Un chemin vers la paix en Ukraine

Trump a besoin d’un plan de jeu réaliste, de mesures incitatives fortes et de patience

Samuel Charap

24 décembre 2024

Samuel Charap est titulaire de la chaire distinguée de politique russe et eurasienne et politologue principal à la RAND Corporation.

Pour ceux qui cherchent à mettre un terme à la guerre dévastatrice de la Russie en Ukraine, l’élection de Donald Trump représente une opportunité cruciale. Contrairement au président américain Joe Biden, dont l’administration a maintenu une politique de soutien indéfectible à l’Ukraine sans faire pression pour une fin définie de la guerre, Trump s’est concentré presque exclusivement sur cette fin. Il a depuis longtemps fait clairement part de son intention d’amener les deux parties à la table des négociations peu après son entrée en fonction, voire même avant. Quelques semaines après sa victoire électorale, il a nommé un général à la retraite et ancien haut fonctionnaire, Keith Kellogg.

Dans cet article, Samuel Charab propose pour ramener la Paix en Ukraine, à l’inverse de la promesse de campagne de Trump, un long processus de négociations d’au moins une année.

Il souhaiterait qui impliquerait les européens.

Il juge inadapté la menace de l’arrêt de la fourniture des armes à l’Ukraine, mis en avant pas les conseillers du Président- élu, pour contraindre Zelensky à signer l’accord qui sera négocié avec Poutine.

Trump de son coté ne veut impliquer ni les européens ni l’Otan dans ses négociations directes avec la Russie et l’Ukraine.

Sa détermination est d’arrêter au plus vite de dépenser des dizaines de milliards d’équipements et de dollars pour une guerre qu’il estime perdue et qui tue et blesse chaque jour des milliers de soldats.

Il sait qu’au moins une dizaine de pays du Sud de l’UE et probablement le prochain chancelier Allemand veulent en finir au plus vite et que même si l’UE manifestait la volonté de continuer à alimenter la guerre, elle n’en a ni les moyens industriels ni militaires pour le faire sans les USA.

Quelles seraient donc les conditions qui permettraient un cessez-le feu rapide ?

Selon le général Pinatel:

1) Acceptation par Zelensky d’un retrait rapide de ses troupes des 4 oblats annexés par la Russie, condition nécessaire pour qu’elle accepte d’arrêter les combats ;

2) Ce cessez-le feu devrait être suivi de négociations sur les garanties à fournir aux deux belligérants.

Voici quelques points qui permettraient au-delà d’un cessez-le feu de mettre fin à la guerre :

a. Engagement des USA envers la Russie de la non-intégration de l’Ukraine dans l’OTAN, du retrait de toutes les troupes étrangères du territoire ukrainien et de la fin des fournitures d’armes offensives à longue et moyenne portée par les USA ;

b. Engagement envers l’Ukraine de rentrer sans condition dans l’UE en tordant le bras des européens par une menace de retrait des USA de l’OTAN ;

c. Engagement des USA à aider l’Ukraine pour établir des positions défensives le long des frontières des 4 oblats

d. Retrait d’Europe d’une partie importante des troupes américaines, garantie donnée à la Russie d’un affaiblissement de l’OTAN.

e. Levée des sanctions selon un calendrier précis

Une réflexion sur “Un chemin vers la paix en Ukraine

  1. Ce plan de Samuel Charap est stupide, notamment les engagements b et c. Il ferait mieux d’écouter attentivement Lavrov et Poutine.

    Il n’y aura aucune ligne de démarcation garantie par des forces occidentales présentes en Ukraine, la Russie s’y opposant de la manière la plus forte.

    Et L’Ukraine (ce qu’il en restera) n’entrera pas dans l’UE avant des décennies.

    Les papiers que BB publie chaque semaine démontre bien ces deux impossibilités. Toute guerre se termine par des négociations qui sont inéluctablement orientées et alignées sur les exigences du vainqueur. Les néocons ont perdu cette guerre, leurs peuples (notamment européens) devront en payer le prix. Ils ont d’ailleurs largement commencé à payer.

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