Document. Abandonnez toute illusion, voila comment « ILS » pensent et vous n’y échapperez pas.

L’élite qui détient le pouvoir pense comme cela et que vous soyez d’accord ou pas, peu importe, qu’elle voie juste ou pas, peu importe également , elle imposera sa gouvernance. Tout va dans la même direction comme dans les années 30. Il faut sous les prétextes les plus divers imposer sinon la baisse des salaires directs et indirects , du moins celle des niveaux de vie. La transition climatique, le vieillissement, le ralentissement prévu de la croissance, le réarmement, tout va dans le même sens, vous devez rétrograder.

Le climat, la démographie et les fissures géoéconomiques sont les principaux défis, selon l’économiste de l’UE Rolf Strauch

Rolf Strauch est économiste en chef et membre du conseil d’administration du Mécanisme européen de stabilité (MES) et du Fonds européen de stabilité financière. Titulaire d’un doctorat en économie de l’Université de Bonn en Allemagne, Strauch a précédemment travaillé à la Banque centrale européenne et à la Deutsche Bundesbank.

  • L’économiste européen Rolf Strauch évoque le changement climatique, la fragmentation démographique et géoéconomique et les défis financiers de l’économie mondiale

Kandy Wong

Monsieur Strauch, vous avez mentionné que le changement climatique est la prochaine grande menace financière. Pourquoi pensez-vous que cela est important pour le secteur financier; les institutions mondiales s’adaptent-elles suffisamment pour faire face à cette nouvelle menace en prenant en compte la situation européenne et son objectif climatique ?

Le changement climatique est en effet l’une des trois grandes tendances qui affectent l’économie mondiale, après la démographie et la fragmentation géoéconomique.

Nous devons reconnaître que le secteur financier est un secteur de connexion au sein des économies, car il peut soit absorber et atténuer les effets du changement climatique, soit amplifier les effets de ce dernier sur l’économie.

Cela dépendra en grande partie de la capacité des flux financiers à atténuer l’impact du changement climatique ou à les perturber davantage.

Je fais généralement une distinction entre les risques de transition et les risques physiques liés au changement climatique.

Les risques de transition sont liés à une économie plus durable et plus neutre en carbone. Cela nécessite de nombreux changements de politiques. Et ces changements entraînent des risques de réputation, des risques opérationnels et des risques juridiques. Les actifs peuvent être bloqués. Ils peuvent perdre leur valeur dans ce contexte.

Il y a ensuite les risques physiques. De toute évidence, la destruction physique peut être extrêmement perturbatrice. Les dommages et la destruction de valeur qui pourraient survenir dans les économies avancées pourraient être plus importants.

En matière de supervision et de régulation, l’Europe est à la pointe du développement de cette approche au niveau régional et mondial

Pour les pays émergents et en développement, l’impact pourrait être plus important, car l’agriculture et le tourisme jouent un rôle plus important. Les économies [des pays émergents et en développement] sont moins diversifiées, ce qui les rend plus exposées au changement climatique, aux risques et aux dommages.

En même temps, ils pourraient être moins préparés à faire face à ces dommages. Ainsi, si vous regardez les chiffres pour 2023 basés sur les informations d’une société de réassurance mondiale, les dommages causés par les catastrophes naturelles se sont élevés à environ 290 milliards de dollars, dont un peu plus d’un tiers se sont produits en Europe, dont 25 % étaient assurés et couverts. Environ 50 milliards de dollars concernent l’Asie, dont 16 % étaient assurés, ce qui signifie que le déficit d’assurance qui existe dans les marchés émergents et dans les pays en développement est plus important. Et les efforts de sauvetage incombent au gouvernement et au secteur public, qui sont peut-être moins préparés à prendre en charge cette charge.

Vous avez également demandé ce que font et peuvent faire les institutions internationales. L’une d’entre elles consiste à combler ce déficit d’assurance en aidant les pays à mettre en place cette assurance et en la soutenant avec des ressources. Et cela se fait avec différentes banques de développement.

