Dans ce court texte je ne cherche pas la rigueur conceptuelle, ou même la rigueur des enchainements logiques qui me sont habituels, je cherche à vous sensibiliser, à vous destabiliser, à ouvrir une fenêtre.
Il faudrait toute une collection de livres si je voulais me soumettre à l’exigence de rigueur, non je cherche à vous faire réfléchir, à vous faire toucher du doigt la réalité profonde, cachée de notre système; le mort gouverne le vif; c’est comme le mort du bridge explique Lacan, c’est lui qui commande le jeu.
J’ai tiré prétexte d’une image forte pour essayer, tenter de vous faire comprendre quelque chose, quelque chose qui est tellement évident et crève tellement les yeux que l’on est aveuglé, on ne peut le voir.
Le capitalisme est un ordre social, un rapport social selon lequel le détenteur du capital peut prélever une part importante du produit du travail.
Dans son acception courante le capital c’est du travail mort ancien qui a été accumulé et épargné en quelque sorte pour préparer l’avenir et produire plus de bien être .
C’est une acception trompeuse , destinée à masquer la réalité de notre système. économique social et politique.
C’est une acception idéologique, mystificatrice qui ne va pas à la racine des choses, le capital ne se définit pas par l’usage qui en est fait, il se définit fondamentalement par ce qu’il permet de réaliser:
le capital est un droit à prélever, un droit à s’octroyer, un droit à extorquer, voire un droit à piller le produit du travail de quelqu’un d’autre.
Le système politique et social Français est hyper capitaliste et non pas socialiste, il donne à la classe féodale de la noblesse d’état le droit prélever la moitié du surproduit national quitte à en redistribuer une partie pour rester en place! Face à l’appauvrissement soit dit en passant il cherche en ce moment à en redistribuer moins pour maintenir sa part dans l’absolu! Ah les voyous!.
Comme l’a démontré Bourdieu il existe differentes categories de capital c’est à dire de droits à prélever. Bourdieu en dénombre quatre mais il y en a beaucoup plus.
Pour Pierre Bourdieu, le capital social est un des quatre types de capital qui structurent l’espace social, aux côtés du capital économique, du capital culturel et du capital symbolique. Le capital social se définit comme l’ensemble des ressources, actuelles ou potentielles, dont dispose un individu grâce à son réseau de relations durables, plus ou moins institutionnalisées, d’interconnaissance et d’interreconnaissance.
Par exemple l’intellectuel dispose dans nos sociétés d’un capital social qui lui octroie une « rémunération »/droit à prélever supérieure à celle du produit de son propre travail , une rémunération qui fait prime sur celle du travailleur manuel qui ne dispose pas de ce capital. C’est un gros problème français que ce capital plus ou moins fictif dont dispose la classe des intellectuels; la revalorisation du travail manuel voulue par VGE et tentée par Stoleru n’a jamais eu lieu. Inexorbalement le nombre d’ayants droit de ce capital au titre d’intellectuels croit, il croit et il en devient scandaleux! L’IA va peut etre permettre de faire le ménage de ce coté.
La classe des migrants ou des jeunes branleurs oisifs dispose d’un capital symbolique qui lui donne le droit de percevoir des allocations sans rien faire juste parce qu’ils existent et ces allocations sont prélevées soit sur le travail vivant des salariés actuels dont ils amputent le niveau de vie, soit sur le capital ancien accumulé. Il est évident , en passant que c’est sur le travail vivant que le régime français prélève les droits donnés aux migrants et à tous les autres, car il pratique l’immigration pour bonifier les profits du capital économique , il ne va pas reprendre d’une main ce qu’il donne de l’autre!
Vous avez compris que ce qui est important dans cette notion de capital c’est le droit, pour ainsi dire tombé du ciel de l’ordre social de recevoir, de s’octroyer quelque chose produit par d’autres; la somme de tous ces droits dans un pays est colossale et bien sur personne ne les recense, personne ne les calcule, personne ne les comptabilise, ou même ne les contemple.
Ce capital c’est la masse du capital économique bien sur, la masse de tous les autres droits à prélever , la masse de toutes les promesses faites dans le passé, et c’est le rapport finalement du mort sur le vif.
