Editorial. L’exceptionnalisme américain et la bulle financière sont inséparables, c’est une médaille avec deux faces, l’une finance l’autre et crée la mentalité qui la rationalise.

L’objectif prioritaire à long terme pour Xi Jinping et le Parti communiste chinois est la chute du « privilège exorbitant » des États-Unis.

Cet avantage issu du système monétaire qui a suivi la Seconde Guerre mondiale est miné par les contradictions internes comme la désindustrialisation et l’accumulation des déficits, ce qui est la manière d’apparaitre du paradoxe/dilemme de Triffin. Il produit une conséquence incontournable qui est la fragilité financière croissante au fur et à mesure de l’accumulation des dettes et de la formation de tout un système de valeurs financières fictives..

Ce privilège monétaire a procuré des avantages incroyables à la superpuissance mondiale, pendant des décennies, grâce au marché refuge des valeurs du Trésor américain (et plus généralement aux marchés financiers américains), associé à la monnaie de réserve fiable du globe.

Aujourd’hui, Donald Trump a involontairement exposé les fragilités de la bulle américaine, sa vulnérabilité combinée à une politique imprudente, qui met les marchés, l’économie et le dollar américains en grand danger.

La Chine avec d’autres pays souhaitent voir l’Amérique de Trump descendre d’un cran : la Russie, la Corée du Nord, l’Iran et, malheureusement, une grande partie du « Sud global ». Même les alliés reconnaissent probablement aujourd’hui l’influence qu’ils gagneraient si les États-Unis subissaient une certaine punition.

11 avril – Bloomberg :

« Le déclin de la crédibilité des États-Unis en tant que valeur refuge pour les actifs financiers va engendrer des problèmes à long terme sur le marché, selon Westpac… L’évolution des prix des marchés obligataires, en particulier des bons du Trésor, mercredi est sans précédent historique », a écrit Martin Whetton, responsable de la stratégie des marchés financiers chez Westpac… « Ce n’est pas tant la fourchette – large et instable – qui est préoccupante, mais la nature du dénouement brutal et de la chute de la liquidité, ou plutôt l’absence de liquidité. »

« L’ère de l’exceptionnalisme américain – du moins sur le plan financier – est révolue. »

La volonté des créanciers de financer les déficits américains a diminué. Il est « surprenant et constitue un avertissement clair » que les investisseurs ne se soient pas précipités pour obtenir des financements en dollars via les marchés de base afin d’acheter des bons du Trésor et le dollar pour se protéger. »

J’ai régulièrement expliqué que « l’exceptionnalisme américain » était une illusion; c’est un élément clé de la névrose dysfonctionnelle qui a envahi les Etats- Unis depuis les années 80. L’Amérique ne touche plus terre, elle lévite , elle marche à coté de ses pompes depuis quelle a délocalisé le travail qui est un rapport au monde réel, et s’est enivré dans les délices de la dette.

Un marché des valeurs du Trésor à toute épreuve et un dollar résilient ont conféré aux États-Unis des avantages phénoménaux dont elle n’a pas conscience et quelle attribue à son exceptionnalisme. Le pays a fonctionné pratiquement sans contrainte, il volé le feu aux dieux,  : croissance de la dette, déficits budgétaires, consommation, déficits courants, inflation des actifs et bulles spéculatives, désindustrialisation, économie de services et liquidités illimitées pour poursuivre n’importe quelle avancée technologique ou caprice financier afin de galvaniser les marchés financiers hautement spéculatifs.

La Fed a bénéficié d’une capacité de relance monétaire illimitée et surtout d’une capacité de faire face aux crises financières que personne n’avait imaginé; des trillions de dollars de Bernanke aux dizaines de trillions de dollars de Powell tout a été possible! Cela a produit une croyance qui est venu renforcer la tendance religieuse du peuple américain à se surestimer et à se croire non seulement au dessus des autres, mais en plus au dessus des lois humaines et économiques.

Tres peu ont conscience du fait que le filet de sécurité dont a régulièrement bénéficié le système américain est une conséquence, un produit du système monétaire Bretton Woods et surtout Bretton Woods II.

Rien à voir avec un quelconque exceptionnalisme américain.

L’exceptionnalisme américain est une résultante, un avantage financé par des liquidités inépuisables, provenant en grande partie du pillage de l’épargne mondiale et de la spéculation à effet de levier soutenue par l’ingénierie et la Réserve fédérale.

L’exceptionnalisme américain et la bulle financière sont inséparables, c’est une médaille avec deux faces, l’une finance l’autre et crée la mentalité qui la rationalise.

La bulle a gonflé jusqu’à former la plus grande bulle de l’Histoire.

La situation a complètement déraillé après le Covid et notre Trump et ses simplets qui n’ont rien compris à tout cela sont en passe de crever la bulle au prétexte de la faire durer!

Une réflexion sur “Editorial. L’exceptionnalisme américain et la bulle financière sont inséparables, c’est une médaille avec deux faces, l’une finance l’autre et crée la mentalité qui la rationalise.

  1. Bonjour Mr BERTEZ,

    Je vous trouve un peu dur avec Trump. Si la bulle « US » se dégonfle c’est plutôt une bonne chose à long terme et il faut bien que quelqu’un fasse le sale boulot ? La question de savoir si Trump et son équipe ne comprendraient pas ce qu’ils font,  à savoir qu’ils suivraient les objectifs contradictoires que vous décrivez, est possible. Mais ne serait-il pas également envisageable qu’ils en soient conscients à divers degrés mais qu’ils ne peuvent pas l’admettre publiquement car cela serait invendable ? En quelque sorte, Trump ne pourrait pas officiellement annoncer aux américains :  bon  on a vécu plusieurs décennies aux dessus de nos moyens, nos indices actions et donc une partie de votre épargne, le marché de la dette sont en grande partie bullaire et si on veut corriger le tir, il faut accepter de prendre nos pertes, d’abandonner une partie de nos avantages/privilèges etc.. ?

    Cdt

    CB

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