Le deuxième niveau de soutien consiste à faciliter le financement vert. Il s’agit d’orienter les flux financiers vers le financement vert, mais aussi d’aider le secteur privé à venir prendre en charge une partie de ce financement.

Le troisième niveau, très important, est celui de la supervision et de la régulation. Il s’agit de rendre le secteur financier plus apte à faire face aux conséquences du changement climatique. Diverses initiatives sont en cours, notamment celles du Conseil de stabilité financière et d’institutions mondiales comme le Fonds monétaire international (FMI), pour soutenir cet objectif.

En matière de supervision et de régulation, l’Europe est à l’avant-garde du développement de cette approche, à l’échelle régionale et mondiale.

En matière de tests de résistance climatique, la frontière est encore plus large. C’est ce que font la Banque centrale européenne et l’Autorité bancaire européenne.

En matière de réglementation, qui fait partie du Pacte vert pour l’Europe, la réglementation sur le changement climatique est élaborée en termes de classification de la production comme étant verte ou plus respectueuse du climat ; et également en termes d’exigences de reporting pour les entreprises.

L’UE et la Chine se sont engagées à devenir neutres sur le plan climatique d’ici 2050 et neutres en carbone d’ici 2060. Pour mener à bien le mandat du MES visant à préserver la stabilité financière dans la zone euro, les deux parties pourraient-elles collaborer davantage dans la lutte contre le changement climatique ? Si oui, quels domaines seraient selon vous les plus efficaces ?

En termes de coopération, il existe différentes initiatives auxquelles nous participons et dans lesquelles nous voyons également nos homologues chinois s’engager.

L’une d’entre elles est que nous faisons partie du filet de sécurité financière mondial et des accords de financement régionaux. Notre homologue asiatique est l’Initiative de Chiang Mai et le Bureau de recherche macroéconomique de l’ASEAN+3 (AMRO) à Singapour, qui est l’organe de recherche. La Chine et Hong Kong en sont également membres.

Une deuxième initiative est le Réseau pour le verdissement du système financier, connu sous le nom de NGFS, qui a été créé par les banques centrales et les superviseurs afin de favoriser la réalisation de l’Accord de Paris.

Nous faisons partie de ce réseau et nous y participons en tant qu’observateurs. La Banque populaire de Chine et l’Autorité monétaire de Hong Kong font également partie du NGFS.

Rolf Strauch (deuxième à droite) lors d’un événement au Luxembourg consacré à des discussions techniques sur la préparation opérationnelle. Photo : X/ESM_Press

Il s’agit d’un centre mondial d’expertise et d’un exercice d’apprentissage mondial qui tente de dériver des scénarios et des mesures politiques concrets pour faire face aux risques liés au changement climatique.

Le troisième domaine concerne les principes d’investissement responsable des Nations Unies, auxquels le MES a adhéré, relativement peu de temps après l’Autorité monétaire de Hong Kong.

Par exemple, la China International Capital Corporation est également signataire de cette initiative et s’engage à respecter certaines normes et exigences de reporting, lorsqu’elle investit d’une manière accessible à la durabilité à long terme.

Au-delà de cela, nous sommes actifs au sein de l’Europe pour soutenir les initiatives européennes. Le MES prend ses responsabilités en travaillant sur son empreinte carbone et en créant la transparence nécessaire sur la manière dont il travaille sur la durabilité.

Compte tenu des événements bancaires survenus en Europe l’année dernière et de la situation actuelle, quelle est votre opinion sur la stabilité financière qui est importante pour la résilience ? Comment le marché unique de l’UE contribue-t-il à renforcer la résilience et à devenir la force et le potentiel futurs de l’Europe ? Et comment l’UE utiliserait-elle plus efficacement les ressources budgétaires de son fonds de relance pour atteindre la résilience ?

La zone euro a fait preuve d’une grande résilience au cours des dernières années lorsqu’elle a été frappée par de graves chocs, et plus récemment lors de la crise de l’énergie ou de la crise du coût de la vie provoquée par la guerre de la Russie contre l’Ukraine.

