Editorial, la France victime du syndrome de la Reine Rouge.

Touati profite de la forte dégradation des perspectives françaises pour tenter d’établir un diagnostic et de proposer « des mesures qui constitueraient une thérapie de choc bienveillante ».

Il s’agit d’un ensemble de mesures qui visent le même objectif, restaurer les conditions de la croissance en abandonnant les voies suivies jusqu’à présent par tous les gouvernements, sans exception, les voies étatiques. Voies étatiques dont le résultat se mesure non pas à un surcroit de croissance mais à un surcroit … d’endettement et de prélèvements obligatoires!

Touati veut d’abord remonter le taux de profit du système français en baissant les charges imposées par le gouvernement.

Il espère qu’il est possible de réformer les conditions de financement en France et d’obtenir du système bancaire qu’il fasse son métier

Il ne veut pas hausser le taux d’exploitation des salaires et peser sur les salaires car il a compris qu’il fallait du pouvoir d’achat pour faire tourner la machine

Il ne veut surtout pas baisser les salaires mais il veut assouplir le marché du travail et dérèglementer

ll propose de baisser les dépenses de fonctionnement de l’état et du gouvernement pour ne pas aggraver les déficits , il veut cependant de hausser les recettes de TVA

Il parie sur le fait que ceci améliorera la confiance

Il rêve d’une amélioration de la culture économique des citoyens

Il n’y a rien a dire à tout cela , cela va dans le bon sens… c’est même presque cohérent sauf si on aborde la question de la transition concrète vers ces reformes, de leur faisabilité politique et surtout de leur financement.

Mais honnêtement je crois que tout en étant raisonnable, souhaitable, tout cela ne changera rien de ce que l’on a connu dans le passé .

L’histoire est jonchée de cadavres de plans de redressement et de réformes de soi disant modernisation.

On ne peut changer quoi que ce soit de la situation française si on ne pose pas d’abord comme évidence que la situation française est une résultante, un produit, un produit du passé, produit de ses erreurs, produit de ses ambitions insolvables, produit de ses prétentions à l’originalité et à la grandeur, produit de la lutte des classes qui mal tourné.

Touati n’opère pas d’abord une analyse des causes , des forces historiques et des forces profondes qui nous ont conduit là ou nous en sommes. il prend les effets, les symptômes et il les corrige de façon pointilliste en espérant que le tout sera organiquement cohérent.

Si on n’analyse pas les raisons profondes, organiques, dialectiques de tous les échecs passés; on se condamne à les répéter! Cela fait plus de 50 ans que j’entends les mêmes rengaines sur la nécessité/besoin de reformes du systèmes …

Pour quoi tout cela ne marche t-il pas?

Parce que rien dans tout ce qui est proposé n’est radical, c’est à dire ne va à la racine des choses .

Rien de ce qui est proposé n’atteint la taille ou les niveaux critiques, c’est toujours de l’eau tiède.

Rien de ce qui est proposé ne part de l’idée que c’est de notre insertion dans un monde plus fort que nous, hostile, hiérarchisé que nous nous affaiblissons; le libéralisme c’est la loi du plus fort, surtout le faux libéralisme à l’américaine et qu’il va dans le sens de notre paupérisation permanente.

C’est le monde de la Reine Rouge: pour rester a la même place il faut courir de plus en plus vite.

Et la France ne peut courir avec les boulets qu’elle a aux pieds:

-poids de l’histoire

-excès de capital périmé, improductif, fictif et de rentes

-poids du capital fictif spécifique que représente l’administration nationale et européenne et ses fonctionnaires parasites

-valeurs imbéciles non stimulantes, destructrices de l’effort, bêtement égalitaires

Dans le monde présent les forts ont des chances de devenir plus forts mais les faibles sont assurés de devenir sans cesse plus faibles.

Et la racine du mal est lointaine, très lointaine ,elle remonte aux années 30 quand la France a choisi une voie spécifique en voulant rester capitaliste tout en allant vers le socialisme.

