Derrière la candidature Castets, la manœuvre de Mélenchon

Régis de Castelnau

Je me suis demandé pourquoi j’ai rapidement ressenti une totale aversion pour Lucie Castets.

Son arrogance ? Sa suffisance ? Son utilisation permanente et narcissique du « je » ?

Ses fausses confidences dans la presse people pour démontrer qu’elle coche les cases du gauchisme culturel ?

Sa démagogie quand elle va à la rencontre des troupes militantes du NFP ?

Le fait qu’elle renvoie aux calendes grecques les mesures sociales du « programme » du NFP (ce ne sont que des horizons) ?

Cette incarnation caricaturale de la haute fonction publique socialiste qui a tout trahi avant d’organiser l’arrivée de Macron au pouvoir ?

• Mais dis donc c’est Macron que tu nous décris là.

• Bah oui ça doit être ça.

L’aversion c’est pour le clone féminin de Macron. »

Il y a peut-être aussi une autre raison. En 2017 et en 2022, la « gauche » a fait élire Macron et lui a fourni des députés. Elle vient de recommencer la manœuvre mais de façon plus sophistiquée. En montant entre les deux tours des législatives une alliance électorale entre le NFP et Macron. Désistements réciproques, aide à la réélection des pires pourritures macronistes, et acceptation de leur voix pour récupérer des sièges.

Raphaël Arnault, Louis Boyard, ou Sébastien Delogu etc. sont des députés élus avec les voix macronistes, ils représentent ces électeurs. Mais une fois les sièges récupérés, compte tenu de la détestation de Macron, il a fallu donner le change. Alors on a sorti du chapeau, c’est-à-dire de nulle part (comme Macron en 2017), une candidate improbable et caricaturale.

DONT ON A TOUJOURS SU QU’ELLE N’IRAIT JAMAIS À MATIGNON.

Et d’ailleurs, Mélenchon a veillé personnellement avec ses provocations à ce que cette hypothèse n’aille nulle part. Mais son objectif n’était pas celui d’amener Castets à Matignon, il était exclusivement d’effacer les traces de la trahison du deuxième tour des législatives.

Et de la constitution, après celle du NFP d’une alliance électorale avec Ensemble.

Les gens du NFP ont les sièges et l’argent qui va avec grâce aux électeurs de Macron. Cela permettra de tenir jusqu’à la prochaine dissolution ou au pire jusqu’à la présidentielle 2027. Mais il est impératif n’est-ce pas Jean-Luc Mélenchon, de passer pour un opposant irréductible. Alors on a lancé la candidature Lucie Castets, en veillant bien, multiples éructations à la clé, à ce qu’elle n’aille nulle part.

Possible que ça marche,

Mélenchon a toujours démontré sa virtuosité en matière de tactiques sans principe. Et lorsque le bloc central se sera mis en place dans les semaines qui viennent, on est sûr de le trouver au premier rang de « l’opposition. » Possible aussi que cette fois-ci, soit trop grossier.

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Une réflexion sur “Derrière la candidature Castets, la manœuvre de Mélenchon

  1. D’ Edouard Herriot ( agrégé de lettres, Président de l’assemblée nationale, Président du Conseil, Académicien, un des chefs du Cartel des Gauches – le papa du NFP) :

     » La politique c’est comme l’andouillette, pour que ce soit bon, il faut que ça sente un peu la m…e, mais pas trop! »

    Mélanchon obtiendrait 5 étoiles à Troyes.

    Cordialement

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