Le 17 février 2002, la mort du franc français
Après plusieurs siècles d’existence, le franc français a laissé place à l’euro : le 17 février 2002 à minuit, la période de transition et de double circulation des deux monnaies en France était terminée.
RFI
Par :Philippe Quillerier
Article initialement publié le 17/02/2002.

C’est la fin d’une monnaie nationale, la seule au monde à porter le nom du pays qu’elle symbolisait depuis des siècles. Deux décrets ont été adoptés le 14 février 2002 en Conseil des ministres portant sur la suppression du cours légal des pièces et billets libellés en francs. Au-delà de cette date, les billets en francs sont condamnés à finir broyés ou incinérés tandis que les pièces sont promises soit à la destruction, soit au recyclage. Elles pourront même être fondues et reconverties en euros.
Pour l’occasion, le ministère de l’Économie et des Finances organise dimanche soir une cérémonie, moins pour faire des adieux au franc que pour « saluer ensemble cette réussite collective » de la mise en place de l’euro et « remercier tous les Français qui y ont activement contribué ». Du reste, le ministre lui-même enterre le franc sans fleur ni couronne, se bornant à quelques formules prosaïques. « Le franc s’en va, il aura rendu beaucoup de services. Et maintenant l’euro arrive, donc bravo l’euro, bienvenue à l’euro », a déclaré mercredi Laurent Fabius, à l’issue du Conseil des ministres, sans grande nostalgie pour ce qui n’est déjà plus la monnaie nationale française depuis le 1er janvier 1999.
Le franc se retire, mais reste dans les esprits
Le franc aura pourtant régné longtemps. Il naît le 5 décembre 1360, sur ordonnance du roi de France, Jean II « le Bon ». Fait prisonnier et libéré par les Anglais contre rançon, ce dernier frappe le franc (ce qui signifie « libre » en ancien français) en l’honneur de sa liberté retrouvée. Pendant des siècles, la pièce est bousculée par d’autres unités comme les écus et les louis, avant de réapparaître avec la Révolution : le franc Germinal naît par la loi du 24 germinal an XI (14 avril 1803), à l’effigie du Premier consul, Bonaparte. Puis, il s’efface avant d’éclore à nouveau. Condamné le 10 décembre 1991 par le traité de Maastricht, en sursis pendant plus de dix ans, il disparaît donc définitivement dimanche.
Depuis le 1er janvier 2002, le franc a été progressivement effacé, disparaissant peu à peu des porte-monnaie au profit de l’euro. Selon les chiffres du ministère français de l’Économie, plus de 95% des paiements en espèces se font aujourd’hui en monnaie unique. Quant à la Banque de France, elle signalait qu’une semaine avant la fin du franc, 71% des billets en circulation étaient des coupures en euros.
Dimanche économie: l’euro en France Laurent Berthault
Le franc se retire, mais reste néanmoins dans les esprits, et sans doute pour un bon moment. Selon certains sociologues, il faudra des années à la plupart des Français pour se reconstruire une échelle complète de valeurs. Et c’est sans conteste avec soulagement qu’ils pourront retrouver encore quelques mois leur ancienne monnaie sur les étiquettes. Laurent Fabius a en effet recommandé de prolonger jusqu’à fin juin le double affichage pour éviter une valse des prix et aider les consommateurs.
Et s’il leur reste encore des francs, inutile qu’ils se précipitent pour s’en débarrasser avant dimanche minuit : les opérations d’échange se poursuivront aux guichets des banques et de la Poste jusqu’au 30 juin et, au-delà, à la Banque de France, pendant dix ans pour les billets et trois ans pour les pièces, gratuitement. Si l’on détient des francs français à l’intérieur de la zone franc, il faut aller les échanger contre des francs CFA à une agence de la Banque centrale ou dans les banques privées d’ici au 30 juin 2002. Si l’on détient des deutsche marks, des escudos, des pesetas, le délai est plus court. La date limite pour les changer en francs CFA est le 28 février 2002.
La France est parmi les premiers pays à éliminer sa monnaie nationale. Les Pays-Bas et l’Irlande ont déjà mis leurs devises aux oubliettes, respectivement le 27 janvier et le 9 février. Les autres pays de la zone euro (Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, Finlande, Grèce, Italie, Luxembourg, Portugal) ont décidé d’attendre jusqu’au 28 février pour en finir définitivement avec leurs deutsche marks, lires, escudos et pesetas.
Je ne suis pas sur que la monnaie nationale soit garante d’indépendance, par contre, il est certain que les budgets en déficits engendrent la dette qui elle-même engendre la dépendance.
L’Euro, avec la garantie offerte par l’Allemagne nous a permis de continuer à nous endetter sans douleur. Mais c’est une très mauvaise habitude, et il semblerait que nous arrivions à la fin de cette possibilité.
L’atterrissage sera douloureux.
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Lors d’un bref passage en France, je me rappelle qu’au 1er jour de l’euro il y avait une file de bobos à 5 h du matin devant les distributeurs, je savais la catastrophe à venir mais je m’en foutais mon billet d’avion en poche pour saint domingue….
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La dette de la France dépasse les 3.000 €, soit l’équivalent de plus de 18.000 de francs selon le taux de conversion de l’époque.
Joli résultat, vraiment.
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il s’agit de milliards, bien entendu. Désolé pour la faute de frappe.
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