Editorial. Pourquoi vous avez de bonnes raisons de vous révolter contre les élites. Eux et Nous.

La démocratie n’a jamais existé dans la réalité, mais elle a constitué un idéal, un projet, un horizon vers lequel tendre.

La démocratie, qui pose la souveraineté du peuple est un mythe, bien sur ; mais un mythe positif.

Ce mythe repose sur beaucoup de présupposés faux ou absurdes comme celui de l’intelligence du peuple, comme celui de son intérêt pour la chose publique, comme celui de sa capacité à discerner l’intérêt général du groupe, comme celui d’être capable de se projeter dans le complexe et dans le long terme.

Lisez le vieil ouvrage de Chevènement intitulé » Le Pari de l’intelligence » pour prendre conscience du fait incontournable que ce pari a été perdu. Chevenement d’ailleurs n’est pas démocrate, il est républicain, élitiste conformément à son cursus et à ses origines .

La modernité a produit un considérable développement inégal entre les masses d’une part et les classes qui exercent la responsabilité de la conduite des affaires d’autre part ; ce développement inégal a été accéléré par les formidables progrès des sciences sociales et puis par la magie de la digitalisation.

Disons-le tout net les masses ont été laissées pour compte dans ce mouvement. Larguées, avec la tentation de considérer que les responsables de la conduite des affaires avaient accès à des mondes mystérieux, inconnus et qu’il étaient en quelque sorte des magiciens. Notre époque vit une sorte de résurgence de la religion, mais c’est une religion du progrès, de la technologie avec ses grands prêtres profiteurs.

Le business et le Capital ont bien sur renforcé ces croyances en développant à tout crin les mythes du progrès, du modernisme et en accélérant la destruction des repères, des référents et des structures anciennes au point de laisser les peuples perdus dans un univers qu’ils ne comprennent plus. Tous ces gens , Capital, business, gouvernants, élites intellectuelles ont en quelque sorte fait alliance objective pour œuvrer pour déposséder les peuples.

La Dépossessions est une dimension flagrante de nos sociétés.

Tout cela a produit un fossé de compréhension entre les gouvernants au sens large et les peuples, fossé que l’on a cru pouvoir combler par la communication, le didactique, l’explication.

Cette phase a échoué comme il était prévisible. C’est le principe humain du moindre effort, personne n’a envie de se fatiguer à réfléchir, à comprendre, il est plus facile et plus confortable de se conformer, d’obéir et de jouir. Et le fossé a continué de se creuser. Avec la complicité des clercs qui ont œuvré pour que l’Ecole et l’Education cessent d’être des lieux de formation des esprits et deviennent lieux de préparation à l’exploitation économique, lieux de préparation au travail.

Cette phase d’explication a été suivie par une nouvelle phase bien plus vicieuse ou la communication en tant qu’explication/participation a été remplacée par la communication en tant que propagande puis communication en tant que persuasion et enfin communication en tant que formatage du sujet citoyen.

Les citoyens, les masses ne sont plus considérés comme capables de comprendre, de prendre des décisions rationnelles dans l’intérêt général, non , elles sont considérées comme de la matière à travailler, à manipuler. Il faut, non pas les écouter et les décoder mais les modeler, les influencer, les persuader. Au besoin il faut les tromper. De la à punir les déviants il n’y a qu’un pas qui a été franchi en accéléré en raison de la crise interne du capitalisme sénile financiarisé ; on a largué, mis hors du champ politique toute une catégorie de citoyens; les beaufs, les sans-dents, les nazis, les déplorables, les gilets jaunes, les agriculteurs, les pacifistes , les soi disant extrémistes …

On a ainsi quitté les rives de la démocratie pour naviguer vers l’ile de la Gouvernance. l’ile du Reset. Sur cette ile une Elite prétend connaitre ce qui est bon, ce qui est vrai, ce qui est beau ce qui est souhaitable , elle prétend connaitre l’avenir et bien sur elle prétend, pour peu qu’on lui laisse les mains libres, disposer de pouvoirs magiques. Elle marche sur l’eau, elle a ses experts infaillibles.

Cette Elite a pour objectif d’exercer le Pouvoir quasi sans partage en donnant en échange aux peuples la sécurité, la protection, les free lunchs, les illusions. Les peuples ont peur ou vivent dans la crainte? Eh bien on va les forcer à échanger tous leurs pouvoirs théoriques contre notre protection. On va les asservir c’est à dire qu’il vont nous servir à .. les dominer.

