Inflation ou déflation? Les deux mon général!


Ce qui arrive n’est pas l’inflation. C’est d’abord la tendance à la déflation, puis l‘inflation du crédit et de la monnaie et enfin l’hyperinflation non par hausse des prix mais par fuite devant la monnaie. Un jour il faudra monter les taux pour créer une demande pour la monnaie que l’on fuira.

Il faut bien comprendre l’utilisation du concept de tendance. Je l’utilise pour marquer l’existence de forces qui vont dans ce sens, et pour signifier que ces forces ne se voient pas, elles agissent mais on ne les voit pas , du moins on ne voit pas leur effet car tout est fait pour les masquer.

Pour prendre une comparaison les forces de deflation equivalent a un trou, mais on ne peut voir le trou parce qu’il est recouvert de branchages. La déflation n’existe que par reconstruction intellectuelle, elle ne se donne pas à voir.

Ainsi la déflation ou plutot la tendance à la déflation prévaut depuis la Grande Crise de 2008.

Le système est en train de s’effondrer, sous les apparences de stabilité ou meme d’inflation. On ne peut plus se passer de conditions financières laxistes, toujours il faut tenir, soutenir , on n’a le choix qu’entre le faire « plus » ou « moins ». Et il faut de plus en plus d’imagination et d’ingénierie pour créer de la monnaie, du crédit et des liquidités sans que cela se voie dans les indicateurs classiques, il faut de plus en plus de détours.

Beaucoup pensent que nous sommes au début d’un nouveau régime inflationniste spontané, que les forces primaires sont inflationnistes. Non! Nous ne sommes pas en 2021-2022. Cette période était un accident. L e système n’est pas cyclique , il marche irrésistiblement vers un état plus caractérisé par la déflation que par l’inflation en raison du poids excessif du Capital et de son besoin de profit lesquels obligent à l’austérité des salaires directs et indirects d’une part et à l’accumulation de déficits et de crédit d’autre part . L’insolvabilité croissante est déflationniste et elle ne devient inflationniste que si et seulement si les gnomes créent de plus en plus de liquidités pour la dissimuler.

Nous ne sommes pas dans les années 1970. Nous ne sommes pas au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Ce à quoi nous sommes confrontés maintenant est la phase terminale d’un régime économique basé sur la dette et qui en a épuisé quasi tous les bienfaits .

Les systèmes basés sur la dette ne se relancent pas sauf si ils acceptent les destructions sanglantes périodiques. En l’absence de destruction, ils se dégradent lentement, profondément, puis ensuite très rapidement, en accéléré.

Pourquoi en accéléré?

Parce que tout système fondé sur la dette évolue vers la fausse comptabilité et la tricherie, peu à peu tous les bilans, tous les inventaires deviennent faux, leur « valeur » ne repose que sur une hypothèse de continuité et par conséquent tout se révèle lorsque la continuité n’est plus possible; on commence avec une insolvabilité de 100 milliards au début d’une rupture de continuité et on finit avec une ardoise d’un trillion!

Dans une économie saine, l’inflation est normale, endogène. Elle provient du mouvement organique de l’offre et de la demande, de la croissance organique : hausse des salaires, hausse des profits, création de crédit orthodoxe , expansion démographique et investissement productif. Mais nous avons épuisé ces leviers depuis des décennies . Au lieu de croissance auto entretenue , nous assistons à une accumulation de dettes. Accumulation de plus en plus inefficace voire contreproductive : dans un système basé sur la dette l’efficacité du crédit décroit sans cesse.

LE RENDEMENT DES DETTES NOUVELLES NE CESSE DE S’ERODER.

C’est un mouvement à sens unique. L’Ogre en demande toujours plus. Chaque unité de nouvelle dette contribue de moins à la production de vraie richesse en terme de biens et services. Les charges de service des dettes s’accumulent tandis que la productivité stagne. L’économie américaine a besoin de plus quatre de trillions de dettes supplémentaires chaque année rien que pour se maintenir à flots.

Si vous réduisez la production de dettes l’inflation des prix s’effondre, les valeurs de tout le système baissent de proche en proche et nous glissons directement vers la déflation incontrôlable par effondrement de la valeur des garanties/des collatéraux de dettes.

C’est un système zombie. C’est le système qui est zombie pas seulement 15% des firmes répertoriées comme telles parce qu’elles ne couvrent pas leurs besoins financiers. Le système ne semble vivant parce qu’il a sa dose de liquidités et de pouvoir d’achat tombés du ciel.

Ceux qui glosent et argumentent sur la future politique monétaire perdent leur temps, la Fed n’a aucun choix, elle fera, quand cela s’avèrera indispensable, ce qu’il faut. Elle arrosera. Elle a brulé ses vaisseaux il y a longtemps, fort longtemps .

2 réflexions sur “Inflation ou déflation? Les deux mon général!

  1. Bonjour.

    Putain! c’est d’une limpidité , d’une beauté quand tout est dit ainsi!

    Vous m’épatez, actuellement, par votre lucidité, transmise avec la limpidité des eaux de montagne. Faîtes que je puisse transmettre cela à mes mâtrus, qui jouent encore à la dinette.

    Vingt dieux que la crise vous va bien !

    Chapeau!

    J’aime

  2. Bonjour Mr Bertez,

    « LE RENDEMENT DES DETTES NOUVELLES NE CESSE DE S’ERODER.

    C’est un mouvement à sens unique. L’Ogre en demande toujours plus. Chaque unité de nouvelle dette contribue de moins à la production de vraie richesse en terme de biens et services. Les charges de service des dettes s’accumulent tandis que la productivité stagne. L’économie américaine a besoin de plus quatre de trillions de dettes supplémentaires chaque année rien que pour se maintenir à flots. »

    L’escroquerie du multiplicateur keynésien ?

    Cordialement

    J’aime

Répondre à loulou Annuler la réponse.