L’excès de capital c’est l’excès du poids du mort sur les forces du vif . Voir l’image ci dessous.
Et c’est le problème fondamental de nos sociétés, celui qui est occulté, non vu, non su, non reconnu et donc non traité sauf .. par les crises. Les crises sont des phases brutales et douloureuses de destruction de l’ancien, du mort lequel empêche le vif de … vivre.
La masse des retraites qui s’accumule, qui s’accumulent dans nos systemes avec le vieillissement de la population est colossale. Une retraite c’est dans tous les cas, qu’elle soit par repartition ou par capitalisation, un droit à prélever sans travailler, un droit à jouir sans produire, peu importe tout le reste , c’est du baratin: une retraite c’est fondamentalement cela, un prélèvement de ceux qui ne travaillent pas sur ceux qui travaillent.
Meme chose pour l’Administration, les fous du roi médiatiques, les politiciens , les fonctionnaires de l’Union Européenne etc tout ce beau monde ne produit rien , aucune richesse et vit de la répartition du surproduit, de la plus value économique produite par les travailleurs actifs du monde entier ; c’est pour cela que tous ces gens font la guerre, ils veulent continuer de piller les pays du sud, ils ont besoin de la plus value que ces pays produisent, la plus value chez nous est devenue trop maigre, trop rare..
Ceci signifie que l’une des données majeures déterminantes de nos systemes , le rapport entre la masse de ceux qui produisent et la masse de ceux qui jouissent et profitent, l’une des données déterminantes c’est ce ratio, cette proportion. inactifs sur actifs, productifs.
Cela est illustré merveilleusement par l’image ci dessous.
L’accumulation de dettes produit une masse de créances qui devient donc un capital pour ceux qui les détiennent et leur donne le droit à prélever sur le travail vivant pour assurer le paiement des intérêts et les remboursements de capital quand il y en a .
La masse de capital dans nos systèmes d’intérêts plus ou moins composés, croit de façon quasi exponentielle , elle s’auto accumule, elle fait boule de neige, surtout depuis que les marchés financiers sont devenus le centre du système et imposent leur logique : la hausse des bourses produit inexorablement du capital qui prétend excercer ses droits à prélever . On appelle cela se mettre en valeur.
C’est une donnée centrale de cet ordre là. C’est d’ailleurs ce qui oblige les gnomes des banques centrales à créer de plus en plus de fausse monnaie pour faire semblant « d’honorer » tout cela. « Honorer » est un mot qui fait sourire quand on est ainsi dans l’infamie!
Si on ne comprend pas cela on ne comprend pas la crise actuelle du capital que je désigne sous le nom de crise de suraccumulation ou crise de l’insuffisance de profitabilité ou crise d’excès de promesses que l’on ne peut tenir.
Le capitalisme n’est pas le système dans lequel quelque chose qu’on appellerait le capital a des propriétés magiques, non le capitalisme est un rapport social qui donne aux uns des droits sur le produit du travail des autres; c’est un système vaste , complexe, opaque, non exploré et donc non connu et comme on ne le connait pas on en subit les conséquences .
La crIse du capitalisme est la rupture subie, non pilotée, qui se produit quand on s’aperçoit que l’on a beaucoup de droits à prélever et pas assez de production pour les « honorer », c’est quand il y a trop de promesses face à une insuffisance de croissance et de profit, de surproduit, de plus value pour satisfaire tous ces droits.
C’est important car ainsi formulé cela vous permet de comprendre la plupart de mes textes

A notre époque ce n’est pas seulement le mort qui gouverne le vif.C’est surtout le rentier qui gouverne celui qui vit de son travail.Mais l’ironie de la vie c’est que celui qui travaille aspire de toutes ses forces à devenir rentier.
Qui n’aspire pas à vivre de sa ou ses rentes ?
La pension de retraite est elle-même une sorte de rente.
C’est ainsi que les jeunes considèrent les papy-boomers, les envient et sont démotivés par le travail.
Et quand il arrive à l’être, il se comporte comme tous les rentiers.Le ver est dans le fruit !C’est dans la nature humaine.
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