Une réflexion sur “Jeffrey Sachs ; menace de guerre nucléaire

  1. Voici un résumé structuré en français de l’interview :

    L’interview débute avec l’animateur accueillant Jeffrey Sachs, pour discuter du déclin de la diplomatie et des mouvements pour la paix depuis la fin de la Guerre froide. L’animateur souligne qu’à l’époque, on discutait des préoccupations sécuritaires de l’adversaire, alors qu’aujourd’hui cela n’est plus le cas. Il évoque une situation proche de la crise des missiles de Cuba, suite à une attaque contre les forces nucléaires russes, probablement soutenue par les services occidentaux, mais sans réaction diplomatique – voire avec une tonalité médiatique de célébration.

    1. Sachs qualifie cela de « folie » : le monde entier est en danger, et pourtant l’attaque contre des bombardiers stratégiques russes par l’Ukraine (avec aide occidentale probable) est saluée comme un jeu vidéo.
    2. Il explique que ces bombardiers étaient exposés volontairement à l’observation satellite, en vertu d’accords de contrôle nucléaire passés – ce qui a facilité leur ciblage.
    3. Il affirme que l’attaque a été rendue possible grâce à des renseignements américains, probablement coordonnée par la CIA ou le MI6.
    4. Ce genre d’opération compromet profondément l’architecture du contrôle des armements nucléaires.
    5. Sachs s’indigne de la légèreté et de l’inconscience des médias et dirigeants occidentaux face à la gravité de la situation.
    6. Il note qu’on se rapproche de la guerre nucléaire, mais que l’on continue à entendre que ce n’est qu’un « bluff ».
    7. Selon lui, cette insouciance vient de l’arrogance du pouvoir américain, née après la chute de l’URSS en 1991.
    8. Depuis, les États-Unis ont cru pouvoir agir sans limites : guerres, assassinats, renversements de régimes, violations d’accords.
    9. Il rappelle que les États-Unis ont quitté plusieurs traités : ABM (2002), INF (2019), et ont de facto abandonné New START récemment.
    10. L’attaque actuelle est un nouveau signe pour la Russie qu’elle subit une offensive stratégique de la part des États-Unis.
    11. Ce qui est encore plus dangereux, dit-il, c’est que personne ne reconnaît les risques réels encourus.
    12. Les grands médias sont complices, ignorants, ou sous le contrôle des services secrets.
    13. L’animateur rappelle que le contexte est encore plus large : soutien occidental à un génocide à Gaza, menaces de guerre avec l’Iran, la Chine.
    14. Il constate qu’être critique de cette politique, c’est risquer d’être traité de « pro-russe ».
    15. Sachs répond que les dirigeants occidentaux sont souvent impopulaires, comme Starmer, Macron ou Scholz, et que cela contribue à cette dérive belliciste.
    16. Il affirme que les opinions publiques occidentales ne soutiennent pas majoritairement la guerre, malgré la propagande.
    17. Mais il n’y a aucune opposition organisée capable d’influencer les politiques.
    18. Les partis opposés sont souvent exclus du pouvoir ou écartés par des coalitions de circonstances.
    19. Les institutions politiques ne contrôlent plus la politique étrangère : celle-ci est dirigée par le deep state, des agences non élues comme la CIA.
    20. Sachs évoque une forme de cynisme et de résignation dans les opinions publiques occidentales, sans que cela mène à une réforme.
    21. Il décrit Trump comme un personnage instable, mais qui semble vouloir arrêter la guerre, sans y parvenir.
    22. L’absence totale de réaction publique de la Maison-Blanche à cette attaque stratégique est frappante.
    23. Sachs suppose que cette attaque a été suivie en temps réel par des hauts responsables comme le secrétaire à la Défense.
    24. Rien n’est expliqué au public, aucun grand média ne pose de questions, et Trump reste muet.
    25. L’animateur demande si Trump savait. Sachs répond qu’il y a de bonnes chances qu’il n’ait rien su, étant désorganisé.
    26. Mais même s’il n’a rien su, il aurait dû réagir après coup, ce qu’il n’a pas fait non plus.
    27. Cette absence de réaction rend tout processus de paix impossible : comment négocier avec un pays qui mène des opérations secrètes contre vous ?
    28. La confiance de la Russie est perdue, tant vis-à-vis de l’Ukraine que des États-Unis.
    29. L’objectif des opérations semble être de maintenir la guerre, ce qui pourrait être dû à des intérêts financiers (armes, aides).
    30. Zelensky et ses alliés pourraient eux aussi y trouver un intérêt personnel.
    31. Il est aussi possible que ce soit l’expression de la folie arrogante de la politique étrangère américaine depuis 1991.
    32. L’animateur demande comment la Russie pourrait réagir : des responsables comme l’ancien ambassadeur indien évoquent la légitimité d’une riposte.
    33. L’argument est que si on accepte ce précédent sans réaction, la dissuasion nucléaire ne tient plus.
    34. Sachs reconnaît que si la modération est perçue comme une faiblesse, la paix devient impossible.
    35. C’est la logique meurtrière des néoconservateurs américains : interpréter toute retenue comme une opportunité d’attaquer davantage.
    36. Cela conduit à l’escalade entre puissances nucléaires, donc à un risque accru de guerre mondiale.
    37. Sachs espère que la Russie n’attaquera pas directement les pays occidentaux.
    38. Il juge plus probable que Moscou décide d’anéantir militairement le régime ukrainien.
    39. L’ancien président Medvedev a d’ailleurs tenu ce genre de propos après l’attaque.
    40. Cela signifie une intensification de la guerre en Ukraine, et l’effondrement de toute illusion de paix soutenue par Trump.
    41. L’animateur revient à la question de départ : pourquoi ne parle-t-on plus des préoccupations de sécurité de nos adversaires ?
    42. Sachs explique que dans la pensée dominante occidentale, la diplomatie est perçue comme inutile – car l’autre tricherait toujours.
    43. Cette vision « post-Munich 1938 » est omniprésente : ne jamais négocier, ne jamais faire confiance.
    44. Cette idée est renforcée par la pensée stratégique fondée sur la théorie des jeux, qui exclut le dialogue au profit du calcul de mouvements.
    45. Pourtant, dit-il, la diplomatie n’a pas disparu partout : l’accord Iran–Arabie Saoudite, par exemple, montre qu’elle reste pratiquée ailleurs.
    46. Mais en Occident, c’est l’arrogance du pouvoir, cette croyance que l’on peut tout faire sans conséquences, qui a tué la diplomatie.

    J’aime

Répondre à Achille Annuler la réponse.