Quand Draghi tricheur, fraudeur, imposteur, fausse valeur nous donne des conseils! Lisez s’il vous plait.

La grande affaire de la semaine presque plus importante que tous les happenings politiques français -qui sont il faut bien le reconnaitre l’écume du dérisoire-, la grande affaire, c’est la publication par Mario Draghi du résultat de ses recherches sur la situation économique européenne. C’est un travail de commande, il ne faut pas l’oublier. Un de ces multiples rapports, comme on en a connu des dizaines, aussi bien à l’échelle européenne, qu’à l’échelle des différents pays.

Je crois que j’ai une excellente mémoire historique et pourtant je n’ai pas le souvenir d’un seul rapport qui présente un intérêt. Tous sont des pièges à fric, des moyens de détourner de l’argent ou de valoriser certaines personnes afin qu’elles viennent dire ce que les gouvernements, le business, le capital ou les bourgeois ont envie qu’elles disent.

C’est toujours la même litanie ressassée sans originalité, sans idée aucune, et le plus souvent sans cohérence logique. Le rapport de Draghi ne fait bien entendu pas exception, il est même plutôt l’exemple type de tous ces travaux.

Quand elles commandent ces travaux, les autorités ont toujours une idée en tête. Elles veulent faire parler des soi-disant experts afin de donner une autorité à des idées toutes faites qui circulent depuis des années. Le but est toujours le même, il s’agit de relancer la croissance, d’arrêter la régression, de dégager en touche afin d’être exonéré de toutes les erreurs, de toutes les fautes qui ont été commises par les autorités dirigeantes dans le passé. Toutes celles qui se sont succédées ont accumulé les politiques d’affaiblissement économique, social et géopolitique. Mais comme à la fin cela devient difficile à supporter, il faut bien faire semblant de faire quelque chose. Et ce quelque chose… c’est un grand rapport prestigieux.

Donc le rapport de notre Mario s’inscrit exactement dans l’analyse que je viens de vous développer.

D’avance, avant même de le lire, je connaissais le contenu de ce rapport et j’aurais pu vous l’écrire: il faut améliorer la compétitivité; il faut investir; il faut innover; il faut épargner; il faut mieux financer; il faut déréguler, il faut réduire la consommation des masses.

Vous voyez, en une phrase, je vous ai écrit l’essentiel d’un rapport qui a certainement coûté des millions. Mais je vais aller plus loin car je suis généreux aujourd’hui. Et je vais vous donner l’essentiel, c’est à dire ce qui n’est pas dit dans ce rapport.

Ce rapport, en effet, brille par une omission: il n’est pas articulé autour du paramètre essentiel de la croissance économique, de la compétitivité, de l’investissement, de la motivation à innover, du financement sain, non-inflationniste,… ce paramètre, c’est la profitabilité du capital.

Et oui, nous sommes dans un système capitaliste; le moteur de ce système, c’est l’appât du gain, la volonté de gagner de l’argent, le désir d’accumuler un patrimoine, le désir de le garder, de le transmettre à ses enfants, de ne pas tout se voir confisquer par l’Etat et ses fonctionnaires. Pour résumer, l’omission majeure, celle qui donnerait un sens et une utilité à ce rapport, c’est celle du rendement du capital pour ceux qui en sont propriétaires.

Bien entendu, la question du profit est sous-jacente à tout le « travail » de notre Draghi; en témoigne l’accent mis sur la compétitivité. Qu’est-ce que la compétitivité, si ce n’est la capacité à avoir des prix de revient suffisamment bas pour vendre à des acheteurs tout en secrétant un taux de profit suffisant pour supporter la comparaison avec le taux de profit que rapporterait un autre emploi des fonds. La clé de la compétitivité est dans la formule suivante: il faut être compétitif tout en réalisant le taux de profit moyen nécessaire pour investir, réinvestir, rémunérer le capital que l’on a déjà réussi à attirer et de préférence réussir à attirer des capitaux nouveaux.

Je pense que tous ceux qui me lisent régulièrement ont compris ce que je veux souligner: le vrai travail qui, un jour, nous apportera quelque chose sur une action en faveur de la croissance, c’est le travail qui s’attachera à analyser les raisons pour lesquelles le capital européen est radicalement insuffisamment profitable. Ce travail n’a jamais été fait car il est tabou.

Je ne vais pas plus loin aujourd’hui; je reviendrai peut-être sur ces questions si le débat prend une certaine ampleur.

