Editorial. J’essaie ces jours ci de vous faire toucher du doigt l’essentiel: le fondement, le noyau de la situation économique, sociale, financière, géopolitique.

J’essaie ces jours ci de vous faire toucher du doigt l’essentiel: le fondement, le noyau de la situation économique, sociale, financière, géopolitique, militaire .

Si vous vous en tenez aux « informations » dominantes, vous ne comprenez rien, tout part dans tous les sens quasi au hasard, c’est un kaléidoscope. Un monde éclaté, sans intelligibilité.

Vous ne voyez que les arbres , ils cachent la forêt, vous ne voyez que les doigts, ils cachent la lune.

Au cœur de la situation qui prévaut depuis 2008, se trouve un complexe de causalités.

Je vis dans un monde rationnel, un monde objectif c’est à dire un monde dans lequel tout a une cause ou des causes, un monde déterminé par le jeu des forces qui l’habitent.

Dans ce monde ce ne sont pas les « Esprits » ou les discours ou les récits qui produisent le monde mais les réalités objectives, multiples, complexes, contradictoires, antagoniques . Tout cela constitue un complexe, un ensemble enchevêtré de causalités.

C’est ce complexe de causalités qui produit le monde actuel, c’est lui qui fait ce qu’il est, qui le détermine.

Le monde d’aujourd’hui est produit par le monde du passé, ce sont les forces qui sont nées « avant » qui produisent le « présent », tout comme le « présent » produira le « futur ». Le futur est en germe dans le présent tout comme le présent a été en germe dans le passé.

Cette affirmation exclue la magie, les illusions et autres billevesées.

Comme je le dis et redis il n’y a pas de magicien il n’y a que des menteurs, des escrocs et des illusionnistes. Et bien sur … des gogos pour les croire!

Depuis des décennies je vous montre la crise, je vous la présentifie, vous la touchez du doigt grâce à mes écrits. Elle se déroule en temps réel sous vos yeux comme si vous lisiez un livre d’histoire.

On ne prévoit pas l’avenir, mais on peut montrer le présent, le décrire avec les yeux et l’intelligence de l’avenir et du futur et c’est ce que je fais. J’écris ce que l’on écrira dans les livres dans 50 ans.

J’essaie de vous faire comprendre ce qu’est un système et de vous persuader qu’un système cela fonctionne d’une certaine façon, cela bute, cela mute, cela s’adapte. Un système c’est pour ainsi dire intelligent mais sans le savoir! Le système c’est comme un Dieu qui n’aurait aucune conscience de ce qu’il est, de ce qu’il fait, aucune morale, un autre projet que de durer. Un peu comme un Blob. Etudiez ces notions, elles ont centrales pour comprendre la modernité et la post modernité.

Le système dans lequel nous vivons est, dans son essence, capitaliste.

C’est à dire qu’il a des caractéristiques particulières historiques qui tournent autour du rôle du capital, de l’accumulation de capital, de l’enrichissement, de la nécessité absolue du profit pour faire vivre le capital et le reproduire et du besoin de profit pour entretenir le train de vie de ceux qui sont les propriétaires du capital.

Le système capitaliste a à la fois une logique qui est celle de l’accumulation des richesses et une dialectique qui est celle de la rivalité entre le capital qui prélève et le travail qui produit.

Le capitalisme c’est le système de production et le système social qui instaure le droit du capital a prélever sur les produits du travail. Ce que le capital gagne il faut qu’il le prélever sur le produit ou le surproduit du travail.

Donc il y a un problème de fond au sein de capitalisme et c ‘est toujours le même il faut de plus en plus de profit pour rentabiliser le capital accumulé, surtout si la masse de capital progresse plus vite que la production de richesses c’est à dire surtout si l’intensité capitalistique dans le système progresse vite comme dans le monde moderne.

Il y a une proportion entre les deux et si cette proportion que l’on appelle le taux de profitabilité n’est pas respectée ou pas jugée suffisante, alors on se dirige vers une crise.

