La victoire du RN au premier tour des élections législatives repose sur un socle solide .
Ses électeurs se sont mobilisés, ils sont déterminés. Il y n’y a pas eu de déchets par rapport aux votes en faveur de Marine ou de Bardella antérieurs.
Le vote RN est un vote positif.: Alors que l’inquiétude est le sentiment dominant chez les Français l’espoir l’emporte chez les proches du RN
Les électeurs du RN ont exprimé un vote clairement d’adhésion : 52% ont voté sur le programme tandis que 43% ont voté sur l’étiquette.
L’immigration (71%) et la sécurité (64%) dominent nettement, devant le pouvoir d’achat (59%) chez les électeurs du RN
Et surtout ce qui est le plus important pour moi c’est ceci:
Le RN arrive en tête de ce scrutin et obtient ses meilleurs scores……
chez les 35-59 ans (40%),
chez les CSP- (50% dont les ouvriers 56%) et
chez ceux qui se sentent appartenir aux populations défavorisées (61%).
Ceci confirme mon analyse récurrente et donc le point de vue que je développe régulièrement sur l’électorat du RN: c’est l’ancien électorat des exploités, des ouvriers, des nouveaux laissés pour compte, de ceux qui sont paupérisés et ringardisés par les élites.
Je ne crains pas de dire âpres analyse du scrutin, que les électeurs du RN cette fois ci sont le fer de lance des 99% qui souffrent de la domination du 1%. Non ce n’est pas Melenchon, Glucksman et leurs bobos intellos qui constituent ce fer de lance à la Chantal Mouffe..
Ce sont les vraies victimes de la modernité imbécile et de la mondialisation financière.
Dans la dialectique historique le RN est le vrai négatif qui s’oppose au mouvement du capitalisme mondialiste sénile devenu financier. Ce sont ceux qui n’ont plus rien à perdre, ce sont ceux qui portent l’espoir de millions de français; à ce titre je ne crains pas de dire que le RN est dans sa partie majoritaire, la force politique qui a remplacé les anciens partis de gauche, du temps d’avant que ces partis ne deviennent de « gôche ».
S’agissant de l’âge et de l’activité il est vraiment représentatif des forces vives du pays alors que le Nouveau Front Populaire est représentatif des bobos et que les autres sont représentatifs des Vieux.
Ceci infirme la thématique des intellectuels anti RN qui prétendent que c’est un parti de droite au service du Capital.
Cette remarque n’exclut pas le fait que le Capital instrumentalise le RN pour produire un échiquier politique absurde et ingérable afin de conserver le pouvoir par défaut.
Il faudra ou il faudrait au RN un personnel de qualité et une bonne perspicacité historique pour échapper à ses déterminations louches anciennes et poursuivre sa mue/mutation. A ce stade il n’est pas encore tout à fait à la hauteur de la mission historique objective qu’il récolte.
Les couches sociale qui votent RN méritent le respect et non le mépris au delà du parti qui les représente et si les origines, maintenant lointaines de l’ancien Front National peuvent être stigmatisées, les citoyens qui actuellement votent RN ne doivent pas l’être. Ils doivent être respectés et surtout réintégrés à la société aussi bien civile que politique.
Le vrai programme politique d’avenir, mais il n’a aucune chance d’etre mené par qui que ce soit, c’est la réintégration de l’électorat du RN dans le jeu national, ceci doit se faire authentiquement , avec bonne volonté et respect: on ne peut perpétuellement accuser les pauvres d’être pauvres et moins éduqués, sans dents. Ce n’est pas une attitude politique digne que de les diaboliser ou les ringardiser; la bonne attitude c’est de tenir compte de leur situation et surtout de leur demande.
Certes cette demande sur les questions migratoires et sécuritaires est problématique car elle va à contre courant des politiques des élites mondiales et elles ne se privent pas de les diaboliser , mais elle est partagée par de nombreuses autres couches sociales.
