« La bouée de sauvetage des swaps en dollars pourrait être facultative désormais »; enfin les gnomes européens s’aperçoivent qu’ils sont enchainés. La monnaie n’est pas politiquement neutre.

Depuis des décennies, j’affirme que notre monnaie et nos banques ne sont pas souveraines parce que nous sommes dollarisées. Je prétends que tout notre système est dollarisé; dollar-dependant et que ce n’est pas seulement une question de pourcentage de besoins en dollars par rapport à nos besoins totaux.

Comme on l’a vu avec le Credit Suisse, on crève toujours à la marge!.

Les moyennes ne veulent rien dire, une chaine n’est jamais plus solide que son maillon le plus faible et le maillon de la Deustche Bank, par exemple est colossalement, systémiquement faible avec son exposition aux dérivés ! Les Allemands sont tenus par les couilles.

Je suis un ferme partisan de la de-dollarisation depuis 2008; un partisan du de-maillage.

J’affirme que c’est la raison non-dite mais principale de notre statut de vassal; si nous n’obéissons pas, alors notre suzerain nous coupe l’accès au refinancement en dollars . La menace n’a pas besoin d ‘être formulée, il suffit que chacun l’ai intériorisée. Nous vivons dans un monde de Sanctions. Notre système bancaire et monétaire a vendu son autonomie pour un plat de lentilles, ils nous ont vendu pour gagner plus d’argent sur l’eurodollar !

Les superviseurs de la Banque centrale européenne (BCE) exhortent certaines banques commerciales de la région à évaluer leurs besoins en dollars américains en cas de crise alors que l’institution élabore des scénarios dans lesquels elle ne pourrait pas compter sur la Réserve fédérale américaine (Fed) avec Donald Trump, ont déclaré trois sources à Reuters.

Alors que 23% des financements des banques de la zone euro sont libellés en devises étrangères, le dollar américain apporte la plus grande contribution avec 17%, selon une étude de la BCE publiée en novembre 2024.

Une source de vulnérabilité, surtout quand les marchés de financement de court terme sont susceptibles de se fermer brusquement, par exemple lors d’une crise.

« La bouée de sauvetage pourrait être facultative désormais » : la BCE déclenche une réévaluation des liquidités mondiales

L’ exclusivité Reuters d’hier peut ressembler à un autre coup de pouce réglementaire en coulisses. Ce n’est pas le cas. C’est le signe que quelque chose de profond a changé sous la surface de la finance mondiale : l’hypothèse selon laquelle le filet de sécurité du dollar américain est inconditionnel est activement reconsidérée par les plus proches alliés de l’Amérique.

Selon plusieurs sources, les superviseurs de la Banque centrale européenne (BCE) font désormais pression sur les banques de la zone euro pour qu’elles réduisent leur exposition au financement en dollars américains, invoquant le risque politique sous une éventuelle deuxième administration Trump.

Pour la première fois, il est demandé aux banques de modéliser des scénarios dans lesquels les lignes de swap de la Réserve fédérale, auparavant considérées comme garanties, pourraient être politiquement gelées en cas de crise.

Le rôle du dollar n’est pas neutre, pas seulement financier, il devient politique

Près de 20 % du financement des banques de la zone euro repose sur des instruments à court terme en USD. Cela comprend les pensions livrées, les CP et les emprunts garantis. Jusqu’à présent, l’hypothèse était que la Fed fournirait toujours des liquidités via des lignes de swap.

Cette hypothèse est en train de s’effondrer. Il ne s’agit pas de stress immédiat. Il s’agit de confiance dans l’avenir. Les banques et les régulateurs effectuent désormais des tests de résistance non pas sur la disponibilité du dollar, mais sur la volonté du dollar.

Il s’agit d’un changement majeur qui réécrit la façon dont la finance mondiale modélise le risque extrême.

Un « risque de gel » de 5 %!

L’une des plus grandes banques européennes attribue désormais un risque de 5 % que les liquidités de la Fed ne soient pas disponibles en cas de crise, contre 0 % auparavant. Ce n’est pas un risque de défaut, mais dans le monde du financement multidevises à fort effet de levier, même un petit pourcentage met en péril des milliers de milliards.