Depuis le nouveau Système monétaire dit de Bretton Woods puis de Bretton Woods 2 on créé des richesses réelles et on crée des richesses représentatives des richesses réelles, des droits, des titres, des créances, des papiers si vous voulez, dans des proportions disjointes. On peu ainsi créer plus de richesses papier , de titres, de monnaie, de créances qu’on ne produit de vraies richesses. Ou qu’on ne va en produire raisonnablement.

Le capitalisme productif produit des richesses réelles, le capitalisme financier produit de la richesse financière.

Ci-dessous l’explosion de la dette publique , son symétrique c’est l’explosion des créances c’est à dire des actifs financiers -plus ou moins fictifs! N’oubliez jamais les dettes des uns sont les actifs financiers des autres.

Et c’est ainsi et même pire partout dans le monde! Les dettes ont boomé à plus de 400 trillions soit plus de 4 fois le GDP mondial. notre l’acceleration à partir de la crsie de 2008/2009, puis encore 2019/2020.

La Sphère Financière s’est autonomisée et n’a cessé de s’autonomiser de plus en plus, elle a pris sa liberté et .. son envol.

C’est à dire qu’en vertu de cette dualité entre le capital réel et les droits qu’il confère ou promet, il peut y avoir disjonction, séparation: on peut créer plus de droits et de titres qu’il n’y a ou qu’il n’y aura de richesses réelles, et c’est ce que l’on fait quand on crée du crédit, des dettes, des valeurs boursières de façon non raisonnable. On crée des droits bien plus gros qu’il n’y a de richesses réelles présentes ou à venir .

Quand le capitalisme évolue il crée du vrai capital et du capital fictif, c’est dire des droits des promesses; le capitalisme financier est le produit de cette évolution; on a de plus en plus et de façon accélérée créé des droits, des promesses, des papiers, des actions, des obligations, des dérivés pour masquer les déséquilibres au sein du capitalisme de production puis les déséquilibres au sein du couple capitalisme de production/capitalisme financier.

Et le système ainsi devenu pervers, il est devenu fragile, sujets à de nombreuses crises de confiance.

Ces crises je vous le rappelle viennent du remède qui a été et est utilisé pour maintenir en vie le système: malgré ses déséquilibres, malgré la croissance disproportionné entre la production de richesses réelles et la production de titres, de droits de promesses.

On a donc si vous m’avez suivi émis beaucoup de billets qui donnent droit à des lots, mais l’émission de billets a été colossale , malhonnête, on en a émis beaucoup trop et lorsque de temps à autre il y a un doute, un choc, une ruée, un tirage à la loterie s’effectue et on s ‘aperçoit « qu’il n’y en aura pas assez pour tout le monde ». La loterie révèle qu’il y a des perdants. La loterie détruit les billets excédentaire, c’est cela une crise, c’est le tirage de la loterie, tirage qui révèle qu’on a vendu plus de billets qu’il n’y a de lots, et qui opère la destruction des billets qui ont été émis en excèdent

Pour « tenir » on émet toujours plus de billets, de papiers, de dettes mais ce faisant on hâte la destruction..

Billet. La crise du Système capitaliste financier. Le système ne survit que de sa destruction accélérée. brunobertez.com/2023/12/04/bil…

 Au plus profond de ce que l’on a appelé la Grande Récession de 2008-2009, alors que toutes les grandes économies souffraient d’une chute profonde de la production, de l’emploi et des revenus , après un effondrement des systèmes bancaire et financier, la reine Elizabeth a visité la London School of Economics.

Après la crise de 2008, la reine Elisabeth a propos de la crise a demandé à une assemblée d’éminents économistes :

« Pourquoi personne ne l’a vu venir ? Pourquoi personne n’a prédit l’effondrement financier et la crise qui s’en est suivie , la pire depuis la dépression des années 1930″

Les économistes éminents ont été déconcertés par la question de la Reine sur le monde réel. Il leur a fallu trois mois avant de répondre – dans une lettre de trois pages .

Je cite : « Chacun semblait faire son travail correctement, selon ses propres mérites. Et selon les mesures standards de réussite, ils s’en sortaient souvent bien. L’échec a été de voir comment cela générait collectivement une série de déséquilibres interconnectés sur lesquels aucune autorité n’avait compétence à elle seule. »

En clair, les économistes ont répondu que leurs théories semblaient bonnes, qu’ils avaient bien fait leur trvail, mais que beaucoup de choses différentes se sont toutes conjuguées dans une tempête parfaite pour créer le krach et qu’ils n’auraient pas pu le prévoir.