Abandonnez la liberté , la dignité, la souveraineté contre la protection, la sécurité, le confort, la veulerie, la jouissance, les délices de la transgression, les séductions du laissez-aller. Envoyez vous en l’air dans l’imaginaire bullaire d’en haut et en contrepartie, laissez-nous gérer les affaires sérieuses, celles du monde d’en bas. Tel est le deal!

C’est l’aboutissement de la démarché mafieuse qui consiste à terroriser ses victimes pour leur « proposer »/imposer de les protéger.

Nos sociétés continuent bien sur d’être structurées en profondeur, organiquement par les clivages/antagonismes entre d’un coté le Capital et de l’autre le Salariat. C’est le clivage de base, fondamental, celui qui produit le Système, ses Lois, ses Nécessités et toutes les manifestations extérieures que l’on voit.

Le système fondé sur la domination du Capital, système enfoui, non-su, ne se donne à voir que dans ses apparences trompeuses s, et à notre époque ces apparences trompeuses sont celles du découpage entre élites dites du 1% et les masses du 99%.

Ce clivage c’est ce qui apparait et il recouvre d’une épaisse couche d’incompréhension le système réel organique qui est le notre. Donc ce système des 1%, des inégalités, ce système de domination est ce qui apparait à la conscience des gens, aux yeux des citoyens, à la perception des masses. C’est ce qu’ils sont capables de voir, de percevoir, ce contre quoi ils deviennent plus ou moins capables de se révolter.

La lutte contre le 1% et leurs complices est légitime car le système inégalitaire actuel est un avatar, une mutation mystifiante de l’ancien système d’exploitation des uns par les autres.

A notre époque le mot d’ordre mobilisateur n’est plus semble-t-il celui de la lutte contre le Capital et les exploiteurs mais celui de la lutte contre les 1% et leurs complices. Lutte contre ceux qui s’enrichissent du système de la modernité, du soi-disant progrès, du système de la dictature des marginaux et des minorités, de la destruction de l’ancien, du pillage du naturel, de la pulvérisation des identités etc

Les gens en arrivent à perdre le souvenir des acquis du passé, des luttes d’antan contre le Capital ce qui explique la disparition des luttes ouvrières et l’inutilité des partis de gôche et des syndicats mystifiés, devenus complices du NouveL Ordre. Les gens sont fourvoyés dans des luttes de distraction , luttes sociétales, luttes de diversion.

Le texte ci dessous est intéressant car il met les points sur les « i ».

Il nous offre la radiographie de ces élites. Le fait que le travail soit américain ne diminue pas son intérêt car la contagion américaine est l’une des caractéristiques dominantes de la période. On se prend a rêver d’une étude du même type , mais en plus sérieuse et plus élaborée de ce qui se passe en France.

La déconnexion de la super-élite américaine

SIMPLICIUS LE PENSEUR

3 MARS 2024

Le mois dernier est paru un nouveau rapport fascinant de l’institut de Scott Rasmussen, fondateur du célèbre centre de sondage Rasmussen Reports. Son objectif était, pour la première fois, de définir quantitativement la véritable « élite » de la société, qui contrôle la plupart de nos récits sociaux, de notre politique et de notre « orthodoxie » générale. 

https://www.rmgresearch.com/wp-content/uploads/2024/01/Elite-One-Percent.pdfhttps://www.rmgresearch.com/wp-content/uploads/2024/01/Elite-One-Percent.pdf

La toute première enquête définissant les caractéristiques et les croyances des 1% qui sont à l’origine du dysfonctionnement politique en Amérique aujourd’hui.

Il a été repris par diverses publications, du NYPost .

https://nypost.com/2024/01/19/opinion/shocking-survey-reveals-the-reason-elites-are-out-of-touch-and-it-is-nt-why-you-think/https://nypost.com/2024/01/19/opinion/shocking-survey-reveals-the-reason-elites-are-out-of-touch-and-it-isnt-why-you-think/

Au Boston Globe et d’autres

https://www.bostonglobe.com/2024/01/24/opinion/real-one-percent-elites-rasmussen-poll/https://www.bostonglobe.com/2024/01/24/opinion/real-one-percent-elites-rasmussen-poll/

Le rapport complet était centré sur une présentation d’un webinaire réservé aux membres par Rasmussen, mais le fichier PDF fourni résume les graphiques et les détails de l’enquête les plus importants

Pour ceux que cela intéresse, Rasmussen, Rasmussen est apparu sur le podcast de Newt Gingrich pour discuter des résultats, où il a résumé avec éloquence ses principales conclusions, ainsi que la façon dont il les a découverts pour la première fois..