Si vous repensez au printemps 2023, vous avez vu les contraintes financières dans le secteur financier américain, lorsque la Silicon Valley Bank a fait faillite et que d’autres banques régionales ont été dissoutes. Et vous avez vu les problèmes du Credit Suisse en Europe.

Le secteur bancaire de la zone euro a traversé cette période de manière assez brutale et n’a été que très peu affecté, ce qui montre les forces qu’il a accumulées depuis la grande crise financière et la crise de la dette souveraine.

Ces dernières années, grâce à la hausse des taux d’intérêt, les banques ont été très rentables, ce qui a renforcé leur position en matière de fonds propres. De ce point de vue, le secteur financier fait preuve d’une grande résilience.

Cela veut-il dire qu’il n’y a pas de risques ? Bien sûr, en tant que mécanisme de résolution de crise, nous surveillons la situation de près. Et certains risques émergent du secteur immobilier, notamment commercial. Mais ils sont très limités. Et il n’y a aucun point de comparaison avec ce que nous avons vu lors des crises précédentes, car les expositions créées sont moins concentrées.

Lors des crises précédentes, l’offre immobilière était excédentaire. Cette fois, ce n’est pas le cas. Du côté bancaire, il existe une marge de manœuvre importante. Et je ne m’attends pas du tout à ce que ces risques se manifestent de manière systémique. Certaines difficultés pourraient survenir pour une institution individuelle, mais rien de systémique.

Pouvons-nous faire davantage ? Je pense qu’une intégration plus poussée du marché unique de l’UE dans le domaine financier peut grandement contribuer à garantir un meilleur financement et un meilleur partage des risques dans la zone euro.

Dans l’ensemble, l’augmentation des sources de financement disponibles pour les entreprises devrait conduire à une croissance plus élevée et à un meilleur partage des risques, car les flux financiers peuvent contribuer à lisser les évolutions économiques et cela devrait également soutenir la stabilité globale.

Quels sont, selon vous, les principaux risques auxquels sont confrontées les institutions financières en Europe ? Quels conseils donneriez-vous pour gérer une crise du marché immobilier ?

Premièrement, il est bon de restructurer les banques ou de leur permettre de se redresser et de se débarrasser rapidement des actifs non performants pour assainir leur bilan. Si elles restent trop longtemps dans ces bilans, elles risquent de compromettre leurs futurs prêts.

Deuxièmement, les banques défaillantes peuvent être des outils très efficaces pour faciliter ce processus. Pour qu’une banque défaillante fonctionne, il faut qu’elle soit dotée d’une structure adéquate, mais elle peut aussi être un bon moyen d’assainir les bilans bancaires et de permettre aux banques de fonctionner correctement.

Troisièmement, vous devez disposer de systèmes efficaces pour résoudre les problèmes des banques rentables qui ont rencontré des difficultés et liquider celles qui ne sont pas rentables afin de rendre la résolution et la liquidation efficaces.

Nous sommes aujourd’hui beaucoup mieux préparés à ces cas que par le passé, mais il reste encore beaucoup à faire dans ce domaine. Deux points restent à régler en ce qui concerne le traitement des créances douteuses : il faut un régime d’insolvabilité efficace pour les régler rapidement et il faut un marché secondaire efficace pour les négocier.

Si tel est le cas, vous pouvez alors vous retourner et procéder à une titrisation appropriée. Des volumes importants de prêts non performants, ce qui contribue au résultat global. C’est la dernière condition qui, comme nous l’avons appris, permet de gérer efficacement la pire crise immobilière possible.

Malgré les efforts déployés pour soutenir l’économie, la Chine subit une pression déflationniste persistante et la confiance des entreprises s’affaiblit, tandis qu’elle doit faire face aux conséquences d’une crise du marché immobilier. Comment évaluez-vous sa transition économique jusqu’à présent ? Quel est le point de vue du MES sur les perspectives de croissance de la Chine, les principaux problèmes de stabilité financière et leurs implications ?