Elle a fait le grand écart, celui qui fait mal aux couilles. Et qui féminise.

C’est Le fameux système original à la française, dont Chirac dans sa lâcheté était fier mais qui nous conduit au déclin continu.

Sans s’en donner les moyens , la France veut participer au monde capitaliste européen et au monde capitaliste global! Mais elle refuse d’en payer le prix .

Elle refuse d’en faire payer le prix au grand capital rentier Français, à a bourgeoisie, aux structures inadaptées françaises, aux Francais même puisqu’elle leur promet toujours la lune.

Pour remonter la pente la France doit soit accepter les dures, très dures lois du capitalisme , la loi du profit maximum, la loi inégalitaire de l’accumulation , elle doit accepter la destruction de tout ce qui s’oppose à la remontée du profit et à l’investissement .

Si elle ne fait pas cela elle doit s’orienter vers un autre système et effectuer une transition , la transition que Mitterrand n’a pas osé faire en 1983.

La France souffre d’avoir le cul entre deux chaises, de monter sur le ring du combat livré par le capital international, mais elle ne veut pas que ses combattants aient les mêmes armes , elle veut le beurre et l’argent dur beurre et baiser la crémière…ou la rombière.

La France rêve, elle n’a plus le sens du réel, le sens de sa place et de ses dysfonctionnements, et pour la redresser il faudrait d’abord la faire chuter, la faire revenir sur terre . Lui imposer l’épreuve de réalité.

La récession s’installe en France, où le chômage monte. Alors que la France est la lanterne rouge de l’économie mondiale, elle a besoin d’urgence d’une «thérapie de choc bienveillante», avertit notre chroniqueur Marc Touati, président d’ACDEFI.

Par Marc Touati

Economiste et président du cabinet ACDEFI.

Publié le 25/11/2023 à 12h00

Qu’ils s’agissent des indices de l’Insee ou de ceux des directeurs d’achat, tous les indicateurs avancés de l’activité économique française de novembre sont formels : comme cela s’observe depuis l’été dernier, la récession est en train de s’installer et le chômage d’augmenter.

Ainsi, en novembre, l’indice HCOB des directeurs d’achat (PMI) composite (c’est-à-dire tous secteurs d’activité) est reparti à la baisse en novembre, retombant à 44,5 (pour rappel : au-dessous de la barre des 50, l’activité est en repli), seulement 0,4 point de mieux que le niveau de septembre dernier, qui était un plancher depuis novembre 2020. De quoi anticiper une forte dégringolade du PIB français tant au quatrième trimestre 2023 qu’au premier de début 2024.

Mais il y a encore plus grave.

Jusqu’à dernièrement, seuls les indices des directeurs d’achat étaient en zone de récession (ce qui faisait dire à certains que tout allait quand même bien dans le meilleur des mondes»

Gare à une chute du PIB de la France

Mais ils ont été rejoints depuis deux mois par les indices Insee du climat des affaires. Ainsi, après être déjà tombé à 98,2 en octobre, l’indice Insee du climat des affaires tous secteurs confondus a encore perdu 1 point en novembre, atteignant donc 97,2, un plancher depuis avril 2021.

Comme le montre le graphique ci-dessous, cette décrue annonce que le glissement annuel du PIB français pourrait tomber autour des -3 % d’ici le début 2024.

Le taux de chômage en France risque de vite se hisser jusqu’à 8% et même au-delà

De plus, il faut souligner que l’indice Insee du climat de l’emploi a également fortement chuté en novembre (-2,1 points), tombant à 100,6, un plancher depuis avril 2021, qui, comme le montre le graphique ci-dessous, indique que le taux de chômage de catégorie A risque de très vite dépasser la barre des 8%. A l’évidence, l’état effectif de l’économie française est très éloigné des discours gouvernementaux et consensuels des derniers mois. Ce déni de réalité n’est malheureusement pas nouveau. En effet, persuadés que la France ne pourra jamais tomber de son piédestal, tous les gouvernants français depuis plus de 25 ans ont refusé de voir la réalité en face et de moderniser l’économie nationale.

