7 mai – Axios :
« Les principaux dirigeants de l’IA nous disent qu’ils se battent pour surmonter les pénuries à l’ancienne – électricité, puissance de calcul, puces, données et talents en ingénierie – pour continuer à s’améliorer et à déployer. leur technologie qui change le monde…
Cette crise de pénurie est l’une des principales menaces pour l’Amérique qui développe l’IA à grande échelle et maintient son avantage sur la Chine sur les modèles à grand langage qui alimentent les outils d’IA.
Il faut une quantité insensée de données, puis une intelligence de programmation impressionnante… pour créer une IA de type humain.
Mais ce ne sont que des enjeux de table. Il faut ensuite une quantité insensée de puissance de calcul pour que leurs données et leurs travaux puissent exister, puis une quantité époustouflante d’énergie réelle pour que tout cela se réalise.
Il nous manque tout cela. Mark Zuckerberg, fondateur et PDG de Meta, a déclaré : « la production équivalente d’une centrale nucléaire peut être nécessaire pour former un seul modèle d’IA. »
30 mai – Financial Times :
« La demande stupéfiante d’électricité nécessaire pour alimenter la technologie de nouvelle génération oblige les États-Unis à s’appuyer sur la source de combustible d’hier : le charbon. Les dates de mise hors service du parc vieillissant de centrales électriques au charbon du pays sont repoussées car les inquiétudes concernant la fiabilité du réseau et les attentes d’une demande croissante en électricité obligent les opérateurs à maintenir leur capacité en ligne.
La décision de supprimer progressivement ces installations souligne un dilemme croissant auquel est confrontée l’administration Biden, alors que la course aux États-Unis pour devenir leader en matière d’intelligence artificielle et de fabrication entraîne une croissance sans précédent de la demande d’électricité qui entre en conflit avec ses objectifs de décarbonation.
L’Agence internationale de l’énergie estime que l’application d’IA ChatGPT consomme près de 10 fois plus d’électricité que la recherche Google.
27 mai – Financial Times :
« La Chine a conclu son plus grand cycle de financement à ce jour pour soutenir son industrie des semi-conducteurs en difficulté, avec le soi-disant Big Fund levant 344 milliards de RMB (47 milliards de dollars) pour aider le président Xi.
La volonté d’autosuffisance de Jinping fait face aux efforts américains visant à restreindre l’accès du pays aux dernières technologies.
Le troisième cycle du fonds, officiellement appelé Fonds national d’investissement pour l’industrie des circuits intégrés Phase III, est le plus grand pool de capitaux de Chine destiné aux entreprises et aux technologies d’amorçage afin de surmonter ce que Pékin appelle les « points d’étranglement » pour son industrie des puces… au milieu d’une course technologique croissante avec l’Occident et fait écho aux efforts de Washington et des capitales européennes pour développer leurs propres industries nationales de semi-conducteurs.
28 mai – Bloomberg :
« Une confiance galopante dans l’intelligence artificielle risque de répéter les erreurs de la bulle cryptographique d’il y a seulement deux ans, a averti le professeur d’économie et lauréat du prix Nobel Paul Romer. « À l’heure actuelle, on a beaucoup trop confiance dans la trajectoire future de l’IA », a déclaré Romer à Bloomberg TV… « Quand les gens projettent cela vers l’avant, je pense qu’ils risquent de commettre une très grave erreur. »
Merci à JC et Bruno Bertez pour cet échange.
« La critique de l’Intelligence Artificielle doit être radicale. »
C’est trop tard pour anticiper et trop tôt pour agir. Nous sommes dans ce que j’appelle la « guerre des puces ». Les contours actuels étaient plus que prévisibles et dénoncés depuis 2015-2017…
Nous sommes donc actuellement dans la concrétisation des craintes déjà soulevées.
Pour comprendre, il nous faut reprendre l’évolution de « l’informatique » depuis les années 70-80… avec les constantes « surprises » dans ces domaines numériques.
ex: Si Julian Assange est toujours privé de libertés, ce n’est pas simplement pour avoir dévoilé certaines pratiques ignobles… Et Matrix ne peut-être compris qu’en faisant des liens entre techniques-philosophies-sciences humaines…
Donc, l’ignorance est la clé du succès dans le développement informatique, et ça tombe bien puisque 99,9% ne peuvent plus suivre dans la « guerre des puces ».
Pour avoir une prise de conscience et être radical, il faut du savoir et de la volonté… pas de la niaiserie actuelle !
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Nietzsche : « Un siècle de journaux et tous les mots pueront ».