Je veux simplement vous rappeler cette bonne vieille équation d’Helmut Schmidt.

On n’a jamais dépassé Helmut.

Voici son équation: les profits d’aujourd’hui font les investissements de demain, etl’emploi d’après-demain. Tout est dit. Ce qui est premier dans le régime capitaliste, c’est le profit, c’est lui qui motive et qui permet les investissements. Ensuite les investissements, quand ils sont réalisés, permettent de distribuer du pouvoir d’achat et de créer des emplois.

Le tout constitue le cycle du capitalisme et ce cycle est indépassable.

Comme l’on ne peut plus assurer un fonctionnement harmonieux de ce cycle, bien huilé par les profits et les motivations spontanées, on coince, on dérape. On pose des substituts comme les financements malsains, comme les aides, comme les impulsions gouvernementales, comme les dopages monétaires. Et tout cela, au lieu de faciliter un fonctionnement harmonieux, pervertit les mécanismes, favorise les mauvaises allocations, entretient les gaspillages. Au lieu de cercle vertueux, c’est le cercle vicieux. C’est dans ce cercle que nous sommes immergés.

Ce que propose Draghi, c’est de caresser encore plus ce cercle, pour le rendre encore plus vicieux.

Vous trouverez ci dessous une présentation de la personne de Draghi

puis une analyse correcte du marasme allemand

enfin , en pied, vous trouverez ma traduction de l’essentiel du rapport de Draghi telle que présenté par The Economist.

Je remercie Charles de son rappel des œuvres de Draghi.

Charles Gave

J’aimerais rappeler les grands traits de la carrière de monsieur Mario Draghi.

M. Draghi apparait dans l’Histoire comme de directeur général du ministère des finances Italiens de 1992 à 2001, au moment des négociations qui précédaient la création de l’Euro. Les textes, acceptés par tous les pays prévoyaient entre autres que le déficit budgétaire ne pouvait être supérieur à 3 % du Pib.

Or, peu avant d’entrer dans l’Euro, ce déficit était supérieur à 7 %, ce qui aurait dû interdire à l’Italie de faire partie de la nouvelle monnaie. Qu’à cela ne tienne. Monsieur Draghi passe avec JP Morgan un accord de « swap « par lequel ces derniers achètent pour 35 milliards d’http://Euro.de produits dérivés issus par l’Italie qui comptablement et miraculeusement font baisser le déficit de 7.5 % à 2.5 % en deux ans.

La Commission Européenne saluera comme il se doit les efforts « héroïques » faits par l’Italie. Que le lecteur ne se fasse pas trop d’illusions, le déficit est réapparu une fois l’Italie dans l’Euro… Cette opération a été l’objet d’une enquête de la Cour des Comptes Italienne dont les résultats semblent indiquer que le Trésor Italien a beaucoup perdu à la suite de cette manipulation.  On parle de plusieurs milliards d’euros. Et comme les produits dérivés sont un jeu à somme nulle, les milliards d’euros perdus par l’Italie ont été gagnés par quelqu’un d’autre, mais j’ai du mal à deviner qui et qui aurait pu toucher des commissions sur une opération aussi profitable (pour JPM)

La Grèce, qui avait le même problème passe un accord similaire en 1997 avec Goldman-Sachs pour maquiller ses comptes et cette deuxième opération aurait rapporté à GS  300 millions d’Euros et sera dénoncée ensuite au moment de la faillite de la Grèce. A noter que personne ne fut inquiété ni à JP Morgan ni à GS puisque ces opérations étaient « légales « à l’époque. Mission accomplie, l’Italie est dans l’Euro et Mario Draghi prend sa retraite et devient vice-président de… Goldman-Sachs Europe, où il est le responsable de 2002 à 2006 des négociations avec les Etats européens.

En 2006,  sur proposition de Berlusconi, il devient le gouverneur de la banque centrale Italienne et le Président du forum de la stabilité financière pour l’Europe, en charge de prévenir les crises systémiques et comme de bien entendu il ne voit rien arriver de la crise de 2009 -2011.

Inutile de souligner qu’un homme d’une telle envergure fait partie du groupe des trente, de Bilderberg, est titulaire de nombreuses distinctions européennes et que sais -je encore… Toutes ces réussites éclatantes le qualifient sans doute aucun pour le poste de patron de la BCE, ou il est promu le 1 Novembre 2011 pour succéder à Jean-Claude Trichet, de sinistre mémoire.