L’économie française est devenue la lanterne rouge de la planète

Pour mieux faire avaler la pilule, la méthode Coué a été érigée en stratégie unique, espérant qu’à force d’annoncer que tout va bien, tout finira par aller bien. Ce déni de réalité a commencé en 1981. A l’époque, en pleine récession mondiale, les Mitterrand, Mauroy, Attali et consorts voulaient nous faire croire que tout irait mieux en augmentant massivement la dépense et la dette publiques. Quelle erreur stratégique ! Pire : en dépit du bon sens, tous les dirigeants suivants ont continué dans cette même voie catastrophique. Si bien que la dette publique est passée de 20 % du PIB en 1980 à 100 % de 2017 à 2019, 120 % en 2020 et certainement 115 % cette année. Dans le même temps, la France est devenue numéro un mondial en matière de poids des prélèvements obligatoires et des dépenses publiques dans le PIB. La crise du coronavirus, le «quoi qu’il en coûte» et l’absence de vision stratégique de moyen terme n’ont évidemment pas arranger les choses. Encore plus grave, depuis juin 2023, l’économie française est la lanterne rouge de l’activité économique internationale.

La France a besoin d’urgence d’une «thérapie de choc bienveillante»

Pour autant, gardons l’espoir : rien n’est encore complètement perdu. Il est effectivement toujours possible de sauver la France si ses dirigeants sont à la hauteur de la situation et ont le courage de prendre enfin les mesures de bon sens qui s’imposent. Le «bon plan» consisterait ainsi à mettre en place une «thérapie de choc bienveillante» autour des sept piliers suivants :

1. Baisser la pression fiscale pour tous, les entreprises et les ménages, de façon claire et massive, notamment en réduisant la CSG, ce qui améliorera le pouvoir d’achat de tous les Français, tout en supprimant les impôts des entreprises sur la production et en diminuant l’impôt sur les sociétés. Par la même occasion, cela créera un boom de confiance, qui pourra faire accepter plus facilement la baisse de la dépense publique, qui constitue notre deuxième mesure phare.

2. Optimiser la dépense publique, en réduisant les dépenses de fonctionnement. Car attention, baisser les dépenses d’investissement et/ou de santé serait contre-productif. Il faut au contraire s’attaquer aux dépenses de fonctionnement (le fameux mille-feuilles administratif) qui ont augmenté de 23,4 milliards d’euros en 2022, d’environ 30 milliards d’euros en 2023 et de 100 milliards d’euros depuis 2015. Autrement dit, réduire le train de vie de l’Etat ne signifie pas rogner sur les missions de service public mais améliorer et optimiser ce dernier. La dépense publique deviendra alors plus féconde en création de richesses et en emplois.

3. A côté de la réduction des impôts pour tous et de l’optimisation des dépenses publiques, il sera également indispensable de réduire le coût du travail, non pas évidemment en abaissant les salaires, mais en réduisant d’au moins 10% les charges qui pèsent sur ces derniers. Cela permettra alors d’augmenter les salaires nets et donc d’améliorer le pouvoir d’achat des ménages. De quoi là aussi relancer la confiance des Français dans la politique économique nationale. Pour y parvenir, il sera possible de transférer une partie des charges qui pèsent sur les salaires vers la TVA, mais, attention, sans augmenter le taux de cette dernière. Car sinon cela viendrait grever le pouvoir d’achat et amoindrir la confiance.

4. Pour parfaire ces trois évolutions indispensables, la France devra également moderniser son marché du travail. Cela passera notamment par les mesures suivantes : 1. Simplifier drastiquement le code du travail. 2. Réduire les contraintes à l’embauche et au licenciement. 3. Permettre à chaque salarié de choisir son type d’assurance chômage et les cotisations qui pèsent sur le salaire en conséquence. 4. Créer un contrat de travail unique.

