La France paie maintenant le prix de son recours vicieux à la diabolisation des extrêmes comme moyen de gouverner par défaut!

Ce qui me parait incroyable en lisant toutes les analyses politiques, je dis bien toutes, c’est que la question de savoir ce qui est bon pour la France, les Français, l’appareil économique, au delà de quelques mois, cette question ne se pose pas.

Le débat politique est réduit à trois composantes médiocres: l’SF , l’annulation de la réforme des retraites et une hausse du Smic qui ne peut être que marginale.

C’est dérisoire, c’est pitoyable car c’est tout ce qui n’est pas évoqué qui conditionne la possibilité de réaliser ces trois petites mesurettes! Aucune vison, aucun diagnostic, aucune compréhension du Tout!

Je cite Tandonnet:  « le problème de la vie politique française est qu’elle est dominée par des réactions névrotiques. Le RN n’est pas le seul concerné par ce traitement. LFI est aussi concernée. Au cœur de la vie démocratique, il n’y a plus de logique de débats d’idées, de désaccords et d’oppositions de projets ».

Et j’ajoute encore plus radicalement que ces clowns sont névrosés au point de considérer que le réel est rejeté, verworfen, forclos, privé du droit d’exister; c’est une solide névrose avouez le !

Qui sème le vent récolte la tempête, ce n’est pas très original mais cela permet d’introduire une vérité à savoir que le choix, pour truquer la souveraineté populaire , pour gouverner par défaut, sans majorité et contre les Français, est mainteant destructeur! Ce choix qui s’est concrétisé par le rejet hors du champ républicain des soi disant extrêmes et leur diabolisation rend la France totalement ingouvernable.

La situation de désordre et de chaos actuelle est la résultante directe de la pratique occidentale et surtout française de diaboliser tout ce qui n’est pas conforme à la gouvernance des riches et du business. Il n’est plus possible de construire des majorités, c’est devenu mathématique. Si on va jusqu’à ajouter les conséquences néfastes du jeu des écuries présidentielles, on est dans l’anarchie totale.

Soutien sans participation de LFI : « Jean-Luc Mélenchon vient mettre le roi Emmanuel Macron en échec »

Quelles sont les visées de Jean-Luc Mélenchon en proposant un soutien sans participation de LFI au gouvernement pour permettre à Lucie Castets d’accéder à Matignon ? Mettre en échec l’Elysée, se repositionner au centre du NFP ? Le coup tactique a déjà permis de faire la lumière sur toute une partie de l’échiquier politique qui s’oppose par principe à tout gouvernement de gauche.Tâm Tran Huy

Par Tâm Tran Huy

Public Sénat

Publié le 26/08/2024

En ouvrant la porte à un soutien sans participation de LFI au gouvernement pour permettre à Lucie Castets d’être nommée Première ministre, Jean-Luc Mélenchon a pris tout le monde politique de court. Poussant ses opposants à se dévoiler, son coup tactique a été diversement apprécié : la proposition a été applaudie par ses alliés du NFP, tandis que le camp présidentiel et la droite ont admis que la proposition du leader de LFI ne changeait pas la donne, leur opposition se justifiant aussi par le programme de l’union de la gauche.

« Un coup tactique excellent » salue le communicant Philippe Moreau-Chevrolet quand le politologue Olivier Rouquan y voit une « habileté » qui ne répond pas aux préoccupations des Français.

Depuis Châteauneuf-sur-Isère, où se sont tenues les 24 et 25 août les universités d’été de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon a fait la preuve de ses talents tactiques. « Le gouvernement de Lucie Castets, s’il ne comprend aucun ministre insoumis, est-ce que vous vous engagez à ne pas voter la censure ? » Coup de bluff ou vrai bougé, Jean-Luc Mélenchon n’en a pas dit plus sur le statut de cette déclaration. En revanche, le leader de la France insoumise a enchaîné par une interpellation à ses opposants des partis présidentiels et de la droite : « Si vous nous répondez non, on dira que les ministres insoumis, en fait, sont un prétexte. C’est du programme dont vous ne voulez pas. »

Extrême droite, droite et coalition présidentielle refusent

Ce matin, Jordan Bardella et Marine Le Pen, sortant de leur entretien avec Emmanuel Macron dans le cadre des consultations de l’Elysée, ont, sans surprise, déclaré qu’ils voteraient la censure d’un gouvernement du Nouveau Front populaire, ministre LFI ou non.