Et c’est bien sûr à la BCE que monsieur Draghi va donner la pleine mesure de son talent. Je ne reviendrai pas sur les détails de son action entant que Président de la BCE mais sur l’esprit qui a prévalu lors de son mandat.

Monsieur Draghi est un idéologue europeen acharné, un homme de Davos s’il en fut.  Son but est de créer un Etat Europeen envers et contre tout et seul cela l’intéresse. Normalement, le but d’un bon banquier central est de créer les conditions monétaires pour que le système crée le maximum de richesse avec le minimum d’inflation. Et la meilleure façon de faire est d’essayer d’avoir des prix de marché aussi bien pour le taux de change que pour les taux d’intérêts.

Le premier « prix », celui des taux d’intérêts étant devenu fixe à l’intérieur de l’euro, le blocage des taux de change vis-à-vis de l’Allemagne de tous les taux de change dans la zone euro interdit que la plus grande productivité de l’Allemagne soit compensée par une variation des taux de changes comme cela se pratiquait depuis 1950. Et donc, le seul endroit dans les marchés où cette différence pouvait s’exprimer était le marché obligataire, substitut imparfait au marché des changes. Et c’est par les marchés obligataires qu’arrive la crise de l’euro de 2009, ce qui était parfaitement prévisible mais semble surprendre tout le monde. L’écart entre les taux allemands et Italiens ou Espagnols à partir de 2009 se met à monter, monter, monter… Et a la place de reconnaitre que l’Euro ne fonctionnait pas et ne pouvait pas fonctionner, monsieur Draghi décida de casser ce second thermomètre en ordonnant à la BCE d’acheter directement les obligations des pays mal gérés.

Voici une analyse juste du marasme Allemand

Ht M. Roberts.

Le système allemand, l’économie capitaliste avancée et la plus prospère d’Europe, ne peut échapper a la longue dépression qui sévit depuis la crise de 2008.

La crise politique se profile à l’horizon; le consensus s’effondre, le pays comme la France devient ingouvernable.

La défense servile des intérêts de l’impérialisme américain par le gouvernement de coalition allemand détruit le capital allemand et pèse sur le niveau de vie de ses citoyens, en particulier des plus pauvres. C’est ce qui explique les résultats des élections récentes , la montée du nationalisme et de la réaction.

L’e marché du travail allemand est à deux vitesses, « dual ».

Une masse d’employés temporaires à temps partiel travaille pour des salaires très bas. Environ un quart de la main d’œuvre allemande perçoit aujourd’hui un salaire « bas », selon la définition courante, inférieur aux deux tiers du salaire médian, ce qui est une proportion plus élevée que dans les 17 pays européens, à l’exception de la Lituanie.

Cette main d’œuvre bon marché, concentrée dans la partie orientale de l’Allemagne, est en concurrence directe avec les nombreux réfugiés ce qui explique la montée des sentiments anti immigrés. L’Allemagne fait face à une forte hausse de l’immigration, le nombre de demandes d’asile ayant atteint 334 000 en 2023. Un récent sondage a révélé que 56%des Allemands craignaient d’être submergés par l’immigration.

L’économie allemande s’affaisse , le phénomène touche particulièrement les pays de l’Est.

L’Allemagne est l’État le plus peuplé de l’Union européenne et sa puissance économique, représentant plus de 20% du PIB du bloc européen . Mais c’est une économie qui reste productive.

L’industrie manufacturière représente encore 23 % de l’économie allemande, contre 12 % aux États-Unis et 10 % au Royaume-Uni. Et l’industrie manufacturière emploie 19 % de la main-d’œuvre allemande, contre 10 % aux États-Unis et 9 % au Royaume-Uni.

Cette économie est en récession après une longue phase ss de stagnation

Le gouvernement allemand a suivi à la lettre la politique de l’OTAN et a mis fin à sa dépendance à l’égard de l’énergie bon marché russe. Les coûts de l’énergie ont grimpé en flèche pour les ménages allemands.

En effet, les salaires réels en Allemagne sont toujours inférieurs aux niveaux d’avant le Covid comme dans de nombreux pays de l’UE.

Mais la hausse des coûts de l’énergie est catastrophique .  

