Editorial: Politique, un programme généreux mais …

JP Hussman fait partie de la classe des gens « bien ».

Vous savez que je classe les gens en trois catégories;

les moins que rien

les pas grand chose

les gens bien

Il est scandalisé par la campagne électorale déplorable en cours aux Etats Unis .

A juste titre. C’est une honte

Il est généreux, l’essentiel de ses revenus est consacré à des activités caritatives ou d’intérêt général comme les fondations de recherche sur l’autisme.

Il est père d ‘un enfant autiste, il est grand admirateur de Martin Luther King, je crois qu’il s’intéresse a la philosophie bouddhiste mais je n’en suis pas sur.

Il est professionnellement honnête, cohérent.

Il vient de s’exprimer, ce qui est rare, sur l’actualité de la politique américaine. Avec une certaine élévation morale et intellectuelle.

Il ne remet pas en question le capitalisme, visiblement il n’est pas marxiste. Il ne dispose pas des outils intellectuels matérialistes et dialectiques qui permettent de comprendre et d’analyser les forces fondamentales, radicales qui sont en action dans le système.

Par exemple il n’utilise pas la notion centrale de tendance longue à la baisse du taux de profitabilité du capital accumulé. La notion d’exploitation lui semble étrangère. Tout comme le fait que le capital n’est pas auto productif mais est un rapport social qui permet de prélever et jouir sans produire directement..

Donc il croit que le système peut être amélioré, il ne croit pas à la Nécessité de l’évolution perverse actuelle, il ne croit pas, à son déterminisme, à sa fatalité .

Il croit qu’on peut améliorer le système par la volonté, la bonne volonté. Il croit que l’on peut re-légitimer le capitalisme en revenant au capitalisme productif et en lui redonnant des finalités sociales conformes à l’humanisme et à l’intérêt général.

Bien entendu tout en étant homme de science très rationnel, il ne parvient pas à une analyse non idéologique; il ne parvient pas à aller jusqu’à s’interroger sur la question centrale: pourquoi les choses sont ainsi et pas autrement!

Il ne peut comprendre que c’est le mouvement interne endogène du capitalisme, de ses contradictions, de son besoin de profit lié à l’accumulation qui le pousse, pour durer, à être de plus en plus cynique, exploiteur, de plus en plus gaspilleur, , de plus en plus spéculatif, de plus en plus impérialiste.

Bref d’une certaine façon, Hussman ne croit pas à l’Histoire et il ne vient pas à l’idée que le capitalisme n’est qu’un moment, un système, un régime social qui, au fil du temps épuise ses bienfaits, son potentiel de progrès et doit peu à peu laisser la place à un autre système qui reste non pas à inventer mais à laisser advenir, à laisser s’inventer lui même .

Les systèmes vivent et meurent quand ils ont fait leur temps et les hommes ne font que tenir des discours vains sur ce système qui leur échappe.

JP Hussman.

Les éléments d’un plan solide sont toujours des investissements productifs, l’allègement des barrières à l’emploi, des conditions de concurrence équitables pour que les familles qui travaillent participent à ce qu’elles produisent et la réduction de la vulnérabilité.

Au cours des dernières décennies, notre économie s’est de mieux en mieux développée pour ceux qui se trouvent tout en haut de l’échelle sociale , et de plus en plus difficile pour ceux qui essaient de s’accrocher à un niveau de vie de classe moyenne. » La productivité peut ne pas se traduire par un niveau de vie croissant si les politiques fiscales favorisent outrageusement les bénéfices par rapport aux salaires.

“Je veux que les Américains et les familles puissent non seulement s’en sortir, mais aussi aller de l’avant. Pour pouvoir prospérer. Ce qui nécessite de s’éloigner des politiques axées sur les profits et de cesser d’ignorer les externalités qui paupérisent la classe moyenne]

« La construction d’une classe moyenne forte sera un objectif central de mon administration. L’une des choses les plus importantes que nous puissions faire est de réduire les impôts de la classe moyenne.” [Les 10% d’Américains les plus riches détiennent 67% de la valeur nette des États-Unis. Les 50% inférieurs n’en détiennent que 2,5%. Ce n’est pas une faute de frappe.]

« Élargir le crédit d’impôt pour enfants et l’accès au congé familial, ce qui aidera toutes les personnes qui s’occupent d’enfants, de parents vieillissants ou des deux.

« Dans une économie où la démographie du pool de gens aptes au travail ralentit, il est par ailleurs essentiel de réduire les obstacles à la participation au marché du travail.

