L article ci dessous est publié chez Bloomberg que l’on ne peut soupçonner de sympathie pour le facteur « travail! »
Bloomberg est le porte parole libéral par excellence, c’est l’organe des marchés, du business, de l’hegemon et du capital en général !
Et il faut reconnaitre qu’il exécute correctement sa mission en projetant son regard idéologique sur l’actualité économique et financière. C’est un bon outil de travail pour qui se situe à l’intérieur du cadre, de la box, de la bouteille.
Pourtant il y a des évidences chiffrées que Bloomberg ne peut ignorer et la baisse continue de la part qui revient au facteur travail dans la production totale de richesse en fait partie.
Bloomberg a raison de le dire, c’est inquiétant, mais je ne suis pas certain que cela inquiète l’auteur de cet article pour les mêmes raisons que moi.
Je ne vous nulle part cet auteur s’inquiéter de la question du pouvoir d’achat des salariés et de la question centrale de savoir qui va acheter les richesses produites si ces salariés en ont de moins en moins les moyens!
L’autre versant de la part des salariés dans la production de richesses, c’est évidemment leur capacité à acheter ce qui est produit, une économie pour fonctionner a besoin d’une demande solvable. Et l’essentiel de cette demande doit bien venir des salariés même si la part des ultra riches dans le dépenses augmentent , ils ne peuvent tout consommer!
Note: je n’introduis pas ici l’incidence de la répartition sociale, la redistribution sociale démocrate car elle ne change rien au raisonnement ou à la logique du système puisque cette répartition est financée soit par prélèvements sur les salaires soit par l’accroissement des dettes étatiques .
Donc la question de la part des salariés débouche sur celle du pouvoir d’achat et celle de l’équilibre offre-demande . Il y a un gap, un fossé entre la masse de ce qui est produit et la masse de ce qui est offert.
Et comment est comblé ce déficit de demande? Pas par une hausse des salaires qui ferait chuter les profits , non elle est comblée par le crédit, par l’accroissement des dettes du système et celles des salariés. Pour produire une demande suffisante face à des revenus gagnés insuffisants, sans peser sur le taux de profit, il faut inciter les salariés à accumuler les dettes, ce qu’il font. Ainsi se génère une demande qui non seulement ne pèse pas sur le taux de profit, mais le bonifie puisque le profit d’exploitation productive du système est complété par un profit financier sur la collecte des agios.
Ah les braves gens!
Je ne vais pas faire le tour de ces questions car c’est pour ainsi dire l’objet de mon travail quotidien que de les analyser, non je veux simplement ajouter ceci:
la baisse de la part du facteur travail dans la richesse produite est inquiétante , certes mais elle n’est absolument pas mysterieuse,.
Il suffirait à notre auteur de lire un ou deux chapitres de Marx pour comprendre que les forces qui sont à l’œuvre pour produire la baisse de la part des salaires sont les forces d’accumulation du capital : ils s’accumule, il s ‘intensifie et donc il a besoin de plus en plus de profit pour se rentabiliser, l’intensification capitalistique complétée par le refus des crises de destruction du capital inefficace et en plus du capital fictif , tout cela produit un besoin de profit, lequel se manifeste , au travers de la mise en concurrence des salariés pour favoriser l’érosion continue des salaires.
La suraccumulation sans destruction , l’inflation de capital fictif, la baisse de la part des capitaux propres, le gonflement des rentes monopolistiques , l’intensification des équipements , tout cela produit un besoin de peser sur les salaires – surexploiter- et ce besoin est réalisé par la mondialisation, la délocalisation, l’immigration, la destruction des syndicats, la pulvérisation des lois sur le travail, la destruction des avantages acquis bref par la bonne vieille paupérisation relative.
Il y a un lien organique entre , l’excès de capital, l’exacerbation mondiale de la concurrence, la recherche de la productivité, l’intensification du capital, les progrès continus de la financiarisation, le gonflement des marges bénéfiaiciares en proportion des chifres d’afafirees, la tendance l’erosion de la profitabilité de la masse de capital et la chute continue de la part des salariés dans le produit mondial de richesses.
Le capital en se renforçant sans cesse a conquis le pouvoir politique, la domination culturelle, le pouvoir symbolique, le salariat en s’affaiblissant sans cesse a perdu tout cela, comme il laisse péricliter le pouvoir syndical et nous sommes dans un cercle cumulatif , auto entretenu.
Le système ne peut plus s’inverser, se corriger et redevenir harmonieux car les forces endogenes jouent en défaveur des contrepouvoirs.
La seule issue c’est, ce sont les contradictions systémiques internes; le système peut certes paupériser encore longtemps en raison de la Défaite Historique des salariés , mais il ne peut accumuler des dettes jusqu’au ciel et réduire sans cesse la part des revenus gagnés. Il doit à un moment donné se rééquilibrer, se purger. le système devient fragile, instable, impérialiste et ainsi il secrète sa propre destruction, sa négativite, sa négation.
La baisse de la part du travail est inquiétante et mystérieuse
Le pourcentage de la production économique que les travailleurs reçoivent en compensation diminue depuis des décennies, non seulement aux États-Unis mais dans le monde entier, et personne ne sait pourquoi.

