Contre l’idéologie égalitariste mais aussi contre les inégalités fantastiques de notre époque.

Je parle rarement des inégalités.

La raison est que j’ai sur cette question une position complexe;

Je suis contre l’idéologie « égalitariste » car elle est contre nature. La réalité c’est l’inégalité. Etant contre nature elle implique l’existence d’un pouvoir politique pour rendre équivalent ce qui dans le réel ne l’est pas,

Et ce pouvoir politique s’érige peu à peu en Nomenklatura hypocrite c’est à dire en caste. Cette caste profite de ses positions, créé de nouvelle inégalités; de nouvelles hiérarchies. On a vu ce qui s’est passé dans les cas historiques de socialisme réel, ou de marche vers le socialisme.

Regardez Hollande , personnage falot compétent en rien et ses copains qui vivent des vies de pachas.

Les idéologies égalitaristes oublient toujours de se demander quels sont les moyens pour parvenir à imposer une situation qui n’est pas spontanée. Ces moyens sont étatiques. L’état est un espace de production de nouvelles inégalités. Les gérants de l’état en pratique pompent, prélèvent sur une sorte de capital symbolique qui n’ a pas de nom ou de chiffre. Ils puisent dans un puits sans fond.

Ils font partie d’une nouvelle noblesse. C’est vrai aussi d ‘ailleurs au niveau de l’état européen qui engraisse des tas de malfaisants comme Van der Leyen ou Breton. .

La clique qui agit au nom de l’égalitarisme se place au dessus des autres; pensez à des gens comme Fabius en son temps par exemple. Et puis souvenez vous souvenez vous du mépris de ces gens pour les sans dents, les beaufs, les moins que rien. .

Pourtant je m’élève contre la fantastique progression des inégalités qui sévit depuis que le capitalisme est devenu sénile, financiarisé et rentier.

Pourquoi? Parce que l’explosion des inégalités à notre époque est générée par les politiques financières et monétaires scandaleuses. Des politiques de classe.

Le recours généralisé, constant, aux déficits produit l’explosion de la masse d’actifs financiers , de rentes qui s’auto-engrossent. Une explosion non justifiée par une production de richesse et de bien-être réels, sans contribution au bien être du corps social.

L’essentiel de la progression des inégalités à notre époque vient de l’accumulation de capital fictif gonflé par le crédit, la Bourse, la spéculation. Elle ne vient pas de l’accumulation des profits; personne ne devient milliardaire par la simple accumulation de profits; on devient milliardaire parce que l’on vend en Bourse son entreprise et que la Bourse est une alchimie, une œuvre au noir, qui multiplie par 20 ou 30 ou 70 ces profits pour produire un capital.

Les fortunes boursières sont causées pour l’essentiel par la conjonction de politiques monétaires dissymétriques et d’une alchimie théorique fumeuse qui concrétise dès aujourd’hui des gains hypothétiques, des gains futurs qui, l’histoire le montre ne sont jamais vraiment réalisés. La Bourse est un mécanisme de surévaluation structurel. Demandez au patron de Nvidia ce qu’il en pense, lui qui vend ses titres à tour de bras aux gogos qui sont saisis de la folie de l’IA!

Les fortunes à notre époque viennent de mécanismes scandaleux: la création de monnaie, le levier, le jeu Ponzi, la mode et les théories financières élaborées par les faux savants mais vrais escrocs du capitalisme dégénéré. .Les fortunes actuelles tombent du ciel ce sont des enrichissements quasi sans cause.

On oublie par ailleurs que ces inégalités modernes se capitalisent c’est à dire qu’elles sont cumulatives, elles font boule de neige presque par elles mêmes en vertu de la logique interne du régime pervers que constitue le capitalisme financier; il n’ y a plus de destruction, plus de nettoyage, plus de sanction, plus de récession. Le capitalisme devenu financier crée des fortunes en grande partie parasitaires qui pour durer et se reproduire sont obligées d’imposer l’austérité salariale; il faut alimenter l’Ogre; il faut toujours plus de bénéfices! Les fameux licenciements du CAC 40 , une des rares choses que Melenchon a comprises

Ce capitalisme est conduit inéluctablement à « capturer » les milieux politiques, à les acheter car il a besoin des doubles béquilles que sont les fiscalités favorables et les politiques monétaires laxistes.

Les politiques dites de préservation de la stabilité financière ne sont que des politiques de soutien de la Bourse et des patrimoines des ultra riches.

Si je voulais résumer ma critique de la situation historique présente caractérisée par des inégalités fantastiques, je dirais ceci:

ces inégalités détruisent nos sociétés par un besoin de profit insatiable

Lisez ce article de Branko Milanovic spécialiste mondial des inégalités et de leur mesure . Il est un peu superficiel mais il est intéressant quand même.

