Editorial. L’Histoire va toujours de ceux qui y ont titre à ceux qui y ont droit.

Voila un bon texte de Jeffrey Sachs qui remet l’Histoire sur ses pieds , cette Histoire que les tricheurs américains veulent faire tenir sur la tête, sur leur tête ou mieux dans leur tête.

Les Américains ont projeté depuis la fin de la Seconde guerre mondiale une idéologie sur le monde, cette idéologie ne s’alimente pas de la confrontation au réel, elle ne se coltine pas le réel, non elle s’en écarte de plus en plus car elle a sa logique propre, non dialectique.

C’est une logique mécanique, réthorique, positive, elle repose sur l’évidence , elle est pratique en apparence car de surfac.; mais uniquement en apparence! Or la vérité du monde est ailleurs dans les profondeurs, dans les forces cachées qui sont à l’œuvre, pas dans les discours , les discours sont la fausse monnaie de la science!

C’est un vice de la pensée américaine; elle s’envoie en l’air, elle s’envoie en l’air et c’est la conséquence de la puissance; car quand vous êtes puissants vous finissez par croire que vous êtes tout puissants. Comme on dit, vous ne touchez plus terre!

C’est la vraie dialectique du Maitre et de l’Esclave, le maitre finit par produire une pensée idéologique qui n’a pour fonction que de justifier sa position de maitre, il s’écarte ce faisant de la compréhension du monde réel!

L’intelligence est un outil, un scalpel pour transformer le monde si vous l’utilisez pour vous faire jouir, il devient pervers et ses fonctions pratiques.

Celui qui est le maitre délocalise les efforts, il exploite les autres, il finit par ne plus rien faire, il se désadapte du monde. Il glose et croit le maitriser! L’esclave, l’exploité lui se coltine le monde, il supporte le poids de sa transformation, il fait des efforts, il apprend , il progresse tandis que peu à peu le maitre , lui, régresse.

Le maitre « progresse » dans sa tête, il refait le monde, il réécrit la nature, il relativise les valeurs, en gros il lache la proie pour l’ombre, il habite le royaume dorée des ombres. Il se refait lui même, demiurge du wokisme par exemple!

Mais il régresse par rapport à ses capacités adaptatives; ce que je développe souvent. L’Occident sous la conduite l’imaginaire névrotique américian se désadapte du monde, il perd le contact, il ne le vit plus que magiquement, il finit par croire que son esprit produit le monde! Regardez les gesticulations de Macron: si on le voyait de Sirius ou du Moyen Age on le considèrerait comme fou. Il vit dans un mode parallèle, sans convergence et quand il y a des convergences des chocs, des réconciliations comme lors des élections, il les nie!

La pensée de Jeffrey Sachs doit être généralisé: toute l’économie, toute la finance et toute la monnaie américaine font partie de ce système de cet imaginaire de domination, de toute puissance magique; a force de ne plus se coltiner le monde, de jouir, de piller, de drainer, d’exploiter les autres, les Américains se sont affaiblis, ils sont obèses, idiots, ils ne pensent qu’à consommer, jouir, se distraire, se droguer tandis que les autres s’aguerrissent et qu’ ils produisent .

L’Histoire va toujours de ceux qui y ont titre à ceux qui y ont droit.

Bruno Bertez

JEFFREY SACHS : « Il est très important de comprendre que la Seconde Guerre mondiale n’a jamais pris fin avec un traité, et je pense que les États-Unis en sont responsables.

La raison pour laquelle cela n’a jamais abouti à un traité est que l’Union soviétique a déclaré : « L’Allemagne a tué 27 millions de nos concitoyens ; nous voulons que l’Allemagne soit désarmée et neutre. » Bien sûr, l’Allemagne elle-même fut divisée en zones d’occupation à la fin de la guerre en 1945.

Les États-Unis ont immédiatement compris, à l’été 1945, que la prochaine guerre serait contre l’Union soviétique. Plutôt que de conclure un accord de paix pour mettre fin à la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis et les zones d’occupation britannique et française ont fusionné, formé la République fédérale d’Allemagne et ils ont réarmé l’Allemagne.

Le fait est qu’ils ont remis de nombreux anciens nazis à la tête des principales industries d’armement et, quelques années plus tard, l’Allemagne a rejoint l’OTAN. Il s’agissait bien sûr à la fois d’un affront et d’une menace pour l’Union soviétique. L’OTAN n’a jamais été considérée comme une force défensive.

L’Union soviétique considérait l’OTAN comme le prochain front dans une guerre occidentale continue contre elle. Il y a eu des périodes de détente, par exemple avec Nixon, et des périodes de tension, mais il n’y a jamais eu de fin à la Seconde Guerre mondiale sur la base d’un traité.

Lorsque Mikhaïl Gorbatchev a déclaré : « Je voulais mettre fin à la guerre froide » — et soyez-en sûr, il a mis fin à la guerre froide — il l’a fait pacifiquement. Il faut le rappeler : ce n’était pas une victoire américaine. Mikhaïl Gorbatchev a déclaré : « Je voulais que les murs soient abattus ». Bien sûr, Reagan voulait le faire pacifiquement avec Gorbatchev, mais c’était l’initiative de Gorbatchev. J’ai observé de près une grande partie de ce phénomène en Europe centrale et orientale, en tant que conseiller économique auprès des chefs de gouvernement concernés.

