable à un certain nombre de membres du personnel et de délégués nationaux aux Nations Unies à Genève de m’avoir souligné l’importance de la décision de la CIJ de 2004 dans le contexte actuel. J’espère que cela vous aidera à comprendre pourquoi les mensonges de Biden, von der Leyen, Sunak, Starmer, Macron, etc. sont effectivement des mensonges.

Faisant l’objet d’une « enquête antiterroriste », je ne considère pas qu’il soit actuellement sûr de retourner au Royaume-Uni. Que l’enquête porte sur mon soutien à Wikileaks ou à mon soutien à la Palestine, ou aux deux, je ne le sais pas, car la police n’a pas expliqué pourquoi je fais l’objet d’une enquête.

Je crois honnêtement que je ne me bats pas pour moi, mais contre l’invasion du fascisme dans les sociétés occidentales. Il s’agit de se libérer d’un État policier toujours envahissant et d’une classe politique qui tente d’imposer un monopole de l’information au public. 

Le combat ne peut avoir lieu qu’avec le soutien financier des incroyables lecteurs de ce blog. Vous m’avez aidé à traverser tant de choses et je vous en suis très reconnaissant.

Une réflexion sur “Le droit de légitime défense

  1. Apparemment YouTube a supprimé la vidéo du site des Nations Unies dans laquelle l’ambassadeur de Russie faisait remarquer l’absence de droit à la légitime défense pour Israel dans les terrirtoires qu’il occupe. Donc qu’il s’agisse de droit international ou de jugement de la CIJ, le deux poids deux mesures appliqué par le G7 est la règle et la parfaite illustration de  » l’ordre mondial basé sur des règles  » auquel le monde entier est sensé se soumettre. Bonne journée !

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