En fait c’est du pipeau, ils rejettent tout sur la faute à pas de chance, au hasard , le fameux Cygne Noir.

Si vous m’avez suivi dans mon introduction, vous avez compris que cette crise de destruction était inéluctable, nécessaire, qu’il y avait trop de promesses émises en particulier dans l’hypothécaire immobilier et que l’on ne pouvait les honorer, et donc qu’il fallait d’une façon ou d’une autre qu’elles soient détruites, ce qui fut la fonction objective de la crise de 2008/2009;

Il y a 12 personnes dans le monde qui ont prédit précisément et de façon argumentée cette crise, de 2008 moi même je l’attendais .. depuis Aout 2006.

Six mois plus tard, la reine s’est rendue à la Banque d’Angleterre et l’un des plus grands experts en politique financière de la banque a arrêté la reine pour lui dire qu’il aimerait répondre à la question qu’elle avait posée pour la première fois aux économistes de la LSE. 

Il a expliqué à la Reine que les crises financières étaient un peu comme les tremblements de terre et les pandémies de grippe dans la mesure où elles étaient rares et difficiles à prévoir et l’a rassurée sur le fait que le personnel de la Banque était là pour aider à en prévenir une autre. Le prince Philip n’a pas laissé passer son opportunité : « alors, est-ce qu’il y en a une autre qui arrive ? » Pas de réponse.

On sait ce qui est arrivé il y a peu de temps, la crise, le krach de 2019! Krach qui était previsible dès le dernier trimestre de 2018!

La pensée économique dominante est une idéologie dont la fonction est de mystifier.

La pensée économique dominante, celle des gouvernements, banques centrales, banques, grandes entreprises est une escroquerie et une mystification. Son but n’est pas de comprendre et prévoir l’économie mais de justifier le système dans lequel nous vivons. C’est une idéologie

Comme c’est une idéologie son pouvoir explicatif est très faible sauf bien sur sur le court terme. Le long terme lui échappe et surtout elle est incapable de prévoir, parer et traiter les crises.

Donc en raison de cette incapacité liée a des théories fausses, la pensée dominante traite les crises comme des cygnes noirs, des aléas imprévisibles.

Cela lui permet:

-de continuer les mêmes erreurs

-d’exonérer la responsabilité des élites

-de vous faire payer leurs crises, socialiser les pertes tout en empochant les gains

La lutte, les guerres en cours et à venir sont des luttes pour le maintien du système de la dette centré sur le dollar c’est à dire du système centré sur l’hégémonie américaine et ses règles.

Le système est obligé de vous imposer la paupérisation à l’intérieur et les guerres à l’extérieur. Il lutte pour le maintien de l’hégémonie des USA qui sont le Centre du système du capitalisme financier.

Le système est dans la même situation que celle des années 20 /30, qui a débouché sur la guerre en 39; il croule sous le fardeau des dettes , de la spéculation et du capital fictif .

Tant que vous n’aurez pas compris que le système du capitalisme financier est en crise existentielle, il vous manquera la clef pour comprendre les évènements auxquels vous assistez:

-guerres,

-paupérisations des salariés

-instabilité,

-illégitimité des gouvernements,

-disparition de la démocratie comme idéal

-destructions des valeurs fondamentales de nos sociétés

4 réflexions sur “Editorial. J’essaie ces jours ci de vous faire toucher du doigt l’essentiel: le fondement, le noyau de la situation économique, sociale, financière, géopolitique.

