Macron donne à voir, met en scène ce qu’est un régime politique post-démocratique.

Comme vous le savez j’apprécie les analyses de Maxime Tandonnet.

Elles me sont utiles. J’ai tendance a être trop radical au sens propre car je tente dans mes réflexions d’aller à la racine des situations, des décisions et des faits.

Tandonnet agit comme une sorte de corde de rappel qui me fait faire la liaison entre mes réflexions radicales et la vie politique telle qu’elle apparait.

Ici pour faire cette liaison je ne ferais qu’un ajout.

Tandonnet parle de responsabilité et de démocratie.

Nous sommes dans un régime post-démocratique.

J’entennd par là un régime qui a abandonné l’idéal démocratique et qui n’en conserve que des formes ou des rituels plus ou moins vides et surtout plus ou moins truqués.

Ce régime post-démocratique ne tire pas sa légitimité du vote et des élections françaises mais d’Agendas qui sont extérieurs à la société française; l’adaptation à un monde qui change à notre détriment, le choix de la mondialisation sous le signe de la finance et secondairement du business, le ralliement progressif mais irréversible à un ordre du monde imposé par les élites américaines et anglosaxonnes et leur alliés compradors, ordre qui n’est que le masque des intérêts américains etc

Je précise que je n’émet pas l’hypothèse que cet Agenda est unique et homogène, , non il est complexe, évolutif, conflictuel mais nous y sommes soumis sans prendre part à son élaboration.

L’Agenda implique et impose une gouvernance qui, pour s’exercer, doit violer les légitimités souveraines et démocratiques.

Le conflit fondamental est celui oppose Agenda et Démocratie.

L’Agenda vient d’en haut, la Démocratie vient d’en bas.

Celui qui gouverne dans le monde post moderne est celui qui est choisi par les élites afin de mener au mieux possible la gouvernance qui est décidés ailleurs, à l’extérieur et l’intérieur n’est qu’une contrainte qui rend cette gouvernance plus ou moins facile.

Celui qui a fait promesse comme Macron l’a fait en 2016 à ceux qui l’on promu d’avoir des couilles et de ne pas se comporter comme Hollande le Mou qui n’en avait pas, celui là n’a pas besoin d’être légitime vis vis des Français; celui là n’a comme objectif que de « tenir ». Coute que coute … à la France

En échange, en rémunération présente -en attendant la rémunération future qui viendra-, celui là a le droit de se défouler narcissiquement, de jouir car ses sponsors savent bien qu’il faut des compensations à sa perversité.

Sept raisons pour lesquelles, plus d’un mois après les législatives, la France n’a toujours pas de Premier ministre ni de Gouvernement

Le 18 août 2024 par maximetandonnet

  1. En principe, le président doit encore tenir deux ans et demi jusqu’à 2027. Quelques jours ou semaines supplémentaires de gagnés, après les JO de Paris, à occuper les esprits, entretenir la tension et mobiliser l’attention médiatique autour du suspens sur le nom du futur PM, c’est toujours bon à prendre.
  2. Au fond, il y a la conviction qu’un Premier ministre et des ministres ne servent pas à grand chose. Un gouvernement sert à gouverner. Or, dans l’esprit du président (comme celui de ses prédécesseurs) l’objectif essentiel de la vie politique n’est pas de gouverner ou choisir, mais de paraître – ou pavoiser. Dès lors, on se passe sans difficulté d’un gouvernement. [Surtout dans le contexte politique actuel, privé de majorité, condamné à l’impuissance totale et la précarité.]
  3. Jouer avec la courtisanerie, voir les derniers LR de droite qui lui ont longtemps résisté, au moins en apparence, se soumettre à genou, faire allégeance dans l’espoir de Matignon – puis leur désillusion à venir – est une volupté de fin gourmet. Et cela peut se comprendre…
  4. En vérité, il ne sait pas trop qui choisir. Le choix du futur Premier ministre sera emblématique d’un glissement à gauche ou à droite ou de la continuité. Sa personnalité mélange impulsivité (la dissolution) et indécision (pour faire un choix). A l’image de notre époque, elle est mieux adaptée à la déconstruction qu’à la construction. La difficulté à faire un choix est aussi le signe d’un cruel désarroi [d’où la conférence des chefs de groupes politiques à l’Elysée, comme une manière de « refiler la patate chaude » à d’autres et pouvoir les accuser ensuite de la responsabilité du chaos politique].
  5. Le choix d’un Premier ministre, dans les circonstances actuelles, pourrait détourner la lumière de l’Elysée, en capter une partie pour la porter vers Matignon et sur le Palais Bourbon. L’objectif, conscient ou inconscient est de repousser le plus longtemps possible l’heure fatidique de partager la magnificence.
  6. Le temps qui passe dans l’incertitude favorise un pourrissement et une radicalisation de la vie politique à l’image de LFI et son illusoire procédure de destitution ou du RN qui engrange toujours sur le chaos. Le flou artistique favorise la décomposition et donc, en creux, le rayonnement du prince sur un paysage politique en ruines.
  7. On est toujours dans le culte du « je », le moi intégral, le narcissisme absolu: l’attente est une manière de dire: je fais ce que je veux, ne cède pas à la pression politique ou médiatique. Faute d’autorité sur le pays, je demeure au moins le maître des horloges.