La proposition du leader insoumis ne leur était pas adressée et leur position avait déjà été annoncée par d’autres cadres RN ces dernières 48 heures.

Elle ne différait guère de celles de nombreux poids lourds de la droite et du centre qui ont refusé d’emblée un gouvernement NFP, même sans LFI.

Christian Estrosi, maire Horizons de Nice, comme Bruno Retailleau, le patron des sénateurs LR au Sénat, ont immédiatement dit non au programme inspiré par LFI.

Tous deux campent sur les positions défendues par la droite avant la coupure estivale, notamment le pacte législatif défendu par Laurent Wauquiez, axé sur le retour de l’autorité et le redressement des finances publiques et qui trouve son origine dans les travaux du groupe LR du Sénat. Le patron des députés LR, lors de sa rentrée parlementaire, a, quant à lui, considéré LFI comme « sans doute le plus grand danger politique » pour la France et appelé à faire barrage. Du côté du camp présidentiel, François Bayrou considère, lui, la position de Jean-Luc Mélenchon comme un « tour de passe-passe » et juge le programme du NFP « dangereux » même sans présence de ministre LFI.

« Sa stratégie consiste à dynamiter la position de l’Elysée »

Le politologue Olivier Rouquan reconnaît une « proposition habile qui renvoie la balle du côté de la coalition Ensemble et qui les oblige à se positionner. »

Pour le communicant Philippe Moreau-Chevrolet, à la tête de MCBG Conseil, la manœuvre de Jean-Luc Mélenchon est un « coup tactique excellent » qui lui a permis de mettre « le roi Emmanuel Macron en échec » et de montrer que la position de son camp contre les ministres LFI n’était bel et bien qu’un prétexte. Principal objectif de cette sortie : « dynamiter la position de l’Elysée ». Le seul argument de son camp « pour refuser Lucie Castets, c’était de ne pas vouloir de ministre LFI. La déclaration de Jean-Luc Mélenchon l’a obligé à modifier ses éléments de langage ».

Cette proposition a aussi un effet de clarification plus large car elle montre plus que jamais le retour de « la logique droite gauche » selon le professeur à Sciences Po pour qui « le camp présidentiel se classe clairement à droite. C’est vraiment la fin du En même temps. »

Olivier Faure : plus d’obstacle pour la nomination de Lucie Castets

Invitée du « Grand Jury-RTL-Le Figaro-Public Sénat », la secrétaire nationale des Ecologistes a, elle, estimé que le chef des Insoumis était « bien plus ouvert et constructif que celles et ceux qui nous donnent des leçons de morale. » « On va arrêter de dire que c’est nous le problème » a-t-elle lancé, en écho aux propos de Jean-Luc Mélenchon, qui répète, depuis des semaines, être du côté de la solution et non du problème.

Ce matin, le Premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure a lui mis la pression sur l’Elysée, arguant que « le prétexte qui jusqu’ici servait à refuser la nomination de Lucie Castets est levé ». Le coup de poker de Jean-Luc Mélenchon est aussi une habileté à l’égard de son camp. En évoquant la possibilité d’un soutien sans participation, il ne peut plus être contredit et se replace en position centrale. « Le leadership à gauche est clairement pris par Jean-Luc Mélenchon » commente Philippe Moreau-Chevrolet.

« Soutiendrait-il une majorité de gauche qui irait jusqu’à Ensemble ? »

Difficile en revanche de dire quelles sont les intentions de Jean-Luc Mélenchon à l’égard de ses alliés de la NFP. « Est-il sincère avec sa démarche ? » s’interroge le président de MCBG Conseil. Souhaite-t-il vraiment que le gouvernement se constitue sans LFI ? Si c’est le cas, est-ce aussi pour garder toute son indépendance à l’égard d’un éventuel gouvernement Lucie Castets, qui devrait sans doute bâtir des compromis et des accords de coalition plus large, pour éviter la censure. A des années-lumière des propos de Jean-Luc Mélenchon qui, au soir du second tour des législatives, avançait avec force qu’il fallait reprendre « tout le programme » du Nouveau Front populaire et « rien que son programme ».