“L’économie américaine est la plus grande force d’innovation et de création de richesse de l’histoire de l’humanité. Nous devons simplement dépasser les politiques ratées du passé dont nous avons prouvé qu’elles ne fonctionnaient pas. « S’attendre à ce que des bénéfices plus élevés se traduisent par des investissements productifs fait partie des erreurs dans le système actuels dominé par la recherche du profit maximum par tous moyens y compris les plus spéculatifs, les plus contre productifs et les plus pervers.

« Alors que l’administration précédente réduisait les impôts des milliardaires et des grandes entreprises, elle essayait de réduire les programmes aux petites entreprises.”

Il est frappant de constater que, à mesure que les marges de profit des grandes firmes du S&P 500 ont augmenté, les entreprises ont consacré une part décroissante de leurs revenus aux dépenses d’investissement.

« Le deuxième pilier consiste à investir dans l’innovation et l’entrepreneuriat américains. Nous pouvons faciliter la tâche des startups en augmentant la déduction fiscale pour les petites entreprises de 5 000 $à 50 000$. Ils créent 50% des emplois du secteur privé.”

Incluez les entreprises de taille moyenne et vous êtes jusqu’à 80%

« Lorsque nous faisons un effort intentionnel pour investir dans notre force industrielle, cela conduit à une prospérité et une sécurité extraordinaires.”

La voie à suivre est l’investissement productif, l’assouplissement des barrières à l’emploi, des règles du jeu équitables pour les salaires par rapport aux profits et la réduction de l’extrême vulnérabilité.

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3 réflexions sur “Editorial: Politique, un programme généreux mais …

  1. Bonjour M. Bertez

    « L’avenir en commun  » >  » Que cent fleurs s’épanouissent, que cent écoles rivalisent » La formule, reprise par Mao Zedong, date de l’époque dite des « Royaumes combattants »( 4ème siècle B.C.)
    Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme.
    La survenue de ce type de phénomène pourrait être un signe accompagnant les bouleversements sociaux majeurs, un signe d’avalanche.
    Le système qui se dessinera résultera aussi de Cents fleurs s’épanouissant en Afrique, en Asie et ailleurs, dans le cadre des contraintes physiques et autres à l’oeuvre dans le biofilm enrobant notre planète.

    La vie est un phénomène peu probable selon les lois de la physique et pourtant depuis sa survenue sur terre elle a perduré sans interruption et s’est déployée en chemins que l’on peut trouver bizarres si l’on songe aux formes de vies des profondeurs et à certains Sapiens sapiens.
    Aussi, croire en un système social planétaire viable pensé et mis en oeuvre par une poignée de sachants volontaires me semble un peu prématuré.

    Cependant, tout bon politique sait qu’il faut suivre le mouvement tout en feignant d’en être l’organisateur….

    Cordialement

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  2. Bonsoir Bruno, je souscris pleinement à votre commentaire d’introduction.

    Mais patatras qu’est ce ce dernier paragraphe : « laisser la place à un autre système qui reste non pas à inventer mais à laisser advenir, à laisser s’inventer lui même .«  Vous voulez réinventer la main invisible ! Fichtre, advenir : Arriver par hasard, résulter (définition du Larousse), Survenir (le Robert). En plus vous aggravez votre pronostique (vous qui refusez habituellement d’en faire ?) pour le laisser s’inventer lui-même, le système… quel système ?

    Je continue de penser que propre de l’Humain se condense dans sa créativité, ses capacités inventives ; je dirais même que c’est une donnée anthropologique. Que vous le vouliez ou non la conscience individuelle et collective procède de ses formes d’organisations et ceci depuis nos ancêtres chasseurs-cueilleurs. Ne voyez vous-pas, sous nos yeux, s’élaborer de nouvelles formes d’organisations ? Donc de conscience. Les BRICS, une nouvelle manière d’envisager les rapports entre nations, sont sûrement des formes transitoires par lesquelles chaque jour s’invente quelque chose de nouveau, on est loin de la main invisible. À l’autre extrémité de la chaîne, les Groupes d’Actions inventés par la France Insoumise sont une création nouvelle qui a montré depuis les élections présidentielles la formidable capacité des individus à devenir des citoyens agissants ; rien que dans la dernière période des « européenne et des législatives » a vu plus de 60000 nouveaux participants (différant d’adhérents, sic) rejoindre les GA qui élaborent et choisissent jours après jours ses objectifs et ses cibles sur la base d’une charte, d’un programme : l’Avenir en Commun.