Le MES, en tant que mécanisme européen de gestion des crises, surveille l’environnement mondial pour détecter les risques pour la stabilité financière qui pourraient affecter la zone euro. Dans ce contexte, nous étudions également la Chine. Par ailleurs, nous disposons d’une base de 1 800 investisseurs. Les investisseurs achètent nos obligations, dont beaucoup viennent d’Asie.

En ce qui concerne la trajectoire de croissance globale, le FMI note que la croissance est plutôt résiliente à ce stade. Il s’attend à une croissance de 5 % cette année, ce qui témoigne d’une certaine résilience.

Mais les marchés nous annoncent aussi que la croissance va baisser à long terme, vers 4 %. Le FMI parle même d’un niveau légèrement inférieur à 4 %.

Les principaux facteurs à l’origine de cette baisse sont la démographie et la productivité. La baisse de la productivité est également liée à l’importance accrue du secteur des services. La croissance est limitée de ce côté.

La croissance chinoise a été fortement stimulée par son intégration dans l’économie mondiale et son rôle de nation commerçante

Un autre facteur qui joue un rôle dans la trajectoire de croissance à long terme est l’évolution du commerce. Et, de toute évidence, la croissance chinoise a été fortement stimulée par son intégration dans l’économie mondiale et son rôle de nation commerçante.

Historiquement, les États-Unis étaient la principale destination des exportations chinoises. La situation a changé ces dernières années et les échanges commerciaux chinois ont été réorientés vers d’autres pays. D’un point de vue mondial, la diminution des échanges entre les États-Unis et la Chine constitue un facteur limitant la croissance, et cette réorientation affecte l’Europe.

L’Europe fait partie des grands blocs économiques avancés, elle est la plus ouverte et elle entretient des relations étroites avec les États-Unis et la Chine. Dans ce contexte, il y a un intérêt certain à entretenir de bonnes relations et à avoir une Europe forte.

Certains craignent que la zone euro ne se dirige vers une crise financière et une récession. Pensez-vous que ces craintes sont justifiées ? Quel est votre point de vue sur les perspectives de l’Europe et quelles sont les implications pour le reste du monde ?

A ce stade, l’Europe est sur la voie de la reprise. C’est ce que montrent les indicateurs à court terme et les prévisions. La croissance a été très lente l’an dernier. Elle s’accélère quelque peu cette année et devrait atteindre 1,4 % l’an prochain.

L’augmentation des revenus réels sera le principal moteur de la croissance l’an prochain. De ce point de vue, il n’y a aucune raison de croire que nous entrons dans une récession.

En outre, si l’on examine l’inflation et la politique monétaire, nous nous attendons à ce que le resserrement de la politique monétaire ait atteint son apogée. Pour l’instant, il n’y a aucune raison de s’attendre à un nouveau resserrement de la part de l’Europe.

Malgré la forte hausse des taux d’intérêt que nous avons connue, nous constatons également que les bilans des ménages et des entreprises en Europe sont plutôt sains.

Si vous regardez le ratio dette/PIB du secteur des entreprises, il est de 67 %, soit le niveau le plus bas depuis 2007. Si vous regardez le ratio d’endettement des ménages, il est le plus bas depuis 2005.

Dans l’ensemble, cela montre une certaine résilience dans ces secteurs, et il reste encore beaucoup d’épargne excédentaire accumulée pendant la pandémie de Covid. Cette épargne n’a pas encore été dépensée – environ 12 % du PIB –, ce qui crée un tampon pour l’économie et soutient la reprise.

De plus, un marché de l’énergie plus intégré peut contribuer à améliorer considérablement la sécurité énergétique et donc la stabilité.

L’une des questions qui se pose est la relative faiblesse de cette reprise. Les raisons sous-jacentes de cette reprise molle sont plutôt structurelles et laissent présager une croissance plus faible à long terme.

Cela est lié à des problèmes à plus long terme qui émergent en Europe, qui ne concernent pas seulement la démographie, mais aussi la question de la productivité que l’Europe peut générer.

