Trump face à un dilemme en raison de son incapacité à contraindre l’Ukraine à accepter les concessions exigées par la Russie- Korybko

Trump est sur le point de se retrouver face à un dilemme en raison de son refus ou de son incapacité à contraindre l’Ukraine à faire les concessions exigées par la Russie.

La médiation américaine entre la Russie et l’Ukraine a captivé le monde entier, car de nombreux observateurs espéraient une avancée décisive. Mais les attentes ont rapidement été tempérées, y compris du côté américain, comme en témoigne le durcissement de sa position de négociation envers la Russie.

L’Ukraine et l’Occident ont récemment exigé de la Russie le respect d’un cessez-le-feu inconditionnel, ce à quoi Poutine a réagi en proposant la reprise inconditionnelle des négociations bilatérales avec l’Ukraine.

Zelensky a répondu en déclarant qu’il se rendrait à Istanbul jeudi, date et lieu suggérés par Poutine pour la reprise des négociations bilatérales. On ignore toutefois si le dirigeant russe s’y rendra*. Le processus de paix du printemps 2022 , évoqué par Poutine dans son discours vidéo dimanche matin, ne concernait que leurs délégations respectives, et non des discussions directes entre leurs présidents. De plus, Poutine considère Zelensky comme illégitime. Il est également peu probable qu’il le rencontre, à moins que Zelensky n’accepte d’importantes concessions au préalable.

*C’est Lavrov qui s’y rendra

C’est là que réside le problème, car Zelensky refuse de céder aux exigences de Poutine : l’Ukraine doit rétablir sa neutralité constitutionnelle, se démilitariser, se dénazifier et céder les territoires contestés, et Trump ne la forcera pas à le faire.

Jusqu’à présent, la médiation américaine n’a abouti qu’à des discussions sur un partenariat stratégique avec la Russie, probablement fondé sur une coopération dans les domaines de l’énergie et des terres rares. Du point de vue de la Russie, il semble que les États-Unis cherchent à l’acheter, et non à résoudre les problèmes fondamentaux de ce conflit.

Les États-Unis sont le seul pays disposant d’une influence sur la Russie et l’Ukraine, susceptible de les inciter à un compromis dans le cadre d’un accord global, ce qui manque à d’autres médiateurs potentiels comme la Chine et la Turquie . Pourtant, leur approche est inégale. Les États-Unis menacent la Russie de nouvelles sanctions, voire d’une aide militaire accrue à l’Ukraine, tandis que l’Ukraine se contente de se retirer du conflit. Or, comme elle vient de donner son feu vert à un nouveau programme de missiles , il pourrait s’agir d’un simple bluff.

Si les États-Unis ne corrigent pas rapidement leur approche pour exercer une pression équitable sur la Russie et l’Ukraine, et sachant qu’aucun autre pays n’est capable d’exercer une influence sur les deux pour les inciter à un compromis, la médiation par une tierce partie aura atteint ses limites.

Dans ce cas, une escalade pourrait être inévitable, soit parce que la Russie l’initierait en étendant potentiellement sa campagne terrestre à de nouvelles régions, soit parce que les États-Unis redoubleraient d’efforts pour soutenir l’Ukraine si Trump imputait à Poutine la responsabilité de l’échec des négociations de paix.

Poutine n’a pas encore manifesté sa volonté de geler le conflit et donc d’abandonner tacitement toutes ses autres exigences, ce qui pourrait également permettre aux Européens de déployer des troupes en uniforme en Ukraine lors d’un cessez-le-feu inconditionnel. Il risque donc de se mettre Trump à dos , à moins que les choses ne changent. Si Trump « intensifie la tension » dans ces conditions, il risque une guerre ouverte avec la Russie; mais un retrait pourrait le rendre responsable de l’une des pires défaites géopolitiques de l’Occident si la Russie écrase ensuite l’Ukraine.

Trump est sur le point de se retrouver face à ce dilemme en raison de son refus ou de son incapacité à contraindre l’Ukraine à accepter les concessions exigées par la Russie.

Dans ce cas, il serait préférable pour lui de rompre définitivement avec ce conflit plutôt que d’intensifier l’implication américaine, mais l’ accord sur les minerais et les contrats d’armement qui en découlent suggèrent qu’il est plus susceptible de redoubler d’efforts.

Il ruinerait alors l’héritage qu’il espérait laisser en tant que pacificateur et compromettrait son projet de « retour vers l’Asie » visant à contenir plus vigoureusement la Chine.

2 réflexions sur “Trump face à un dilemme en raison de son incapacité à contraindre l’Ukraine à accepter les concessions exigées par la Russie- Korybko

  1. Bonsoir M. Bertez

    Il est tout de même curieux de voir que le principal fauteur de guerre, à savoir les USA, dont les plans et agissements pour affaiblir et même réduire la Russie en satrapies sont connus depuis longtemps et dont l’Ukraine n’est qu’un proxy, se pose comme médiateur dans ce conflit!

    Tels sont les miracles produits par le soft power et la maîtrise du narratif!

    Il faut aussi reconnaître l’apport des fameux « influenceurs » Carotte & Bâton, si présents sur les réseaux en tout genre, dans la réussite de la manip!

    Cordialement

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  2. Trump n’a pas compris la base de l’esprit du camp du bien: l’humiliation de la défaite est préférable au déshonneur des concessions au camp du mal qui sont de la compromission et de suite reléguées au rang de la honte de l’accord de Munich 1938. Donc le camp du bien ne peut négocier autre chose l’abandon de toutes les revendications d’en face!

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