Vous lirez ci dessous l’analyse et le commentaire de Maxime Tandonnet , de bonne qualité comme d’habitude.
Bien entendu ce n’est pas le point de vue qui est le mien, c’est évident mais c’est précisément parce que ce n’est pas le mien que je vous le livre.
Tandonnet écrit « in the box », en honnête homme, c’est à dire en se plaçant l’intérieur du système et en faisant ressortir à la fois le lamentable et le souhaitable.
Moi j’écris sur le système, plutôt contre le système, en en montrant les aspects négatifs et les aspects positifs lesquels, combinés produisent le changement c’est à dire l’Histoire.
Je ne défends pas l’ordre ancien, je constate qu’il est en crise existentielle; au contraire je salue le désordre actuel comme porteur -à terme plus ou moins éloigné- d’un nouvel ordre plus satisfaisant.
En passant je suis heureux de constater que la question centrale de la gouvernabilité du pays de France est celle de la dette: on bute dessus, on la considère comme l’obstacle majeur . La dette est ce qui a permis au système de se prolonger et ici on voit bien que ce sur quoi la nouvelle majorité, qui n’en est pas une, se casse le nez c’est la dette.
La dette est comme la langue d’Esope la meilleure et la pire des choses , elle permet de prolonger et de survivre, de repousser les échéances mais elle est aussi l’obstacle suprême, le mur , la statue du Commandeur qui se dresse devant Don Juan et lui dit que c’est l’Heure des Comptes..
Donc le chaos me convient comme phase inéluctable, incontournable d’une remise en ordre plus adaptée à l’état du monde; le chaos exprime la victoire des forces de vie, de Dionysos, sur les forces de mort Apollonienne , la victoire du mouvement sur l’immobilité, la victoire de la dialectique sur le positivisme mortifère bourgeois. Bref le chaos c’est la revanche de Nietzsche sur Keynes!
Finalement si vous me suivez, vous acceptez cette idée qu’il faut que tout aille plus mal, au sens bourgeois bien sur, pour enfin pouvoir faire émerger quelque chose qui pourra être considéré comme un « mieux ». C’est toujours l’idée que « le serpent ne survit que de sa mue » qui était chère- trop chère pour eux d’ailleurs- aux anciens chevènementistes avant qu’ils ne sombrent dans l’idolâtrie du républicanisme…
Les décisions de Macron peuvent être analysées et considérées comme des révélateurs; révélateurs de sa stupidité, de ses prétentions injustifiées à la supériorité intellectuelle. Révélateurs d’une faille que j’ai pointée dès le premier jour; cet homme n’a aucune capacité de jugement.
Ce sont des révélateurs de l’inadéquation et de la péremption du système des partis actuels en France, ce sont des révélateurs de l’émiettement des classes et des catégories sociales françaises , ce sont des révélateurs de l’impasse et des contradictions produites par notre appartenance à des ensembles comme l’Europe et le Marché Mondial. Ce sont des révélateurs du développement inégal qui caracterise le système français.
je pourrais énumérer longtemps encore la liste de ce dont quoi les décisions de Macron sont révélatrices, la lutte des classes sous jacente au régime Français, le poids des mystifications qui cherchent à masquer cette réalité de la lutte des classes , mais ce serait trop m’éloigner de la politique politicienne et du théâtre de guignols qui sont ici le sujet .
Sachez cependant que toutes ces révélations juste signalées et non analysées , sont des émergences de la Vieille Taupe; elle montre sa tête, tout comme la vérité montre sa tête dans la faille des lapsus et exprime la vérité du sujet.
History is again on the move.
Législatives 2024 : le triomphe du chaos absolu
Publié le 8 juillet 2024
par maximetandonnet
Il a perdu la maigre majorité relative dont il disposait. Le parti présidentiel Renaissance en sort très affaibli. La gauche sous le label Nouveau Front Populaire (NFP) incluant la France Insoumise (LFI) est vainqueur du scrutin et obtient une petite majorité relative qui ne lui permet pas de réaliser son programme. Le RN se voit renforcé mais bien loin de triompher contrairement aux diverses prévisions. Bref, l’opération jupitérienne a tourné au fiasco débouchant sur le scénario du pire pour le chef de l’Etat. Elle se traduit par l’émergence d’une situation parlementaire encore plus chaotique et ingérable que la précédente.