Dans cet article, Branko Milanovic , chercheur principal au Stone Center on Socio-Economic Inequality de la CUNY et professeur invité à l’International Inequalities Institute de la LSE, revient sur la question fondamentale suivante : pourquoi devrions-nous nous soucier du niveau d’inégalité dans la société ?  Pourquoi les inégalités sont-elles importantes lorsqu’il s’agit des perspectives de  croissance économique, pour des raisons d’équité et pour le fonctionnement du système politique ?

Pourquoi les inégalités sont importantes?


C’est la question qu’on me pose souvent – ​​j’ai donc décidé d’écrire mes réponses…

L’argument selon lequel les inégalités ne devraient pas avoir d’importance est presque toujours formulé de la manière suivante : si tout le monde s’enrichit, pourquoi devrions-nous nous soucier de savoir si quelqu’un devient extrêmement riche ? Peut-être mérite-t-il d’être riche – ou quoi qu’il en soit, même s’il ne le mérite pas, nous n’avons pas à nous soucier de sa richesse. Si nous le faisons, cela implique de l’envie et d’autres défauts moraux.

J’ai traité de la question déplacée de l’envie ici (en réponse aux arguments de Martin Feldstein) et ici (en réponse à Harry Frankfurt), et je ne veux pas la répéter. Laissons donc de côté l’envie et concentrons-nous sur les raisons pour lesquelles nous devrions nous préoccuper des fortes inégalités.

Les raisons peuvent être formellement divisées en trois groupes : les raisons instrumentales liées à la croissance économique, les raisons d’équité et les raisons politiques.

La relation entre inégalité et croissance économique est l’une des plus anciennes relations étudiées par les économistes.

On partait du principe que sans profits élevés, il n’y aurait pas de croissance, et que des profits élevés impliquent des inégalités substantielles. On retrouve cet argument chez Ricardo, qui affirme que le profit est le moteur de la croissance économique. On le retrouve également chez Keynes et Schumpeter, puis dans les modèles classiques de croissance économique. On le retrouve même dans les débats staliniens sur l’industrialisation. Pour investir, il faut réaliser des profits (c’est-à-dire un excédent supérieur au niveau de subsistance) ; dans une économie privée, cela signifie que certaines personnes doivent être suffisamment riches pour épargner et investir, et dans une économie dirigée par l’État, cela signifie que l’État doit prendre tout l’excédent.

On présumait fortement que sans profits élevés, il n’y aurait pas de croissance, et que des profits élevés impliquaient des inégalités substantielles.

Mais notez que tout au long de l’argumentation, il n’est pas question de l’inégalité en tant que telle. Si c’était le cas, nous ne nous inquiéterions pas de l’utilisation de l’excédent. L’argument porte sur un comportement apparemment paradoxal des riches : ils devraient être suffisamment riches mais ne devraient pas utiliser cet argent pour vivre bien et consommer, mais plutôt pour investir. Ce point est très bien exposé par Keynes dans les premiers paragraphes de son livre, Les conséquences économiques de la paix . Pour nous, il suffit de noter qu’il s’agit d’un argument en faveur de l’inégalité à condition que la richesse ne soit pas utilisée à des fins de plaisir privé.

Les travaux empiriques menés au cours des vingt dernières années n’ont pas permis de mettre en évidence une relation positive entre inégalités et croissance.

Les données n’étaient pas suffisamment fiables, notamment en ce qui concerne les inégalités, où la mesure typique utilisée était le coefficient de Gini, qui est trop agrégé et inerte pour saisir les changements dans la distribution ; en outre, la relation elle-même peut varier en fonction d’autres variables ou du niveau de développement. Cela a conduit les économistes à une impasse et au découragement – ​​à tel point que depuis la fin des années 1990 et le début des années 2000, cette littérature empirique a presque cessé d’être produite. Elle est examinée plus en détail dans la section 2 de cet article.

Plus récemment, grâce à des données bien plus précises sur la répartition des revenus, l’argument selon lequel les inégalités et la croissance sont négativement corrélées a gagné du terrain.

Dans un article conjoint, Roy van der Weide et moi-même le démontrons en utilisant quarante années de microdonnées américaines. Grâce à des données plus précises et à une réflexion un peu plus sophistiquée sur les inégalités, l’argument devient beaucoup plus nuancé : les inégalités peuvent être bénéfiques pour les revenus futurs des riches (c’est-à-dire qu’ils deviennent encore plus riches), mais elles peuvent être néfastes pour les revenus futurs des pauvres (c’est-à-dire qu’ils se retrouvent encore plus en retrait). Dans ce cadre dynamique, le taux de croissance lui-même n’est plus quelque chose d’homogène, comme ce qui est le cas dans la vie réelle. Lorsque nous disons que l’économie américaine croît à un rythme de 3 % par an, cela signifie simplement que la personne ayant le revenu moyen s’en sort mieux à ce rythme ; cela ne nous dit rien sur l’amélioration ou la dégradation de la situation des autres.

