Essai. Est ce la fin du marché haussier?

Le marché américain corrige. Il est fragile, il est vulnérable et sur-spéculé.

Une correction de 5 % n’est guère remarquable compte tenu de la volatilité inhérente aux actions. Historiquement, le S&P 500 connaît une baisse maximale moyenne de 13 % par an, ce qui correspond donc à un comportement tout à fait normal du marché.

Le secteur vedette de la technologie a perdu son Momentum et son effet d’entrainement, l’euphorie de l’Intelligence Artificielle a du plomb dans l’aile objectivement, pas seulement subjectivement.

Les anticipations de hausse des prix se redressent, ce qui conduit douter des probabilités de baisse des taux administrées.

La vague de nouveaux tarifs douaniers intensifie les craintes d’inflation. L’inflation était déjà en train de s’accélérer dans de nombreuses régions du monde avant même ces politiques commerciales. Si les tarifs douaniers nuisent à la croissance du PIB mondial et aux bénéfices des entreprises, leur impact inflationniste sera néanmoins atténué.

Mais ce ne sera pas favorable à l’investissement en actions

La liquidité banques centrales est en pause et la croissance des liquidités mondiale est quasi au point mort.

Mais

En cas d’impact sur la croissance et les bénéfices, les politiques de Trump peuvent en fin de compte être positives puisque les banques centrales pourraient avoir une plus grande marge de manœuvre pour réduire leurs taux.

Malgré l’incertitude croissante, les marchés s’attendent toujours à un peu plus de deux baisses des taux de la Réserve fédérale cette année. Si la croissance du PIB américain faiblit sensiblement, la Fed dispose d’une marge de manœuvre bien plus importante que prévu pour réduire ses taux.

Je vous invite à lire et relire cette analyse de JP Hussman que j’ai publiée hier

il y expose l’extrême surévaluation des actions sur la base des critères historiques qui ont les meilleures corrélations avec les performances futures.

Il explique que les risques sont très élevés et que les primes de risques sont trop basses, le risque n’est pas à son prix.

Il considère que la performance à long terme d’un portefeuille sur les bases actuelles seront faibles, nulles ou négatives

Si l’on retire les segments du marché qui sont à la mode, le marché américain est déjà baissier et l’analyse des paramètres internes de la bourse fait ressortir de nombreuses divergences ainsi que des syndromes typiques de formation de Top

Un risque de baisse de l’ordre de 50% n’est pas exclu.

Une fenêtre critique est ouverte.

L’analyse des indicateurs économiques composites montre que la récession n’est pas là mais qu’il y a quelques signaux qui vont dans ce sens mais sans permettre d’y conclure.

En résume les conditions d’une baisse sont réunies mais cela ne veut pas dire qu’elle va se produire, rien ne permet de l’affirmer.

Les surévaluations ne sont des causes de baisse, ce sont des indications de long terme qui ne permettent pas de diagnostiquer les timings de retournements des marchés

C’est la psychologie qui est cause des retournements au niveau des causes proches.

Et au niveau des causes lointaines et plus fondamentales, ce sont les politiques monétaires et budgétaires.

La politique monétaire détermine l’abondance et le cout des liquidités en quête d’emploi et la politique budgétaire détermine qui dans le système a les excèdent ou les déficits du secteur privé ou du secteur public. Les déficits publics créent les excédents du privé par le simple jeu des identités de la comptabilité nationale.

RAPPEL D’UN AVERTISSEMENT RAISONNABLE DE JP HUSSMAN. Le récent extrême de valorisation est le niveau le plus élevé de l’histoire, dépassant à la fois les pics de marché de 1929 et de 2000.

Est ce la fin du marché haussier?

Ma réponse:

le vrai marché haussier américain est terminé depuis longtemps pour les portefeuilles , le marché actuel est marché de pur jeu pour spéculateurs, mais il joue les prolongations et peut encore les jouer longtemps. La classe des spéculateurs subira in fine des pertes terribles, mais n’oubliez pas que chaque joueur individuellement se croit plus intelligent ou chanceux que les autres.

2 réflexions sur “Essai. Est ce la fin du marché haussier?

  1. Cher Bruno Bertez, une fois encore, vous venez de me (re) livrer l’une de vos simples grilles d’abalyse dont vous avez le secret. Je me suis permis de présenter votre phrase de façon adaptée aux néophytes dont je fais partie :

    Au niveau des causes lointaines et plus fondamentales, ce sont les politiques monétaires et budgétaires.

    • La politique monétaire détermine l’abondance …

    • et le cout des liquidités en quête d’emploi …

    • et la politique budgétaire détermine qui dans le système a les excèdent ou les déficits du secteur privé ou du secteur public ;

    • Les déficits publics créent les excédents du privé par le simple jeu des identités de la comptabilité nationale.

    Mais dois-je comprendre que c’est dans la dernière phrase que se situe « l’effet Cantillon » ou pas seulement ?

    Bien amicalement – LVA

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    1. Cantillon ne visait que la création de monnaie distribuée à certaines catégories sociales et qui de ce fait diluait la richesse des autres; à notre époque de monnaie de crédit, dont le soubassement est la dette publique, et ou les déficits du gouvernements sont indirectement monétisés par les banques centrales l’effet Cantillon se complexifie et il faut à juste titre y intégrer la politique budgétaire de déficits systématiques.

      Le pouvoir notre époque est celui de piller, d’attirer à soi les richesses réelles contre des morceaux de papier qui ne valent en dernière analyse rien. et qui ne vaudront rien quand le système aura épuisé ses subterfuges.

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