Ces questions doivent etre traitées avec humanité , art, doigté et retenue et non pas de façon péremptoire.
| Une participation en forte hausse par rapport aux législatives de 2022, dans toutes les catégories Avec une participation estimée (non définitive) à 67%, on enregistre un bond de 20 points par rapport au 1er tour de 2022.Si cette participation se confirme, ce serait le plus haut niveau atteint aux législatives depuis 1997 (67,9%). Ce rebond s’observe dans toutes les catégories de la population même si la participation continue de progresser avec l’âge des personnes interrogées et même si elle reste plus forte dans certaines catégories plus aisées ou plus diplômées. Ainsi, les jeunes de 18-34 ans sont 59% à être allés voter (chiffre identique pour les 18-24 ou les 25-34 ans) versus 64% chez les 35-49 ans, 68% chez les 50-64 ans et 77% chez les 65 ans et plus qui traditionnellement sont ceux qui votent le plus. En termes de sympathie politique, on observe que toutes les sensibilités politiques se sont mobilisées dans des proportions identiques et de façon marquée : 80% des sympathisants de gauche, 79% des sympathisants LREM, 72% des sympathisants LR et 80% des sympathisants RN sont allés voter. Ce sont les Français se déclarant proches d’aucun parti qui ont le moins voté (44%).Les Français qui se sentent défavorisés ne sont que 55% à être allés voter contre 76% de ceux qui se déclarent appartenir aux classes aisées ou supérieures. L’inquiétude, sentiment dominant chez les Français même si l’espoir l’emporte chez les proches du RN En ce dimanche électoral, le sentiment dominant chez les Français est l’inquiétude, cité par 50% d’entre eux. Il devance de loin l’espoir (24%), deux fois moins important, la colère (15%), l’indifférence (15%) et l’impatience (14%). Mais ces résultats cachent d’importantes disparités, notamment selon la sympathie politique des électeurs. L’inquiétude dominait à gauche (66%) ainsi que chez les sympathisants de la majorité présidentielle (71%) ainsi que de LR (54%). A contrario, l’espoir l’emporte largement chez les sympathisants du RN (54%) mais aussi ceux de Reconquête! (60%). L’inquiétude est plus marquée chez les personnes qui se considèrent comme appartenant aux classes sociales aisées ou privilégiées ainsi que dans les classes moyennes, notamment supérieures. En revanche, les sentiments sont plus disparates chez les personnes se considérant appartenir aux classes populaires ou défavorisées. L’inquiétude est encore plus forte chez les votants (55%) et constitue ainsi peut-être un levier du vote, mais c’est aussi le cas de l’espoir (31%). Chez les abstentionnistes, si l’inquiétude arrive aussi en tête, c’est dans une moindre mesure (40%), tandis que la colère (20%) et l’indifférence (29%) sont assez présentes. Les raisons de l’abstention Les raisons de l’abstention sont assez classiques : le sentiment que cette élection ne changera rien à leur quotidien (26%) arrive en tête chez ceux qui ne sont pas allés voter, devant l’impression que les jeux sont déjà faits (20%).17% des abstentionnistes évoquent le fait que l’offre politique ne leur correspond pas, aucun candidat n’ayant trouvé grâce à leurs yeux .Sociologie des électorats Le RN arrive en tête de ce scrutin et obtient ses meilleurs scores…… chez les 35-59 ans (40%), chez les CSP- (50% dont les ouvriers 56%) et chez ceux qui se sentent appartenir aux populations défavorisées (61%). Il a mobilisé fortement son électorat : 91% des électeurs de Jordan Bardella aux européennes et 92% des électeurs de Marine Le Pen en 2022 ont voté pour lui. Chez les jeunes (18-24 ans), le RN obtient 29% et arrive en 2ème position, derrière le Nouveau Front Populaire (45%). Chez les 25-34 ans, en revanche, RN et NFP sont à égalité (33%). Le RN réussit à capter le vote de 25% des cadres, quasi à égalité avec Renaissance et derrière le NFP. Mais aussi 28% des sympathisants LR. Le Nouveau Front Populaire fait ses meilleurs scores chez les 18-24 ans (45%), les cadres (31%) et dans l’agglomération parisienne (30%). Il a bénéficié – mais pas à plein – des reports de voix des Européennes, en captant 87% des électeurs de Manon Aubry, 70% des électeurs de Raphaël Glucksmann et 65% des électeurs de Marie Toussaint. Renaissance arrive en tête chez les personnes âgées de 70 ans et plus (33%) ainsi que chez les individus qui se disent appartenir aux classes aisées et supérieures (31%). Le parti présidentiel est désormais devancé chez les cadres par le NFP. Seuls 55% des électeurs d’Emmanuel Macron de 2022 ont voté pour son parti. Il ne fait pas le plein des électeurs de Valérie Hayer mais cette perte est