Le chercheur Olivier Rouquan rappelle d’ailleurs que « sur le fond, la désignation d’un Premier ministre et d’un gouvernement se fait sur un accord sur une politique à mener. Est-ce que Jean-Luc Mélenchon soutiendrait un gouvernement de gauche qui ne modifierait pas la position française au Moyen-Orient ? Ou qui soutiendrait un budget réaliste ? Bref, soutiendrait-il une majorité de gauche qui irait jusqu’à Ensemble ? Car la question de fond, c’est comment on élargit même une majorité relative. Que la base soit le NFP ou Ensemble, il faut élargir pour se mettre le plus possible à l’abri de censure à répétition. »

Veulent-ils gouverner ou pensent-ils uniquement à 2027 ?

Dans la séquence, le soutien sans participation évoqué par Jean-Luc Mélenchon est aussi une référence au Front populaire, qui, en 1936, s’était constitué avec le soutien sans participation des communistes. « Cette référence historique légitime sa position auprès de ses propres troupes, car il doit aussi faire accepter cette proposition auprès des cadres de LFI. C’est de la com’ interne » analyse Philippe Moreau-Chevrolet, qui vise à montrer qu’un gouvernement, malgré l’absence des personnalités politiques les plus à gauche de la séquence, avait pu être synonyme de nombreuses conquêtes sociales. A l’inverse, « François Mitterrand avait pu prendre deux-trois communistes à bord dans son gouvernement, pour les anesthésier et pour les neutraliser ».

Olivier Rouquan invite à se méfier de cette comparaison. Car en 1936, le soutien sans participation des communistes s’expliquait car ils restaient une force minoritaire à gauche, loin derrière les socialistes alors majoritaires, ce qui n’est pas le cas pour LFI aujourd’hui. A l’époque, la coalition de gauche « allait jusqu’aux radicaux, ce qui reviendrait aujourd’hui à mettre une partie d’Ensemble dans le Nouveau Front populaire. » Bref, les deux configurations n’ont rien à voir l’une avec l’autre.

Le politologue s’interroge enfin sur l’effet de telles stratégies sur les électeurs. « Cela pose la question de savoir si ces petits jeux passionnent les Français et répondent à leurs préoccupations. » Dans la séquence, qui n’en finit pas de durer, le chercheur au CERSA n’épargne pas les autres forces politiques. « Aussi bien pour Mélenchon que pour d’autres, on peut se poser la question de savoir s’ils veulent gouverner ou usent d’habiletés en pensant uniquement à 2027. Est que les Français ne vont pas finir par perdre patience ? » Si les stratégies de joueurs d’échecs de nos dirigeants passionnent les commentateurs, elles laissent en effet tous les autres Français de marbre.

Pour aller plus loin

3 réflexions sur “La France paie maintenant le prix de son recours vicieux à la diabolisation des extrêmes comme moyen de gouverner par défaut!

  1. Sous les oripeaux intellectuels du temps demeure la très ancienne culture de cabales, de coteries et d’intrigues de Cour qui anime le pouvoir central depuis les débuts de la monarchie.

    C’est pourquoi le peuple de France, peuple de longue mémoire selon de Gaulle, reste de marbre au vu de cette nième représentation, inclusive, bienveillante et malheureusement durable cette fois, de la polka des bousiers.

    Rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme.

    Cordialement

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  2. Tel Aladdin dans la grotte, Macron voit la fenêtre de sortie se refermer.Il n’a été lâché que par Minc à ce stade ce qui prouve que ses mentors ne voient pas d’alternative dans la situation actuelle.C’est peut-être le plus inquiétant.

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  3. Ces gens là haïssent la démocratie et les élections, car il y a le risque que la gauche l’emporte.

    La démocratie libérale mise en place avec la révolution états-unienne, puis avec la révolution française, ne fonctionne vraiment QUE si les électeurs et les électrices, mettent au pouvoir des représentants de la bourgeoisie qui se sont accaparés les « privilèges » que possédait l’aristocratie.

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