Pourquoi les inégalités auraient-elles un effet négatif sur la croissance des déciles inférieurs de la distribution, comme Roy et moi l’avons constaté ? Parce qu’elles conduisent à de faibles résultats scolaires (et même à une mauvaise santé) chez les pauvres, qui sont exclus d’emplois intéressants et de contributions significatives qu’ils pourraient apporter à leur propre amélioration et à celle de la société. Exclure un certain groupe de personnes d’une bonne éducation, que ce soit en raison de leurs revenus insuffisants, de leur sexe ou de leur race, ne peut jamais être bon pour l’économie, ou du moins ne peut jamais être préférable à leur inclusion.

Exclure un certain groupe de personnes d’une bonne éducation, que ce soit en raison de leurs revenus insuffisants, de leur sexe ou de leur race, ne peut jamais être bon pour l’économie.

Les fortes inégalités, qui empêchent certaines personnes de participer pleinement à la vie sociale, posent un problème d’équité ou de justice.

Elles affectent la mobilité intergénérationnelle. Les personnes relativement pauvres (ce que l’on appelle de fortes inégalités) ne sont pas en mesure, même si elles ne sont pas pauvres au sens absolu, d’offrir à leurs enfants une fraction des avantages – de l’éducation à l’héritage en passant par le capital social – que les riches offrent à leur progéniture. Cela implique que les inégalités tendent à persister d’une génération à l’autre, ce qui signifie que les opportunités sont très différentes pour ceux qui se trouvent au sommet de la pyramide et ceux qui se trouvent en bas.

Deux facteurs se combinent ici : d’une part, l’effet négatif de l’exclusion sur la croissance qui se transmet de génération en génération (ce qui est la raison principale pour laquelle nous n’aimons pas les fortes inégalités) et, d’autre part, le manque d’égalité des chances (ce qui est une question de justice).

Les inégalités élevées ont également des effets politiques.

Les riches ont plus de pouvoir politique et ils utilisent ce pouvoir politique pour promouvoir leurs propres intérêts et consolider leur position relative dans la société. Cela signifie que tous les effets négatifs dus à l’exclusion et au manque d’égalité des chances sont renforcés et rendus permanents (du moins, jusqu’à ce qu’un grand tremblement de terre social les détruise).

Afin de lutter contre l’avènement d’un tel tremblement de terre, les riches doivent se mettre à l’abri et à l’abri de la « conquête ». Cela conduit à des politiques conflictuelles et détruit la cohésion sociale. Ironiquement, l’instabilité sociale qui en résulte décourage les investissements des riches, c’est-à-dire qu’elle sape l’action même qui était au départ présentée comme la principale raison pour laquelle une richesse élevée et des inégalités peuvent être socialement souhaitables.

Les riches ont plus de pouvoir politique et ils utilisent ce pouvoir politique pour promouvoir leurs propres intérêts et consolider leur position relative dans la société.

Nous arrivons donc au point final où le déroulement d’actions qui étaient censées produire des résultats bénéfiques détruit par leur propre logique la raison d’être initiale. Il faut revenir au début et au lieu de considérer la richesse élevée comme favorisant les investissements et la croissance, nous commençons à la considérer, avec le temps, comme produisant exactement les effets opposés : une réduction des investissements et de la croissance.


Cet article a été initialement publié sur le Substack de l’auteur en mai 2021.

Tous les articles publiés sur ce blog reflètent les opinions de leurs auteurs. Ils ne représentent pas la position de LSE Inequalities, ni celle de la London School of Economics and Political Science.

Crédit image : The Road Provides via Shutterstock. 

À propos de l’auteur

Branko Milanovic

Branko Milanovic

Branko Milanovic est chercheur principal au Stone Center on Socio-economic Inequality de la City University of New York et professeur invité à l’International Inequalities Institute de la LSE. Il a été économiste principal au département de recherche de la Banque mondiale pendant près de 20 ans. Ses ouvrages sur les inégalités comprennent The Haves and the Have-nots (2011), Global Inequality (2016), Capitalism, Alone (2019) et Visions of Inequality: From the French Revolution to the End of the Cold War (2023).

3 réflexions sur “Contre l’idéologie égalitariste mais aussi contre les inégalités fantastiques de notre époque.

  1. Les inégalités sociales ont toujours existé mais il y avait au dessus le sentiment d’appartenir à la même nation et surtout de croire au même Dieu…En résumé il n’y avait pas nécessairement de mépris de la part des riches puisque il y avait un juge au dessus de tout et de tous.

    Aujourd’hui les riches ont fait sécession. Ils se prennent pour des Dieux dont la seule valeur est le pognon. Outre le niveau des inégalités qui atteint des seuils intolérables la vraie différence est là.

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