Analyse de la tarte à la crème de la solvabilité du gouvernement américain.

Moody ‘s Investors Service a modifié la perspective de la note de crédit des États-Unis de « stable » à « négative », mais a réaffirmé la note AAA du pays.

La notation de crédit des Etats Unis est une plaisanterie bien sur. C’est l’hommage du vice à la vertu.

La dette américaine est en dollars et comme la Fed produit des dollars et quelle ne s’en prive pas, il n’y a aucun problème de solvabilité possible ou même envisageable concernant la dette américaine; une fois de plus on vous fait regarder là ou il ne se passe rien!

Moody’s pourrait licencier tout son personnel spécialisé dans la dette américaine et se contenter de publier un communiqué: « Les Etats unis continuent de rester solvables malgré leurs deficits budgétaires colossaux; leur masse de dette galopante et leur absence d’épargne simplement parce qu’ils peuvent payer les agios et les remboursements en monnaie de singe et que cette monnaie peut être utilisée dans le plus grand casino pour ultra riches du monde« ..

C’est ailleurs que les choses importantes se passent bien sur mais chut il ne faut surtout pas en parler. Cela doit rester non-dit, non-su, non-vu et non-analysé.

Les Etats Unis sont solvables parce qu’ils ont la printing press.

Mais je livre ceci à votre réflexion: imprimer des montants illimités de dollars a un coût nul. Mais les faire accepter, les imposer au Reste du Monde devient de plus en plus coûteux en terme de dépenses militaires, de dégradation d’image, de création d’inégalités, de perversion des principes capitalistes, de mauvaise allocation des ressources, de destruction du consensus social et maintenant en terme de fragilité financière.

Les Etats Unis sont solvables parce qu’ils disposent de l’hégémon monétaire mais , il y a un mais : le maintien de cet hégémon coûte de plus en plus cher; il devient envahissant, c’est un ogre. Les Etats -Unis mangent leur pain blanc , ils détruisent l’héritage, pillent les bijoux de famille qui sont constitués par un système qui, dans le passé, fonctionnait, marchait et était admirable. Ils doivent gaspiller des trillions en dépenses militaires, des centaines de milliards en dépenses d’impérialisme, ceci sans compter les dépenses soft qui correspondent à la destruction des fondements de leur société de liberté.

Les Etats Unis sont solvables parce qu’ils s’auto détruisent.

Finalement le coût de maintien de l’hégémon sera tellement ruineux qu’il faudra réfléchir: est-ce de l’argent bien utilisé; l’investissement dans l’impérialisme dès lors qu’il nest plus spontané mais violent vaut il le coût?

En tant que pays les Etats-Unis représentaient un capital réel, pas financier bien sur, un capital réel civilisationnel qui se détruit de façon accélérée et irréversible sous nos yeux; Et toute cela pour pouvoir continuer un système imbécile..

Cela fait beaucoup!

Mais il ya beaucoup, beaucoup plus grave: La dette américaine a une contrepartie terrible! Cette contre partie ruine les arguments des Agences de notation.

Cette contrepartie c’est la bulle des finances publiques, c’est la masse énorme de titres émis, traités sur les marchés, masse qui sert de base, de collatéral à toute la spéculation américaine et mondiale.

Le dette américaine est la bulle-mère de toutes les bulles mondiales, c’est elle qui soutient tout l’édifice inflationniste historique de l’univers des actifs financiers. Tout l’edifice des fausses valeurs.

Cela a des conséquences considérables. 

L’encours des titres du Trésor US a grimpé de 21,7 trillions , soit 360 %, depuis la fin de 2007. Au cours des quatre dernières années, l’encours des titres du Trésor et des Agences a grimpé de 12,6 trillions , soit 47 %, pour atteindre près de 40 trillions. 

Cette expansion phénoménale du crédit du gouvernement américain a faussé toutes les perceptions du monde de la finance , c’est elle qui a alimenté l’explosion du leverage dans le monde.

C’est elle qui a gonflé toutes les positions spéculatives et permis les plus hasardeuses. On dit que sur les « transactions dites de base » qui mettent en jeu les Valeurs du Trésor US en ce moment, les leviers sont actuellement de 50 à 100 fois!

Le dollar est soutenu par les guerres, les fragilités de la Chine, du Japon et des pays émergents, ainsi que par la fragilité latente de l’euro. La demande de dollars a permis de financer 2 000 milliards de dollars de déficit fédéral au cours de l’année écoulée. La croissance massive de la dette publique qui est ainsi permise fausse tout: elle soutient les revenus et les bénéfices des entreprises, elle renforce ainsi le crédit à l’échelle du système et la perception de solvabilité. La dynamique de la bulle financière publique minimise les risques de crédit et d’intermédiation, c’est un facteur majeur d’instabilité et malajustement. La bulle des fonds d’état US produit l’accélération vers le moment Minsky.

Rien n’est robuste ou resilient c’est un mensonge de l’affirmer contrairement à ce que disent les Agences de notation.