« Quand un homme que l’on suppose intelligent et qui l’est prend une décision d’une absolue bêtise c’est que la dimension psychologique a pris le pas sur la réflexion et la raison […] cette dissolution est le résultat d’un narcissisme poussé à un état presque pathologique » écrit Alain Minc qui fut l’un des plus fidèles soutiens d’Emmanuel Macron.
Certes, mais ce constat ne doit pas dispenser de s’interroger sur la responsabilité d’un système politique. Un régime entièrement fondé sur la sublimation d’un homme, une élection présidentielle sous influence, l’exubérance narcissique pour cacher l’impuissance et l’échec, dans un climat de béatitude courtisane, peut-il conduire à autre chose que la déconnexion ?
Le président Macron a parié sur un élan populaire lui rendant une majorité absolue. Il semble n’avoir jamais pris la mesure de la profondeur de son impopularité.
Le résultat est désastreux. Jadis, sous les IIIe et IVe République, les mouvements politiques adverses siégeant à la chambre basse étaient liés par une éthique de reconnaissance mutuelle – tous issus du suffrage universel – permettant le dialogue et les compromis. Bien au contraire, aujourd’hui, dans cette Ve République dénaturée, les trois principales forces en présence se haïssent et s’excluent les unes des autres sur des bases névrotiques et braillardes qui écrasent le sens de l’intérêt général. Pour LFI, le RN représente le mal absolu – et réciproquement. Renaissance exclut de gouverner avec l’un comme avec l’autre. Aucune coopération n’est concevable. L’impasse est totale. La France politique est déchirée en trois et toujours plus ingouvernable.
Cette élection, marquée par une participation élevée de 67% aura-t-elle au moins la vertu de réconcilier les Français avec la politique ? Improbable, tant son déroulement a donné lieu à un festival de manipulations qui en fragilise la légitimité populaire. Bref, en deux semaines, on s’est beaucoup moqué des Français.
En toile de fond a régné le spectre obsessionnel d’une majorité absolue au RN et l’arrivée à Matignon d’un tout jeune homme de 28 ans inexpérimenté mais absolument libre une fois à Matignon d’appliquer un projet « d’extrême droite ». Or, compte tenu des réalités politiques et électorales d’une part, des aléas d’une cohabitation, des contraintes financières, juridiques et européennes d’autre part, un tel scénario, en toile de fond de tout le scrutin, relevait largement de la politique fiction. Cette perspective illusoire a dominé le vote du début jusqu’à la fin comme une vaste mystification.
Le matraquage « antifasciste », devenu un rituel obligé des entre-deux-tours en France, a dès lors fonctionné à plein régime. Une fois de plus, la France est entrée en hystérie. Le RN est soudain redevenu pour la circonstance, « le parti cofondé par des Waffen SS ». Des artistes ont signé des pétitions. Des hauts fonctionnaires et magistrats ont prôné la désobéissance et les syndicats ont annoncé un blocage, sur fond de chantage à la violence d’extrême gauche. Les haines ont déferlé sur la campagne, avec 51 candidats blessés. Et dans ce contexte apocalyptique, le système politico-médiatique a cru bon de promouvoir Kilian M’Bappé en ultime autorité morale.
Un « front républicain » s’est donc reformé associant dans la même alliance M. Hollande avec des individus convoqués par la justice pour « apologie du terrorisme ». Renaissance a changé de cap entre les deux tours, acceptant de nouer des accords de désistement avec la gauche, dont LFI, jusqu’alors considéré comme l’autre « diable ». Après avoir honoré M. Bardella en le recevant à Matignon le 19 janvier et lui avoir fait cadeau d’un débat en tête-à-tête pendant les Européennes, M. Attal, reprenait le flambeau du « barrage contre l’extrême droite ». Un sommet de la magouille politicienne, fondé sur une mystification – le fascisme au pouvoir – semble avoir été atteint.
Tous les partis vont se dire gagnants.
De fait, la manœuvre jupitérienne ne compte qu’un seul perdant : les Français de bonne foi, qui ont espéré de ce vote un changement mais retrouvent une sorte de statu quo en pire, une Assemblée ingouvernable et une politique française sombrant dans le chaos absolu. Combien ce psychodrame absurde de deux semaines, dont le seul effet sera d’aggraver l’impuissance publique aura-t-il coûté au pays, en termes de déchirements hystériques, de tension entre les Français, de radicalisation à droite comme à gauche, de violences, de peur et d’angoisses, d’espoirs déçus, de pertes pour l’économie française et de temps perdu ?