5. Innover massivement et développer les formations adéquates. Les révolutions des nouvelles technologies de l’énergie, de l’agro-alimentaire, du numérique et de l’intelligence artificielle ont déjà commencé, et la France est, une fois encore, très en retard dans tous ces domaines.

6. Dans cette France modernisée, il faudra également favoriser le financement des entreprises et de l’innovation, notamment en assouplissant les règles prudentielles qui pèsent sur les banques et en facilitant la création de fonds d’investissement, qui, pourront par là même occasion financer une partie des retraites, ces dernières étant de plus en plus menacées, faute de réforme digne de ce nom.

7. Pour parvenir à ce sauvetage, il sera également indispensable de développer la culture économique des Français, et notamment des jeunes, qui, dans de trop nombreux cas, sont, malheureusement, plus tentés par le retour du communisme que par la réussite personnelle et collective. Quelle tristesse !

Ces mesures ne sont pas ultra-libérales, ni destructrices, mais simplement de bon sens économique. Et si les Français ne les acceptent pas, alors il faudra se résoudre à un taux de chômage supérieur à 8% pendant des décennies, un taux de chômage des moins de vingt-cinq ans qui dépassera durablement les 20% et condamnera trop de jeunes à la précarité et in fine à l’instabilité sociétale. Est-ce là l’héritage que notre génération veut laisser ? Surtout pas. Alors, s’il vous plaît, Mesdames et Messieurs les dirigeants du pays, cessez de faire comme vos prédécesseurs, en vous contentant de colmater les brèches et de faire du marketing. Ayez enfin le courage d’engager la France sur le chemin des réformes structurelles et de la modernité économique. L’espoir fait vivre…

Marc Touati, économiste, président du cabinet ACDEFI, auteur de 8 best sellers économiques, dont RESET II – Bienvenue dans le monde d’après, sorti en septembre 2022.

Une réflexion sur “Editorial, la France victime du syndrome de la Reine Rouge.

  1. Bonjour M. Bertez
    Je vous suis dans votre critique des propositions de M. Touati.
    Par ailleurs:
    a) la question de la liberté de la France de pouvoir encore décider de sa politique n’est pas posée. Nous avons vu récemment l’U.E et l’Allemagne interdire à la France de modifier sa politique tarifaire des carburants.
    b) je crois pour ma part qu’il faut prendre en compte la structure du pouvoir depuis les débuts de notre histoire pour comprendre les grandes tendances de la culture française qui ont fait sa grandeur un temps et la plombent désormais dans un monde occidental gouverné par des règles issues d’un modèle social différent voir les structures de la parenté selon E. Todd.
    Ceux qui décident en ce moment sont les libéraux US; vu ce qu’ils font , ramasser ce qui est profitable en Europe pour se préparer à leur conflit avec la Chine nous allons nous enfoncer un peu plus dans le modèle libéral mais uniquement à leur profit et à celui des compradores locaux qu’ils ont sélectionnés depuis une ou deux générations. Ce n’est pas notre misérable classe politique qui s’y opposera.

    Vouloir , en se fondant sur la structure profondément égalitaire de notre culture, choisir le modèle socialiste impliquerait de devenir à terme la Corée du Nord de l’Europe de l’Ouest….. Avons nous un genre de Kim Jong dans notre classe politique pour parvenir ? Quelques uns de nos apparatchiks vedettes s’y croient peut être mais ils n’ont pas le fond: tous sont allés à Canossa/Berlaimont.

    Dans les 2 cas, notre avenir ne semble pas spécialement radieux et nous devrons redescendre sur terre en y atterrissant durement que ce soit à droite ou à gauche.

    Cordialement

    Ps : Au fait, où sont les propositions « bienveillantes  » de M. Touati pour stopper l’évolution des moeurs façon Samuel Paty, Dominique Bernard ou Thomas de Crépol? » ou, à l’autre bout des banlieues, le vol des 7 milliards d’€ du fonds de garantie des salaires?

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