L’article du NYPost résume le mieux l’ensemble de données :

Les États-Unis ont une classe d’élite riche et partisane qui est non seulement immunisée et insensible aux problèmes de leurs compatriotes, mais extrêmement confiante et disposée à leur imposer des politiques impopulaires.

Ceci est une recette pour le désastre.

Et cet  article supplémentaire de Newt Gingrich décrit comment Rasmussen a eu vent de tout cela pour la première fois : 

En effectuant leurs deux enquêtes nationales hebdomadaires, Rasmussen et son équipe ont remarqué une anomalie. Sur environ 1 000 personnes interrogées, il y en aurait toujours trois ou quatre qui seraient bien plus radicaux que tout le monde. Après plusieurs mois passés à trouver ces réponses inhabituelles, Rasmussen s’est rendu compte qu’elles partageaient toutes trois caractéristiques

Les réponses radicales sont venues de personnes titulaires de diplômes d’études supérieures (pas seulement d’études supérieures), d’un revenu familial supérieur à 150 000 dollars par an et vivant dans les grandes villes (plus de 10 000 personnes par code postal).

De plus, parmi ce 1 % « d’élite », il existe un sous-ensemble encore plus radicalisé que Rasmussen appelle la « super-élite », qui se caractérise par sa fréquentation principale de l’une des douze écoles d’élite identifiées

Gingrich ajoute :Gingrich adds:

Charles Murray, dans son ouvrage classique « Coming Apart », a analysé les codes postaux et a prouvé que les diplômés des « sales douzaines » d’universités décrites par Rasmussen vivent, travaillent et jouent dans les mêmes codes postaux. Ils constituent un groupe isolé et créent une « aristocratie du pouvoir » qui n’a aucune connaissance du reste d’entre nous – et méprise la plupart d’entre nous. .

Cela explique parfaitement la phrase du « panier de déplorables » d’Hillary Clinton.

Mais nous en reparlerons plus tard.

Tout d’abord, qui sont ces élites , ces 1 % en question ? Rasmussen les décompose en trois conditions préalables :

  • Diplôme d’études supérieures
  • Gagnez plus de 150 000 $ par an
  • Vivre dans une zone urbaine densément peuplée

Leurs autres bases se résument comme suit, ce qui révèle qu’ils sont « étonnamment jeunes » 

Certes, cela peut paraître assez évident pour la plupart d’entre nous. Mais les données ont rarement été rassemblées de manière aussi intuitive et présentable..

Examinons d’abord les disparités réelles entre la population normale et les élites au cœur de l’analyse, avant d’extrapoler cela vers l’extérieur.

La première tourne autour des perceptions des libertés individuelles

Près de 60 % des électeurs réguliers estiment qu’il n’y a pas assez de liberté, contre seulement 21 % des élites. Il est choquant que près de 50 % des élites pensent qu’il y a trop de liberté, alors que seulement 16 % des électeurs le pensent. 

Dans l’interview de Gingrich, Rasmussen développe cette approche, expliquant que beaucoup de ces hauts mondes sont fortement mécontents de la façon dont les manants ont agi pendant l’ère de la « pandémie » de Covid, en particulier – non seulement leur refus de se masquer, mais la consolidation ultérieure de leur position anti-vax. Cela a creusé le fossé entre les deux camps, les « élites » renvoyant encore plus leur ancienne classe marginale aux cendres de leurs droits. Comme toujours, il n’y a rien de plus efficace que la peur des blessures corporelles pour forger un ressentiment viscéral entre les gens.

Mais le mécanisme le plus important derrière cette ligne de fracture a la source suivante : 70 % des élites font confiance au gouvernement, alors qu’un infime moins d’environ 20 % du public lui fait confiance .

