Editorial. Que tout responsable politique devrait lire, hélas ils ne travaillent pas, ils causent.

Personne n’ose aborder la contradiction qui est à la base du système français, tout le monde tourne autour sans oser la formuler ; c’est la contradiction entre une insertion dans un système mondial dominé par les Lois du Capital et la volonté française de rester semi socialiste. La fameuse spécificité française dont se vantait Chirac.

Tous les gouvernements qui se sont succédés sont tombés dans la même illusion en particulier Mitterrand; ils ont cru que l’on pouvait mener des politiques autonomes tout en restant insérés dans le système mondial, ils se sont cassé les dents -Mitterrand en 83- et se sont trouvés devant le choix soit de s’isoler soit de retirer les mesures incompatibles avec le maintien dans le système mondial.

Le système mondial est régulé par le taux de profit, et la recherche du profit maximum, la recherche de l’enrichissement maximum, celui qui domine c’est celui qui a le taux le plus élevé, le plus attrayant pour attirer les capitaux et les talents, donc c’est celui qui accumule le plus de Capital

Les socialistes n’ont pas compris que ce qu’ils souhaitent à savoir l’investissement n’est que l’autre nom , l’autre face du Capital Ils voudraient l’investissement sans la constitution de capital. Depuis que les nationalisations ont échoués ils sont perdus, sans solution .

Depuis que la globalisation et la libre circulation des capitaux ont été imposées, chaque système national est soumis a la concurrence des biens et des services mais aussi à la concurrence des capitaux; les capitaux circulent librement et le Grand Capital se dirige vers les endroits ou il est le plus rentable et le plus en sécurité. Le capital dans le monde suit la ligne de plus grande pente du profit et de la sécurité.

Tout système qui ne réalise pas le taux de profit moyen mondial exigé par le marché se trouve à la merci d’un drainage qui non seulement l’asphyxie mais en outre renforce la domination de ses concurrents et singulièrement celle plus fort: les USA. Le grand capital européen ne cesse de fuir aux USA.

Le but , la motivation des détenteurs de très grande fortunes est l’accumulation et la transmission ce qui signifie que la fiscalité sur les bénéfices, les revenus, la fortune et les successions sont déterminantes pour les décisions d’investissement; chaque système doit se rendre attrayant ou accepter la régression.

L’Europe est victime de ce drainage car son taux de profitabilité est trop faible, la sécurité des capitaux est insuffisante et faute d’un système financier et d ‘un marché des capitaux profond et adapté la liquidité est trop faible

La compétitivité dont on vous rabâche les oreilles n’est rien d’autre que la capacité à réaliser autant sinon plus de profit que les autres et accumuler le plus de capital, de préférence productif , la France court depuis des décennies derrière la compétitivité tout en la détruisant périodiquement par des initiatives socialistes

La France court derrière la compétitivité sans succès car elle refuse les lois du Capital qui sont; investissement-profitabilité-accumulation de capital ; la France est dans un monde capitaliste mais en refuse les règles du jeu!

Résultat, le dépassement de cette contradiction de base, est l’obligation de compenser l’insuffisance du profit et de masquer les tensions qui en résultent par le recours à la dette publique; cette dette publique masque la contradiction à court terme mais l’exacerbe à long terme. La dette publique en France est la manifestation de la contradiction majeure du système français; il est inséré dans un système mondial dont il refusé les règles du jeu.

La dette publique n’est une solution à l’insuffisance de profitabilité que dans le court terme car dans le long terme elle conduit à une accumulation de capital fictif et de rentes qui prélève lui aussi sur une profitabilité insuffisante.

Il n’y aura pas de solution tant qu’il n’y aura pas prise de conscience du fait majeur; la France vit dans un système mondial quelle ne connait pas, qu’elle ne comprend pas et qu’elle refuse historiquement. La France est prise dans un antagonisme , une contradiction fondamentale dont le dépassement ne peut se faire que par le report dans le futur, dans l’endettement , mais hélas l’endettement a des limites.

·Quelle est la solution? Oser poser le diagnostic. C’est la première chose à faire, clarifier , oser parler vrai et dire qu’il y a antagonisme radical entre participer au marché capitaliste mondial tout en refusant le capitalisme.

