EDITORIAL. Quand l’inflationnisme, la financiarisation et la veulerie détruisent les forces vives d’un pays. Voila ce qu’ils appellent résilience!

David Stockman l’ancien directeur du Budget de Reagan est un critique compétent et avisé du régime américain devenu pervers.

Il nous offre deux illustrations qui pointent l’évolution catastrophique du système américain .

Avant le premier employeur était l’industrie manufacturière (en bleu) et maintenant le premier employeur ce sont … les soins de santé (en violet) .

Voici l’autopsie visuelle d’une nation qui s’est financiarisée au point de dépasser ses capacités productives.

En 1990, l’industrie manufacturière était encore le principal employeur aux États-Unis, reflétant un marché du travail lié à la production tangible, à la compétitivité commerciale et au modèle industriel d’après-guerre.

En 2024, la carte est radicalement différente, elle est dominée par les soins de santé, symptôme du vieillissement démographique, des maladies chroniques et du basculement économique structurel de la production vers la maintenance et de leurs consequences, l’assistanat.

Ce qui s’est passé entre-temps c’est: la montée de la financiarisation, la baisse continue des taux d’intérêt pour solvabiliser les dettes, la montée des déficits du gouvernement, l’explosion des dépenses sociales.

Tout cela a été permis par la répression des taux d’intérêt de l’ère Greenspan, par la destruction de l’épargne et du gout à l’épargne , par la mondialisation sous la conduite des critères financiers de Wall Street et finalement par une dépendance nationale à la consommation plutôt qu’à l’investissement.

C’est l’effet en aval de 35 ans de signaux déformés, avec des taux trop bas, une production de crédit délirante, une sous-évaluation du risque et une productivité sacrifiée au profit de bulles spéculatives.

L’abandon de la proie pour son ombre.

La carte des USA étant quasi entièrement violette, nous nous retrouvons avec une économie fragile, dépendante d’un système interne lourdement déséquilibré, alimenté par la dette et condamné au pillage du Reste du Monde.

Voila ce que l’on appelle résilience aux Etats Unis! Les USA ont choisi la mauvaise pente, celle du déclin et de la jouissance dans le moindre effort.

Et parvenus au bas de la pente, Trump leur offre un faux remède démago, celui du bouc émissaire qui consiste à dire c’est la faute aux autres! Trump utilise ce qui reste de forces dans le système américain pour pressurer le Reste du Monde.

En pressurant le Reste du Monde , il va le rendre encore plus fort!

Plutôt que de réinvestir les dividendes de la paix dans de nouvelles productions de richesses et de bien être, les élites américaine sont choisi la production de .. profit et de capital fictif!

Le Congrès et la Fed ont conçu un système pervers qui a externalisé les chaînes d’approvisionnement et internalisé l’expansion des prestations sociales. Ils ont choisi une division internationale du travail peu glorieuse: aux uns la production, aux autres la jouissance.

C’est le sens profond des délocalisations, des déficits et de l’irrésistible montée des dettes: . l’abandon de l’effort de produire remplacé par le laissez aller pour jouir.

L’Amérique a choisi de s’envoyer en l’air par tous les moyens puisque cela ne lui coutait rien!

Le régime américain a délocalisé la bonne vieille exploitation de ses propres salariés, il les a transformés en médiocres exploiteurs du travail du Reste du Monde.

Les américains sont devenus les bourgeois du monde à la faveur du Capital que constitue le dollar-roi. Mutation sociale, la classe ouvrière mute , plus de prolétariat , le régime de la financiarisation en fait des assistés profiteurs.

Le glissement politique bipartite vers la rente monopolistique, vers l’extraction et le néo conservatisme impérialsite pour maintenir le droit de prélever, reflètent et expriment cette mutation: aux USA même la Gôche est de droite et elle est devenue pré-fascisante.

Le secteur de la santé s’est développé non pas par choix , mais par logique systémique.

Il a comblé le vide laissé par la désindustrialisation.

Il est devenu à la fois le filet de sécurité des masses et le réservoir d’emploi, pour occuper une main-d’œuvre devenue inutile dans une économie pourrie, rongée de l’intérieur.

C’est un phénomène qui conduit à l’impasse.

Vous êtes de plus en plus dépendant de l’extérieur, vous vous wokenisez, vous amollissez sans relâche votre population, vous l’infantilisez, vous la féminisez, vous la transformez en zombies. Zombies dont l’extrême est constitué par les déchets humains , par la caricature sur les trottoirs des grandes villes enivrées de fentanyl.

Sur la pente du déclin , du vieillissement, de la maladie, de la dépendance, des droits sans devoirs, vous ne construisez pas, vous subissez l’entropie.

Vous vous des-adaptez du monde et de ses duretés.

Vous oubliez la Reine Rouge, celle qui dit cette terrible vérité : « dans un monde en perpétuel mouvement, il faut courir de plus en plus vite pour rester à la même place« .

Les États-Unis ont transféré l’autorité économique des usines à l’administration des hôpitaux et des établissements de soins.

C’est l’effet de décennies de signaux tordus , manipulés, avec des taux trop bas, un système de prix, de sanctions et de récompenses déformé , une surestimation du présent, une sous-évaluation du risque et une productivité sacrifiée au profit de bulles spéculatives.

La carte étant quasi entièrement violette, l’ex première puissance mondiale se retrouve avec une économie fragile, déséquilibrée, dépendante d’un système fondé sur la dette, une dette portée par ses rivaux stratégiques!

C’est ce qu’ils appellent: résilience.

2 réflexions sur “EDITORIAL. Quand l’inflationnisme, la financiarisation et la veulerie détruisent les forces vives d’un pays. Voila ce qu’ils appellent résilience!

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