Plus stupéfiant encore est le vaste fossé entre la confiance des deux côtés dans la «classe professionnelle»

Vérifiez les chiffres : seuls 6 % des électeurs ont une opinion favorable du Congrès, 10 % des journalistes et 17 % des professeurs. Parmi les élites du 1 %, ces chiffres sont en moyenne supérieurs à 70 % ; cela seul raconte pratiquement toute l’histoire.

Un autre

77 % de l’élite imposerait des restrictions sur l’essence, le rationnement de la nourriture, etc., en raison du « changement climatique », tandis que 63 % des électeurs réguliers  s’opposent à de telles mesures. En fait, l’élite en général soutient sans réserve l’interdiction des véhicules à essence, des poêles à bois, des SUV, des transports aériens non essentiels et même de la climatisation, alors que la grande majorité des électeurs y est totalement opposée.

Voici l’une des douze universités mentionnées d’où proviennent la majorité des 1 %

En ce qui concerne les institutions, il n’est pas surprenant que les douze écoles clés, pour la plupart de l’Ivy League, forment une sorte de canal qui filtre l’élite vers les piédestaux du pouvoir dans la société. Il s’agit d’un pipeline bien établi qui alimente un segment restreint et présélectionné de la société, de plus en plus élevé, à travers une passoire de purification idéologique destinée à éliminer tous les passages non conformes et embêtants.

Quiconque a étudié l’histoire de la montée des institutions transnationales au XXe siècle sait qu’à partir du début des années 1900, des cohortes comme celle de Milner et de Rhodes ont créé divers programmes et bourses comme la « Bourse de Rhodes » précisément dans ce but. De tels « pipelines » se sont répandus dans tout le monde occidental, et incluent le laboratoire de toilettage moderne connu sous le nom de « Young Global Leaders », d’origine Klaus Schwab.

Ces programmes institutionnels servent de mécanisme de triage permettant à l’élite financière mondiale de distinguer les candidats ayant le bon pedigree distingué, les tendances sociopathes, les compositions philistines et transnationalistes afin de trouver des candidats aptes à se préparer pour de futures nominations à la direction. Jetez un œil à la bonne foi de tout dirigeant ou décideur mondialiste de premier plan – qu’il vienne d’institutions financières comme la BCE, le FMI, la Réserve fédérale ou d’organisations de sécurité comme l’OTAN – et vous trouverez invariablement une adhésion de longue date ou des distinctions de la part d’une poignée d’institutions établies. Programmes « Ancien Ordre ». Les copains non élus, qui sont en fait sélectionnés par relation et par la nomenklatura anonyme ci-dessus, proviennent presque toujours de la même petite clique. 

Il est bien connu que les meilleurs économistes, directeurs de hedge funds – pour des sociétés comme Goldman Sachs, par exemple –, avocats constitutionnels, etc., sont tous issus de ce collectif exigu d’écoles, comme Harvard. L’objectif est de permettre aux élites de contrôler avec précision le petit bassin de loyalistes sélectionnés avant de les intégrer dans leurs rangs raréfiés et étroitement gardés. Il s’agit d’un système en boucle fermée qui est au cœur de la régulation des couches supérieures qui servent de tissu au mécanisme de contrôle de l’élite.

En ce qui concerne le rapport de Rasmussen, il est clair que la « super élite » sert à devenir des piliers d’influence dans la société, agissant comme des garde-fous pour mieux gérer et réguler les intérêts de la classe dirigeante la plus exclusive, liée à l’ancienne banque. des familles. En bref : il s’agit d’un pipeline bien huilé et hautement sélectif qui canalise continuellement les « bonnes personnes » – ambitieuses, mais malléables et serviles aux intérêts mondialistes – vers le sommet.

L’enquête de Rasmussen révèle à quel point ils sont déconnectés de la société ordinaire. Étant donné que leur milieu reste leur propre cohorte fermée, ces personnes ne se mélangent jamais vraiment et ne connaissent jamais les soucis ou les frustrations du travailleur moyen de la rue. Ils existent uniquement dans une réalité simulée parallèle, qui est renforcée pour eux quotidiennement par les moteurs générant des biais de confirmation des médias sociaux de gauche et par les grandes entreprises technologiques contrôlées et dominées par les libéraux, qui filtrent la société pour eux comme une paire de Lunettes AR.