Rien n’est robuste ou resilient car tout repose sur le maintien de la dynamique de production de crédit monétaire américain par le jeu des titres du Trésor. La croissance du crédit gouvernemental americain sous-tend la confiance, la prise de risque, les prix des actifs et l’activité économique.

Rien n’est résilient puisque tout repose sur l’obligation pour la dette du gouvernement américain de poursuivre sa folle course vers l’infini.

Moody ‘s Investors Service a modifié la perspective de la note de crédit des États-Unis de « stable » à « négative », mais a réaffirmé la note AAA du pays.

Dans un communiqué publié vendredi, Moody’s a déclaré que les perspectives du crédit américain avaient été modifiées en raison du déficit budgétaire qui reste important, ce qui affaiblit considérablement l’accessibilité de la dette. Il a également déclaré que « la polarisation politique continue » était en partie la raison du changement de perspective.

« Le principal facteur expliquant le passage à négatif des perspectives est l’évaluation de Moody’s selon laquelle les risques baissiers pesant sur la solidité budgétaire des États-Unis ont augmenté et pourraient ne plus être entièrement compensés par la solidité unique du crédit souverain », a déclaré Moody’s dans un communiqué. 

« Dans le contexte de taux d’intérêt plus élevés, sans mesures de politique budgétaire efficaces pour réduire les dépenses publiques ou augmenter les recettes, Moody’s s’attend à ce que les déficits budgétaires des États-Unis restent très importants, affaiblissant considérablement l’accessibilité de la dette. »

« La polarisation politique continue au sein du Congrès américain augmente le risque que les gouvernements successifs ne parviennent pas à parvenir à un consensus sur un plan budgétaire visant à ralentir le déclin de l’accessibilité de la dette », poursuit le communiqué.

Certaines des raisons spécifiques évoquées pour expliquer ce changement de perspective étaient l’éviction récente du président de la Chambre, « une nouvelle politique de la limite de la dette » et la menace d’une fermeture du gouvernement.

Moody’s a réaffirmé la notation de crédit AAA des États-Unis, affirmant que « de formidables forces de crédit continuent de préserver la notation du souverain, en particulier une force économique exceptionnelle, une solidité institutionnelle et de gouvernance élevée, et les rôles uniques et centraux du dollar américain et du marché des obligations du Trésor dans le système financier mondial. »

Le secrétaire adjoint au Trésor, Wally Adeyemo, a déclaré que le département n’était pas d’accord « avec le passage à une perspective négative » et a réaffirmé que l’économie « reste forte » et que « les titres du Trésor sont le principal actif sûr et liquide au monde ».

« L’administration Biden a démontré son engagement en faveur de la viabilité budgétaire, notamment à travers la réduction du déficit de plus de 1 000 milliards de dollars incluse dans l’accord sur le plafond de la dette de juin ainsi que les propositions budgétaires du président Biden qui réduiraient le déficit de près de 2 500 milliards de dollars au cours de la prochaine décennie. », a déclaré Adeyemo dans un communiqué vendredi soir.

Le changement de perspective sur le crédit américain par Moody’s intervient quelques mois après que Fitch Ratings a abaissé la note de crédit du pays de AAA à AA+. Fitch a attribué cette dégradation à la « détérioration constante des normes de gouvernance au cours des 20 dernières années ».

L’ administration Biden a publié vendredi soir des déclarations en désaccord avec le changement par Moody’s Investors Service des perspectives de crédit des États-Unis à « négatives ».

La secrétaire de presse de la Maison Blanche, Karine Jean-Pierre, a fait écho à un commentaire de Moody’s lorsqu’elle a affirmé que « la polarisation politique continue » était une autre raison du changement.

« La décision de Moody’s de modifier la perspective américaine est une autre conséquence de l’extrémisme et du dysfonctionnement républicain au Congrès », a déclaré Jean-Pierre. « Moody’s cite un certain nombre d’actions récentes des Républicains du Congrès : nous amenant à plusieurs reprises au bord d’une fermeture du gouvernement, fermant le Congrès pendant trois semaines chaotiques parce qu’ils étaient incapables de s’unir autour d’un leader, et tenant en otage la pleine foi et le crédit de la nation. Qu’il s’agisse de ces actions ou de leurs tentatives continues d’augmenter la dette avec des réductions d’impôts pour les riches et les grandes entreprises, les républicains extrémistes du Congrès ont miné notre économie à chaque instant. »

Moody’s a maintenu la même note AAA pour les États-Unis qu’avant le changement. Cette note AAA attribuée par Moody’s implique que les États-Unis ont le plus faible risque de défaut de paiement de leur dette. Selon Moody’s, le pays conserve « une force économique exceptionnelle, une grande force institutionnelle et de gouvernance, ainsi que le rôle unique et central du marché du dollar américain et des obligations du Trésor dans le système financier mondial ».

La dernière fois que Moody’s a abaissé la perspective à « négative », c’était en 2011, où elle est restée jusqu’en 2013, date à laquelle elle est revenue à « stable ».

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