Pourquoi nous nous éloignons de l’Ideal « démocratique » ?
Parce que la démocratie est dépensière, il faut assurer le profit du Capital tout en assurant aux salariés, aux retraités et aux pauvres un niveau de vie décent. Comme il y a contradiction entre capitalisme et démocratie, on résout le problème par la dette: on paiera plus tard! . Ce que l’on donne aux salariés et aux pauvres on ne le prendra pas au Capital.
On résout la contradiction en s’envoyant en l’air, dans l’imaginaire de la dette.
La « démocratie » est un système de Tiers Payant et c’est comme cela qu’elle « tient ». Mais on en est au point ou le Tiers Payant est devenu insuffisant dans le Présent, il n’est même plus de ce monde , il est dans le Futur! Le Tiers Payant doit être reporté dans le Futur, il doit devenir une promesse.
La dette est une préférence donnée au Présent, financée par un report de tous les coûts et tous problèmes dans le Futur et ceci exprime la non-légitimité de toutes les politiques menées; les gens/les électeurs ne veulent pas payer donc on fera payer leurs enfants.
Nous sommes au tournant du Grand Cycle du Crédit né avec Bretton Woods; l’accumulation des dettes est devenue problématique de façon criante, évidente; la question de la solvabilité ne se pose donc plus, seule se pose la question de la soutenabilité c’est à dire celle de durer! On ne parle plus du ratio de dette par rapport aux GDP, non on ne parle plus que du ratio du coût des dettes, du poids des intérêt, par rapport aux GDP.
Ce que j’affirme en parlant de tournant du grand cycle du crédit c’est que c’est la fin de l’économie Goldielock, Boucle d’or. Elle se définissait comme l’économie qui permettait de créer autant de dettes que nécessaire à la stabilité du Système sans provoquer d’inflation supérieure à 2%.
Historiquement ce serait le moment propice à un grand Jubilé; mais l’Hyperclasse n’y est pas prête, elle veut repousser en espérant que la guerre, la confrontation ultime avec la Chine lui donneront la possibilité de réaliser l’équivalent d’un Jubilé mais sans le chaos domestique. La guerre est une nécessité en même temps qu’un prétexte.
Ce à quoi vous assistez c’est la tentative de refaire un dernier tour de manège, tentative justifiée par la confrontation stratégique mondiale. Il faut durer, repousser encore les limites, financer le beurre, les canons, la transition climatique, financer le contrôle social.
Du point de vue de la stabilité monétaire nous entrons dans la zone de danger, pourquoi?
Parce que cela fait mal! Il a fallu peser sur l’inflation! Pour éviter l’effondrement de la pyramide financière basée sur les taux bas et nuls, on a du monter les taux d’intérêt, cela permet de stabiliser l’édifice; à condition que cela ne dure pas trop longtemps et surtout sous contrainte qu’aucun acteur systémique ne soit touché.
Nous avons touché les limites de la déflation monétaire que le système peut supporter. Et la Fed et ses vassales l’ont senti , elles ont des indicateurs non publics qu’elles suivent jour par jour:
-les taux élevés se propagent
-les matelas de réserves et amortisseurs sont épuisés
-c’est le début de la récession
-il y a sensibilisation des préteurs au risque
-On entend des fissures dans l’édifice des dérivés
Mais ce que j’expose ici est une analyse bien pensante, acceptable .
La vraie analyse c’est ceci:
Les élites ont compris et admis qu’il y aurait destruction des dettes à horizon de moyen terme et elles se disent qu’il faut cesser de se préoccuper de la solvabilité et ne se concentrer que sur la soutenabilité, sans vergogne, sans plus se préoccuper du long terme,
Elles ne jouent même plus, ce n’est plus un pari, c’est une stratégie délibérée: elles exploitent la mine que constitue le système jusqu’à épuisement.
dans le mille
« la question de la solvabilité ne se pose donc plus, seule se pose la question de la soutenabilité c’est à dire celle de durer! »
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