Les extrêmes de leurs stations déconnectées sont observés quotidiennement, par exemple : 

La seule contradiction apparente est que ces élites « vivent majoritairement dans des zones géographiques dépassant une densité de population de 10 000 habitants par kilomètre carré ». Cette singularité implique qu’ils vivent dans de grandes villes comme New York, où ils seraient en fait contraints de se mêler quotidiennement à la plèbe . En réalité, nous savons qu’ils sont retranchés dans des quartiers aristocratiques hautement séquestrés au sein de ces villes, comme l’Upper East Side à Manhattan ou Kalorama à Washington. Étant transportés dans un service de voiture chic , ils daignent rarement croiser la route des roturiers pour lesquels qu’ils n’ont que mépris, à l’exception d’un petit détour symbolique au kiosque à café et à brioches du coin pour se persuader qu’ils sont « en contact » avec la société. 

Aucune meilleure représentation de cette classe n’a été filmée ces derniers temps que Cosmopolis, adapté par DeLillo et réalisé par Cronenberg.

Cosmopolis

Le film métaphorise parfaitement l’idée de la réalité cloisonnée des élites en plaçant toute l’intrigue dans la limousine de luxe du PDG impondérable ; sa seule connexion avec le monde réel, dont il a une faim névrotique, passe par les vitres pare-balles qui l’entourent comme des écrans numériques. Bien sûr, au-delà de cela, le film traite également des nombreux problèmes liés à la déconnexion entre l’élite et la plèbe, se terminant par un tournant violent avec l’un des travailleurs pathologiquement mécontents et sous-estimés du PDG.

À bien des égards, il s’agit d’un problème séculaire : les élites ont toujours existé dans des sociétés parallèles. Cependant, l’avènement des technologies numériques et des médias sociaux leur a permis de s’enfermer comme jamais auparavant dans une bulle de biais de confirmation toujours imperméable. Écoutez les interviews des principaux décideurs politiques de Washington, des gros bonnets du monde des affaires, etc., et notez comment ils se concentrent exclusivement sur les publications d’entreprise les plus grand public comme WaPo, NYTimes, etc. Cela devient sa propre boucle de rétroaction hermétique, auto-référencée, de plus en plus coupée du vrai monde éxtérieur du  monde de l’expérience humaine.

Comme le décrivait l’article précédent du NYPost 

Si l’Amérique veut éviter de sombrer dans cette boucle de rétroaction toxique, ses élites devront sortir de leur bulle, cesser de se conformer dans le but de se fondre dans la masse de leurs pairs myopes et commencer à répondre aux griefs légitimes de leurs compatriotes américains.

Cela explique notamment l’obsession des élites pour le changement climatique, car il s’agit d’un problème qui existe uniquement « sur le papier » – en tant qu’abstraction – et qui n’est pas ressenti de manière réaliste dans les milieux populaires. Les aristos qui reflètent à plusieurs reprises leur propre alarmisme aigu en chambre d’écho sur cette question se radicalisent de plus en plus, d’autant plus que – comme indiqué précédemment – ​​ils accordent beaucoup plus d’importance aux institutions d’autorité que le prolétaire moyen. Cela aboutit à la calcification de leur croyance aveugle dans des spectres comme le changement climatique, même s’ils n’y prêtent que du bout des lèvres et n’agissent pas en conséquence à la lumière d’une telle « menace » existentielle.

Le problème est exacerbé par les maux sociaux qui créent des divisions selon les sexes, donnant un poids disproportionné aux préoccupations centrées sur les femmes, selon la théorie de Longhouse :

La theorie de Longhouse fait référence à la remarquable correction excessive des deux dernières générations vers des normes sociales centrées sur les besoins féminins et les méthodes féminines de contrôle, de direction et de modélisation du comportement.

Les femmes sont naturellement programmées pour être plus sensibles – et donc plus influençables – aux impératifs d’ingénierie sociale qui s’approprient le récit actuel. Les hommes sont de plus en plus exclus de l’enseignement supérieur, ce qui signifie que même parmi les élites orientées vers le haut, les positions penchent de plus en plus vers the LongHouse :

Cette féminisation de la classe managériale peut être observée sous différents angles :

Comme tout le monde le sait désormais, ce sont les femmes célibataires qui font de loin le saut le plus disproportionné vers le pays démocrate, ainsi que vers des politiques hyperlibérales de plus en plus radicalisées – ce qui se reflète d’autres manières intéressantes :

En passant, un utilisateur de X a fait un commentaire pertinent sur la capture d’écran ci-dessous :

La majeure partie de l’histoire de l’effondrement des inscriptions masculines à l’université se concentre sur le fait qu’il est inquiétant que ces hommes n’épousent pas les opinions politiques des élites.