L’Europe peut faire davantage, notamment en ce qui concerne le marché unique européen.

En développant davantage le marché unique de l’UE – pour l’économie réelle, pour l’énergie, pour les services –, on peut libérer un potentiel de croissance considérable. On estime que ce potentiel pourrait augmenter de 7 à 10 points de pourcentage. Les estimations sont diverses, mais elles sont importantes.

De plus, un marché de l’énergie plus intégré peut contribuer grandement à améliorer la sécurité énergétique, et donc aussi la stabilité.

Au-delà du marché unique, se pose la question de savoir comment l’Europe peut utiliser les ressources disponibles pour relever les défis liés au changement climatique et à la fragmentation économique au niveau européen.

Cela nécessitera des investissements considérables. L’une des questions à résoudre est de savoir comment le niveau européen peut contribuer aux efforts déployés au niveau national.

À ce stade, le MES dispose d’environ 420 milliards d’euros (450 milliards de dollars) de capacités de prêt inutilisées. Nous pensons que nous devons faire de notre mieux pour utiliser ces ressources de la manière la plus efficace possible dans le cadre de notre mandat visant à préserver la stabilité financière et à relever les défis.

NextGenerationEU, le fonds de relance européen pour la pandémie, n’a pas encore été dépensé. Il s’agit d’un programme de 750 milliards d’euros. Le défi le plus immédiat est de le mettre en œuvre aussi énergiquement et rapidement que possible pour faciliter ce qu’il est censé faire : la transition verte et numérique.

Mais il faut quand même réfléchir à ce qui se passera ensuite et à la manière dont l’Europe peut s’organiser et disposer des ressources nécessaires pour faciliter cette transition et préserver la stabilité.

Dans une récente interview, vous avez souligné que la démographie et les coûts liés au vieillissement de la population faisaient partie des principaux problèmes auxquels l’Europe est confrontée. Quelles politiques doivent être mises en place pour répondre à ces défis dans les prochaines décennies ? Pensez-vous que la Chine pourrait envisager de se préparer à de tels changements, car sa population vieillit également plus vite que prévu ? La Chine peut-elle tirer des leçons de l’Europe à cet égard ?

L’évolution démographique est l’un des défis mondiaux. Elle affecte l’Europe et la Chine. Si l’on prend une simple comparaison sur l’évolution démographique attendue en Europe, on constate qu’à ce stade, on compte trois travailleurs pour un retraité.

En Chine, d’après mes informations, ce rapport est de cinq pour un. D’ici 2050, la zone euro et la Chine auront toutes deux un rapport de deux travailleurs pour un retraité, ce qui signifie que l’évolution démographique et la comparaison entre la population active et la population retraitée sont très contraignantes en Europe. 

Mais elles le seront aussi en Chine.

Que peut-on faire à ce sujet ? Je voudrais d’abord parler de l’Europe, car je pense qu’elle a déjà fait beaucoup. On peut évidemment travailler sur le coût des systèmes de retraite, sur les marchés du travail. Et je pense que l’Europe a déjà fait beaucoup dans ce domaine.

Les gens ont tendance à rester sur le marché du travail et à ne pas prendre une retraite anticipée, mais des efforts supplémentaires pourraient être faits pour augmenter encore les taux de participation, par exemple, le taux de participation des femmes.

Et cela aiderait du côté des retraites. Le système de retraite a changé. Il a été davantage adapté pour refléter l’évolution démographique et la longévité.

La Chine enregistre un taux de natalité historiquement bas malgré les efforts du gouvernement pour accroître la natalité

Une troisième solution consiste à lutter contre ce phénomène par le biais de la migration. Certains pays européens ont modernisé leur législation sur la migration afin de faciliter la migration de main-d’œuvre, dans le seul but de faire fonctionner davantage les marchés du travail. Mais il existe également des dérogations pour les réfugiés, qui créent leurs propres problèmes politiques et sociaux.

Ce que nous constatons, c’est que si l’on examine les projections démographiques, même si l’on maintient le niveau migratoire actuel, on assistera toujours à un vieillissement important de la population.