MT

L’agonie sans fin d’un régime politique qui plonge la France dans le chaos mais que personne ne veut voir

Le 17 août 2024 par maximetandonnet

Régime politique ne signifie pas Constitution ni institutions mais la manière dont elles sont mises en œuvre.

Le fond du problème tient au mot de responsabilité.

Toute démocratie implique une responsabilité: le décideur, quel qu’il soit, doit faire face personnellement et directement aux conséquences de sa décision. Sinon, l’équilibre sur lequel repose toute démocratie est rompu. En l’absence de responsabilité, la démocratie disparaît et se transforme en tyrannie ou en dictature – même invisible, même non dite.

Le régime politique actuel de la France est, de fait, présidentiel: tout l’exercice du pouvoir politique, quelle que soit son efficacité, et toute l’attention autour de lui, se rapporte à l’Elysée.

Un tel système demeure démocratique si le président est en permanence responsable, pas forcément devant le Parlement, mais devant le peuple. C’est ainsi que fonctionnait le gaullisme originel: la toute puissance présidentielle reposait sur la confiance du peuple. Les cotes de popularité du Général ne descendaient jamais en dessous de 60 à 80% de confiance. De Gaulle n’envisageait pas une seconde de diriger le pays sans l’accord profond et constant de la Nation. L’autorité et la confiance formaient un tout indissociable. A quatre reprise en dix ans (1959-1969), le chef de l’Etat a posé la question de confiance au pays à travers un référendum. En cas d’échec, il s’engageait à démissionner. Et c’est ce qu’il fit en 1969. A ses yeux, le lien de confiance était rompu.

Les présidents successifs depuis une quarantaine d’années, bien au contraire, sont extrêmement impopulaires, leur taux de confiance dépassant rarement le tiers de l’électorat – mais cette impopularité est désormais ancrée dans l’habitude. Le lien entre la toute puissance présidentielle (quelle soit réelle ou largement virtuelle) et la confiance populaire est rompu. La responsabilité présidentielle, face au peuple, comme contrepartie de son pouvoir, est abolie.

Ainsi, la dissolution de juin 2024 décidée par le président Macron marque l’apothéose de cette rupture. Après avoir posé le question de confiance au pays à travers la dissolution de l’Assemblée nationale, le chef de l’Etat a été clairement désavoué, perdant lors des législatives suivantes sa majorité relative tandis que ses troupes, la coalition dite Ensemble, subissaient une cinglante défaite. Pourtant, bien que désavoué par le suffrage universel, il n’a pas démissionné.

Le principe de responsabilité est anéanti.

D’ailleurs, étrangement, nul dans la classe politique – y compris aux extrêmes – ni dans les milieux médiatiques ou intellectuels ne lui ont demandé de quitter son poste, comme si cette rupture entre la toute-puissance et la responsabilité était désormais acquise.

Alors, évidemment, il n’est pas le premier dans cette situation.

En 1997, après sa dissolution ratée, Jacques Chirac était resté en place malgré un désaveu populaire. Toutefois une alternative claire s’offrait alors avec une « cohabitation » ouvrant la voie au gouvernement de la « gauche plurielle ».

Aujourd’hui, par-delà les fanfaronnades et coups de communication, la politique française est plongée dans un indescriptible chaos en l’absence de toute majorité parlementaire envisageable, sans la moindre issue prévisible, crédible et durable. Et le pays se trouve en situation de paralysie.

Tel est le fruit de ce découplage, poussé à son paroxysme entre toute-puissance présidentielle (réelle ou virtuelle) et la responsabilité. L’occupant de l’Elysée peut faire absolument n’importe quoi, plonger la France dans le marasme, il est intouchable pendant cinq ans. Le mal politique français tient en grande partie dans ce paradoxe.

Le plus étrange tient à l’aveuglement ou la résignation de l’ensemble de la classe dirigeante, politico-médiatique et de la pensée politique face à une telle situation. Elle est entrée dans les mœurs et nul ne se pose la question fondamentale: celle du régime politique.