Mais l’une des disparités les plus révélatrices de l’enquête Rasmussen montre à quel point les élites sont déconnectées des questions économiques qui affectent le plus la plèbe – par opposition aux abstractions aériennes des questions de guerre de la culture intellectuelle marginale :

vous pouvez voir que pas moins de 82 % des élites pensent que Biden réussit en matière d’emploi, ce qui, par extension, signifie l’approbation de l’économie. Seuls 41 % des votants le pensent.

Ceci est particulièrement révélateur car l’emploi et l’économie sont les seules questions vitales directement ressenties par les électeurs ordinaires. Les élites n’ont que peu de liens avec cela, car peu importe l’ampleur du chômage, elles restent en sécurité dans leur vie aisée retranchée dans les couches supérieures.

Le dernier domaine qui, selon Rasmussen, l’a lui-même choqué, est la question de l’amoralité des élites. Il a constaté que près de 70 % des super-élites accepteraient que leur candidat triche plutôt que de perdre une élection. Seuls 7 % des électeurs réguliers nourrissaient de telles prédilections amorales .

Rasmussen a déclaré que ce projet a révélé le chiffre de sondage le plus effrayant qu’il ait vu en près de 35 ans d’étude de l’opinion populaire. Selon ses données, 35 pour cent des 1% (et 69 pour cent des 1% passionnés apr les élections ) ont déclaré qu’ils préféreraient tricher plutôt que de perdre une élection serrée. Parmi les Américains moyens, 93 % rejettent la tricherie et acceptent la défaite lors d’élections honnêtes. Seulement 7 pour cent ont déclaré qu’ils tricheraient. – –source

Cette question est des plus étonnantes, ne serait-ce que parce qu’elle présente de loin la plus grande marge de différence parmi toutes les autres questions. Cela explique à lui seul de nombreux maux de la société, notamment la facilité avec laquelle les élites influentes ont déjà prouvé qu’elles utilisaient leur richesse et leur influence considérables pour mettre « le pouce sur la balance » des élections de 2020.

Il n’est donc pas surprenant que cette culture omniprésente de l’amoralité se reflète dans tous les récits actuels menant aux élections de 2024 

L’article ci-dessus du Foreign Affairs – le journal officiel du Council on Foreign Relations – est particulièrement emblématique à cet égard, notamment parce que le CFR représente à bien des égards le totem de la super-élite en discussion. Le conclave n’est pas composé d’une seule classe particulière – comme les dirigeants mondiaux – mais cherche à mettre en réseau et à uniformiser l’ensemble du tissu de l’échelon supérieur, depuis l’élite des affaires jusqu’à la royauté bureaucratique et même les plus grands influenceurs de la culture pop comme Angelina Jolie, qui en est membre depuis des années.

L’article témoigne exactement des types d’hypocrisie inhérents à une grande partie de la classe dirigeante. Ils parlent de « buts louables » poursuivis par des « moyens indignes » au nom d’objectifs « libéraux » et démocratiques, mais le problème est le suivant : qui décide de ces « buts louables » ? Selon leurs estimations, renverser une variété de dirigeants peu recommandables, ou simplement « incompatibles », à travers le monde était un « objectif louable ». Mais l’approbation démocratique de ces orientations politiques par les citoyens est inhérente à la « démocratie » et aux idéaux très libéraux qu’ils prétendent défendre.

Dans l’Occident « libéral », ce petit groupe d’élites fait passer ses propres programmes égoïstes avec de faux euphémismes présentés comme des « idéaux démocratiques », alors qu’en réalité le peuple n’a pas son mot à dire sur tout cela. C’est pourquoi cette version de la « démocratie libérale » n’est rien d’autre qu’une contrefaçon pour réaliser les objectifs géopolitiques nécessaires à la domination continue de l’élite bancaire et financière mondiale.