Par Tyler Cowen
Tyler Cowen est chroniqueur chez Bloomberg Opinion, professeur d’économie à l’université George Mason et animateur du blog Marginal Revolution.

De mauvaises nouvelles s’annoncent pour les travailleurs. La part du travail dans le produit intérieur brut américain est en baisse depuis longtemps.
Elle est en baisse de sept points de pourcentage depuis la Seconde Guerre mondiale. La part du travail pour 2022 – selon la mesure exacte utilisée, elle s’élève à un peu plus de 60 % – est la plus basse mesurée depuis 1929.
Et il ne s’agit pas seulement de l’Amérique.
À l’échelle mondiale, la part du travail, c’est-à-dire la fraction de la production d’une économie qui revient aux travailleurs, a diminué de six points de pourcentage depuis 1980. Les chiffres suggèrent que la part du travail est en baisse dans 13 des 16 pays les plus riches du monde.
Soyons clairs, les chiffres ne sont pas aussi sombres qu’ils le paraissent. Ce qui importe à la plupart des travailleurs, c’est le montant de leur salaire, et non le pourcentage de la production économique qu’ils captent. Et dans la plupart des pays, les salaires réels augmentent depuis des décennies – et aux États-Unis, ils ont augmenté très rapidement ces derniers temps, surtout pour les plus faibles revenus .
Néanmoins, la baisse de la part du travail constitue un point de données intéressant qui soulève de profondes questions sur les marchés et l’économie. Les travailleurs ont-ils perdu leur pouvoir de négociation ? Les entreprises ont-elles un plus grand pouvoir de monopole ? Si tel est le cas, pourquoi ces tendances seraient-elles si répandues dans tant de secteurs aux États-Unis et dans tant d’autres pays ? Un monde plus globalisé, avec beaucoup plus d’entreprises, ne conduit logiquement pas à davantage de pouvoir monopolistique.
Les données suggèrent que les causes de la baisse de la part du travail sont assez générales. Aux États-Unis, par exemple, la plupart des secteurs affichent une baisse continue de la part du travail. La part du travail ne diminue pas parce que les secteurs de l’économie où la part du travail est faible se développent aux dépens des secteurs où la part du travail est élevée.
Combien gagnent les travailleurs ?
Aux États-Unis, la part du travail dans l’économie – le pourcentage de la production globale que les travailleurs reçoivent en compensation – est en déclin depuis des décennies.
Source : Bureau américain des statistiques du travail
Remarque : La mesure correspond à la part du travail pour tous les travailleurs du secteur des entreprises non agricoles.
Une explication possible du déclin de la part du travail est simplement que le coût du capital baisse depuis des décennies dans la plupart des pays. Ce développement profite très directement aux revenus du capital : il est moins coûteux de mobiliser des capitaux, ce qui ne profite qu’indirectement aux travailleurs. Bien entendu, avec la hausse récente des taux d’intérêt réels, il sera possible de tester si la part du travail dans les revenus fera son retour.
C’est en tout cas l’une des hypothèses les plus plausibles.
La mondialisation et l’automatisation sont deux autres tendances qui pourraient avoir rendu les marchés du travail plus compétitifs, du moins par rapport aux marchés des capitaux. Il n’est cependant pas évident que ces forces réduiraient davantage les rendements du travail que les rendements du capital. Le travail est-il plus mobile à l’échelle internationale que le capital ? Même si l’on pense que les entreprises américaines ont profité de l’achat de produits manufacturés bon marché en Chine et de leur revente aux dépens des travailleurs américains, cela n’explique pas pourquoi la part du travail en déclin a été si généralisée à travers les pays et les décennies. Si la mondialisation en était la cause, la part du travail devrait augmenter en Chine et dans d’autres grands pays exportateurs – mais c’est le contraire qui est vrai.
L’automatisation permettant d’économiser du travail reste une explication potentielle. Et l’émergence de l’intelligence artificielle pourrait encore réduire la part relative des travailleurs, surtout dans les secteurs des services.
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L’explication reste donc insaisissable, tout comme les remèdes. Dans la mesure où les tendances sous-jacentes à l’origine du déclin de la part du travail sont d’ordre technologique, il est difficile de les inverser. Certaines idées méritent néanmoins d’être approfondies.
- Il est difficile de se plaindre de la hausse des salaires : Jonathan Levin
- Le meilleur du marché du travail n’est pas suffisant : Kathryn Anne Edwards
- Le mystère de la baisse de la part du travail dans le PIB : Noah Smith
Sujet adjacent mais très intéressant :
« L’aide à mourir, «c’est l’ultime ruse du libéralisme pour faire des économies sur l’État-providence»
Jean Marc Sauvé aurait pu substituer « libéralisme » par « capitalisme ».
https://www.lefigaro.fr/actualite-france/jean-marc-sauve-l-aide-a-mourir-c-est-l-ultime-ruse-du-liberalisme-pour-faire-des-economies-sur-l-etat-providence-20240513
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pas besoin d’être PhD pour observer le nombre d’années de travail d’un salarié moyen necessaires pour acheter un appartement moyen a Paris entre 1974 et 2024 le rapport est de 1 a pres de 3…
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