La Chambre de commerce et d’industrie allemande (DIHK) commente : « Les prix élevés de l’énergie ont également un impact sur les activités d’investissement des entreprises et donc sur leur capacité d’innovation. Plus d’un tiers des entreprises industrielles déclarent qu’elles sont actuellement en mesure d’investir moins dans leurs processus opérationnels de base en raison des prix élevés de l’énergie. Un quart d’entre elles déclarent pouvoir s’engager dans la protection du climat avec moins de ressources, et un cinquième des entreprises industrielles doivent reporter leurs investissements dans la recherche et l’innovation. » « Outre la délocalisation prévue de la production, cela représente une autre menace grave pour l’Allemagne en tant que site industriel », prévient Achim Dercks (DIHK). « Si les entreprises elles-mêmes n’investissent plus dans leurs processus de base, cela équivaudra à un démantèlement progressif. »

L’été dernier, le FMI estimait que cette hausse des coûts réduirait la croissance économique potentielle de l’Allemagne jusqu’à 1,25 % par an , « en fonction de l’ampleur ultime
du choc des prix de l’énergie et de la mesure dans laquelle une efficacité énergétique accrue peut l’atténuer ».

Au cours des trois dernières années, l’activité manufacturière s’est effondrée.

la periode de remontée de la rentabilité du capital allemand depuis le début de l’euro est terminée, cette rentabilité s’effondre

La rentabilité du capital allemand a commencé à baisser pendant la Grande Récession et la Longue Dépression des années 2010. Mais la plus forte baisse a eu lieu pendant la pandémie et la rentabilité est désormais à un niveau historiquement bas.

Source : série EWPT 7.0 et base de données AMECO

Pire encore, la masse des profits a également commencé à diminuer, car la hausse des coûts de production (énergie, transport, composants) grignote les revenus. Et lorsque les profits totaux chutent, un effondrement des investissements et une récession s’ensuivent.

La formation brute de capital (un indicateur de l’investissement) est en contraction.

Si l’on examine les composantes du PIB réel allemand depuis le début de la crise sanitaire en 2020, on constate que la chute de l’Allemagne n’est pas due à une baisse de la consommation (en hausse de 1 %), mais à une baisse de l’investissement. La baisse de la rentabilité et des bénéfices a entraîné une baisse de l’investissement (en baisse de 7 %).

L’Allemagne n’inonde pas non plus le monde de ses exportations. L’excédent commercial avec le reste du monde reste pratiquement inchangé, à 20 milliards d’euros par an, comme dans les années 2010.

Les exportations de biens sont plus ou moins stables ; ce sont les importations qui ont chuté après la pandémie, les fabricants allemands ayant réduit leur production et l’utilisation de matières premières et de composants.

Mario Draghi présente son plan pour rendre l’Europe plus compétitive

TRADUCTION BRUNO BERTEZ

Le continent a besoin d’investissements à la hauteur du Plan Marshall et de beaucoup plus d’innovation, affirme l’ancien banquier central

Illustration : Dan Williams

9 septembre 2024

GLa croissance en Europe ralentit depuis des décennies. Selon les différents indicateurs, un large écart de PIB s’est creusé entre l’Union européenne et les États-Unis. Les ménages européens en paient le prix en termes de perte de niveau de vie. Par habitant, le revenu disponible réel a augmenté presque deux fois plus aux États-Unis que dans l’ UE depuis 2000.

Pendant la majeure partie de cette période, le ralentissement de la croissance a pu être perçu comme un désagrément, mais pas comme une calamité. Ce n’est plus le cas. La population européenne est vouée à diminuer et elle devra s’appuyer davantage sur la productivité pour croître. Si l’ UE devait maintenir son taux de croissance moyen de la productivité depuis 2015, il suffirait seulement à maintenir le PIB constant jusqu’en 2050 environ.

Pourtant, le besoin de croissance de l’Europe ne cesse de croître. L’ UE entend décarboner et numériser son économie et accroître ses capacités de défense. Elle doit préserver son modèle social à mesure que ses sociétés vieillissent. Les besoins d’investissement sont énormes. Selon les dernières estimations, la part des investissements devra augmenter d’environ cinq points de pourcentage du PIB pour atteindre des niveaux jamais vus depuis les années 1960 et 1970. À titre de comparaison, les investissements supplémentaires prévus par le plan Marshall entre 1948 et 1951 représentaient environ 1 à 2 % du PIB par an.

Pour relancer la croissance, la Commission européenne a publié aujourd’hui un rapport sur la compétitivité de l’UE sous ma direction. Ce rapport identifie les causes profondes de l’affaiblissement de la position de l’ UE dans des secteurs clés et présente une série de propositions visant à restaurer la compétitivité de l’ UE . Il identifie trois principaux domaines d’action.