Asservir vos propres citoyens dans un filet de mensonges n’est pas du tout un monde de « liberté » – c’est un asservissement intellectuel et moral, même si vos citoyens profitent involontairement du confort matériel d’un système construit sur une exploitation hideusement déguisée et prédatrice. Le problème est que de telles circonstances ne sont jamais durables à long terme : bien sûr, elles peuvent créer des conditions semi-utopiques pour votre propre progéniture, mais le reste du monde finit par se rendre compte de la fraude, exigeant leur livre de chair en guise de récompense. Il serait préférable pour les élites de cesser cette mascarade et de simplement dire la vérité : cela n’a rien à voir avec de nobles ersatz d’idéaux comme la « liberté » et le « libéralisme », mais plutôt avec la préservation de la primauté occidentale et d’un mode de vie privilégié ; c’est tout.

L’article est une parodie burlesque de l’hypocrisie : il insiste sur le point sur les politiques « d’agression » et « antilibérales » putatives de la Russie et de la Chine – comme l’« invasion » de l’Ukraine – tout en ignorant crétinément les transgressions, invasions et occupations bien plus nombreuses des États-Unis. divers États souverains, sans parler de la facilitation d’un génocide total et absolu à Gaza, pour lequel les États-Unis viennent de livrer un autre énorme lot de bombes à Israël au moment d’écrire ces lignes. Les élections en Chine et en Russie se sont également révélées bien plus démocratiques et « libérales » que celles de la fausse « production » électorale américaine, qui a vu une « victoire » volée évidente pour un candidat vilipendé en 2020, ou même que celle de la mascarade actuelle de l’invasion coordonnée. de millions de clandestins dans le but de bouleverser une autre élection « démocratique » en 2024. Les jérémiades essoufflées des fantassins de l’establishment ne sont rien de plus que des filets de sécurité désespérés destinés à diguer et à diguer l’édifice en ruine de leur Ancien Ordre suranné. 

Il suffit de voir les idéaux de « démocratie libérale » dont les élites se vantent si obstinément

Qui aurait cru que la démocratie était si compliquée ?

Et les idéaux « libéraux », censés défendre la liberté personnelle, font fureur ces jours-ci :

En réalité, tous ces termes et concepts ne sont que les artefacts de la façade shibboléthique érigée pour servir le paradigme de contrôle des élites. Tout cela est lié au sujet en question : la classe des 1 % du sondage de Rasmussen a créé un niveau suprapositionné d’institutions qui servent d’engrenage de préservation de la domination du système. La conception autoréférentielle est un mécanisme d’application idéologique délibéré destiné à diriger les « bonnes personnes » vers le sommet de la structure pyramidale, tout en gardant le contrôle des indésirables qui n’ont pas assez de sang bleu pour la soirée exclusive.

En fin de compte, l’auteur de l’article de Foreign Affairs sur l’amoralité ci-dessus, Hal Brands, est un bon exemple de ce même pipeline. Un aperçu de son wiki montre non seulement qu’il porte la marque « distinctive » d’un certain Henry A. Kissinger applaudi – précisément le type de pipeline Rhodes Scholar pour les élites dont j’ai parlé – mais qu’il a même assisté non pas à un, mais à deux. sur les 12 institutions « choisies » distinguées par Rasmussen

Cela fait de M. Brands l’enfant emblématique de cette classe d’élite isolée. Assis sur leurs innombrables allocations et sinécures somptueuses d’ONG, des personnalités comme Brands taillent leur vie en écrivant chape après chape malhonnête en poussant les programmes mondialistes les plus radicaux pour leurs contemporains olympiens, tous lointainement détachés des humbles préoccupations des roturiers

Pour une autre démonstration exemplaire de la déconnexion, ne cherchez pas plus loin que ce nouveau clip MSNBC sur le prochain brûleur de grange intitulé White Rural Rage White Rural Rage

Naturellement, les auteurs sont représentatifs du beau monde intellectuel et aisé decrit par Rasmussen : l’un d’eux est professeur de sciences politiques à l’Université du Maryland, l’autre est écrivain au WaPo et membre d’une « fondation » liée à une ONG périphérique qui incube précisément le type d’establishment en question.