Or, les termes du débats sont relativement simples:

soit un régime présidentiel sur le mode américain offrant des garanties de contrôle du chef de l’Etat par un puissant Parlement ou Congrès autonome (sans pouvoir de dissolution) et une procédure d’Empeachement;

soit un régime semi présidentiel et parlementaire, selon la lettre de la Constitution 1958, avec un président arbitre, au-dessus de la mêlée, autorité morale mais n’intervenant pas dans le pilotage quotidien du pays, et un Premier ministre véritable et puissant chef de gouvernement, détenteur du pouvoir politique et responsable en permanence de ses choix sous le contrôle du Parlement.

Mais alors que j’affirme ce qui me paraît être une évidence, un choix fondamental à accomplir d’urgence pour sortir de l’impasse, tout le monde s’en moque [s’en b…… en termes extrêmement vulgaires qui exprimeraient mieux mon agacement]. Pourquoi? Parce que la bêtise ou l’inculture politique et historique, sur les crânes inclinés, a planté son drapeau noir, ou parce que tout simplement, la pourriture rêve du trône élyséen, être calife à la place du calife, royal et intouchable paon rayonnant de la splendeur de son plumage – et c’est tout ce qui compte.

MT

3 réflexions sur “Macron donne à voir, met en scène ce qu’est un régime politique post-démocratique.

  1. « Sa personnalité mélange impulsivité (la dissolution) et indécision (pour faire un choix). »

    Et si en fin de compte notre président ne maîtrisait rien car il est nul, ne sait rien faire, ne sait pas faire un choix. Son trajet universitaire intellectuel n’est pas des plus brillants. Un idiot au vrai sens étymologique. C’est sans doute pour cela qu’il a été choisi car manipulable, facilement tenu pour faire ce qu’on lui ordonne de faire…

    la grenade il la gardé dans les mains et il a jeté la goupille. C’est vrai il n’a pas fait son service militaire…

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  2. L’origine de la crise française (et occidentale) est intellectuelle et religieuse. La solution l’est donc tout autant. La république ne peut pas mener ce redressement puisqu’elle est à l’origine de la décomposition intellectuelle et spirituelle française. Seule la royauté catholique pourrait mener ce travail nécessaire.

    Le retour du roi est pourtant très improbable vu le lavage de cerveau historique subi par le peuple français depuis deux siècles (exemple : le roi d’ancien régime était un tyran; le Moyen-Age était une période sombre durant laquelle les français mourraient de faim ; etc…).

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  3. La France se meurt dans une longue et affligeante agonie. Les corrompus de la politique des conflits d’intérêts mènent le bal des vampires. Ils suceront jusqu’à la moelle les forces vives du pays et pourtant la France ne peut mourir sans une ultime réaction, un sursaut d’énergie venu des profondeurs, un instinct vitaliste, un sursaut avant que les lumières ne s’éteignent puis, après un temps que d’aucun ne saura mesurer car il le vivra dans sa chair, voilà qu’elles réapparaissent très timidement et finissent de resplendir comme le soleil réapparaît chaque matin?

    Voyons l’agonie du pays et celui de l’Occident comme la gestation de grandes opportunités futures car notre déclin est révélateur de lignes de forces ideo-pratiques qui ont fait leur chemin dans des modèles sans cesse réinventes pour que nous conservions cette assurance mentale qu’on est toujours légitime dans son droit à jouir quoi qu’il en coûte et que notre puissance conservera toujours cet avantage divin sur le reste du monde barbare par ce que nous sommes les inventeurs d’un capitalisme dont la cheville ouvrière de nos choix n’est qu’un narcissisme qui ne connait aucune limite si ce n’est que le K.O technique d’un puissant échec dont nous serions le commanditaire égaré dans le cumul de ses fantasmes auto-destructeurs. On doit à toutes les formes de guerre passées celles de nous avoir renforcées puis par suite cyclique celles de nous avoir affaiblies… Ne manquera plus que celle qui nous acheverait d’une pichenette car de l’intérieur il en serait fait déjà de notre destin et que nous n’en vîmes rien venir car nous vivons encore sur les grandeures historiques du passé lointains et les mensonges qu’accompagnent nos compromis avec l’histoire récente… L’humilité s’eloigne aussi vite que nos échecs nous rattrapent et c’est avec une insistance sauvage que la folie s’installe et dirige l’asile dont nous sommes les témoins clairevoyants.

    Il faudra bien qu’un jour cet asile s’effondre sous son propre poids grossissant à vue d’œil telle une tumeur maline et que soit emporté ce grand corps malade et en putrefaction qu’est devenu la France. Comme on disait du roi défunt: Le roi est mort, vive le roi! On dira avec soulagement: La France est morte, vive la France!

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