Pour conserver la structure actuelle et contrer le vieillissement démographique, il faudrait atteindre des niveaux d’immigration qui pourraient ne pas être politiquement digestes, c’est-à-dire qu’il faudrait également mettre en place d’autres solutions.

De toute évidence, le progrès technologique permet une certaine complémentarité ou substitution au travail.

La question est de savoir ce que l’intelligence artificielle, par exemple, peut faire pour rendre le travail plus efficace, plus efficient, plus efficace et permettre la substitution du travail. Cette question reste ouverte car elle est encore à un stade très précoce de développement pour savoir quel est son potentiel complet. Mais c’est l’une des questions clés qui doit être abordée à l’avenir : dans quelle mesure le développement technologique peut-il aider ?

Je n’oserais pas dire que c’est une recette ou que c’est ce que la Chine doit ou peut faire. Tout d’abord, mon rôle n’est pas de donner des conseils politiques au gouvernement chinois.

Deuxièmement, c’est également difficile dans le sens où je pense que les réponses spécifiques qui peuvent être données à une économie dépendent beaucoup des circonstances économiques existantes, de l’ampleur du problème, ainsi que de la constellation politique et des préférences politiques quant à l’octroi d’une institution ou d’une autre.

Les marchés de l’immobilier commercial sont sous pression en Europe depuis très longtemps et sont considérés comme le maillon faible du système financier de la zone euro. Pensez-vous qu’ils se redressent et voyez-vous des similitudes avec le marché immobilier chinois en ce moment ?

Aux États-Unis, par exemple, la reprise de l’utilisation des bureaux est moins marquée qu’en Europe. Nous pensons donc que les marchés européens sont dans une meilleure position dans une perspective comparative.

L’autre aspect concerne la situation dans le cycle de la politique monétaire. En Europe, nous pensons avoir atteint le pic du resserrement de la politique monétaire. Par contre, c’est beaucoup moins évident aux États-Unis et, à cet égard, la Chine se trouve également dans une position très différente.

La question de l’offre au fil du temps et de son évolution s’est posée. De toute évidence, le marché chinois a connu une croissance très forte au cours des dernières décennies, alors que l’offre n’a pas connu le même type de croissance en Europe ces dernières années.

Nous avons constaté que les moyens efficaces pour résoudre les problèmes immobiliers en Europe peuvent s’appliquer différemment en Chine.

Comment résoudre ces problèmes ? Là encore, cela dépend beaucoup des possibilités et de la configuration de chaque économie. Je pense que le point commun est clairement que l’endettement crée des risques – l’endettement excessif des propriétaires et l’endettement excessif des promoteurs constituent un risque – que vous soyez en Europe ou en Chine.

Mais au-delà de cela, le rôle spécifique que jouent les institutions individuelles et les pouvoirs publics peut être très différent.

Nous avons constaté que les solutions efficaces pour résoudre les problèmes immobiliers en Europe peuvent s’appliquer différemment en Chine. Je ne peux donc pas dire : « Regardez, voici une recommandation ou un ensemble de mesures pour résoudre la situation chinoise ».

Le FMI fait quelques recommandations à cet égard. Nous savons que le gouvernement chinois a évolué dans cette direction, par exemple en facilitant ou en voulant favoriser la réalisation de projets de logements. Mais il appartient au gouvernement de voir comment cela va évoluer.

Comment se déroule la coopération entre l’ESM, l’AMRO d’Asie du Sud-Est et le Fonds de réserve d’Amérique latine qui ont formé des accords de financement régionaux et un filet de sécurité financière mondial pour aider à atténuer la fragmentation géopolitique et les incertitudes mondiales ?

Le MES fait partie de la couche multilatérale du filet de sécurité financière mondial, qui se compose du Fonds monétaire international et des accords de financement régionaux.

En Europe, il était nécessaire de créer une institution comme le MES, car les ressources du FMI n’auraient pas été suffisantes pour faire face à la crise de la dette souveraine. Les accords de financement régionaux sont complémentaires dans la mesure où ils fournissent un soutien financier, soit en amont du FMI, soit en complément du financement du FMI.