Ces personnes finissent généralement par être couronnées comme « boursiers seniors » ou, ce qui est encore plus ridicule, comme « érudits » dans ces fondations douteuses ; des surnoms ambigus et autoproclamés censés évoquer l’érudition et l’autorité, qui ne représentent en réalité rien de plus qu’une nomination vide de sens de la part des institutions corporatistes mondialistes qui les ont désignés comme des factotums fiables et des diffuseurs de l’agenda Co-Glo.

Malheureusement, il n’existe pas de solution à la fracture sociale. Les institutions recevant des financements d’entreprises de toute nature peuvent être considérées comme capturées, car elles sont toujours soumises à des conditions. Il ne reste plus qu’à fuir, profaner et vilipender toutes les institutions afin que la rupture puisse éventuellement se transformer en un découplage total de la société originale et authentique. Une fois qu’un système parallèle est développé, les « institutions » vides d’anciennes conséquences devraient se dessécher et se ratatiner en carapaces écaillées, qui seront piétinées comme des croûtes de criquets

Une réflexion sur “Editorial. Pourquoi vous avez de bonnes raisons de vous révolter contre les élites. Eux et Nous.

  1. Je ne crois pas que le peuple soit moins intelligent ou plus paresseux pour consacrer du temps à réfléchir ou encore à la politique.
    La masse populaire individuellement et collectivement à ces potentiels.
    Elle a sans doute moins de temps à y consacrer que les « élites » car leur vie est plus exposée aux questions terre à terre de la survie. Il y a bien plus de gens du peuple que consacrent à ces questions qu’en apparence. Ils n’ont tout simplement pas les relais efficaces pour s’exprimer ni la force de la représentation de classe telle qu’elle a pu l’être au milieu du XXᵉ siècle (époque de toutes les victoires sociales).

    Je crois que la démocratie est un échec parce que les « élites » l’ont voulu ainsi.

    D’abord, l’accession politique n’est possible qu’à ces « élites » et souvent par népotisme, ensuite parce que toute voix d’incidente au sein des partis est écartée. Quant à l’émergence d’un nouveau parti, elle est très difficile vu les critères de représentation dans les parlements. Le système est fait pour perpétrer les mêmes rapports de forces. Il faut noter qu’au surplus, il n’y a plus d’alternative entre les partis politiques. Voter c’est choisir chou vert et vert chou. Cela depuis la trahison de Mitterrand en 1984. Tous les partis servent la même idéologie néolibérale, et cela, partout en occident, de la Nouvelle-Zélande à la Norvège, de la Corée du Nord à l’Autriche et en passant par plusieurs pays d’Amérique latine.

    Ensuite, le pari de la démocratie reposait sur l’idée l’instruction publique ferait de tous des citoyens capables de s’instruire, de réfléchir, de communiquer, d’élaborer sa propre opinion et de débattre. Bref, que l’instruction publique ferait des citoyens des hommes libres. Cela a plutôt bien marché jusqu’aux années 70 (Ha oui, jusqu’à Margaret Thatcher et Ronald Reagan). Depuis les années 80 (Ha oui, la trahison Mitterrandienne) l’instruction n’a plus eu comme objectif de transformer les enfants en soldats d’entreprise serviles et flexibles. Pour en être assuré, il suffit de regarder les légions de crétins qui sortent aujourd’hui des universités (même eux sont incapables de penser).

    Ajoutons aussi que toutes les victoires sociales durement acquises ont été décriées et discréditées au point que les combats, souvent ensanglantés, des anciennes, en sont devenus illégitimes. Il en a été de même pour les syndicats. Alors pourquoi se battre et avec qui ?

    L’autre outil de désociabilisation du citoyen a été le développement de l’hédonisme consumériste paresseux largement promu par la publicité et le sport qui aujourd’hui n’est plus en rien un jeu, mais est une vitrine publicitaire de l’idéologie néolibérale et du consumérisme. Les réseaux sociaux et les jeux vidéos étant un autre instrument du néolibéralisme pour déssociabiliser et abrutir les gens.

    Ce n’est pas dans la nature humaine d’être un exploité au travail et un consommateur entièrement accaparé le reste de son temps éveillé. Cela a été voulu. Et je ne crois pas que ce soit seulement un effet systémique du néolibéralisme, mais bien, n’ayons pas peur des mots, un complot ourdi par une tentative des « élites » qui, à leur propre étonnement, a parfaitement réussi.

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