    Comment pourraient-on échapper à la nécessité de gérer (dans la mesure du possible) la capacité des Humains à produire plus qu’ils ont besoin de consommer sans retomber dans les miasmes du Système (capitaliste) sinon par de nouvelles formes d’organisations sociales ?

    De grâce, cher Bruno, remettez la dialectique sur ses pieds (private joke)

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    1. Bonjour Charles

      C’est en pensant à vous que j’ai pris le soin de bien préciser ma pensée ramassée dans la phrase que vous citez:

      « laisser la place à un autre système qui reste non pas à inventer mais à laisser advenir, à laisser s’inventer lui même » .

      Chaque mot y est pesé et même son sens complété afin qu’il n’y ait aucune confusion.

      Je veux bien dire qu’un nouveau système historique doit et va nécessairement succéder au capitalisme financiarisé actuel; que ce système est en germe dans le système actuel et qu’il « adviendra », qu’il s’auto inventera.

      Il ne sera pas le produit de la volonté des hommes parce que la volonté des hommes est un produit illusoire mystifiant du système ancien , des politiciens ou des intellectuels.

      Il sera une production d’en bas, dans la société dans sa quête adaptative, et non pas le résultat de l’action d’une poignée d’acteurs éclairés, plus ou moins fers de lance de telle ou telle classe sociale.

      Je récuse le constructivisme, le dirigisme, l’étatisme comme des idéologies de domination qui ont pour fonction de donner le pouvoir -et de le légitimer- à une classe sociale au nom de vérités/savoirs dont elle serait détentrice.

      J’apprécie le Marx de la recherche, celui qui a porté au jour le véritable fonctionnement de la société capitaliste et l’a démystifié , je suis le Marx descriptif et analytique mais je cesse de le suivre quand il devient prospectif et prescriptif.

      Marx a franchi un pas que je ne franchis pas, il a engrossé le prolétariat , les salariés d’une Mission au nom d’une recherche qui pour l’essentiel reste valable mais qui est partielle et relative; et ce même si la méthode marxienne peut continuer de nous guider dans nos analyses du monde post moderne

      La praxis selon moi dot viser à démystifier l’idéologie capitaliste, faire sauter ses défenses et ses protections comme par exemple le recours à la dette, à la fausse monnaie, aux mensonges, à la propagande, à la censure, à la violence d’état, à l’impérialisme etc

      La fonction de la pensée doit être de révéler, de porter à la conscience et ainsi faire sauter les résistances qui s’opposent à l’advenue du Neuf! La fonction de la pensée est de rendre conscient l’inconscient , le non-dit du système.

      Le Vieux doit crever certes et le travail dialectique peut hâter son dépérissement, mais tout ceci n’a aucun rapport avec les contenus actuels que l’on essaie de nous faire passer pour des progrès comme le relativisme généralisé, l’universalisme, la destruction des identités, la dictature du signe, l’égalitarisme, l’idéologie climatique, le wokisme, l’immigrationnisme. etc

      Les contenus actuels des programmes de gauche sont en dernière analyse des contenus qui conviennent au très grand capital financiarisé et mondialisé c’est pour cela que je soutiens que Melenchon est un fourrier objectif du grand capital.

      Je suis radicalement contre l’universalisme comme doctrine et comme objectif ; certes il y a un mouvement vers l’universalisation et la mêmitude mais sa récupération par le très grand capital Davossien est une calamité.

      La délocalisation/internationalisation des règles du capital est un moyen subtil, non reconnu par les gauches de prolonger le système tout en en rendant quasi impossibles et vaines les luttes nationales.

      Exemple: ce qui se passe actuellement ou pour satisfaire aux soi disant règles de solvabilité du marché financier mondial on va trouver une raison supplémentaire , efficace pour augmenter le taux d’exploitation de la main d’œuvre.

      Le recours à la dette est un moyen de déplacer dans le temps les pressions sur les salaires et d’augmenter façon différée le taux d’exploitation direct et indirect.
      .
      Pour résumer je crois à la vertu civilisatrice du travail de démystification et de mise à nu du capitalisme en particulier du capitalisme financiarisé, technicisé et mondialisé, mais je ne crois pas à la capacité des hommes inventer le futur.

      Le futur advient, il se construit, pas à pas, un fois qu’on a détruit ce qui l’empêchait d’advenir .

      Je récuse radicalement la parole du Maitre quel qu’il soit et surtout celle des sujets qui prétendent faire l’Histoire, qui prétendent savoir aujourd’hui ce qui sera bon pour la société demain.

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