La France entre dans l’inconnu, une période de trouble profond dont nul ne voit l’issue. Le drame puisse-t-il au moins entraîner une prise de conscience de ce que la France a besoin d’une authentique révolution démocratique et refondation de son modèle politique.
MT
En prime , un petit coup de Castelneau
Le 30 juin dernier, le RN caracolait à 34 % des voix dans une élection qui avait vu une forte mobilisation (par rapport aux scores précédents). Ce que l’on n’avait pas vu c’est que ça voulait dire que 66 % des Français étaient contre le RN et les couches populaires qui le soutiennent.
On avait oublié leur passivité devant le massacre policier et judiciaire des gilets jaunes et les 58% de Macron en 2022.
Alors, c’est vrai que par certains aspects le RN n’est pas très ragoûtant. Mais prétendre que c’est un parti fasciste des heures sombres des années 30, est simplement une blague. Du théâtre comme disait Lionel Jospin.
Alors on se pose la question : pourquoi Mélenchon, les écolos, les faux cocos, les traîtres génétiques du PS ont encore une fois sauvé le cul de Macron ? En votant tranquillement sans aucun état d’âme pour Darmanin, Borne et la plupart des gangsters qui entouraient Macron. Sans oublier bien sûr l’élection de la limace Hollande.
C’est qu’en fait, ils sont comme majorité des Français et s’accommodent très bien du néolibéralisme macronien et de son techno-fascisme corrompu.
La dégringolade de leur pays ne leur pose aucun problème sérieux.
Le vote du 7 juillet n’a rien à voir avec un « antifascisme » réel, mais plus simplement avec l’envie de continuer comme ça.
Quoi que l’on pense de ses capacités et de ses orientations, la très éventuelle arrivée du RN à proximité du pouvoir aurait constitué une rupture et provoqué une crise politique pouvant déboucher sur un changement de direction.
En impliquant les couches populaires et en ralentissant l’effondrement.
Pour essayer d’extirper la France du marécage belliciste pestilentiel dans lequel l’Occident sous direction américaine s’enfonce. Mais ça, les couches moyennes et ceux qui les représentent ne veulent rien entendre. « Faut pas pleurer sur le lait renversé camarade. La lutte des classes ça existe et tu es du mauvais côté de l’Histoire, c’est tout. »
Le résultat des élections montre qu’une majorité de français ne veut pas de changement. Les français veulent que tout continue comme avant (que l’Etat dépense tous les ans 200 milliards d’euros de plus qu’il ne collecte en impôts). Ils veulent continuer de vivre aux crochets de la collectivité et des créanciers de la France. La France, son indépendance, sa souveraineté, sa prospérité, son identité, sa puissance? Ils s’en foutent totalement. Ils veulent du pain et des jeux en abondance.
Ce qu’ils ne soupçonnent pas malheureusement c’est que la fête est pratiquement finie. Avant les élections une crise de la dette française était probable, maintenant elle est certaine. Cette crise financière risque d’arriver assez vite. Ce sera une crise à la grecque, mais puissance dix. Le RN devrait être soulagé d’avoir raté la majorité absolue : au moins on ne pourra pas lui imputer l’effondrement financier qui vient (Macron aura aussi raté cela).
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J’abonde dans votre sens, c’est la tronche dans le sceau de merde qui les forcera à sortir du grand bouillon d’illusion dans lequel la grenouille ne s’est pas encore aujourd’hui s’ébouillanté.
Sidération puis reprise en main de la conscience en mode vigile… Histoire de dire que la phase hypnagogique a bien une fin et que celle nécessaire de l’apprentissage sur cette réalité qui leur apparaitra comme « nouvelle » surgira comme une évidence fatale car nécessité fait loi… A d’autres les pleurnicheries et la recherche de bouc-émissaires servis par leurs maitres.
Ce qu’ils niaient jusqu’ici tant que leur survie et l’espoir ne rencontraient pas encore le mur de la contrariété situé devant eux et que la survie en milieu devenu hostile, par l’état conditionné de la subsistance manquante, conditionna leur nature physiologique à exiger d’eux un effort surpuissant pour survivre et donc aussi de réadaptation à un quotidien manifestement étranger à toutes leurs attentes et prévisions. L’ogre finit toujours de vouloir consommer ses enfants comme le serpent à force de se mordre la queue en oublie qu’elle fait partie de lui-même. Le Système fait sa mue malgré lui et nous de même.
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