En posant le problème, on expose un choix éminemment politique , un choix de Société. Il faut poser les données de ce choix , ce que n’ont fait ni ceux qui nous ont plongé dans le Grand Large du Système mondial, ni ceux qui on cru à la fausse solution de nous plonger dans le système de la Construction Européenne en croyant qu’elle pourrait etre spécifique, à la française et concurrencer le système du Capital anglo-saxon. Nous retrouvons là, en passant le mythe de la transformation de la construction européenne.

Quelle est la solution ensuite ? Euthanasier une partie du capital fictif, cad des dettes, ensuite réformer l’économie et la fiscalité de telle sorte que le profit, la profitabilité soit réservés aux investissements les plus productifs et oser détruire les zombies

Il faut oser partir de l’idée que le surproduit c’est à dire la base a partir de laquelle se forme le profit est une denrée rare qui ne doit pas être gaspillées entre les rentes, le capital fictif, le zombies, les emplois improductifs etc

En mot il ne s’agit pas comme le font les pseudo libéraux exploiteurs de réhabiliter le profit, il n’a pas à être réhabilité c’est une contrainte qu’on le veuille ou non, même si on lui donne d’autres noms; il faut reconnaitre que le profit est indispensable, il faut en realiser assez et il faut bien l’utiliser

Donc il faut réorienter le système vers la profitabilité à long terme, certes mais en plus vers la bonne affectation de cette profitabilité, il faut le faire par la législation, la fiscalité, la reforme du système bancaire la vérité des prix des prix, la destruction des rentes non justifiées socialement.

5 réflexions sur “Editorial. Que tout responsable politique devrait lire, hélas ils ne travaillent pas, ils causent.

  1. Bonjour M. Bertez

    Peut être faudrait il s’interroger sur le sens du mot  » investissements » pour les uns et pour les autres chez nous

    Pour les socialistes ce seraient des capitaux dans lesquels puiser pour créer ou maintenir des emplois subventionnés qui permettent d’avoir plus de voix aux élections.

    Pour la « droite », ce seraient des capitaux pour investir dans des rachats d’actions de la société afin de faire monter le cours de l’action en bourse et de rechercher de l’optimisation fiscale afin d’obtenir plus de voix aux élections.

    Pour quelques uns ce seraient des capitaux permettant de lancer une affaire et d’atteindre la taille suffisante pour pouvoir aller chercher ailleurs de vrais investissements et un environnement favorable aux entreprises et au profit.

    Si si, y en a! Mais comme les poissons volants ils ne constituent pas la majorité de l’espèce.

    Cordialement

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  2. houla houla  » oser détruire les zombies »

    au frankistan, vous allez devoir détruire un bon pourcentage de la population.

    ceci dit ça se mérite d’ètre á l’avant garde de la décadence.

    cette décadence si rapide est un exemple parfait du proverbe chinois :

    le poisson pourrit toujours par la tête.

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  3. Nous sommes bien d’accord, il faut sortir du système capitaliste (libéral) qui est système de spoliation des richesses et en, donc, un système d’exploitation égocentrique.

    Naturellement, il ne faut pas demander le beurre et l’argent du beurre et tous le reste… Un système non capitaliste (pas nécessairement socialiste ou communiste) a ses propres limites, comme tout système.

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  4. Bonjour Monsieur Bertez, et merci pour ce billet qu’il faut diffuser sans relâche.

    Nous avons les recettes d’une restauration économique sous les yeux:

    https://shs.cairn.info/le-choc-des-capitalismes–9782738129130?lang=fr

    Il nous faut, ainsi que vous l’écrivez, réorienter le système vers la profitabilité à long terme, certes mais en plus vers la bonne affectation de cette profitabilité: il faut le faire par la législation, la fiscalité, la reforme du système bancaire, la vérité des prix des prix, la destruction des rentes non justifiées socialement.

    Il faut réhabiliter l’idée comme la pratique du profit et mettre un terme brutal à cet antagonisme radical qui repose sur une pseudo-volonté de participer au marché capitaliste mondial tout en refusant le capitalisme.

    Il faut permettre à ceux qui le veulent de s’enrichir. Enrichissez-vous, vous enrichirez le pays. Enrichissez le pays, vous vous enrichirez.

    Il ne faut plus jamais entendre ce qui suit: https://www.dailymotion.com/video/x96242g

    Renaud Bouchard

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