Le grand effondrement des bourses est maintenant exclu des scenarios, il n’y a plus de vrai risque.

Les marchés sont vulnérables…. C’est un avertissement des temps anciens. On ne l’entend plus. Les banques centrales semblent être parvenues à « interdire » toute baisse. Cette capacité repose sur une croyance , une fausse croyance qui peut théoriquement disparaître à tout instant.

Etant donné que les prix des actions et des obligations ne baissent plus jamais, quels que soient les bouleversements géopolitiques ou politiques, les incendies, les inondations, les pandémies et plus encore… il ne vaut plus la peine d’être pessimiste ou simplement prudent.

Sauf qu’une fois tous les 10 ou 20 ans, cela importe vraiment.

Le moment où il est le plus lucratif d’être noir comme l’encre, c’est généralement celui où absolument personne d’autre ne l’est.

L’un de ces moments était en 2007.

Mais beaucoup de choses ont changé depuis 2007 : nous vivons maintenant à une époque de soutien sans fin de la banque centrale, et ceci est su et admis. Les marchés n’ont plus besoin d’être considérés comme étant à leur prix pour léviter, on accepte de considérer que le soutien monétaire suffit à tout expliquer et tout justifier.

Ligne rouge

On est passé de l’autre côté de la ligne rouge des valorisations : elles cessent d‘être un critère. Le critère, c’est la politique monétaire – mieux, c’est la dérivée de la politique monétaire, c’est-à-dire la guidance (les directives) des autorités sur cette politique. On vient de le voir avec le maintenant fameux pivot de Powell.

Cette guidance est déclinée sous des aspects triples : prix de l’argent, quantité et risque. Taux, liquidité et volatilité.

Les décideurs de la politique monétaire et financière du monde entier ont pleinement intégré le fait que les marchés ne doivent jamais, jamais, être autorisés à voir les choses en noir, ou même simplement à douter. Même quand il faut temporairement mener des politiques moins généreuses, il faut maintenir l’espoir, la croyance que ce ne sera que temporaire; il faut tout de suite faire intégrer la possibilité de la fin du cycle.

Le pire est que le public maintenant a adopté le même point de vue, ce qui fait qu’il n’y a plus vraiment de marché. Il n’y a plus qu’un sens puisqu’il n’y a plus de débat contradictoire.

L’effondrement est écrit

Personnellement, je ne fais pas de prévision – ou plus exactement je ne fais pas de prévisions qui comportent un calendrier. Je prévois l’effondrement quasi-total des marchés et des prix des actifs papier, tout simplement.

Je considère que c’est écrit… mais en même temps je répète inlassablement que les apprentis sorciers ont encore beaucoup de moyens de retarder les échéances. Considérant cela, ils ont encore beaucoup de capacité de nuisance, ils ont encore la possibilité de détruire plus, d’avilir plus – et ils le feront.

Ce sera bien pire que le « coûte que coûte » : ils iront jusqu’au bout de notre, de votre ruine !

Donc je ne fixe pas d’échéance ou de calendrier : je ne fixe qu’une ampleur : tout ! Ils détruiront tout.

Pourquoi? Parce que je sais qu’ils iront jusqu’au bout et eux aussi le savent..

De même, je ne vois aucun endroit où se protéger, puisque tous les prix et toutes les valeurs des actifs papiers ont le même sous-jacent – c’est-à-dire qu’ils sont soutenus par la création monétaire, les taux bradés, les bilans des banques centrales gonflés, la neutralisation du risque et les promesses que cela va continuer.

L‘argent gratuit, et la prise en charge du risque par les banques centrales : tout sera corrélé dans le grand reflux à venir, dans le grand reflux qui fera que tous les opérateurs demanderont de la monnaie de base, exigeront de sortir des papiers à valeur incertaine et frivole contre des espèces ou des dépôts en banque si les banques tiennent!

Quand ce sera le grand run sur les papiers, on ne demandera dans un premier temps qu’une seule chose : du cash.

Les marchés aussi vulnérables que les banques

Les gens ont pris conscience dans le passé que les banques étaient vulnérables à des runs. Ils vont apprendre que les marchés sont comme des banques gigantesques ; ils font eux aussi du « fractionnel ».

Quand ceci parviendra aux consciences, la demande de cash, la demande de monnaie de base, sera incroyablement forte.

Les autorités bluffent ; en réalité elles n’ont pas les moyens de soutenir éternellement les prix des actifs. Ce n’est possible que grâce à une croyance qui se formule ainsi : les détenteurs de capitaux préfèreront toujours acheter des actifs plutôt que de garder la monnaie. Posséder des actifs qui rapportent un peu et performent sera toujours préférable à conserver du cash qui ne rapporte rien et subit l’érosion de l’inflation.

C’est là le mythe, l’invariant qui est à la base de la croyance en l’efficacité et aux pouvoirs des banques centrales. C’est un mythe : il y a des moments, souvent terribles, dans l’Histoire où le cash est préférable, où l’attrait du cash devient irrésistible.

Cette croyance que le cash n’est pas désirable est une croyance fausse – et cette fausseté se révèlera un jour, brutalement.

Elle se révèlera le jour ou les détenteurs d ‘actifs papier se rendront à nouveau compte que leurs prix peuvent baisser et qu’il y a deux sens sur les marchés. Le principal « ami » du système c’est la hausse , le principal ennemi surgit quand la baisse revient montrer son horrible tête. Alors on ne compare plus les rendements et les performances on ne pense qu’ à une chose préserver le capital.

Après les premiers 20% de baisse des marchés, les idiots reviendront « acheter le creux », mais un jour, pour une fois, ils auront tort, ils se feront « tarter » et ceci sera le grand signal… le signal qu’il vaut mieux ne rien gagner sur son cash mais ne pas perdre son capital, le signal que le temps où tout était désirable sauf le cash est révolu.

Une réflexion sur “Le grand effondrement des bourses est maintenant exclu des scenarios, il n’y a plus de vrai risque.

  1. A méditer…
    Dans tout système, la fourchette d’équilibre n’est que la résultante de 2 principes antagonistes qui s’additionnent progressivement avant de se concurrencer.

    J’aime

Répondre à Léou Annuler la réponse.