« La lecture quotidienne des journaux induirait, selon lui, le triomphe d’une opinion publique fantôme et mensongère aux dépens de la formation de l’opinion personnelle. ».
https://www.cairn.info/revue-l-enseignement-philosophique-2011-6-page-6.htm
L’IA est le nouveau maillon clef d’un système qui vise à bloquer la production d’individus capables de penser par eux-mêmes, d’esprits libres.
Combien de temps suffira-t-il à l’IA pour faire puer tous les mots ?
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La critique de l’Intelligence Artificielle doit être radicale.
C’est un abus de langage qui n’est pas innocent, qui est mystificateur, qui vise à faire passer pour Verité ce qui n’est que combinatoire de signes.
L’IA s’inscrit dans ce courant post moderniste qui veut que la vérité n’existe pas, que tout se réduise a l’opinion, aux effets de pouvoirs, de nombre, de statistiques .
Si la Verité n’existe pas si tout est relatif alors il n’existe pas de réfèrent extérieur, il n’y a que le pouvoir de celui qui a pognon pour produire les opinions de la masse.
C’est le règne de la Com, de la pub, de l’endoctrinement, de la mêmitude, règne de la production de l’Homme Nouveau qui va oublier la production et ses clivages/antagonismes et ne va s’apercevoir que de ce qu’il voit en surface: la consommation , le sexe, la race, etc.
L’IA repose sur des jeux de corrélations et escamote les relations causales, organiques car elle n’ y a pas accès.
L’IA s’inscrit dans le basculement consumériste, structuraliste et post marxiste qui convient si bien au très grand capital financier.
Poser l’IA Comme une intelligence c’est une opération démiurgique puisque c’est la négation de l’Humain comme expérience de la rencontre du sens, du vrai, du vécu . C’est par exemple remplacer l’expérience de l’amour et « du faire l’amour » par le spectacle pornographique et la masturbation de groupe .
Poser l’IA comme une intelligence c’est réduire l’Humain a deux dimension, la dimension horizontale de surface et nier la verticalité. C’est nier l’articulation REEL/IMAGINAIRE/SYMBOLIQUE; c’est Googliser le monde.
Imposer l’IA c’est imposer les équivalences du haut vers le bas ,des plus forts, des plus riches au détriment des équivalences produites par la société civile, de bas vers le haut.
L’IA s’inscrit dans la théorie relativiste véhiculée par des gens comme Michel Foucault.
Elle est d’ores et deja conçue et mise en place comme outil de pouvoir et de renforcement du triptyque aliénation/exploitation/contrôle .
L’IA crée un monde homogène imaginaire de signes mais sans que ceux soient articulés au Réel.
L’IA cherche imposer l’équivalence entre l’imaginaire, produit par le système capitaliste et le Symbolique produit par l’Humain grâce à son accès au langage, à la raison et à l’expérience.
Hélas les clercs manquent à tous leurs devoirs, ils trahissent comme c’est le cas depuis des décennies, les clercs ont mis leur savoir au service des ultra riches et des détenteurs du pouvoir, ils ont cessé d’essayer d’éclairer les masses et de payer leur dette à la société qui les a produits .
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« Hélas les clercs manquent à tous leurs devoirs, ils trahissent comme c’est le cas depuis des décennies, les clercs ont mis leur savoir au service des ultra riches et des détenteurs du pouvoir, ils ont cessé d’essayer d’éclairer les masses et de payer leur dette à la société qui les a produits . »
Pour mon gourou René Thom les racines de la « trahison des clercs » sont plus anciennes :
« Pourquoi, au début de la pensée philosophique, les Présocratiques, d’Héraclite à Platon, nous ont-ils laissé tant de vues d’une si grandiose profondeur? Il est tentant de penser qu’à cette époque l’esprit était encore au contact quasi-direct de la réalité, les structures verbales et grammaticales ne s’étaient pas interposées comme un écran déformant entre la pensée et le monde. Avec l’arrivée des Sophistes, de la Géométrie euclidienne, de la logique Aristotélicienne, la pensée intuitive a fait place à la pensée instrumentale, la vision directe à la technique de la preuve. Or le moteur de toute implication logique est la perte en contenu informationnel : Socrate est mortel renseigne moins que Socrate est un homme. Il était donc fatal que le problème de la signification s’effaçât devant celui de la structure de la déduction ; (…) La formalisation -en elle-même, disjointe d’un contenu intelligible- ne peut être source de connaissance. »
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Bonsoir M. Bertez
Hé m’gamin, Manu, ‘coute ben, j’te dis quoi : y faut mint’nant qu’ti cuises eut n’hamburger avec eune bougie chauffe plat vu qu’on a b’soin de l’électricité pou fair’eud’l’intelligence artificielle qu’elle va t’libérer d ton boulot et t’rimplir ton dossier de d’minde d’RSA à pol’imploi du Touquet! Faut êtt’ modern’ biloute!
Cordialement
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