compensée par des apports venus de Xavier Bellamy (33%) ainsi que d’une partie des électeurs de Raphaël Glucksmann (14%) et de Marie Toussaint (15%). Des motivations du vote très éclatées, entre raison et adhésion Les électeurs du RN ont exprimé un vote clairement d’adhésion : 52% ont voté sur le programme tandis que 43% ont voté sur l’étiquette. Ils ont surtout voté en fonction d’enjeux nationaux (87%), plus que les autres électorats. Enfin, ces électeurs ont voulu exprimer leur mécontentement à l’égard d’Emmanuel Macron (74%). Les électeurs du NFP témoignent de logiques plus variées : si 43% ont voté par adhésion au programme, une proportion similaire (44%) l’a fait pour faire barrage. Dans le détail, ces résultats sont contrastés selon les mouvances qui composent le Nouveau Front Populaire :Pour les électeurs de LFI, l’adhésion au programme l’emporte (60%)… tandis que ce n’est le cas que de 33% des électeurs de R. Glucksmann ayant voté pour le NFP, qui ont davantage voulu faire barrage à un autre candidat (41%). Ils ont également davantage voté « par dépit » qu’en moyenne : 30% ont choisi le candidat le « moins pire de tous ». Les électeurs des listes Ensemble ont voté à la fois pour l’étiquette (35%), pour faire barrage (32%) ou par « dépit » (35%). Ce sont les plus partagés de tous les électeurs, avec les 10% d’électeurs LR et divers droite. Le pouvoir d’achat, motivation principale de ce scrutin, devant toute autre Le pouvoir d’achat est cité par 48% des votants comme le principal critère ayant motivé leur vote, loin devant la sécurité (37%), la situation économique de la France (35%), l’immigration (33%) et l’identité et les valeurs de la France (31%). On note de fortes disparités selon les électorats : Chez les électeurs du RN, l’immigration (71%) et la sécurité (64%) dominent nettement, devant le pouvoir d’achat (59%) Chez les électeurs du NFP, le pouvoir d’achat (52%) arrive quasiment au même niveau que les inégalités sociales (48%) Chez les électeurs d’Ensemble, la situation économique (51%) écrase tout le reste, les valeurs de la France (32%) arrivant 2e. Les enjeux internationaux sont davantage mentionnés qu’en moyenne (29%). L’électorat LR évoque des raisons éclatées entre pouvoir d’achat, situation économique de la France, sécurité, identité et valeurs de la France. — Sondage réalisé du 30.06.2024 au 30.06.2024 |
Adelaïde ZulfikarpasicDirectrice Générale de BVA France CONTACTER PAR EMAIL |
EN PRIME
Le FT reconnait lui aussi
Au lendemain du premier tour des élections législatives françaises, le Rassemblement national d’extrême droite est devenu le premier choix des électeurs les plus « défavorisés » de France
Adelaïde Zulfikarpasic
Si les français n’avaient pas montré qu’on pouvait facilement leur faire peur avec une grippe et qu’ils étaient prêts à servir de cobaye à des vaccins expérimentaux pour avoir le droit d’aller au resto , la caste res respecterait davantage et ne mépriserait pas leur vote une fois de plus.
La résistance ne se fait pas que dans l’isoloir puisque nous ne sommes plus en démocratie.
il faut montrer les crocs.
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Bonjour M. Bertez
Je suis triste de voir mon pays dans cette situation créée par la classe politique mise en place et maintenue par les Français depuis plus de 40 ans…..
Nous pouvons cependant nous en remettre: Azincourt, Waterloo, Sedan et juin 40 ne nous ont pas détruits…..
Merci d’avoir publié cette analyse qui résonne avec l’expérience de Vince Jarousseau tel qu’il la relate dans son entretien avec Aude Ancelin.
Tout ce que je vois autour de moi depuis quelques années est conforme à l’analyse de Mme Zulficarpasic.
Il y a tout de même un fort rejet de Macron qui s’ajoute au fond.
Dédions lui ces quelques vers de Shelley:
. »….Et sur le piédestal apparaissent ces mots :
« Mon nom est Ozymandias, Roi des Rois.
Voyez mon œuvre, ô puissants, et désespérez ! »
Auprès, rien ne demeure. Autour des ruines
De cette colossale épave, infinis et nus,
Les sables monotones et solitaires s’étendent au loin. »
Cordialement
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Cher Monsieur Bertez, très bonne analyse de la désaffection des masses pour le programme bobo idéaliste frelaté de la Gauche deuxième ou troisième droite. Malheureusement, le système est condamné à produire des fausses promesses et le pantin Bardella est la dernière en date. Si vous ne l’avez pas fait, je vous engage à lire l’essai de l’ami Jean-Pierre Garnier sur le Grand guignol de la gauche radicale dont le triste Ruffin est un représentant. Cordialement
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