  1. Bonjour monsieur et permettez-moi d’abord de vous exprimer tout le respect que m’inspirent vos travaux : cela fait une petite année que je vous suis et vous êtes devenu ma première source d’informations, essentiellement du fait de votre pédagogie et de votre souci d’ouverture. Ayant passé plus de vingt ans dans les fonctions logistiques d’une banque de marchés (jusqu’à son effondrement), j’ai été régulièrement témoin de krachs et ai pu en mesurer la soudaineté. D’où une fascination – malsaine ? – pour ce à quoi nous assistons. J’avoue ne pas savoir si le collapse est proche, ce dont je suis sûr, c’est qu’ « on » vit d’expédients, qu’ « on » nous ment et que nous souffrons d’une forme de totalitarisme « soft » en cours d’accomplissement. Hannah Arendt parlait de « désolation » et ce terme me parait parfaitement adapté – phénoménologiquement parlant – à la pauvreté (mélange d’anomie et de perversité) des discours des « élites » actuelles (et pas que les élites). Tout se passe comme si on nous avait privé du moindre réflexe d’esprit critique ! … Et c’est là que, avec quelques autres, vous faites exception !

    Alors permettez-moi, après ce préambule flatteur, de vous exprimer un brin de frustration : je vous cite dans la fin de votre éditorial d’aujourd’hui :

    « la clef pour comprendre les évènements auxquels vous assistez :

    guerres, * paupérisations des salariés * instabilité, * illégitimité des gouvernements, * disparition de la démocratie comme idéal * destructions des valeurs fondamentales de nos sociétés »

    Là, j’estime que c’est un peu court : autant on ne peut que vous suivre – vous le démontrez ailleurs – quand vous expliquez le cycle infernal de l’émission monétaire au rythme de « l’effet Cantillon », si bienfaisante assurance-vie pour les plus riches, au risque de tout déséquilibrer dès qu’une série de virages serrés arrive… autant force m’est d‘observer une impasse sur les travaux d’illusionnistes des gvts leur permettant de mettre à profit toutes les opportunités (guerres, crises, épidémies etc.) d’embarquer leurs ouailles dans le radeau providentiel d’une peur collective, judicieusement structurée et présentée en vue du maintien des puissants au pouvoir… Certes, il y a travail d’illusionniste, mais en quoi est-ce réellement si déterministe, ou, comme vous l’affirmez, « systémique » ?

    Encore merci pour tout, j’espère juste par ce commentaire m’être montré constructif ?

    Loïc Vavasseur

    Loic.vavasseur@icloud.com Loic.vavasseur@icloud.com

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    1. Merci.

      Si vous me lisez régulièrement vous constatez que j’apporte toutes les réponses aux questions que vous abordez; toutes sans exception aucune.

      Et toujours dans le même cadre analytique alternatif.

      Je n’ai jamais eu besoin de faire des contorsions pour rester dans mon cadre . Je reste cohérent au fil du temps.

      Mais ces réponses sont disséminées dans les textes quotidiens … depuis des dizaines et des dizaines d’années et encore depuis que je produis ce service, ce qui est plus récent.

      Je n’écris pas de livre malgré les sollicitations car je veux toujours partir de l’actualité et remonter à la compréhension . Il faut expliquer le réel et non pas projeter dessus un schéma d’intelligibilité.

      Cela un avantage: c’est illustré, concret.

      Mais cela a un inconvenient qui est l’éparpillement.

      Je fais le pari que mes lecteurs, incroyablement fidèles, ont en tête tout le résumé des chapitres précédents!

      En particulier j’explique de temps à autre mon choix d’être matérialiste, de refuser les explications et analyses par la subjectivité, le spiritualisme, le positivisme mécanique bourgeois, etc

      C’est un choix philosophique , je suis moniste et non dualiste. Les discours sont des rationalisations; bien entendu de qualité et d’adéquation variable.

      Je ne crois pas au pouvoir de l’Esprit et à sa magie.

      L’Histoire est déterminée, comme chez Marx et Hegel à ceci près que je ne me rallie pas aux thèses de ceux qui prétendent qu’elle a un sens loin de là.

      Oui je vis et j’analyse dans un cadre déterministe. Oui.

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  2. « Son but n’est pas de comprendre et prévoir l’économie mais de justifier le système dans lequel nous vivons. C’est une idéologie. »

    Je réitère le commentaire que j’avais posté une fois voici 4-5 ans :
    Vous êtes l’observateur/analyste financier avec la vision la plus globale et pénétrante que l’on trouve sur le web francophone, que j’écume depuis 2005.
    Merci de partager ainsi votre expérience.

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