Cela peut tout changer :

Décisions d’allocation des réserves ,

Modèles de confiance interbancaire

Tarification des swaps de devises

Capacité de prêt transfrontalier et surtout

Cela ampute considérablement les capacités bilantielles du système bancaire européen!

Cela fait exploser les value @ risk!

Cela pourrait également déclencher une diversification silencieuse des réserves des banques centrales étrangères, en particulier si la volatilité politique aux États-Unis s’accroît.

Cela fait écho à cequi s’est passé avec Lehman, mais c’est maintenant souverain . S’agissant du Crédit Suisse, mars 2023, la liquidité n’a pas manqué parce que les actifs étaient toxiques, mais parce que la confiance dans les mécanismes de soutien est devenue conditionnelle.

La BCE réfléchit enfin maintenant pour s’assurer que ses institutions ne se retrouveront pas prises au piège « d’une bouée de sauvetage potentiellement conditionnelle ». La plupart rejetteront cette hypothèse, la qualifiant de modélisation trop prudente, Jay Powell a réitéré le mois dernier que la Fed « se tient prête à fournir des dollars ».

Mais les marchés pourraient ne pas partager cet avis. Certaines institutions pourraient commencer à agir comme si la ligne de swap risquait d’être indisponible, un repositionnement préventif s’amorcerait, entraînant une thésaurisation du dollar, une volatilité des changes et un désendettement sur des actifs en USD.

Cette prise de conscience de la BCE est tardive et certainement tres incomplete. Les BRICS et la Chine ont compris tout cela depuis longtemps! Ils l’utiliseront pour promouvoir des alternatives de change, arguant que le système du dollar est une arme politique de par sa structure même. La demande d’or et de franc suisse pourrait s’accélérer, non pas comme couvertures contre l’inflation, mais comme réserves de liquidités politiquement neutres.

Le risque lié à la politique américaine devrait s’intègrer dans les modèles de financement mondiaux, augmentant le coût du capital pour les prêts en dollars en dehors de la juridiction américaine. Les régulateurs étrangers pourraient forcer les banques à couvrir le financement du commerce et du transport maritime centré sur les États-Unis, resserrant ainsi le système mondial de crédit commercial.

Ce que nous voyons n’est pas la fin de la domination du dollar, mais l’émergence d’une fracture de confiance dans la façon dont le dollar est distribué. Le dollar reste la réserve mondiale. Mais ce que la BCE vient de révéler, c’est que dans un monde multipolaire, son accès n’est plus présumé universel.

Une réflexion sur “« La bouée de sauvetage des swaps en dollars pourrait être facultative désormais »; enfin les gnomes européens s’aperçoivent qu’ils sont enchainés. La monnaie n’est pas politiquement neutre.

  1. Bonjour M. Bertez

    « Le rôle du dollar n’est pas neutre, pas seulement financier, il devient politique« 

    Dans la mesure où ce sont toujours les pouvoirs en place qui battent monnaie, toute monnaie aurait implicitement une dimension politique, objectivée ou non.

    De même, le droit, à ne pas confondre avec la justice, est aussi déterminé par le pouvoir.

    Ce qui apparaîtrait maintenant, pour le dollar comme pour le droit , qui ont été transformés en armes contre les opposants ou récalcitrants, ce serait la disparition des consensus – non écrits- sur l’impartialité de ces instruments, jusqu’à présent compris comme étant au service du bien commun.

    Mais qu’est ce que devient le bien commun dans des sociétés atomisées par le multiculturalisme? Multiculturalisme qui délite les sociétés en niches de marchés peuplées de cheptels de consommateurs

    En pleine lutte des classes, dans une société marchande dominée par l’esprit technologique et l’avidité de profit pour survivre, qu’il y aurait il d’étonnant à ce que des techniciens au pourvoir révèlent l’aspect « objet contondant » de la monnaie ou du droit ?

    Et ce au détriment de l’intérêt général désormais assimilé à l’intérêt des élites s’auto-certifiant seules aptes à décider de ce qui est bien pour tout le monde et à l’imposer par la violence s’il le faut.

    Cordialement

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