Le premier est de combler l’écart avec l’Amérique en matière d’innovation. L’Europe a largement raté la révolution numérique menée par Internet et les gains de productivité qu’elle a apportés : en fait, l’écart de productivité entre l’ UE et l’Amérique depuis 2000 s’explique en grande partie par le secteur technologique. L’ UE reste faible dans les technologies émergentes qui stimuleront la croissance future. Les entreprises européennes se spécialisent dans les technologies matures où le potentiel de percée est limité.

Le problème n’est pas que l’Europe manque d’idées ou d’ambition. Mais l’innovation est bloquée à l’étape suivante : elle ne se traduit pas en commercialisation et les entreprises innovantes qui souhaitent se développer sont freinées par des réglementations incohérentes et restrictives. De nombreux entrepreneurs européens préfèrent chercher des financements auprès de capital-risqueurs américains et se développer sur le marché américain.

L’ UE doit changer de cap. Un secteur technologique faible ne la priverait pas seulement des opportunités de croissance qu’offre la révolution de l’intelligence artificielle à venir. Il freinerait également l’innovation dans un large éventail de secteurs connexes, tels que les produits pharmaceutiques, l’automobile et la défense, où l’intégration de l’intelligence artificielle dans les opérations sera essentielle pour que l’ UE reste compétitive.

Le rapport propose une réforme fondamentale du cycle de vie de l’innovation en Europe : en facilitant la commercialisation des idées par les chercheurs, en investissant conjointement dans les technologies de rupture, en supprimant les obstacles à la croissance des entreprises innovantes et en investissant dans les infrastructures informatiques et de connectivité pour réduire le coût du développement de l’IA .

L’amélioration des compétences est au cœur de ce programme, afin que les entreprises européennes puissent trouver les talents dont elles ont besoin pour innover et adopter les technologies, et que les citoyens européens puissent bénéficier pleinement des changements technologiques. Si l’ UE doit chercher à égaler l’Amérique en matière d’innovation, elle doit la surpasser en matière de formation et d’apprentissage des adultes.

Le deuxième domaine d’action consiste à combiner décarbonation et compétitivité. Si les objectifs climatiques ambitieux de l’Europe sont assortis d’un plan cohérent pour les atteindre, la décarbonation sera une opportunité. Mais si elle ne parvient pas à coordonner ses politiques, elle risque d’aller à l’encontre de la compétitivité et de la croissance.

Les entreprises européennes doivent faire face à des prix de l’électricité deux à trois fois plus élevés qu’aux États-Unis. Les prix du gaz naturel sont quatre à cinq fois plus élevés. Au fil du temps, la décarbonisation contribuera à réorienter la production d’électricité vers des sources d’énergie propres, sûres et peu coûteuses. Mais les combustibles fossiles continueront de fixer le prix de l’énergie pendant la majeure partie du temps, au moins jusqu’à la fin de cette décennie. À moins que l’Europe ne transfère mieux les bénéfices de l’énergie propre aux utilisateurs finaux, les prix de l’énergie continueront de freiner la croissance.

La décarbonation est également une opportunité pour l’industrie européenne . L’Europe est un leader mondial de l’innovation dans les technologies propres et dans certains secteurs de la fabrication, comme l’éolien et les carburants à faible teneur en carbone. Pourtant, la concurrence chinoise devient de plus en plus vive, alimentée par une puissante combinaison de subventions, d’innovation et d’échelle. L’Europe est confrontée à un possible compromis. Une dépendance croissante à l’égard de la Chine pourrait être la voie la moins coûteuse pour atteindre les objectifs climatiques de l’UE . Mais la concurrence étatique de la Chine représente une menace pour des industries par ailleurs productives.

Le rapport propose un plan pour associer décarbonation et compétitivité. Il commence par réformer le marché européen de l’énergie afin que les consommateurs finaux puissent voir les avantages de l’énergie propre sur leurs factures. Les industries qui permettent la décarbonation, comme les technologies propres et les véhicules électriques, auront besoin de davantage de soutien pour promouvoir l’innovation et égaliser les conditions de concurrence face aux concurrents qui utilisent des politiques industrielles à grande échelle. L’Europe devra agir de concert pour rendre vertes les industries qui consomment beaucoup d’énergie et sont désavantagées par des réglementations asymétriques.

Le troisième domaine est celui de l’amélioration de la sécurité et de la réduction des dépendances. À mesure que l’ère de la stabilité géopolitique s’éloigne, le risque de voir l’insécurité croissante menacer la croissance et la liberté s’accroît. L’Europe est particulièrement exposée. L’ UE dépend d’une poignée de fournisseurs de matières premières essentielles et est fortement dépendante des importations de technologies numériques.