Ils ont également fait preuve d’une grande capacité d’adaptation pour s’adapter au type de crise qui surgit, par exemple lorsque le Covid a frappé l’Europe.

Nous avons mis en place un dispositif spécifique pour aider les gouvernements à financer les dépenses liées aux soins de santé. D’autres accords de financement régionaux ont pris des mesures similaires pour faciliter le financement.

Il existe une grande coopération entre ces institutions et, à une époque où le discours politique devient plus difficile, maintenir cette coopération est un signe de force et de certitude.

Il y a des réunions régulières, un échange de bonnes pratiques auquel nous contribuons grandement. Nous nous engageons à faire en sorte que cette partie globale du réseau mondial de sécurité financière fonctionne efficacement pour garantir la stabilité financière.

Kandy Wong

Kandy Wong

Kandy Wong est revenue au Washington Post en 2022 en tant que correspondante pour le service d’économie politique, après avoir travaillé auparavant comme reporter au service d’affaires. Elle se concentre sur les relations commerciales de la Chine avec les États-Unis, l’Union européenne et l’Australie, ainsi que sur l’initiative Belt & Road et les questions monétaires. Elle est diplômée de l’université de New York avec une maîtrise en journalisme en 2013. Journaliste primée, elle a travaillé à Hong Kong, en Chine et à New York pour le Hong Kong Economic Journal et le Financial Times, E&E News, Forbes, The Economist Intelligence Unit, Nikkei Asia et Coconuts Media.

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4 réflexions sur “Document. Abandonnez toute illusion, voila comment « ILS » pensent et vous n’y échapperez pas.

  1. Quant au MES:

    Article 32 Statut juridique, privilèges et immunités

    5 – Les archives du MES et tous les documents qui lui appartiennent ou qu’il détient sont inviolables.

    6 – Les locaux du MES sont inviolables.

    8 – […] tous les biens, financements et avoirs du MES sont exempts de restrictions, règlementations, contrôles et moratoires de toute nature.

    Article 35 Immunité des personnes

    1 – [l’ensemble des personnes travaillant au MES] ne peuvent faire l’objet de poursuites à raison des actes accomplis dans l’exercice officiel de leurs fonctions et bénéficient de l’inviolabilité de leurs papiers et documents officiels.

    Article 36 Exonération fiscale

    5 – Les agents du MES sont soumis à un impôt interne perçu au profit du MES sur les salaires et émoluments payés par le MES […] A partir de la date à laquelle cet impôt est appliqué, ces traitements et émoluments sont exonérés de tout impôt national sur le revenu.

    https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/article_jo/JORFARTI000028544168

    Donc des fonctionnaires non élus, payés substantiellement, sans aucune responsabilité, ne payant pas d’impôt à l’exception d’un interne à leur organisme, satisfaisant à la bienpensance, pour permettre l’enrichissement d’acteurs privés en siphonnant l’argent public…

    Et encore, ce n’est qu’un des multiples « machins » technocratiques à l’efficience relative et à l’éthique douteuse.

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    1. Très intéressant merci, c’est à peu près similaire aux statuts de la BRI où aucune force de police ne peut pénétrer, et non assujetti au droit national.
      Il y a de plus en plus d’entités transnationales ainsi créées ne répondant à aucun état et aux mains d’intérêts privés et cachés. Ce qui est encore plus inquiétant c’est que cela ne concerne plus slt la banque et la haute finance, mais aussi des forces d’intervention paramilitaires, sortes de milices privées au service du pouvoir ou du privé.
      Cf les révélations de Sylvie Charles dans tous ces domaines :
      https://www.youtube.com/watch?v=2njJqTHdQD4
      https://www.youtube.com/watch?v=RakvcnMTG_0

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  2. En somme, pour assainir leur bilan, les banques doivent se débarrasser des mauvaises créances. Merci du conseil. Et à qui les refile-t-on ? aux pigeons publics habituels ?

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