Immédiatement, la question de la réunification allemande s’est posée.

Dans ce contexte, il fallait un accord entre l’Occident et l’Union soviétique pour mettre fin légalement à l’occupation de l’Allemagne. La réunification allemande était un événement juridique qui marquait essentiellement la fin de la Seconde Guerre mondiale : il fallait l’assentiment soviétique. Qu’ont dit les États-Unis et l’Allemagne à l’Union soviétique pour obtenir ce consentement ? Ce n’était pas ambigu, ce n’était pas flou. Ils ont déclaré sans équivoque : « Nous aurons la réunification allemande et l’OTAN ne se déplacera pas d’un pouce vers l’Est. » Ce sont les mots utilisés par le secrétaire d’État américain James Baker III directement à Mikhaïl Gorbatchev le 9 février 1990.

Hans-Dietrich Genscher a déclaré sur une bande que vous pouvez écouter : « Quand nous disons que cela ne bougera pas, nous ne parlons pas seulement de l’intérieur de l’Allemagne ; nous parlons de n’importe où à l’est. »

C’est tellement clair.

Bien sûr, l’Amérique triche. Je vous prie de comprendre ceci : l’Amérique est une grande puissance. Elle triche. Elle essaie de faire ce qu’elle peut. Elle utilise les médias et la propagande pour s’en sortir impunément en trichant. C’est ce que font les grandes puissances, cela ne fait aucun doute.

Quelques années plus tard, les États-Unis ont déclaré : « Oh, nous n’avons jamais promis cela. » Vous pouvez le lire dans la documentation, qui est disponible en ligne dans les Archives de sécurité nationale de l’Université George Washington.

Ainsi, en 1994, sous Bill Clinton, les États-Unis ont triché. Ils ont adopté un plan : l’OTAN s’étendrait vers l’est. Et, soit dit en passant, pas seulement de 100 ou 300 km vers l’est, mais continuerait vers l’est, jusqu’en Ukraine, jusqu’en Géorgie, n’oubliez pas. Ils voulaient aller encore plus loin. Je suis sûr qu’un fou aux États-Unis a dit : « Pourquoi pas le Kazakhstan ? Pourquoi pas l’Ouzbékistan ? Pourquoi pas l’Arménie ? » Leur idée en 1990 – je la connais – c’était : « Nous avons gagné ! » En décembre 1991, lorsque l’Union soviétique a pris fin, les « stratèges » américains – si on peut les appeler ainsi, c’est une sorte d’euphémisme car ils ne sont guère doués en stratégie – ont déclaré : « Nous sommes seuls. Nous sommes le pays le plus puissant de l’histoire du monde. Nous sommes plus puissants que l’Empire romain. Nous sommes la seule superpuissance du monde. Nous pouvons faire ce que nous voulons. »

Voilà donc l’état d’esprit, et la tricherie va de pair avec cet état d’esprit : l’arrogance du pouvoir. Donc, pour faire court : oui, les États-Unis ont commencé à s’étendre. Zbigniew Brzezinski, l’un de ces stratèges, expliquait très clairement en 1997, dans son livre Le Grand Échiquier, pourquoi la Russie serait incapable de résister. Dans un chapitre soigneusement rédigé, il pose la question suivante : que se passera-t-il si les États-Unis poussent l’OTAN ? Que se passera-t-il si l’Europe continue de s’étendre vers l’est, envahit la Russie, encercle la Russie ? Que peut faire la Russie ?

Brzezinski s’est demandé si la Russie pouvait résister ou si elle devait céder, et il a conclu que la Russie n’aurait pas le choix. Il est arrivé à la conclusion, par exemple, que la Russie ne formerait jamais d’alliance avec la Chine, ni avec l’Iran.

Vous savez, pour , les théoriciens, c’est un jeu. Il a comparé le monde à un échiquier.

Au fait, le monde n’est pas un échiquier, ni une partie de poker. Il représente la vie réelle de huit milliards de personnes. Les stratèges américains sont formés à la théorie des jeux, qui, à elle seule, par son nom, révèle tout. Ils traitent le monde comme un jeu — bluff, relance, call — comme s’il s’agissait d’une partie de poker.

Et vous savez quoi ? Ils ont utilisé la vie d’autres personnes pour y parvenir. Ils ont augmenté les enjeux avec Poutine : « Nous vous élevons. » Mais sur la vie de qui pariaient-ils ? La vie des Ukrainiens. Hum, pas un bon spectacle.

Professeur Jeffrey Sachs

2 réflexions sur “Editorial. L’Histoire va toujours de ceux qui y ont titre à ceux qui y ont droit.

  1. Ce texte de Sacks ne nous apprend rien de ce que nous savions déjà, sinon de sa propre évolution vers la l’éclaircissement de sa pensée…

    Par contre lorsque vous écrivez : lorsque « le Maître ‘progresse’ dans sa tête, il refait le monde… il régresse par rapport à ces capacités adaptatives » tandis que « l’esclave, l’exploité lui se coltine le monde, il supporte le poids de sa transformation, il fait des efforts, il apprend, il progresse » vous décrivez le processus même qui conduit (conduira) nécessairement l’esclave à construire ses propres outils d’émancipation, ses organisations, ses bataillons, ces centuries. 

    Je vous laisse deviner la (les) contingence(s) qui apparaissent tous les jours. N’est-ce pas cela dont nous, les esclaves, avons besoin maintenant ?

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