Dans ce contexte, le rapport appelle l’ UE à agir comme les autres grandes économies et à construire une véritable « politique économique étrangère » européenne : coordonner les accords commerciaux préférentiels et les investissements directs avec les pays riches en ressources naturelles ; constituer des stocks dans certains domaines critiques ; et créer des partenariats industriels pour sécuriser la chaîne d’approvisionnement des technologies clés.

Le rapport appelle également l’Europe à renforcer ses capacités industrielles de défense. L’ industrie de défense de l’UE est trop fragmentée et souffre d’un manque de normalisation et d’interopérabilité des équipements. Pour que ses entreprises s’intègrent et atteignent une certaine échelle, l’Europe doit regrouper et concentrer ses dépenses. Les achats collaboratifs européens ont représenté moins d’un cinquième des dépenses consacrées aux achats d’équipements de défense en 2022.

Des décisions importantes doivent être prises quant à la manière de financer les besoins d’investissement de l’Europe. L’intégration des marchés de capitaux sera cruciale. L’épargne des ménages européens est importante, mais elle n’est pas canalisée vers des investissements productifs dans l’ UE . Toutefois, le secteur privé ne sera pas en mesure de supporter la part du lion du financement des investissements sans le soutien du secteur public.

Plus l’ UE sera disposée à se réformer pour générer une productivité plus élevée, plus sa marge de manœuvre budgétaire augmentera et plus il sera facile pour le secteur public d’apporter ce soutien. Certains financements conjoints de projets clés, tels que l’investissement dans des innovations de rupture, contribueront à cette amélioration de la productivité. D’autres « biens publics » essentiels, tels que les marchés publics de défense ou les réseaux transfrontaliers, seront également insuffisants sans action et financement communs.

Le rapport est publié à un moment difficile pour le continent. Mais l’Europe ne peut plus se permettre de tergiverser pour préserver le consensus. L’ UE a atteint un point où, sans action, elle devra compromettre soit son bien-être, soit l’environnement, soit sa liberté.

Pour y parvenir, l’UE devra adopter une nouvelle attitude en matière de coopération : éliminer les obstacles, harmoniser les règles et les lois et coordonner les politiques. Elle peut avancer de différentes manières. Mais elle ne peut pas rester inactive.

L’Europe doit être confiante, même si l’ampleur du défi atteint des niveaux sans précédent par rapport à la taille de ses économies. Cela fait bien longtemps que l’auto-préservation n’a pas été une préoccupation aussi commune. Les raisons d’une réponse unifiée n’ont jamais été aussi convaincantes – et dans l’unité, l’Europe peut trouver la force de se réformer .

Mario Draghi a été Premier ministre italien de février 2021 à octobre 2022 et président de la Banque centrale européenne de 2011 à 2019.

5 réflexions sur “Quand Draghi tricheur, fraudeur, imposteur, fausse valeur nous donne des conseils! Lisez s’il vous plait.

  1. Ça sent l’épargne du peuple mobilisé. En langage clair: votre épargne sera bloqué ( pour le bien commun🤣)et avec un nouveau pic d’inflation plus important encore, vous récupérerez au bout des clopinettes. C’est ce que l’on appelle un grand transfert de richesse.

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  2. Bonsoir M. Bertez

    au hasard:

    le hiérarque européen dans sa tour:

    « …Les entreprises européennes doivent faire face à des prix de l’électricité deux à trois fois plus élevés qu’aux États-Unis. Les prix du gaz naturel sont quatre à cinq fois plus élevés. »

    L’entrepreneur européen sur le terrain:

    Les hiérarques de l’union européenne ont agi de telle manière que les entreprises européennes doivent désormais faire face à des prix de l’électricité…….

    M.D: Je joue ma carte « Responsable mais pas coupable » et je reste dans ma tour!

    Cordialement

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  3. Sinon tout le reste du résumé du rapport Mario, c’est du bullshit, c’est l’éternelle complainte qui met tout sur le dos de la classe moyenne qui n’a droit à aucune protection sauf au final de financer la guerre qui finira le job de Mario et ses amis.

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  4. C’est sauf erreur de ma part le privilège exhorbitant du dollar exploité par Walt street et le coût de l’énergie qui rendent déjà la profitabilité du capital supérieure sans compter le système social qui n’est pas le même aux Usa ?

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