Essai paradoxal, exercice de pensée.

Ce graphique peut sembler pointer vers une chute du dollar.

Il pourrait aussi être le prélude à l’un des retournements haussiers les plus violents de l’histoire récente.

L’indice DXY du dollar teste la limite inférieure d’un canal ascendant pluriannuel qui a pris naissance en 2011.

C’est une configuration qui a été testée à plusieurs reprises .

Le test efffectué avec succès a marqué à correspondu à des points d’inflexion majeurs depuis 2008. Chaque fois que nous avons touché ce soutien de long terme , le dollar est reparti à la hausse considèrent certains chartistes..

Pourtant, ce qui rend ce moment paradoxal c’est le timing : la Fed est sur le point de baisser ses taux d’intérêt en raison de la désinflation d’une part et du ralentissement de l’activité d’autre part.. Les risques conjoncturels semblent non négligeables.

Alors que facialement, de façon primaire l’opinion générale considère un assouplissement comme négatif pour le dollar, cela peut etre l’inverse.

On peut imaginer des liasions organiques plus complexes; ainsi au lieu de s’attacher à la baisse des taux il est possible de se focaliser sur la dégradation conjoncturelle, sur la montée du risque de déflation sur l’insolvabilité et donc à une possibilité de risque financier majeur. .

On peut meme etre complotiste et imaginer que c’est volontairement, stratégiquement que Powell retarde le plus possible la baisse des taux! Powell chercherait à faire craquer le Reste du Monde!

Il suffit pour justifier cette idée de considérer que le grand mouvement de reprise du dollar après la chute d’après crise de 2008 a été provoquée par la crise existentielle de l’euro de 2011-2012.

La structure de la finance mondiale est tellement complexe qu’elle est bien souvent paradoxale. .

Lorsque la Fed réduit ses taux dans un contexte déflationniste, cela produit une humeur d’aversion au risque, les capitaux peuvent très bien se mettre en risk-off, aller au parking et affluer vers les refuges habituels, dollar américain et bons du Trésor.

La dialectique se met en branle, le négatif devient positif, la baisse des taux devient le déclencheur d’une fuite de recherche de sécurité favorable au dollar.

Ce serait un formidable retournement de situation!

Le choix de Powell de temporiser, de ne pas avoir réduit ses taux jusqu’à présent, malgré le ralentissement du marché du travail et l’effondrement de la confiance des consommateurs, pourrait être stratégique, conçu pour favoriser la contraction des liquidites mettre les BRICS et les pays non alignés en difficulté . Ces pays sont également fortement exposés à une contraction de la liquidité en dollars, car des besoins colossaux en dollars américains subsistent en raison de leurs dettes d’entreprises ou souveraine.

Une fois la mise en risk off lancée, la forte demande de dollars qui s’ensuivrait (pour les collatéraux la sécurité et le rendement relatif) pourrait les prendre complètement à contre-pied, et faire boule de neige . ce qui favoriserait le financement des déficits américains et renforcerait ainsi durablement le système dollar-centrique.

Je me souviens qu’en 2009 lorsqu’on l’avait critiqué pour sa politique parce qu’elle avait fait chuter le dollar, et l’avait mis en péril, Bernanke avait explique, très confiant un mécanisme de ce genre, il était persuadé que les capitaux internationaux allaient revenir et que le dollar jouerait à nouveau son rôle, il a eu raison c’est ce qui s ‘est produit avec la crise de l’euro de 2010-2011;

Le dollar a bondi après les baisses de taux de la Fed en 2019, idem lors de la crise de mars 2020.

L’histoire nous montre que la contestation du role du dollar est rarement payante tant qu’il n’y a pas de vraie alternative. et que le Restr du Monde, endetté en dollars est dans une position de demandeur structurel pour racheter ce qui est en pratique une position de vendeur à decouvert de dollars.

La domination du dollar se réaffirme souvent au moment même où le reste du monde pense qu’elle s’estompe.

Ht à ceux qui ont lancé ce débat sur le paradoxe du dollar.

EN PRIME

2 réflexions sur “Essai paradoxal, exercice de pensée.

  1. Bonjour M. Bertez

    A compter du moment où plusieurs pays forts contestent la suprématie US et veulent s’affranchir des effets de la domination du dollar, et que cet affrontement s’effectue désormais dans des domaines différents: militaire, influence géopolitique, scientifique et économique, il devient logique d’étudier la gestion du dollar en tant qu’élément d’une stratégique globale des élites occidentales.

    Cordialement

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  2. Les stratèges de marchés savent que c’est sur les devises que les pronostics sont les plus difficiles.

    L’Euro vient bien de prendre 15 % contre dollar alors que la BCE baissait ses taux de 200 bps sans que la Fed n’ait touché les siens.

    S’agissant du dollar en particulier il peut donc rebondir sur ce bas de canal et avec la baisse des taux de la Fed mais je ne serais pas surpris qu’il baisse ensuite de nouveau avec les facéties de Trump, ceci d’autant plus que comme vous l’avez très bien expliqué, un dollar qui baisse n’est pas nécessairement un dollar faible.

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